Plan Climat Rennais : 2ème opus

Deuxième soirée jeudi dernier pour la démarche de co-construction du Plan Climat rennais : nouvelle soirée de conférences-rencontre au programme de 18h30 à 22h….et pas une seule minute d’ennui ! Toujours autant de monde… Seule surprise : un certain nombre de mes voisins dans l’amphi ont imprimé le mail de convocation avec la liste des conférences : gâchis de papier quand tu nous tiens ! j’espère seulement que ce bout de papier sera recyclé…
Première présentation par Brendan Catherine, « Inventaire CO2 du territoire rennais » : Des chiffres fort intéressants sur les consommations d’énergie de la Ville de Rennes (gaz, électricité, réseaux de chaleur urbain…), sur les productions de CO2 liées aux transports (les trois quarts des émissions sont liées aux voitures particulières…)…Une partie de ces chiffres sont disponibles sur le site de la ville de Rennes. En bref, l’objectif à atteindre est une réduction de 20% des émissions de CO2 d’ici à 2020. La Ville et ses acteurs doivent donc s’engager…
Six conférences sont ensuite annoncées…Cruel dilemme ! elles fonctionnent deux par deux et nous devons choisir entre chaque « couple »… Vous ne trouverez donc ci-dessous qu’un compte-rendu partiel de la soirée, n’ayant encore point le don d’ubiquité…
Deuxième conférence, « La ville connectée et durable », par Thierry Marcou, directeur du programme Villes 2.0 de la FING, Fondation Internet Nouvelle Génération.
Pour lui, il nous faut approcher autrement la mobilité et notamment celles des urbains que nous sommes (avec une mobilité prioritairement automobile : 60% en moyenne contre 7% de déplacements en transport collectif). Pour une mobilité libre et durable, Thierry Marcou et la FING proposent plusieurs pistes d’actions :
  • l’e-susbtitution : limiter les déplacements en utilisant les nouvelles technologies et leur potentiel (l’e-susbtitution), en réinventant de nouvelles formes de médiation multi-services (visio-guichet, maison des Services Publics pour passer d’une mono-fonctionnalié des bâtiments à une multi-fonctionnalité), en devenant des nomades logisticiens (ou comment tout faire depuis son mobile…[NDLR : non, nous n’échapperons pas à la grande confrérie des I-phoneurs]
  • l’urbanisme du temps ou comment articuler temps, espaces et services. Comment ? en réaffectant des espaces à des uasages différents en fonction des heures et des jours ; en concevant des bâtiments multifonctionnels ; en inventant des échangeurs de mobilités augmentées c’est-à-dire une articulation de toutes les mobilités : vélo, train, bus, parking…
  • l’intelligence collective des mobilités. Peut se traduire de différentes façons : intermodalité avec Google transit (permet aux utilisateurs de Google Maps de calculer le temps d’un parcours en transport en commun) ; mashups hyperlocaux [NDLR : kesako un mashup ? c’est du Web 2.0 dans toute sa splendeur ! à l’origine, il s’agit d’une application Web qui combine du contenu en provenance de différents sites et qui peut éventuellement être à son tour enrichi de contenus générés par les utilisateurs] : au fond, c’est de l’info en temps réel… A Paris, des usagers de la ligne 13 ont créé un compte Twitter (ligne13) permettant de signaler les incidents voyageurs ou interruptions de service. Au fond, il s’agit d’enrichir l’expérience des mobilités douces et collectives en connectant transports et réseaux sociaux.
Au fond, la FING propose un partage des ressources et des informations via les réseaux sociaux. Le citoyen devient un véritable stratège de sa mobilité grâce aux nouvelles compétences numériques…usager actif et non plus passif !

Troisième conférence, « Le Rôle des associations et des citoyens dans l’élaboration d’un plan de descente énergétique » par Luc Semal, doctorant en sociologie à Lille. Il s’agissait là de nous présenter les Villes en transition. Les postulats de base : la fin du pic pétrolier approche, et il faut diminuer la production de gaz à effet de serre. Partant de cela, les citoyens se réunissent en communauté et décident de diminuer leur production de carbone de -80%. Le concept de résilience entre en action, ou comment résister à un choc sans s’effondrer et en sortir plus fort. Première ville à être entrée en transition : Totnes au Royaume-Uni, petite ville de 8000 habitants, ayant un profil très particulier (parc national sur le territoire, écoles à pédagogie alternative, faculté d’art autogérée…). La ville a donc réussi à mettre en place une méthodologie d’actions transférable. Quid de cette méthodologie ?

  • Conférences choc sur l’environnement + diffusion de films écologistes…faire émerger une prise de conscience
  • Création de groupes de travail selon affinités et centres d’intérêt : sur le transport, l’habitat, l’alimentation, le théâtre, la dentisterie post-carbone (eh, eh…). Prise de contacts avec d’autres associations déjà existantes sur le territoire : club du 3è âge, atelier tricot, atelier cuisine pour cours de cuisine post-carbone… Le but ? créer un imaginaire alternatif
  • Objectifs de chaque groupe de travail : proposer un programme désirable et réaliste (communément appelé Plan de Descente Energétique) avec rétroplanning ; mettre en place des actions concrètes (plantation d’arbres fruitiers dans les parcs municipaux, échange de jardins entre personnes âgées ne pouvant plus cultiver et étudiants confinés dans leurs studios, mettre en place une monnaie locale pour prouver l’existence des cycles courts de monnaie…) ; assurer un suivi des actions avec mise en place d’indicateurs de résilience n’apparaissant pas dans les réseaux institutionnels.

