Take Shelter ou les abysses de la schyzophrénie paranoïde

9 01 2012

Une famille américaine, tout ce qu’il y a de plus normal ou presque. Voilà le background de Take Shelter, 2è film de Jeff Nichols.

Le père, Curtis LaForche, travaille d’arrache-pied sur des chantiers de construction ; la mère, Sam, visiblement sans emploi, vend des coussins brodés à la main lors de kermesse le samedi (on notera tout au long du film de merveilleux plaids au crochet négligemment jetés ça et là dans la maison). Leur fille, Hannah, est malentendante et requiert toute l’attention de ses parents.

Subitement, le père devient la proie de terribles cauchemars et hallucinations. Obnubilé par ces visions apocalyptiques, de tornades notamment, il fait tout pour mettre sa famille en sécurité, quitte à s’endetter, se mettre à dos ses amis et son patron et à faire imploser sa propre famille. Un seul mot d’ordre : remettre en état cet abri anti-twisters…

Ce film de 2h se déroule au gré des tornades, réelles ou imaginaires, et sur un rythme très lent. On le vit au cœur de l’introspection du personnage du père, somptueusement incarné par l’acteur Michael Shannon. Cette schizophrénie paranoïde, qui se révèle au fil des minutes, est tout à fait oppressante et dérangeante. Elle s’insinue partout et ne nous laisse aucun répit. Cette lenteur volontaire mêlé aux paysages décharnés de l’Ohio m’ont fait penser à La balade sauvage de Terence Malick que j’avais pu voir en juin dernier au TNB. Un même malaise diffus durant tout le film où l’on ne sait pas trop sur quel pied danser. On retrouve également un peu de l’angoisse hitchcockienne avec ces nuées d’oiseaux volant et virevoltant dans le ciel et annonceurs de tristes présages…

Quant à la musique, composée par David Wingo, elle est tout simplement anxiogène à souhait. Ce qui pourrait ressembler à une ritournelle délicate de boîte à poupée est tout simplement distillateur d’angoisse. Ou comment une terreur individuelle se transforme en malaise pour toute une salle plongée dans l’obscurité.

Au-delà de ces simples sensations, plusieurs niveaux de lecture sont sous-jacents au film : figure du prophète (cf article du Monde), image d’une Amérique en ruine et déclassée (cf article de Télérama)… Je vous avouerai sincèrement que je me suis arrêtée aux sensations d’oppression et d’angoisse ressenties durant cette séance et tout le reste m’a échappé. La fin est vicieuse à souhait, laissant effectivement présager d’une apocalypse terrienne et familiale proche et finalement pas si imaginaire…





Travelling, nouvelle édition, sous peu…

21 12 2011

A noter immédiatement dans votre Moleskine 2012 : Travelling aura lieu du 07 au 14 février. Thématique ? Bruxelles. Et ça tombe bien. Parce qu’à part les frères Dardenne, le cinéma belge est un grand inconnu pour moi.

Et puis, si tout ça nous donnait envie d’aller faire un tour en Belgique cette année ? hein ? Ou tout simplement nous redonner envie d’aller s’enfermer plus que jamais dans les salles obscures rennaises et oublier ce qui se passe à l’extérieur…

En savoir un peu plus en attendant la programmation définitive.





Petit écran contre grandes ondes…

17 12 2011

Voilà des années que je suis abonnée à Télérama. Voilà des années que je le lis plus ou moins. Voilà des années que je conserve l’abonnement alors que je ne regarde même plus ou si peu la télé.
Toujours en convalescence, j’ai donc pris le temps de décortiquer le Télérama n°3231 pour la semaine du 17 au 23 décembre. Un seul conseil : bloquer votre TV sur Arte ou éteignez-là au profit de la radio… Explications.

