Avis de tempête

14 12 2011

Vous reprendrez bien un peu de zef sur votre museau… Eole a fait des siennes cette nuit, rien de moins que 120 km à Belle-Ile et presque autant à la Pointe du Raz. Une tempête tout ce qu’il y a de plus normal en Bretagne à cette époque-ci de l’année.
Profitant de ma convalescence finistérienne, je suis allée me balader à la côte, mettre un peu d’ordre dans ma mise en plis, me faire éclabousser par les embruns et l’écume et trébucher sous l’effet des bourrasques. Ma madeleine de Proust, elle est là…





Deux : se ressourcer

28 06 2011

Et où, ailleurs que dans le Finistère était-ce possible ?…

 Bleu finistérien

J’ai donc profité de cette mission de catsitting chez mes parents partis en vadrouille pour revenir au bord de la mer. En même temps, les plus de 35° annoncés à Rennes pour le WE m’ont fait fuir la capitale bretonne.

Au programme, plage, retrouvailles eu Grand Bleu, engloutissage de phosphore et d’iode, bains et lectures. Instantanés du WE en clichés…

Demoiselles de Loctudy Ria de Brigneau

Lecture à la plage On the road...

Pieds vue sur mer Instant Surf

Le ciel, le parasol, le soleil et la mer...

Et dans 15 jours, après un tour à Pau, une escapade dans les montagnes, et quelques excursions aux Tombées de la Nuit, j’y opère ma transhumance pour l’été… Vivement.





Doc Martin(ec)

22 01 2011

Encore une énième série télévisée sur la Bretagne. Cette fois, c’est TF1 qui s’y colle et dans un registre humoristique. Abandonnés les korrigans, les légendes celtiques, les dolmens qui saignent et les bretonneries d’apparat. On retrouve par contre l’humour bien pesant de la série Imogène. Et tout le folklore qui va avec. Imogène Lagadec vivait à Plouguirec (oh les jolies consonances bien bretonnes…) ; Doc Martin vient s’installer à Port Garrec (hmmm, encore de la consonance en -ec).
Et puis comme il faut bien planter le décor en Bretagne, on y rajoute en vrac le bol à oreilles estampillé Henriot, le Gwen Ha Du, et les prénoms exotiques.

©TF1

Ah mais comme c’est dommage ! Romaric, en voilà un prénom aux consonances apparemment bretonnes… mais qui en est très loin ! trop vosgien pour être vrai !

La seule raison pour laquelle j’ai regardé un épisode de cette série lundi soir, c’est parce qu’elle a été tournée à Doëlan, à quelques encablures de mon home sweet home de jeunesse. Doëlan, c’est un ancien port de pêche sardinier, situé sur la commune de Clohars-Carnoët, à la pointe la plus méridionale du Finistère. J’ai gambadé gaiement sur les quais de ce port depuis ma tendre enfance et c’est toujours amusant de reconnaître des lieux et des paysages de son enfance sur le petit écran.
Doëlan est donc un port finistérien, avec ses maisons aux façades blanches ornées d’hortensias, aux encadrements de fenêtres en granit et aux toits en ardoise. On y trouve aussi une digue, des chalutiers XS et colorés, derniers vestiges de la flotte de pêche bretonne et un phare, emblématique vigie face aux éléments marins. Un décor typiquement breton.

Phare Aval de DoélanPhare Aval de Doélan ©sylvain_beauchamps on Flickr

Et voilà, ça s’arrête là. Les gags ne sont pas drôles. Les personnages sont des caricatures. Et les scénarios n’ont pas d’intérêt.

