Les étés TIC de Bretagne : la suite

Quand on aime, on ne compte pas ! J’attaque la deuxième journée des étés TIC dès 9h sous une chaleur déjà étouffante…
Premier atelier sur les « Jeux vidéos et Serious game : des clés pour préparer l’internet de demain ? ». Où l’on apprend que le domaine des jeux informatiques génère plus d’argent que le domaine de la musique et autant que le cinéma. Les Serious Games apparaissent dans quasiment tous les domaines : l’armée (la Marine Nationale propose huit jeux pour découvrir les facettes du métier sur
êtremarin.fr – voilà un site qu’il va falloir ke je montre à mon père pour le faire jubiler d’avoir pris sa retraite…), les ONG (le jeu FoodForce permet de gérer une crise alimentaire dans l’océan Indien), la Santé (Happy Night club ou comment sensibiliser les jeunes aux risques liés à la surconsommation d’alcool par la Ville de Nantes)…Deux intervenants présentent leurs Serious Game respectifs : ArteFacto, agence rennaise de graphisme et de design travaillant notamment sur R&D, et son serious game d’auto-évaluation pour des diagnostics immobiliers, et LesBioz, serious game éducatif pour découvrir l’agriculture biologique proposé par les agriculteurs bio d’Ille-et-Vilaine, à destination des enfants. Dernière intervention sur le sujet par Yann Leroux, digiborigène (subtil mélange de psychologue, de gamer et de geeker… pour plus d’infos, consulter son blog : Psy et Geek). Nous indiquera en vrac que : les Digital Natives ne le sont pas tous ; ne jamais oublier la dimension idéologique dans la généalogie des Serious Game (l’oncle Sam encore et encore) ; Sim City et Civilization seraient pratiqués en cours d’histoire-géo pour travailler sur le tissu urbain américain (je vais enfin pouvoir justifier les heures et les heures que j’ai passées sur ces jeux…ouf!!!! ) ; le jeu comme support psychothérapeutique est encore tabou ; notre civilisation est remodelée par les matières numériques et que ces dernières fonctionnent comme une seconde peau (la matière numérique nous entoure – wifi – et squatte nos poches – mobile -) à la fois positive et négative (Big Brother n’est jamais bien loin ! )… Bref, atelier très riche en découvertes...et puis voilà de quoi occuper mon été avec tout ces jeux à tester !
Deuxième atelier après la pause café : « Création de dispositifs contributifs : le metawall, le twitty wall, le cool wall ». Atelier un peu technique pour le novice du web 2.0…mais passionnant pour celles et ceux qui y sont déjà immergés jusqu’au cou ! Présentation donc des murs contributifs d’expression directe en temps réel (avec modération à postériori) ou comment agréger des contributions et les présenter sur un mode de restitution avec visualisation appropriée. Un exemple : le mur contributif des Etés TIC où l’on retrouve à la fois les messages textes – SMS, mails, twitts – et des images ou vidéos envoyées par les participants sur place ou à distance. Pour les plus curieux, une fiche méthodo est dispo ici même. Nous a ensuite été présenté un écran 3D projeté…où l’on navigue sans clavier et sans souris à l’aide d’une simple wiimote. Pour tout savoir du tableau noir numérique, c’est ici !!! Enfin, pour les plus férus et mordus, jetez un oeil sur le site de MetaLab 3D et vous verrez de quoi notre futur proche va être fait…. Un projet fascinant, celui du twitter géolocalisé sur une espace public comme un arrêt de bus (des twitts plutôt que de la pub !). Cela se fait déjà à Tokyo et cela ouvre des perspectives énormes en terme de sociabilité quotidienne, d’infos municipales géolocalisées, de prévention….La FING (Fondation Internet Nouvelle Génération qui est une association de réflexion sur les usages de l’Internet de demain) cherche en ce moment même une collectivité territoriale ou une mairie prête à se lancer dans l’aventure… ou comment utiliser l’espace urbain pour faire sortir son identité numérique de la Toile (pour en savoir plus sur les identités actives…). Atelier fort intéressant et ouvrant des perspectives insoupçonnées… A quand un mur contributif pour mon centre de ressources ????