C’est fou, tous les ans à cette époque de l’année, les chaînes de télé nous ressortent des vieilleries du placard ou des marronniers. Et puis, comme Noël, c’est la fête des enfants, vive l’overdose de programmes qui leur sont entièrement dévoués…

Commençons par la litanie de téléfilms dont le titre évoque cette fête de fin d’année :
- Un souhait pour Noël (samedi 17 – 14h35 – TF1)
- Coup de foudre pour Noël (samedi 17 – 16h10 – TF1)
- Un amour de Noël (dimanche 18 – 13h50 – M6)
- Un amour de Noël 2 (dimanche 18 – 15h25 – M6) –> quand on tient un filon, autant l’exploiter jusqu’au bout !
- Eloïse fête Noël (lundi 19 – 9h45 – France 4)
- Un mariage pour Noël (lundi 19 – 11h00 – M6)
- Un souhait pour Noël (lundi 19 – 13h45 – M6) –> autre version que celle proposée ci-dessus sur TF1…
- L’Ange des neiges (lundi 19 – 15h35 – M6)
- La Ville du Père Noël (lundi 19 – 15h55 – TF1)
- L’amour au pied du sapin (mardi 20 – 11h00 – M6)
- Le costume du Père Noël (mardi 20 – 13h45 – M6)
- Sauvez le Père Noël ! (mardi 20 – 15h40 – M6)
- Le Jackpot de Noël (mardi 20 – 15h55 – TF1)
- Le Père Noël a disparu (mardi 20 – 9h45 – France 4)
- La guerre des guirlandes (mercredi 21 – 13h45 – M6)
- La Mère Noël (mercredi 21 – 15h40 – M6)
- Noël sans cadeaux (jeudi 22 – 13h45 – M6)
- Un fiancé pour Noël (jeudi 22 – 15h30 – M6)
- Les Amoureux de Noël (vendredi 23 – 13h45 – M6)
- Les Oubliés de Noël (vendredi 23 – 15h30 – M6)
- La fille du Père Noël (vendredi 23 – 17h25 – TF1)
- A la maison pour Noël (vendredi 23 – 20h35 – France 2)

Les marronniers, ces films qu’on nous ressort à toutes les sauces, qu’on a vu 50 fois au moins…
- Le Père Noël est une ordure (dimanche 18 – 20h45 – France 2 ET séance de rattrapage ! mercredi 21 – 20h39 – France 4). Et pour compléter le kit : un documentaire Un film et son époque sur Il était une fois “Le Père Noël est une ordure” (mardi 20 – 21h30 – Arte)
- Le Nom de la Rose (dimanche 18 – 20h39 – Arte)
- Allan Quatermain et la pierre des ancêtres (dimanche 18 – 13h35 – France 4)
- La Fille de d’Artagnan (lundi 19 – 14h45 – Arte)
- E.T., l’extra-terrestre (lundi 19 – 20h35 – France 4)
- Le Grand Blond avec une chaussure noire (mardi 20 – 20h35 – France 3)
- Le retour du grand blond (mardi 20 – 22h05 – France 3) –> parce que l’un ne va pas sans l’autre, évidemment…
- Sister Act (vendredi 23 – 13h55 – TF1)
- Forrest Gump (vendredi 23 – 16h25 – France 2)

Les films d’action grand public ne sont pas oubliés au passage, histoire de procurer un peu d’adrénaline entre la dinde et les chocolats !
- Mission : impossible (dimanche 18 – 22h25 – France 4)
- Opération tonnerre (lundi 19 – 16h40 – France 2)
- True Lies (mardi 20 – 16h25 – France 2)
- La Momie (jeudi 22 – 16h40 – France 2)
- 10 000 (jeudi 22 – 20h35 – France 3)
- Iron Man 2 (jeudi 22 – 16h10 – Canal +)

Les marronniers documentaires consacrés à la thématique saisonnière :
- Capital sur les achats de Noël : dans les coulisses du grand rush (dimanche 18 – 20h50 – M6)
- Enquête exclusive sur Chamonix, le Mont-Blanc, le rush des sports d’hivers (dimanche 18 – 22h45 – M6) –> faites-moi penser à offrir un dictionnaire de synonymes aux journalistes de la chaîne pour éviter la redondance dans la même soirée du même lexique dans le titre de leurs documentaires…
- L’Ombre d’un doute sur Qui était Jésus ? (mercredi 21 – 23h20 – France 3)