Sauf, sauf, peut-être dans ce quatrième épisode, intitulé Le Grand Mal. Une sombre histoire de troubles intestinaux en série, qui font craindre une épidémie à ce cher docteur. Épidémie démentie par tout le village qui se souvient avec angoisse du “Grand mal”, une épidémie de gastro-entérite qui avait nécessité la mise en quarantaine de la ville et ruiné la saison touristique quelques années auparavant. Après enquête, le Doc trouvera la cause de cette épidémie : une histoire d’eau et de station d’épuration.
Et là, ça fait tilt. Pour les fans de la série de France et de Navarre, cela n’éveillera rien. Pour les autochtones, on ne peut s’empêcher de sourire au clin d’œil des scénaristes. Il s’avère en effet que la commune de Clohars-Carnoët est secouée par un conflit opposant la municipalité à un collectif d’habitants concernant l’emplacement d’une nouvelle station d’épuration depuis quelques mois. La querelle de cloche-merle est relayée régulièrement par les journaux locaux (ici pour le Télégramme de Brest et pour Ouest-France) voire nationaux (édition Rennes de Libération). La coïncidence est trop énorme pour ne pas être relayée… et je trouve ce clin d’oeil, volontaire ou pas, plutôt amusant.
Comme quoi, la fiction peut parfois se faire moqueuse de la réalité. Et les histoires rocambolesques d’une petite bourgade de série télévisée peuvent s’avérer être le quotidien d’une commune bien réelle, plus connue pour la résidence d’un certain Gauguin au Pouldu que ses problèmes de retraitement des eaux usagées…





Qui voit Molène…

28 10 2010

…voit sa peine. Et malheureusement, je ne pourrai que le confirmer tant notre fin de WE sur cette île fut décevant.

Molène, c’est une tout petite île de 1200m de long sur 800m de large. Pas de voitures, peu de commerces, un camping sauvage. On ne s’attendait pas non plus à une vie grouillante et trépidante !

Installation au camping les pieds dans l’eau dans le sud de l’île. Comme à Hoëdic, le terrain fait face à la mer et on est libre de s’installer où l’on veut. Les sanitaires sont sommaires et mieux vaut ne pas être attaché à un certain confort si l’on veut passer une nuit ici !

Camping sauvage à Molène
Mais notre nuit, qui aurait dûe être calme eu égard au peu d’habitants et peu de vacanciers présents, fut perturbée par plusieurs incidents notables… La jeunesse parisienne en villégiature sur l’île à l’occasion du WE du 15 août conçoit l’impunité comme un mode de vie. La visite de la Gendarmerie en pleine nuit, l’évacuation d’un occupant du camping après qu’on lui ait placé un pistolet sur la tempe seront suffisantes pour nous dissuader de revenir sur l’île avant un certain temps.

Au lever, nous avons tout de même fait le tour de l’île… jolies criques où les galets s’ornent de zébrures blanches étonnantes. L’océan y est bleu glacial et nos mains le confirmeront. Point de phoques gris à l’horizon, ce qui augmentera notre déception.

Quadrille

Déambulations également dans les ruelles du village. Les habitations se lovent les unes contre les autres mais sans poésie ni délicatesse. Les jardins sont de bric et de broc tout comme certaines maisons. Mes mirettes n’y trouveront pas de quoi se pâmer.
L’animation du jour se trouve sur le port. La SNSM y organise son raout annuel : la fête de la Mer.

SNSM fiesta

Fanions, bateaux et marins sont de sortie. Biniouseries également pour assurer l’animation. Après avoir avalé une barquette de frites agrémentée d’une saucisse molénaise (mais où sont donc cachés les cochons sur l’île ?) et payé notre dû à la SNSM, nous avons quitté cette ambiance festive pour nous délecter du calme du camping. Et nous avons patienté, presque pressés de quitter les lieux… Fin de WE en demie-teinte.

Seule distraction intéressante sur l’île, cette campagne d’affichage tout au long du sentier côtier pour rappeler combien la protection de l’environnement est essentielle…

Surpêche Ecologie
Surenchère foncière Attention, oisillons !

