Plan Climat Rennais : 3ème opus

Et encore un jeudi soir passé sur mon lieu de travail… pour la 3è soirée de conférences-rencontre dans le cadre de la démarche de co-construction du Plan Climat Rennais. Présentation de la soirée par Jean-Luc Daubaire, Adjoint au Maire de Rennes, chargé de l’énergie et de l’écologie urbaine. Ce dernier nous rappelle l’importance qu’il y a à signer l’appel Ultimatum Climatique Copenhague 2009. [C’est par ici, si jamais vous n’avez pas encore pris le temps de le faire…].
Première conférence assurée par Vincent Dubreuil, géographe-climatologue, laboratoire Costel de l’université Rennes 2, sur « Les bases du changement climatique ». Exposé très scientifique avec plein de chiffres et de courbes sur les inconstances du climat. Chiffres implacables toutefois : depuis 1980, les géographes font le constat d’années anormalement chaudes ; et c’est l’hémisphère nord qui se réchauffe le plus vite ! En France, on observe une réduction des écarts de températures entre le jour et la nuit ; à Rennes, les relevés montrent sur 50 ans, une augmentation des jours chauds (plus de 25°). En fait, la température du globe augmente naturellement… ce qui est inquiétant, c’est la concentration des gaz à effets de serre depuis un siècle dans l’atmosphère. Et Vincent Dubreuil de nous rappeler qu’un petit écart au niveau des températures peut avoir des conséquences météorologiques très lourdes : -5° et on se retrouvera dans les moyennes de température que connaissait Félix, le locataire temporaire de l’Espace des Sciences ! Et un retour à l’ère glaciaire, un !
Deux conférences en parallèle ensuite….comme jeudi dernier, cruel dilemme ! je délaisse Elisabeth Laville, fondatrice et directrice d’Utopies, agence de conseil en développement durable pour suivre Paul Schalchli, chef de projet écologie industrielle à l’association Orée qui nous présente « L’écologie industrielle, une stratégie de développement territorial durable ». [Ce concept me paraissait complètement contradictoire et a vraiment piqué ma curiosité ! ]
Kesako l’écologie industrielle ? c’est la mise en oeuvre d’une démarche environnementale sur une zone d’activités, en s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes. Et comment ça se passe concrètement me direz-vous ? on mutualise l’approvisionnement, le traitement des déchets, le recyclage, la valorisation des déchets, le transport (le co-wagonnage….j’aime beaucoup ce mot et ce qu’il véhicule!) … on assure une gestion optimale des ressources pour limiter les impacts environnementaux après une étude du métabolisme industriel. Rendez-vous ici, c’est bien plus clair ! Plusieurs expériences ont lieu en France : Ecopal à Dunkerque, le Port Autonome de Marseille….ces filières, territoires ou zones artisanales assurent une gestion collective de l’environnement avec l’aide des collectivités et mettent en œuvre des synergies. Tout le monde est gagnant ! la collectivité diminue son impact environnemental et évite les délocalisations ; l’entreprise fait des économies d’échelle, réduit ses coûts et son transport et bénéficie même d’une fiscalité écologique. Ne reste plus qu’à convaincre les industriels !
Troisième conférence assurée par Michel Renault, économiste, maître de conférences à l’université de Rennes 1 sur les « Indicateurs de bien-être et de progrès social pour des territoires solidaires, durables et responsables ». Pourquoi des indicateurs de progrès social au milieu de conférences sur l’environnement ? vous allez comprendre…
Michel Renault nous présente rapidement le collectif FAIR « Forum pour d’autres indicateurs de richesse » qui s’est créé de façon informelle en 2008 après la mise en place de la commission Stiglitz chargée par N. Sarkozy d’élaborer de nouveaux indicateurs de richesse et de bien-être. Jusqu’à présent, le PIB était le seul indicateur permettant d’apprécier le progrès. Seulement, cet indicateur ne prend en compte que les activités ayant un prix. Tout ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur : les liens sociaux, l’éducation, le bénévolat ne sont donc pas des richesses pour cet indicateur… Il apparait donc nécessaire de trouver d’autres indicateurs de bien-être au sein de la société et surtout d’autres façons de les construire : l’IDH, Indicateur de Développement Humain, s’attache par exemple à la santé (en terme de longévité), le savoir (en terme de niveau d’instruction) et le niveau de vie (grâce au PIB par habitant).
Les indicateurs représentent une vision des choses ; le choix des variables et des référentiels n’est pas neutre. C’est ce qui a conduit l’association PEKEA (Political and Ethical Knowledge of Economic Activities) à ne pas vouloir laisser ce seul choix des variables aux experts et à engager une démarche participative pour construire de nouveaux indicateurs…notamment en Ille-et-Vilaine où le projet ISBET (Indicateurs Sociétaux de Bien-Etre Territorialisés) s’est mis en place sur le canton de Pipriac et sur la communauté de communes du Vall d’Ille. Des rencontres et réunions publiques ont lieu pour parvenir à une définition des dimensions partagées du bien-être grâce à des indicateurs de situations (critères essentiellement qualitatifs) renseignés grâce à des questionnaires auprès des habitants. Et le critère environnement de qualité apparaît dans les premières exigences des citoyens interrogés pour un bine-être total…
L’objectif est de ne pas en rester là car un indicateur doit servir à changer les choses. Expérimentée également par le Conseil de l’Europe à Mulhouse, à Timisoara ou au Cap-Vert, cette méthode pourrait également trouver sa soeur jumelle à Kansas City qui a mis en place le modèle METRO-Outlook (prise en compte de l’environnemental, de l’économique et du social pour une modélisation des interactions dans une logique de développement durable).
Juste une notion abordée lors des échanges post-conférence : le territoire en co-responsabilité (élus/citoyens)…on devrait y penser plus souvent !

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