Et ces émissions marronnières spéciales fin d’année :
- Le Grand Bêtisier 2011 (lundi 19 – 20h35 – France 3)
- L’Année du zapping 2011 (lundi 19 – 20h20 – Canal +)
- Le gala de l’Union des Artistes sous le chapiteau du cirque Gruss (jeudi 22 – 20h35 – France 2)
- En attendant Noël, présenté par Karen Cheryl (vendredi 23 – 20h35 – France 3) –> le joli florilège de chants de Noël que voilà…

Attention, overdose de programmes réservés aux moins de 10 ans (avec plus ou moins de qualité…) :
- Madagascar 2, la grande évasion (dimanche 18 – 20h50 – TF1)
- Moby Dick (dimanche 18 – 20h35 – France 3)
- Peter Pan (lundi 19 – 14h40 – France 2)
- Aladdin (lundi 19 – 17h30 – TF1)
- La Belle et la Bête (lundi 19 – 20h50 – M6) –> malheureusement pas la version de Jean Cocteau mais celle très pop des studios Disney…
- Vaillant Pigeon de combat ! (lundi 19 – 22h25 – M6)
- Chérie, j’ai rétréci les gosses (mardi 20 – 14h45 – France 2)
- Le Professeur Foldingue (mardi 20 – 17h25 – TF1)
- Alvin et les Chipmunks (mardi 20 – 20h39 – France 4)
- Le Monde de Narnia – Chapitre 2 : le prince Caspian (mardi 20 – 20h50 – TF1) –> offrez plutôt le bouquin à vos chérubins…
- L’étrange Noël de M. Jack (mercredi 21 – 9h45 – France 3)
- Oliver Twist (mercredi 21 – 16h35 – France 2)
- Les 101 Dalmatiens (jeudi 22 – 13h55 – TF1) –> version téléfilm de 1996. Ne comptez pas sur la madeleine du Disney de votre enfance…
- Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (jeudi 22 – 14h45 – France 2)
- Les 102 Dalmatiens (jeudi 22 – 15h45 – TF1) –> 101, 102…c’est du pareil au même, non ?
- Astérix et la surprise de César (jeudi 22 – 22h25 – M6)
- Gang de requins (vendredi 23 – 14h45 – France 2)
- Le Bossu de Notre-Dame (vendredi 23 – 15h40 – TF1)

On n’échappera pas aux peplums et films historiques non plus :
- Saïgon, l’été de nos 20 ans (samedi 17 – 20h35 – France 3)
- Ben-Hur (samedi 17 – 22h30 – France 4) –> Vous pensiez reluquer les tablettes de chocolat de Charlon Heston ? loupé, France 4 diffuse une  version-téléfilm de 2010…
- Rani (mercredi 21 – 20h35 – France 2) –> à défaut de Sissi et ses robes à crinoline…
- La Princesse de Montpensier (mercredi 21 – 20h55 – Canal +)

Ni aux westerns
- La Lance brisée (lundi 19 – 13h45 – France 3)
- Le Brigand mal-aimé (lundi 19 – 15h25 – France 3)
- Tom Horn, le hors-la-loi (jeudi 22 ou vendredi 23 selon l’heure – 0h20 – Arte)

Pour amateurs d’opéras, de ballets ou de théâtre :
- Eugène Onéguine de Tchaïkovski à l’Opéra Garnier (dimanche 18 ou lundi 19 selon l’heure – 0h30 – Arte)
- Casse-Noisette de Tchaïkovski et chorégraphie de Aaron S. Watkin (lundi 19 – 23h20 – Arte)
- Les Diablogues, pièce de Roland Dubillard avec mise en scène d’Anne Bourgeois au Théâtre du Rond-Point en 2008 (jeudi 22 – 23h10 – France 2)

Pour sauver vos rétines :
- Metropolis – le Best of (samedi 17 – 23h55 – Arte)
- Tex Avery : un monde en folie (dimanche 18 ou lundi 19 selon l’heure – 0h50 – France 3)
- Laurel et Hardy : Sous les verrous (lundi 19 – 20h40 – Arte)
- Shine a light (mardi 20 – 20h40 – Arte) –> le doc de Scorsese sur les Stones
- Laurel et Hardy : c’est donc ton frère (jeudi 22 – 20h40 – Arte)
- Il était une fois…Les Parapluies de Cherbourg (vendredi 23 – 23h10 – France 5) –> Un doc qui décortique le film
- Temple Grandin (vendredi 23 – 20h40 – Arte)

Pas très réjouissants les programmes du petit écran… Heureusement, Télérama propose une grille radio bien plus réjouissante.