Retour au Conquet où nous pesterons une fois de plus contre ce parking payant qui portera une atteinte scandaleuse à notre porte-monnaie. Où 48h de parking (obligatoire !) coûte plus cher qu’une traversée en bateau…





Qui voit Ouessant…

26 10 2010

…ne voit pas pour autant son sang. Si le vieux dicton illustre le danger qu’il y avait à passer le raz de Sein et à s’approcher de Ouessant à l’époque où les bateaux n’étaient pas motorisés, il n’en a pas été ainsi pour ma deuxième virée sur cette île du bout du monde. Une mer d’huile tout comme l’an dernier à la même époque !

Retour donc sur l’île finistérienne avec Juju, mon ami de toujours, le seul assez fou pour m’accompagner en randonnée. L’an dernier, nous avions quitté l’île après en avoir fait presque le tour. Ne manquait plus que la pointe nord-est… Objectif donc cette année : finir notre tour de l’île et retrouver cette atmosphère si particulière que nous avions tant apprécié l’été dernier.

Nous quittons donc le Conquet sous le soleil et arrivons sous le soleil à Ouessant, ce qui fait une sacrée différence… Le port et son accueil sont toujours aussi austères et impressionnants. Mais sous le soleil cette fois-ci, cette haute digue percée de toutes parts devient presque sympathique !

Austérité ouessantine

Rituel immuable : après avoir installé notre campement, nous filons au bourg de Lampaul acheter de quoi sustenter notre appétit et nous dînons assis au bord de la mer avec la baie de Lampaul, le plein ouest et le coucher de soleil pour tout décor…

Baie de Lampaul

Puis direction le pub-restaurant Ty-Korn où nous papotons gaiement avec le patron, savoyard en exil… Un lieu à recommander fortement pour toute personne déambulant un jour à Ouessant.

Après une nuit agitée (où j’ai hurlé en plein sommeil et en plein rêve, faisant faire un bond à Juju), nous partons donc à l’assaut de la boucle Nord-Est de l’île. Le Stiff en ligne de mire pour seul objectif. Petite visite du phare du Stiff qui nous a offert un joli point de vue sur toute l’île et ses alentours océaniques.

Phare du Stiff

Nous avons même poussé le vice jusqu’à laisser trace de notre passage sur le registre des visiteurs…

Stigmates

Descente vertigineuse ensuite le long des hautes falaises du Stiff. Les courants au nord de l’île s’en donnent à coeur joie et nous impressionnent fortement. Le Fromveur, courant qui bat l’île et ses écueils, est vraiment terrible. La lande est toujours aussi fleurie et offre une palette de couleurs tout à fait saisissante. Jonathan le goéland et ses clones virevoltent au-dessus de nos têtes… Décidément, le paysage ouessantin est toujours aussi magnifique et éblouit mes mirettes.

Ajoncs sur mer

A l’approche de l’île Keller, ces courants semblent s’intensifier et transforment la passe en bords de Loire. L’océan devient un fleuve qui se déroule sans ménagement. Et ces deux ligneurs au large qui défient les lois de l’équilibre maritime semblent bien ballotés par les courants puissants qui mènent le jeu à cet endroit-là…

Bleus bouillonnants

Au cours de notre rando, nous croiserons comme l’an dernier de folkloriques représentants ouessantins :  entre moutons et bicyclettes, les rencontres du 3è type sont toujours un moment suspendu dans le temps. Et ce tracteur abandonné au beau milieu d’un champ le confirmera…

Rencontre du 3è type A bicyclette... Abandonné

Retour à Lampaul après notre petite boucle d’environ douze kilomètres (une ballade après les 25 km de l’an dernier) pour un verre en terrasse. Nous assisterons, médusés, à un mariage entre îliens et à leur sortie de l’Eglise. Grand moment de folklore. Toute la journée, les différents autochtones nous en avaient parlé. Un mariage à Ouessant, c’est rare !

