Escapade au pays des marmottes

Jeudi 06 août en rentrant de Brest et du concert de Cocorosie : arrêt en vrac sur la voie express pour répondre au téléphone.
Jeudi midi : je pianote sur Internet via sncf.com.
Jeudi soir : retour sur Rennes sous la pluie et l’orage.
Vendredi matin, 9h : me voilà sur la quai de la gare à Rennes, prête à sauter dans le TGV qui va me permettre de rejoindre Katell et Anne D. à Modane.
J’aime ces départs inopinés et imprévus en vacances !
Au programme : une rando bivouac de 3 jours concoctée par Vincent le cher et tendre de Katell.
Le petit groupe de rennais que nous composons est rejoint le samedi soir par Cyril et Swing, chienne de berger type border-collie et par Fabienne et Pierre-Yves, couple d’amis de Vincent. 7 randonneurs au total pour 3 jours de grimpette autour du Signal du Petit Mont-Cenis dans la Haute Maurienne.
Départ du petit village de Termignon (1300m) le dimanche matin avec nos sacs à dos chargés des victuailles pour 3 jours, des tentes, matelas et sacs de couchages [un jour je posterai sur l’art de composer son sac de rando…]. La météo est clémente lorsque nous commençons l’ascension vers le col de Sollières (2639m). Quelques fraises des bois, un moment d’égarement au milieu de la forêt des Tannes, un piknik de fous sur le replat des Canons (2098m) avec une vue imprenable sur les glaciers de la Vanoise, un refuge (2318m) qui n’en est plus un à l’Erellaz (merci IGN !) et un orage qui pointe son nez gentiment mais sûrement…nous arriverons au col de Sollières sous la pluie et accueillis par un orage de l’autre côté du col ! Installation de notre bivouac en contrebas sous la pluie et les éclairs…ou comment tenir à 7 dans une tente pour 3 personnes pour se réchauffer, manger des pâtes aromatisées à la soupe lyophilisée au minestrone préparées (non sans danger !) sous l’auvent ! Première nuit à 2600 mètres d’altitude un peu humide donc !
Réveil en douceur à 6h30 le lendemain ; le panorama est toujours aussi bouché ! le petit déj’ est même écourté par l’arrivée de la pluie ! nous replions le campement en catastrophe (j’en oublie même une paire de chaussettes qui séchait péniblement sur un rocher…si vous passez par là, merci de les récupérer !) et commençons la descente. Heureusement, le temps change vite en montagne et les nuages font place à un grand soleil. A nous les marmottes qui gambadent, le troupeau de vaches tarines qui broute tranquillement au son des cloches. Pause séchage et grand café bien mérité au refuge du Petit Mont Cenis (2110m). Nous rejoignons tranquillement le lac du Mont Cenis (2000m) pour pique-niquer. Reprise de l’ascension par le passage du col du Mont Cenis (2081m) puis ascension vers le col de la Turra (2507m). Un bon dénivelé de 448m nous attend de pied ferme. Le sentier à flanc de montagne est étroit, ardu et pentu. Le raidillon de fin de journée achève mes chevilles et mes cuisses. Le vertige pointe son museau, surtout lorsque dans les 100 derniers mètres, il faut crapahuter en s’aidant d’une corde au milieu des roches ! j’arrive au col essoufflée comme une asthmatique à cause de la peur qui me cisaille l’estomac et la respiration ! je jette mon sac à terre et je pleure un bon coup. La rando, c’est difficile autant physiquement que mentalement… mais la vue sur le Mont-Cenis, le lac, les massifs de la Vanoise et la vallée de la Haute-Maurienne est superbe et ça vaut le coup d’avoir eu peur ! Par contre, le vent s’est levé et les nuages avec (cette sensation d’être au milieu des nuages un court instant est grandiose !). Nous nous dirigeons vers le fort de la Turra (2529m). Construit en 1891, le fort a d’abord servi de logement aux Chasseurs Alpins du 13è BCA chargés de surveiller la frontière (l’Italie est toute proche). Il sera ensuite un haut lieu de résistance militaire aux armées italiennes, et ce jusqu’à l’armistice lors de la dernière guerre.
Ce fort sera notre lieu de bivouac pour la nuit…à contrecœur pour les filles au départ ! il faut dire que ces ruines délabrées chargées d’histoire, perchées au milieu de rien, exposées à tous les vents nous ont paru bien sinistres au départ. Après réflexion (et argumentation masculine !), la perspective de passer une nuit plus au sec que la précédente nous a convaincues. Un bivouac de fortune est donc installé dans un ancien bâtiment. De vieilles portes en bois trouvées ça et là permettront aux tentes de ne pas reposer directement sur le ciment humide et nous assureront une nuit plus clémente eu égard aux conditions météo peu clémentes qui s’annoncent. Un autre bâtiment nous sert à établir le campement de base : feu improvisé, cuisine de pâtes à la soupe, bancs de fortune, séchage de chaussettes au dessus des flammes…nous avons un peu joué à Koh-Lanta !
Dernier matin, dernier réveil difficile après une nuit froide, humide et venteuse…mais le soleil est là et le panorama se dévoile enfin vraiment : un 360° inoubliable et grandiose !
Descente vers Termignon par le chemin carrossable dans la combe de Cléry qui permet aux 4×4 de grimper jusqu’ici (300 m de dénivelé tout en douceur) puis par les pistes de ski du domaine de Val Cenis Vanoise (9 km sur une piste caillouteuse) ; mes genoux souffrent…mon corps souffre…le mental souffre…mais la perspective du resto à l’arrivée nous motive !
15h : Kenavo la montagne, la Bretagne nous attend – et les 979 km dans une voiture chargée avec 4 personnes…

Ce que je retiens de tout ça : malgré les courbatures et la souffrance, la rando en montagne, ça me gagne…et je compte bien recommencer l’an prochain. Je dois être maso…mais tout le sport que je fais dans l’année m’a vraiment permis d’appréhender cet effort si particulier et de gérer un peu mieux ce vertige que je dominais moins bien lors de précédentes randos. Et puis, il reste ces paysages, ce silence, cette sensation de petitesse et d’humilité face à ces sommets et ces crêtes.
Un seul regret : avoir oublié mon APN à Rennes…

4 réflexions au sujet de « Escapade au pays des marmottes »

  1. mathias

    Superbe récit, qui me donne envie de rechausser pour une itinérance en autonomie autour des jolies sommets mauriennais !
    et pourquoi pas la même chose raquettes au pieds ! un autre décor , un autre effort !

    Répondre
    1. LeeZen Auteur de l’article

      @mathias : Sympa ton commentaire. Du coup, j’ai relu ce billet et ça m’a rappelé plein de souvenirs. Je n’ai pas pu randonner en montagne en 2010 ; j’espère que l’été 2011 rattrapera cette absence de sommets et d’efforts !

      Répondre

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