Radio General ElectricRadio General Electric © Fernando Candeias on Flickr

Samedi 17 :
- Place de la Toile (18h10 – France Culture) : oui, je sais, c’est passé. Mais vous pouvez la podcaster !
- Nuit John Coltrane (De 01h00 à 7h00 – France Culture)

Dimanche 18 :
- 42è rue spécial John Kander, le compositeur de New York, New York (11h00 – France Musique)
- Le masque et la plume, spécial polars (20h05 – France Inter)

Lundi 19 :
- Feuilleton spécial Chiens noirs des seventies : Led Zeppelin de François Bon (20h30 – France Culture) –> jusqu’au 06 janvier rediffusion de la série consacrée à l’histoire du groupe britannique (1968-1980).
- Le coffre à jouets (De Lundi à Vendredi à 06h15 – rediffusé à 8h50, 12h15, 14h45, 17h40 et 21h20 – France Info) –> chroniques éphémères sur la Game Boy, Barbie, Sophie la Girafe, Lego, le Monopoly, Playmobil…

Mardi 20 :
- Feuilleton spécial Chiens noirs des seventies : Led Zeppelin de François Bon – épisode 2 (20h30 – France Culture)
- Ouvert la nuit spécial Rodolphe Burger (21h05 – France Inter)

Mercredi 21 :
- Feuilleton spécial Chiens noirs des seventies : Led Zeppelin de François Bon – épisode 3 (20h30 – France Culture)
- Chemin rêvant avec Pierre Hermé (0h00 – France Musique) –> car le pâtissier se nourrit aussi de musique…

Jeudi 22 :
- Feuilleton spécial Chiens noirs des seventies : Led Zeppelin de François Bon – épisode 4 (20h30 – France Culture)
- Nuit John Kander (1h05 à 5h00 – France Musique) –> le compositeur, pilier de la comédie musicale américaine…

Vendredi 23 :
- Feuilleton spécial Chiens noirs des seventies : Led Zeppelin de François Bon – épisode 5 (20h30 – France Culture)
- Atelier du son avec Olivier Mellano (23h00 – France Culture) –> oui, oui, le Olivier qu’on peut voir et écouter à Rennes.
- Open Jazz spécial Miles Davis (18h00 – France Musique)

Et puis, si vous n’avez pas la version papier, vous pourrez lire en ligne dans la semaine les articles suivants fort intéressants (je tâcherai de vous rajouter les liens au fur et à mesure) :
- Elle est pas glamour mon endive ? mini-enquête sur le livre de cuisine et ses photos bien léchées…
- Campagne 2012 / L’influence des Think tanks –> enquête passionnante sur cette intelligentsia parisienne qui offre son cerveau aux politiques…
- Les visiteurs du noir –> article particulièrement perturbant partant du constat qu’un tourisme de masse a conquis Auschwitz et en a fait le dernier produit d’appel des tours-opérateurs.

Moi en attendant, je vais réfléchir à deux fois et penser sérieusement à me débarrasser de ma télé….





Forum des Images mon amour

9 12 2011

C’était le bonheur de mes pupilles quand je vivais à Paris. Le seul truc intéressant qui soit dans cette fourmilière du Forum des Halles. Le bien nommé Forum des Images !


Créé en 1993, l’organisme avait pour objectif de construire une mémoire audiovisuelle de la ville de Paris. Peu à peu, avec une collection de films délirante, l’idée de programmer des thématiques est arrivée.