Retour au camping pour un démontage du campement. Nous reprenons le chemin du port du Stiff. Ce soir, nous dormirons à Molène

Embarquement immédiat





A la conquête de l’Ouest

17 07 2010
Je ne serai jamais rentrée aussi tardivement dans le Finistère que cette année… Besoin sans doute de rester chez moi à Rennes pour enfin comprendre que ma vie est ici désormais et qu’il me faut cesser de “fuir” vers le Finistère dès lors que je suis en vacances !
Mais on ne coupe pas si facilement le cordon ombilical avec son Finistère natal ! et là, malgré les soirées estivales rennaises, ce besoin viscéral d’être proche de la mer se fait sérieusement ressentir.
Alors, j’ai jeté un paréo, trois maillots et ma paire de palmes dans un sac de plage, pris 3-4 bouquins dans la pile des livres non feuilletés, rangé Junior et Senior dans leurs pochettes respectives avec tout ce qui les accompagne (câbles USB, chargeurs de batterie, disque dur…), et zou ! voilà je claque la porte de mon home sweet home rennais !
Route-pêche comme on dit par chez moi ! A bientôt les Rennais ! bonjour les Finistériens !

© François Parigot




Avis de grand vent en cours

24 02 2010

Première tempête de l’année sur les côtes bretonnes aujourd’hui !

Le zef annoncé a bien soufflé, faisant ployer les arbres, même les plus solides. 114 km/heure à Groix au plus fort de la dépression ! L’alerte météo donnée hier -avec moultes précautions à prendre – est assez étonnante. Les phénomènes météorologiques deviennent de vrais dangers si l’on en croit les médias… Or, de mémoire de bretonne, finistérienne de surcroît, les tempêtes ont toujours fait partie de mon paysage hivernal : le grondement sourd de la mer déchaînée, le sifflement irrégulier du vent dans l’atmosphère, les embruns salés en provenance de la mer, l’écume qui danse dans le vent semblable au blizzard, le plic-ploc assourdissant de la pluie sur les velux, les branches d’arbre qui tombent joyeusement, les feuilles qui virevoltent dans les airs… tout ça est très naturel en Bretagne en hiver !
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est enfiler mon ciré Cotten jaune citron, mon bonnet de marin et partir admirer l’océan en bravant les éléments : quand le gris du ciel ne fait plus qu’un avec celui de l’océan, quand l’île de Groix disparaît au large, quand les balises deviennent invisibles sous les déferlantes, quand la digue du port est recouverte par les coups de butoir des vagues, quand les Glenan ne sont qu’un vague souvenir à l’ouest…

Florilège du jour…





Week End spécial Grande Bleue

22 09 2009
Nombreux retours dans le Finistère en ce mois de septembre…ma soeur et mon beau-frère allemand étant en vacances, j’aurai frôlé l’incident diplomatique si j’étais restée profiter des joies de la rentrée à Rennes. Descente donc vers le Finistère les 11-12-13 septembre pour un WE plus que maritime. Mon beau-frère allemand, fan de mécanique et de navigation, s’est acheté un nouveau bateau qu’il a bien entendu fallu tester. La bête est arrivée d’Allemagne sur remorque et la mise à l’eau dans le petit port de Brigneau fut des plus rocambolesques…
Bref, petite sortie en mer le vendredi après-midi. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas navigué le long de mon littoral d’enfance ! A chaque fois, la même surprise : ce littoral arpenté moultes et moultes fois, dont on connaît presque chaque faille, chaque crique, chaque anfractuosité, se révèle sous un autre jour : le relief disparaît et il faut faire preuve d’imagination et de réflexion pour retrouver ses repères !
Direction Port Manech, dans l’embouchure de l’Aven et du Belon…bateau ancré dans le sable ; la mer est basse…baignade rapide facilitée par le pont arrière du bateau, aménagé pour une descente dans l’eau rapide, efficace et toute en grâce ! Suivie d’un farniente au soleil…Neptune II est bien plus confortable que l’ancien zodiac ou l’ancien pêche-promenade ! Retour au bercail en début de soirée : le bateau est puissant mais je n’échapperai pas aux caprices de la houle : une bonne douche à l’eau salée avant de rentrer au port…

