Lectures ennuyeuses… mais pas que !

Je m’ennuie, mais qu’est-ce que je m’ennuie quand je lis autre chose que des polars ! Après avoir rédigé mon billet sur le roman policier, mon Dr Jekyll a dit : « Allez, fais un effort, lis autre chose que des polars ! ». Obéissante pour une fois, je me suis pliée à cette injonction et ai emprunté trois livres, très éloignés de la planète Noire. Résultat : un seul sur les trois m’a plu, la lecture des deux autres m’ayant profondément ennuyée…

Un bébé ? non merci… d’Emily Giffin nous fait entrer dans un monde merveilleux (second degré, second degré…). Claudia et Ben forment un couple idéal et parfait. Ou presque. Cette union, cimentée entre autre par le refus catégorique d’assurer une descendance, vacille quand Ben, soudain, change d’avis et contraint Claudia, qui ne peut se résoudre à envisager une maternité, à quitter son grand amour et divorcer.

Pourquoi un tel choix de lecture ? oui, je sais, c’était mièvre et bisounours couru à l’avance… Mais ce refus fait également partie de mes lignes de vie et la quatrième de couverture m’a interpellée. Au final, un livre plutôt drôle au début où l’héroïne, self-made woman accomplie, répond avec cynisme et humour aux remarques lancinantes de ses sœurs (mère de trois enfants pour l’une et en mode je tente à tout pris de me reproduire mais sans succès pour l’autre), sa mère, ses amis et son entourage professionnel. Un effet miroir sûrement qui m’a rappelé certaines situations personnelles… Par contre, le ventre du roman est mou : après le divorce, Claudia s’enfonce dans une espèce de culpabilité dévorante, une jalousie de tous les instants, une incapacité à se reconstruire ailleurs…Et la fin est des plus mièvres : Claudia retourne auprès de son grand amour, fermement décidée pour le retrouver à lui accorder un enfant. Je me passerai de tout commentaire qui pourrait paraître choquant au regard de celles et ceux qui veulent des enfants ou en ont déjà. Je crois que mon opinion sur ce sujet n’est pas politiquement correcte dans l’époque où nous vivons. Au fond, le livre aurait dû se contenter de développer la première partie…

Ce qui était très amusant, c’est que je lisais en parallèle un autre livre qui évoquait en partie le même sujet mais du point de vue revers de la médaille. « On s’est déjà vu quelque part? » de Nuala O’Faolain est la bio sans complaisance de l’auteur, irlandaise née dans un pays catholique conservateur en 1940 ; deuxième d’une famille de neuf enfants, elle raconte son enfance misérable entre un père, journaliste volage, et une mère, noyant son chagrin de femme trompée dans l’alcool.

Elle raconte l’Irlande du XXè siècle vivant comme au XIXè, et explique que les femmes enceintes sans être mariées tombaient en disgrâce la plus totale ; après des études universitaires de littérature, elle devient journaliste et raconte son combat féministe. Une écriture condensée mais à laquelle je n’ai pas du tout accrochée, le « moi, je » hyper-réaliste n’étant pas du tout ma tasse de thé.

Par contre, grande réussite que ce tout petit livre écrit par Larry Watson et publié chez 10/18. Montana 1948 conte les non-dits sordides des adultes à travers le prisme de David, enfant narrateur.

Sens du devoir, poids des traditions, ségrégation raciale, fracture du clan familial…l’écriture est bluffante. On sent le vent dans les plaines du comté de Bentrock, la chaleur de l’été, l’atmosphère pesante au fil des pages. A lire sans hésiter….ainsi que la suite – Justice – dont je ne manquerai pas de faire le compte-rendu dès que je l’aurai déniché dans les bibliothèques rennaises…

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