C’est une copine, cinévore, qui me l’a fait découvrir. Et hop, un abonnement pris (dont le tarif défiait toute concurrence à l’époque par rapport aux autres salles parisiennes – et même encore maintenant si j’en crois la grille des tarifs) et des centaines de films se sont ainsi offerts à mes rétines durant trois ans. Rien de tel en sortant de mon collège du 9-3 que de plonger dans le métro et de courir m’enfermer dans une salle obscure pour me changer les idées… Des thématiques électiques et originales, des cycles éveillant la curiosité, des classiques introuvables ailleurs… Bref, un vrai régal !

Donc là, quand FIP fait de la pub pour un nouveau cycle à venir (London Calling du 07 décembre au 29 février), et bien :
1- j’aimerais redevenir parisienne, deux mois durant
2- je jalouse fortement les Parisiens
3- je me surprends à rêver que Rennes se dote d’un tel dispositif…





A l’assaut de Cleunay

17 05 2011

Profitant d’un samedi après-midi ensoleillé et printanier il y a 15 jours environ un mois, @themanofrennes, l’indie boy de la twittosphère musicale rennaise et moi-même sommes partis paparazzier le quartier de Cleunay.

Pour les non-rennais, ce quartier est très vaste et regroupe en fait sous cette appellation plusieurs sous-quartiers situés dans le sud-ouest de Rennes. En fait, nous sommes partis du quartier Arsenal-Redon situé aux abords du centre-ville pour nous retrouver rapidement au pied du quartier de la Mabilais et de sa nom moins renommée tour éponyme. Vous savez, l’ancien bâtiment France Telecom, son ovni futuriste et sa Fernsehturm ?

Rondeurs

Détour par sur les ruines de l’ancien magasin Scarabée Biocoop où de chouettes graffitis ornent les murs de l’entrepôt voisin… Cette rascasse au milieu des gravats est des plus incongrues !

Poisson azoté

Petit coup d’œil sur le gymnase et son mur aux couleurs de Mai 68 qui avaient fait couler pas mal d’encre au moment de sa création…

Bêêê

Puis direction l’Antipode. Architecturalement parlant, le quartier ne se distingue pas. Par contre, j’ignorais vraiment combien il s’étendait derrière l’Antipode. Mes investigations déambulatoires ne m’ayant jamais poussé plus loin que la salle de musiques actuelles… J’ai donc découvert un ensemble de maisons, un collège, et même un pont au-dessus de la rocade permettant d’accéder à des jardins populaires.

Petites voitures

Mais le plus intéressant restait à venir. @themanofrennes ayant repéré une tour-cheminée dans le lointain, nous avons emprunté la toute nouvellement goudronnée Avenue Germaine Tillon, qui mène vers St Jacques, vers la toute puissance financière du Crédit Agricole…
Et là, nous sommes entrés dans un sous-bois, bravant les barbelés rouillés. A côté de cette cheminée, nous avons découvert un bâtiment en ruine, vieil entrepôt à la verrière délabrée. Un chat a fui lors de notre arrivée, maître des lieux et des graffitis. Véritable collection de crayonnages bombés, tous plus originaux les uns que les autres. Un vrai régal pour les yeux et les objectifs !

Lèvres pulpeuses Défilé suisse Penguins Angry man

Après avoir enjambé barbelés et bombes de peinture, nous avons rejoint le bitume et son monstre financier : le bâtiment du Crédit Agricole, bunker vitré,  en impose.

Grande marche le long d’une avenue sans intérêt, celle qui jouxte le terrain militaire et les anciens terrains de GIAT Industries. Puis direction le nouvel écoquartier de la Courrouze (et là, je rigole un peu… quand on sait que les terrains étaient occupés par des industries chimiques et militaires, on se demande ce qui peut être vert). Ce nouveau quartier propose une série d’immeubles à l’architecture assez stalinienne, au beau milieu d’un terrain vague encore en réhabilitation…

Gris béton Yeux au ciel

Et au détour d’un chemin balisé, hop, un bâtiment abandonné, vraie caverne d’Ali baba de graffs et de Street Art ! Comme dans un loft abandonné, sous une verrière explosé, entre béton et poteaux en métal travaillé. Ambiance !