Le lendemain, cadeau d’anniversaire oblige, me voilà avec mon beau-frère à l’assaut de la rivière du Belon sur des kayaks ! Entre marée descendante et vent de face, nos épaules ont pagayé un maximum pour avancer…nous avons dû déclarer forfait avant d’arriver au fond de la rivière, les éléments étant décidément contre nous. Par contre, retour au Centre nautique de Beg-Porz où nous avions loué les kayaks en mode Formule 1 avec vent dans le dos et marée dans le bon sens. Martin est conquis par ce mode de transport maritime…un achat en vue pour l’été prochain ????
Un grand soleil étant annoncé pour le dernier jour du WE, nous avons décidé de partir aux Glenan. Pour les non-finistériens, il s’agit d’un archipel au large de Concarneau, haut lieu de la voile et des plongeurs… un archipel aux allures exotiques tant la mer y est bleue et transparente, tant les plages de sable blanc et de maërl éblouissent ! la seule différence notoire y est la température de l’eau : environ 13°-14°…
Armés de nos vestes Cotten (l’équipement indispensable pour tout marin qui se respecte), nous sommes donc partis à l’assaut des Glenan…45 minutes de bateau, de glissade dans les vagues, de vent dans les cheveux et d’embruns sur le bout du nez ! et nous voilà amarrés sur le Sillon, déserté en ce dimanche de septembre… Ramassage de coquillages, de maërl ; une baignade plus que rapide dans une eau limpide ; la sensation de vivre ailleurs le temps d’une après-midi ! une atmosphère zénifiante entre clapotis de l’eau, cris des goëlands marins, souffle du zef… Retour vers Brigneau et la civilisation ; nous apercevrons un aileron de dauphin et une colonie de fous de bassan. Rien de plus beau en vol !

Retour sur Rennes avec l’agréable sensation d’être partie en vacances au bout du monde…le temps d’un WE !





Brume, lande et moutons à Ouessant

25 08 2009
“Ouessant, île d’amour et de trépas, avant-garde occidentale, inébranlable et féroce, qui dresse ses frénésies de chairs et de rocs contre les assauts de l’océan”.
(Odette du Puigaudeau, “Grandeur des îles”, 1945)

A l’assaut d’une île du nord dont je n’avais encore jamais foulé le sol pour ce WE du 15 août avec Juju mon ami d’enfance.
Départ du port du Conquet : quelques jolies maisons, un centre-ville typique des bourgades bretonnes, un port un peu désolé (pas même un troquet pour boire une bière avant l’embarquement !), un parking obligatoire qui nous coûtera la bagatelle de 22 euros pour 2 jours… Notre bateau, l’Enez Eussa, arrive : un peu de peinture sur un peu de rouille, un peu boat-people sur les bords ! L’accostage est rustique ; pas de passerelle d’embarquement : il faut enjamber la mer entre l’escalier du quai et le pont inférieur du navire.
Le WE démarre dans la rudesse ! oubliez votre confort pour gagner cette île du bout du Finistère ! Ouessant semble se mériter ! Escale à Molène…le temps se gâte. Le tristement célèbre passage du Fromveur nous laisse entr’apercevoir Ouessant noyée dans la brume et le crachin.

L’arrivée au port du Stiff, entre ces hautes falaises noires et ce quai troué, est des moins accueillantes.

Ouessant, île battue par les vents et la mer, subissant les pires dépressions en hiver, a décidé de ne pas se montrer sous son meilleur jour.
Nous empruntons la navette pour rejoindre le camping municipal : l’intérieur de l’île est presque désertique : lande, murs de pierres, quelques maisons qui tournent résolument le dos au nord, paysages un peu désolés…

Après avoir installé notre bivouac, nous partons à la découverte du bourg de Lampaul. En ce vendredi soir, la vie est présente uniquement dans les 2-3 cafés du bourg. Nous avalons un sandwich face à l’ouest, au fond de la baie de Lampaul sous les dernières lueurs du jour et les premiers éclats des phares : puissant pour le Creac’h, rouge pour la Jument et clignotant pour Nividic… nous sommes clairement sur une autre planète !
Réveil en douceur le samedi matin ; le ciel est nuageux mais les températures sont clémentes (dingue comme sous les latitudes finistériennes la météo prend toute son importance…). Nous partons à l’assaut du NW de l’île. J’ai rarement vu une mer d’huile pareille…état sans doute exceptionnel ici !

