Un Forum sur la crise sous haute surveillance…compte-rendu un peu amer

Arrivée vendredi sous le soleil au TNB : la rue St Hélier est complètement bloquée et des cars de Tortues Ninja encombrent la rue Duhamel (derrière le TNB et France 3). Le TNB est cerné, tel un bunker… Je m’approche des grilles, le comité d’accueil – un joli cordon de CRS harnachés comme des Robocop – toise chaque arrivant… on me demande de sortir billet d’entrée et carte d’identité…puis on fouille mon sac…je n’en reviens pas ! Malgré tout, on me laisse entrer…Alleluja !

A l’intérieur du TNB, véritable ruche sécuritaire, on ne peut pas faire dix mètres sans croiser un vigile munie d’une oreillette… J’entends ici et là des histoires de bouteilles d’eau refusées à l’entrée car apparentées à de susceptibles projectiles… Big Brother est de retour !!!
J’ai donc assisté à 3 conférences et à chaque fois, ce sera le même cirque à l’entrée… Fallait-il déployer autant de moyens pour encadrer des débats sur la crise ? Les Rennais seraient-ils considérés comme des agitateurs patents de l’ordre public ? Je n’aurai pas de réponse mais cela m’a laissé un sentiment assez désagréable, renforcé il est vrai par le peu d’intérêt au fond des conférences auxquelles j’ai assistées.

La fin du modèle sportif français ? Avec Jean-Pierre Karanquillo, directeur du Centre de droit et d’économie du sport et Jean-François Lamour, député UMP de Paris, ancien ministre des Sports. Le débat a principalement porté sur le sport d’élite professionnel, au grand dam de nombreux participants au débat (Rennes est effectivement une ville qui a beaucoup œuvré pour le sport amateur). Lamour prône une prise en charge du sport par le privé mais pas seulement. Il préconise que le sport devienne un produit d’appel pour les Universités et leur future autonomie. Pour lui, l’Etat doit se désengager à cause de la RGPP (réorganisation des services de l’Etat = en clair, faire des économies partout !) mais conserver son rôle de régulateur. Il mentionne bien que le socle associatif porte le sport en France et que ce sont les collectivités territoriales qui doivent prendre le relais de l’Etat…
Karanquillo quant à lui préconise un partenariat contrôlé entre l’Etat et le mouvement sportif : le premier doit conserver son rôle régulateur sur les instances législatives et humaines. Karanquillo insiste également sur les valeurs de solidarité et d’unité : la césure entre sport d’élite et de masse ne doit pas exister.
Bref, deux intervenants en accord sur des changements à faire au sein de l’organisation du sport français…le débat n’a donc pas été très productif. A noter tout de même : la présence de Pierre Dréossi, manager général du Stade Rennais…qui parle aussi bien français que moi le javanais….

Faut-il réguler le sport ? Avec Nicolas Fernandez Gabando, analyste au département sport chez Ineum Consulting et Didier Primault, économiste au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Encore un débat faussé par un mauvais intitulé…toutes les discussions ont porté sur le sport professionnel et plus précisément le football…Il a donc été question des financements des clubs anglais, du manque cruel d’argent au sein des clubs français (j’ai failli verser une larme….), du manque de compétitivité des clubs français au niveau international à cause de ce déficit financier (là, ma boîte de Kleenex m’a cruellement fait défaut…)… Bref, un maquillage à refaire et une dent encore plus acérée contre le football professionnel à la sortie de cette conférence !

Dernière conférence et non des moindres, dans la grande salle Jean Vilar (924 places…toutes occupées !) : Les contre-pouvoirs sont-ils menacés ? Avec Jean-François Copé, député UMP de Seine-et-Marne et Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, président du Conseil Général de Saône-et-Loire. A 15h30, la journaliste Nathalie Raulin et J.F. Copé entrent sur scène ; la salle entière se demande si la conférence sur les contre-pouvoirs va avoir lieu avec comme unique représentant un membre du gouvernement… A. Montebourg arrive : soupirs de soulagement et applaudissements dans la salle…Rennes est résolument une ville de gauche…La journaliste pose ensuite les limites du débat par une entrée en matière assez critique envers le gouvernement en place : « Les gardes-fous démocratiques fonctionnent-ils encore en France ? N’assiste-t-on pas à un affaiblissement des institutions (Parlement, Justice, Médias) seules susceptibles de contrecarrer le pouvoir exécutif ? »…. malheureusement, elle perdra de sa pugnacité au cours de l’échange et n’assurera en rien son rôle de médiatrice et de rappel à l’ordre quand les intervenants font du hors-sujet, se bornant seulement à s’esclaffer lors des boutades lancés par l’un et l’autre….Au demeurant charmante dans son tailleur orné d’un sautoir noir, elle restera professionnellement navrante à mes yeux…
Quant au débat, il fut stérile à mon avis : entre deux orateurs hors pair qui ne s’écoutent pas une seule seconde, plutôt intéressés pour défendre ce qu’ils ont chacun contribué à mettre en place…ce fut « guignolesque » pour reprendre les mots d’une femme présente dans l’assistance ayant violemment pris à parti J.F. Copé au cours de la conférence….

Que retenir de tout ça ? Que sur le fond, l’idée est intéressante, alléchante et très prometteuse….Sur la forme, vous l’avez compris, il y aurait bien des choses à revoir…mais qui ne tente rien n’a rien…Alea jacta est !

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