Entrepôt à graffitis Dans l'oeil du viseur Fantômette colérique Pendu ? Moutonne rebelle Crazy Kidz

Retour par la trémie Claude Bernard nouvellement inaugurée, non sans jeter un coup d’oeil sur Les Ateliers du Vent et leur usine désaffectée…

Haut de forme Entre tour et Horizons
Fresque

Un grand mur longeant la voie ferrée laisse songeur nos objectifs. L’après-midi étant fort avancée et un concert m’attendant à l’Antipode, il nous faudra revenir…

Pour les plus curieux d’entre vous, toutes les photos sont rangées sur mon Flickr sagement dans l’album Objectif Cleunay.

Et vous trouverez les très jolies photos d’Erwan sur son Flickr dans l’album Ballade Cleunay/La Courrouze.





Doc Martin(ec)

22 01 2011

Encore une énième série télévisée sur la Bretagne. Cette fois, c’est TF1 qui s’y colle et dans un registre humoristique. Abandonnés les korrigans, les légendes celtiques, les dolmens qui saignent et les bretonneries d’apparat. On retrouve par contre l’humour bien pesant de la série Imogène. Et tout le folklore qui va avec. Imogène Lagadec vivait à Plouguirec (oh les jolies consonances bien bretonnes…) ; Doc Martin vient s’installer à Port Garrec (hmmm, encore de la consonance en -ec).
Et puis comme il faut bien planter le décor en Bretagne, on y rajoute en vrac le bol à oreilles estampillé Henriot, le Gwen Ha Du, et les prénoms exotiques.

©TF1

Ah mais comme c’est dommage ! Romaric, en voilà un prénom aux consonances apparemment bretonnes… mais qui en est très loin ! trop vosgien pour être vrai !

La seule raison pour laquelle j’ai regardé un épisode de cette série lundi soir, c’est parce qu’elle a été tournée à Doëlan, à quelques encablures de mon home sweet home de jeunesse. Doëlan, c’est un ancien port de pêche sardinier, situé sur la commune de Clohars-Carnoët, à la pointe la plus méridionale du Finistère. J’ai gambadé gaiement sur les quais de ce port depuis ma tendre enfance et c’est toujours amusant de reconnaître des lieux et des paysages de son enfance sur le petit écran.
Doëlan est donc un port finistérien, avec ses maisons aux façades blanches ornées d’hortensias, aux encadrements de fenêtres en granit et aux toits en ardoise. On y trouve aussi une digue, des chalutiers XS et colorés, derniers vestiges de la flotte de pêche bretonne et un phare, emblématique vigie face aux éléments marins. Un décor typiquement breton.

Phare Aval de DoélanPhare Aval de Doélan ©sylvain_beauchamps on Flickr

Et voilà, ça s’arrête là. Les gags ne sont pas drôles. Les personnages sont des caricatures. Et les scénarios n’ont pas d’intérêt.

Sauf, sauf, peut-être dans ce quatrième épisode, intitulé Le Grand Mal. Une sombre histoire de troubles intestinaux en série, qui font craindre une épidémie à ce cher docteur. Épidémie démentie par tout le village qui se souvient avec angoisse du “Grand mal”, une épidémie de gastro-entérite qui avait nécessité la mise en quarantaine de la ville et ruiné la saison touristique quelques années auparavant. Après enquête, le Doc trouvera la cause de cette épidémie : une histoire d’eau et de station d’épuration.
Et là, ça fait tilt. Pour les fans de la série de France et de Navarre, cela n’éveillera rien. Pour les autochtones, on ne peut s’empêcher de sourire au clin d’œil des scénaristes. Il s’avère en effet que la commune de Clohars-Carnoët est secouée par un conflit opposant la municipalité à un collectif d’habitants concernant l’emplacement d’une nouvelle station d’épuration depuis quelques mois. La querelle de cloche-merle est relayée régulièrement par les journaux locaux (ici pour le Télégramme de Brest et pour Ouest-France) voire nationaux (édition Rennes de Libération). La coïncidence est trop énorme pour ne pas être relayée… et je trouve ce clin d’oeil, volontaire ou pas, plutôt amusant.
Comme quoi, la fiction peut parfois se faire moqueuse de la réalité. Et les histoires rocambolesques d’une petite bourgade de série télévisée peuvent s’avérer être le quotidien d’une commune bien réelle, plus connue pour la résidence d’un certain Gauguin au Pouldu que ses problèmes de retraitement des eaux usagées…





