Serial killeuse en puissance ?

… ou comment la nature humaine peut rapidement basculer du côté obscur de la force ! Je suis en effet devenue serial killeuse de maquereaux durant les vacances avec le concours de mon ami d’enfance et de toujours Juju. Vaillants navigateurs, nous avons pris la mer sur Ratatchou, la mini-coque insubmersible dont Juju est l’heureux copropriétaire. Navigateurs peu expérimentés s’abstenir ! on y navigue au ras de l’eau, un bon vieux bout de bois fait office de clapet de dalot, un petit moteur faisant teuf-teuf au démarrage nous mène où seul veut le vent ! Assurance-vie obligatoire et numéros de la SNSM et du CROSS CORSEN à avoir sur soi !

Nous nous sommes donc rendus au large de la plage des Grands Sables au Pouldu et avons jeté notre mitraillette. Pour les novices, la pêche aux maquereaux se pratique en effet avec une ligne comportant plusieurs hameçons munis de leurres et nommée mitraillette. Après quelques tentatives infructueuses qui me valurent le rappel du doux surnom de Black Minou, la chance vint nous tenir compagnie ! Bien que sans sondeur, nous étions positionnés juste au dessus du banc… Et là, la magie (et la transformation obscure) s’opère ! A peine la ligne déroulée, on ressent le frétillement et le poids des poissons violemment harponnés aux hameçons ! il s’agit alors pour le bourreau de relever sa ligne avec hâte, sans perdre une seule de ses victimes, de les remonter à bord du bateau et, après les avoir détachés des hameçons (en prenant garde de ne pas y laisser la moitié de ses doigts), de les laisser agoniser lentement mais sûrement à fond de cale… On se prend vite au jeu de cette pêche facile et plutôt ludique ! S’il est aussi facile d’être dictateur et tortionnaire que pêcheur de maquereaux, je comprends mieux le cours de l’Histoire !

S’ensuit ensuite une toute autre épreuve : vider les pesked ! Amarrés à quelques encablures de la plage, devant le nez des touristes en maillot profitant des rayons du soleil en cette après-midi ensoleillée d’avril, j’ai appris à vider un maquereau. Et l’opération est délicate ! il faut d’abord pratiquer une longue incision sur le ventre de la bête, lui saisir les branchies et en les tournant, les arracher toutes ensemble, faisant ainsi venir tous les boyaux et tripes contenus dans ce corps à écailles… Il me faudra encore quelques maquereaux pour être parfaitement opérationnelle ! Mais le régal auquel mes papilles ont eu le droit ensuite me font penser que l’été sera propice à l’amélioration de mes performances de serial killeuse…

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