La côte est superbe et rapidement changeante : falaises, galets, pierres arrondies…les lapins laissent place aux chèvres puis aux goélands, fous de bassan et cormorans.

Genêts, ajoncs et bruyère côtoient herbe rase, mousse, mûriers et fougères. Les rares arbres qui se risquent à pousser sont déformés. Paysages difficiles mais superbes !

Après un piknik dantesque (pour se remettre des 8km du matin), nous attaquons le SE de l’île. La côte sud est bien plus clémente : quelques plages de sable fin où l’eau turquoise nargue les éventuels baigneurs du haut de ses 14°.

L’archipel de Molène et le phare de Kereon nous tendent les bras. Fin de la boucle de 14 km en soirée…nuit de sommeil bien méritée !

Dimanche matin, le ciel est encore plus clément. Sous la couverture nuageuse, le soleil pointe son nez ! C’est parti pour la boucle SW de l’île. Toujours des falaises, des cormorans, des moutons, des bruyères…


Le phare de la Jument est le gardien de cette côte et nous nous étonnons toujours de ce calme plat de l’océan !

Retour à Lampaul sous le soleil où nous dévorons une crêpe et goûtons à la spécialité locale : la saucisse aux algues. Excellent ! Rangement du bivouac et sieste au soleil…avant de reprendre le bateau à 17h pour rejoindre le continent. Au loin déjà la dépression annoncée se signale par une bande nuageuse grise et menaçante…
Au final, Ouessant est une île à découvrir en toute humilité et de préférence à pied.

Des images de plénitude et de désolation qui s’explique par la rudesse des conditions dans lesquelles les Ouessantins doivent vivre…

Du bleu, avec toutes ses variantes, noyé dans le gris météorologique du WE…

Une pointe NE qui restera à visiter malgré les 30 km dans les gambettes sur 2 jours…
Bref, un très bon WE !

[ce billet n'est absolument pas sponsorisé par le pâté Hénaff...]




Mode vacances dans le Finistère

19 07 2009
Une fois n’est pas coutume, j’ai effectué ma transhumance estivale vers le Finistère assez tardivement, Tombées de la Nuit obligent !
Je m’explique assez mal ce besoin vital de retour aux sources dans mon Finistère natal en été ; besoin d’être au bord de la mer et besoin de cette proximité pour décompresser réellement et me reposer pleinement. Besoin aussi de retrouver quelques repères : la maison familiale, le potager, les confitures, le café sur la terrasse, les grasses matinées jusqu’à pas d’heure, la plage du Kerou au Pouldu, les apéros au Grand Bleu (le café emblématique du Pouldu qui m’a fait office de seconde maison pendant de nombreuses années), les copains du Finistère…bref, un ensemble de choses qui composent ma madeleine de Proust estivale sans laquelle je ne suis pas capable d’envisager la rentrée.
Ma première après-midi dans le Finistère a consisté à faire mon sac de plage (serviette, maillot, crème solaire, bouquin, Ipod, bouteille d’eau) et me rendre au Kerou ; après avoir bu un café au Grand Bleu, je suis descendue à la plage…étendue sur le sable, Ray-Ban vissées sur le nez, j’ai écouté avec plaisir le ressac de la mer, les cris des enfants, les sifflets de sauveteurs de la SNSM, le bruit du ballon de beach-volley, les conversations météorologiques des autochtones…j’ai reniflé l’odeur de la crème solaire, de la mer, du sable, du monoï…et je me suis endormie ! Les vacances commençaient enfin…







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