L’intelligence végétale, vous y croyez ? vous devriez…

6 02 2010
Méchamment attaquée par une horde de microbes rhumeux sans scrupules cette nuit, j’ai lamentablement petit-déjeûné ce matin vautrée dans mon canapé en regardant la télé… Au hasard, je suis tombée sur un documentaire sur Arte consacré à “L’Esprit des plantes” et je dois dire que ce que j’y ai vu a chamboulé ma vision des choses.
Les plantes seraient intelligentes car elles font preuve de mémoire, elles éprouvent des sensations et sont sensibles à la musique. Hypothèses avancées et vérifiées par un petit noyau de scientifiques internationaux, se définissant eux-mêmes comme des neurobiologistes végétaux [rien de répréhensible ou de frelaté dans mon thé au Lapsang Souchong, je vous rassure ! ].
Monde étonnant que ce monde végétal, visiblement enclin à faire disparaître si besoin est le monde animal… Saviez-vous que l’acacia était un meurtrier en puissance ? Dans les années 80, en Afrique du Sud, certains éleveurs ont assisté à la mort non-naturelle et non expliquée d’antilopes pourtant en bonne santé. Victimes d’une sécheresse importante, ces dernières ne se nourrissaient plus que de feuilles d’acacia, dernière nourriture disponible dans une savane complètement aride… Après observations et autopsies, les scientifiques se sont rendus compte que les antilopes étaient victimes d’un empoisonnement. Les feuilles d’acacia contenaient en effet quatre fois plus de tanin, lequel ne pouvait pas être éliminé par le foie des antilopes en telles quantités. Par ailleurs, les scientifiques ont découvert que l’arbre secrétait un gaz post-arrachage de feuilles (de l’éthylène je crois) qui contribuait à prévenir ses congénères lesquels se mettait également à produire des feuilles surchargées en tanin… Meurtres par préméditation dans le monde végétal, vous y croyez ? moi, ça me laisse sans voix en tout cas !
Autre constatation faite par des scientifiques japonais, les végétaux dorment ; les légumineuses sont même calquées sur le même modèle de sommeil que les humains. Et une plante qu’on empêche de dormir se meurt doucement mais sûrement…
Dernière constatation tout à fait étonnante : le génome de l’être humain comporte environ 30 000 gènes quand celui du riz en a 50 000…de quoi nous laisser un peu pantois ! Les plantes auraient la faculté de développer du coup des stratégies de survie tout à fait hallucinantes !
Je vais de ce pas m’occuper de mes petites plantes vertes, histoire de m’éviter un meurtre par préméditation pour cause de non-assistance à plantes vertes en danger et non arrosées…

L’esprit des plantes / Réalisateur: Jacques Mitsch – (France, 2009, 52mn)
Rediffusion sur Arte le 12 février à 5h00…





L’animal est un loup pour l’animal

2 12 2009
Ou comment perdre l’appétit devant sa télé… Je suis tombée par hasard il y a quelques minutes sur le documentaire d’Arte intitulé Prédateurs, l’art de survivre  alors que je grignotais tranquillement fromages et salade.

Je viens donc d’assister en direct à :
- la mort douloureuse d’une moule attaquée par un escargot pourpre
- la vengeance perpétrée par les copines de la moule : en enserrant de leurs filaments l’escargot killer, elles le contraignent à une lente agonie (en bref, l’escargot meurt de faim…)
- l’attaque sauvage d’une meute de loups sur un petit bison
- le gros nounours polaire surveillant sournoisement les trous dans la glace où viennent respirer les phoques
Et là, ouf, mon téléphone a sonné et j’ai échappé à la scène de crime qui a dû suivre… Merci Alain, mon estomac n’aurait pas survécu à cet énième carnage…
[Documentaire animalier = programme comportant des scènes qui risquent de choquer les plus jeunes]







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