Nouvel atelier en début d’après-midi « Vers des bibliothèques 2.0 ? » avec Olivier Le Deuff, documentaliste et chercheur en info-doc ; il est le webmaster du Guide des Egarés, site consacré aux bibliothèques et au web 2.0, bien connu dans la profession. D’après lui, le web 2.0 s’oppose complètement au modèle traditionnel des bibliothèques et du savoir entre autres à cause de cette diffusion explosive d’informations non contrôlées. Par contre, les usagers sont au coeur de l’information, comme ils pouvaient l’être pour les bibliothèques ( sans usagers, pas de bibliothèque !). Cela induit donc de nouvelles conceptions pour les bibliothèques, de nouveaux usages à développer et de nouveaux profils de personnels. Au delà de ces aspects positifs, Olivier Le Deuff modère cet engouement en rappelant le côté obscur du web 2.0 : quels modèles de la culture et du savoir y développe-t-on ? ce modèle des savoirs étant basé sur l’éphémère et non le durable comme en bibliothèque. Il convient donc de mener une réflexion sur ce qui mérite d’être stabilisé. Evolution plutôt que révolution en somme…
Deuxième intervention assurée par Perrine Helly, toute jeune conservatrice au SCD de l’Université de Bretagne Occidentale à Brest. Le Service Commun de Documentation brestois est assez dynamique en terme de volonté de diffuser la culture numérique: blog créé il y a 3 ans (le Bublog), expérimentation de Twitter et de Facebook. Quelques limites toutefois : les usagers visés (les étudiants et les enseignants -chercheurs de l’Université) ne sont pas les principaux followers ; par exemple, pour Twitter, 104 followers dont seulement 8 finistériens… Elle pose ensuite la question fondamentale de l’identité de la bibliothèque sur la Toile : identité institutionnelle ? identité de services ? identité média-thématique ? identité de personnes ressources ? Vous trouverez ici son slide Web 2.0 en BU riche d’informations.
Dernière intervention de Françoise Sarnowsky, « bibliothécaire numérique » en poste à la Bibliothèque des Champs Libres à Rennes. Depuis son ouverture en 2006, la bibliothèque des Champs Libres a la volonté de faire coller le numérique au projet d’équipement et de pratiquer un tout numérique sauvage. D’où des services à distance pour l’usager (catalogue, compte-lecteur, réservation, prolongation des emprunts…), des ressources numériques accessibles sur place ou à distance (Arte VOD est gratuit pour les inscrits !), des plateformes d’autoformation en bureautique par exemple, des supports numériques au service du handicap… Beaucoup de possibilités donc mais assez méconnues au fond des usagers (moi-même grosse consommatrice des Champs Libres j’ignorais cet accès à Arte VOD…). Au final, trois interventions très intéressantes qui questionnent quand même cette évolution des bibliothèques et du Web 2.0 ; le problème de la médiation reste entier et sans ce présentiel humain, l’accès à plus de virtuel ne se fera pas.
Dernier atelier de la journée « Rencontre avec l’Assocation Les Blogueurs de l’Ouest ». Oui, cette association regroupe plusieurs villes du Grand Ouest où se rencontrent des blogueurs ; Rennes blogue-t-il ? fait partie de cette grande confrérie. Plusieurs blogueurs présents sont invités à papoter sur ce qui les a poussés à bloguer, s’ils en vivent, ce qu’ils y trouvent comme satisfaction… Beaucoup de questions du public (principalement blogueur d’ailleurs…) sur l’aspect « communautaire » de ces pratiques, sur le financement transparent ou non de certains blogs sponsorisés, sur l’avenir et l’évolution du blogging, sur les bons ou mauvais blogs (toujours ce rictus grinçant à l’égard des skyblogueurs…). Tout ceci me laisse un peu perplexe…je constate que malgré tout il existe un véritable « racisme » du blogueur chez certains, une addiction aux différents outils du web 2.0 (bonne ou mauvaise, je ne saurai y répondre), une déviance du vocabulaire (ah, ce terme d’écosystème, malmené, torturé, employé dans un tout autre contexte que son sens originel…« écosytème de financement naturel » pour la musique en ligne et le mécénat global lors de la table ronde sur l’économie numérique ou un « ensemble économique de blogueurs/lecteurs » comme entendu lors de cette rencontre de blogueurs)… Par contre, j’ai découvert un blogueur BD, Gib, tout à fait drôle et sympathique qui avait le mérite d’avoir une vision un peu moins idyllique du blog que les autres : son blog Borne to be Wild et sa vision de cette rencontre. Finalement, il va quand même falloir que je me pose sérieusement la question du pourquoi je blogue un jour !!!!
Fin de la deuxième journée… A suivre !

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