Les Villes en transition s’inscrivent donc dans une démarche citoyenne participative et inclusive (et c’est le pourquoi du comment des propositions d’actions originales et osées !). Des limites toutefois : pas de recul sur les actions, la plupart des villes pionnières achevant tout juste de rédiger leur Plan de Descente Energétique. La démarche semble plus difficilement applicable sur les grandes villes qui n’ont pas de réserves foncières pour l’alimentation notamment. Rennes, ville en transition ? il faut voir….

Quatrième et dernière conférence, « Les quartiers durables WWF » par Julie Delcroix, chargée de programme « Urbanisme et Habitat Durables » chez WWF France. Mais que vient faire le panda ici ? eh oui, vous l’ignoriez, moi aussi ! mais WWF a développé un programme qui a « pour but de proposer des solutions permettant de vivre dans les limites naturelles de notre planète. » Tout est parti du constat suivant : il n’y a qu’une seule planète Terre. Or, d’après les calculs d’empreinte écologique de l’humanité entre 1961 et 2008, nous consommons ce que peuvent produire 3 planètes… WWF tente donc de résoudre ce hic : comment réduire cette empreinte et empêcher l’érosion de la diversité (oui, oui, on y vient quand même aux bebêtes !). Julie Delcroix nous présente l’expérience pilote de BedZED, sud de Londres, lancée en 2002. Il s’agit d’un projet d’écoquartier dont le but est de réduire l’empreinte carbone tout en améliorant la qualité de vie. Ce projet pilote mêle donc logements et bureaux avec des énergies 100% renouvelables. Concrètement : une densité resserrée (50 logements par hectare) ; o,8 place de parking par foyer (réduction de 65% des kilomètres parcourus en voiture individuelle) ; 52% des matériaux de construction proviennent de moins de 50 km ; 25% des foyers se nourrissent grâce aux vegbox (nos paniers d’AMAP) et 45% cultivent leurs fruits et légumes sur les toits des logements ; réduction des consommations d’eau de 33%…tout ça pour une qualité de vie attestée par les résidents ! Pour en savoir plus : BedZED sur Wikipédia et le projet Quartiers Durables par WWF. Enfin, Julie Delcroix nous a listé les 10 principes de One Planet Living appliqués dans un réseau mondial de quartiers, notamment à Masdar, à Brighton et au Portugal :

  • Zéro carbone : bâtiments à énergie positive ; ville compactes mais intenses avec espaces verts et bâtiments multiservices ; ville des courtes distances…
  • Zéro déchets : augmenter le recyclage ; prévoir des espaces de compostage et de tri à l’intérieur et l’extérieur des logements et des bureaux…
  • Transports durables : mutualiser les trajets et les moyens de transport ; assurer la desserte des quartiers et créer des maisons de mobilité…
  • Matériaux locaux et durables : utiliser des matériaux non toxiques, recyclés et récupérés et produits localement (eh oui, dites adieu à la table en tek qui trône sur votre terrasse…)
  • Alimentation durable et locale : faire attention à l’empreinte des déchets, à l’occupation des surfaces de culture, à la consommation et pollution de l’eau… Réinventer les jardins ouvriers, les espaces de marchés, créer des AMAP et mettre en place systématiquement le jardinage bio…
  • Gestion durable de l’eau : surveiller l’impact des constructions et de l’urbanisme…
  • Habitats naturels et biodiversité : reconstruire la ville sur la ville ; connecter faune et flore ; mettre en place des plans de biodiversité du balcon au parc…
  • Culture et patrimoine : inscrire le quartier comme identité locale dans le patrimoine culturel, paysager et historique…
  • Equité et partenariats locaux : augmenter les activités vertes en lien avec les stratégies économiques de la collectivité : chantiers de réinsertion, commerces de proximité, logements sociaux…
  • Qualité de vie et bien-être : animer les quartiers avec des commerces, des espaces verts ; mutualiser les espaces et les outils : buanderies, bricolage….

En conclusion, Julie Delcroix nous incite vivement à nous rendre sur le site de WWF France pour calculer notre empreinte écologique et signer l’ultimatum climatique Ce que je viens de faire ! Malgré l’usage quasi quotidien de mon vélo, pour mes déplacements , un appartement bien isolé, chauffé au gaz, une consommation de fruits et légumes locaux, des vacances sans avion et un usage très modéré de ma voiture, mon empreinte carbone est de 2,2 hectares et il faudrait 1, 22 planètes pour vivre si tout le monde faisait comme moi ! Pour me rassurer, on m’indique ensuite que l’empreinte écologique moyenne d’un français est de 4,9 hectares, d’un américain de 9,2 hectares et d’un africain de 1,4 hectares… Suite du processus : je m’engage à faire certains gestes pour réduire mon empreinte. Et là, victoire ! Si je m’y tiens, je parviens à une empreinte de 1,9 hectares et sauve ainsi 0,18 planètes ! [En effet, si vous suivez ces engagements pendant toute une année vous réduirez votre empreinte de 3 319 mètres carrés et rendrez ces ressources disponibles pour d’autres. Si toute la population de votre pays décidait d’en faire autant, ce sont 205 778 000 000 mètres carrés (= 20 577 800 hectares) qui seraient gagnés !].
Ne me reste donc plus qu’à :
– passer trois minutes de moins sous la douche (660m2 gagnés)
– apposer un autocollant anti-pub sur ma BAL (710m2 gagnés)
– remplacer deux fois par semaine la viande par un substitut végétarien (1600m2 gagnés)

– débrancher les appareils électriques mis en veille (360m2 gagnés)

Et vous ? vous faites quoi pour réduire votre empreinte écologique ?

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