Corsica : 2è opus

A peine débarqués du ferry à Bastia, nous prenons la route vers Bonifacio. 170 km nous attendent avant de gagner l’extrême sud de la Corse. La route file entre la côte et la montagne. Nous apercevons au loin les sommets enneigés, preuve qu’ici aussi le printemps a eu des accents hivernaux ! Mais le contraste avec le littoral est époustouflant : là haut, la neige, ici bas, les lauriers-rose en fleur.
Peu avant Porto-Vecchio, le littoral montre un nouveau visage, fait de petites baies et d’anfractuosités où se logent des plages qui nous font drôlement envie. Nous approchons de Bonifacio et un nouveau contraste paysager se fait jour : le maquis devient dense et les habitations disparaissent. Quelques côtes, puis une descente entre des falaises annonce notre arrivée à Bonifacio, citadelle de calcaire perchée entre ciel et mer. Tom-Tom se méprend et nous entraîne dans la citadelle, au milieu des petites ruelles napolitaines. Nous trouvons enfin la route menant au
domaine de Licetto, un domaine somptueux au beau milieu du maquis corse.


Domaine de Licetto

La terre y est rouge, le vent est chaud et la vue imprenable sur Bonifacio et son écrin de calcaire finit de nous séduire ! Nous nous installons dans nos deux studios-bungalows mitoyens. Lauriers-roses, maquis et murs de pierres sèches pour seul horizon…

Domaine de Licetto


Puis nous rejoignons à quelques mètres de là l‘auberge-restaurant tenu par Tony, l’ami de mon père. 42 ans qu’ils ne s’étaient pas vus, après une année passée ensemble à Madagascar. Autant dire que ces retrouvailles sont empreintes de chaleur et d’émotions !
L’auberge est exceptionnellement ouverte ce midi et nous déjeunons au beau milieu du club du troisième âge de Bonifacio : des « seniors » ultra dynamiques et fort accueillants. Nos papilles sont soumises à une valse de dégustations en tout genre : plateau de charcuterie corse à se pâmer, pâté de sanglier, aubergines à la bonifacienne, souris d’agneau aux épices et aux herbes, plateau de fromages, fiadone, vins de Sartène… tout ça au rythme des chansons corses reprises en choeur par les anciens !

Fromages


L’après-midi étant bien entamée, nous entamons une courte visite de Bonifacio. Cette ville se mérite : d’une part, à cause des parkings payants (impossible en effet de s’y garer sans mettre la main au porte-monnaie !), et d’autre part parce que cette citadelle est perchée sur ses falaise de calcaire et qu’il faut aimer crapahuter pour découvrir la Ville Haute !


Sous les pavés (bis repetita)


Nous accédons à la vieille ville après avoir longé la marine et ses voiliers, yachts et bateaux de pêche, bordée d’innombrables cafés et restaurants. La montée Rastello et ses escaliers nous permettent d’accéder à un palier panoramique : vue sur les falaises calcaires, le cap Pertusato, la Sardaigne et la ville Haute en équilibre sur son promontoire de calcaire.


Le Grain de Sable Entre ciel et mer

Ce col Saint-Roch est également l’emplacement d’une petite chapelle, la chapelle Saint-Roch, édifiée au XVIème siècle à l’endroit même où est morte la dernière victime de la grande peste de 1528. Tout au long de notre séjour, nous ne nous sommes pas lassées de photographier cet endroit, où les lumières sont constamment différentes, où le bleu du ciel et de la mer proposent des variantes infinies…

Chapelle Saint-Roch

La Ville Haute, enfermée dans ses remparts médiévaux est surprenante… De faux-airs napolitains pour ces petites ruelles aux hauts-immeubles et au linge séchant aux fenêtres. Les boutiques touristiques côtoient cafés et restaurants et les ruelles regorgent d’escaliers vertigineux, seuls accès aux immeubles.

Escalier

L’origine de ces escaliers m’a été donné par le Guide Bleu Corse qui n’a pas quitté mon sac pendant le séjour, fidèle compagnon. Depuis l’an 1000, la ville a connu les occupations génoise, puis ligure, puis aragonnaise et enfin napoléonienne… Les habitants ont donc transformé leurs maisons en forteresse ; on y accédait par une échelle mobile que l’on relevait en cas de danger. A l’intérieur, l’escalier, très raide, constituait un nouvel obstacle pour les éventuels envahisseurs.
Retour vers la
Marine via le port de commerce où nous prendrons quelques minutes pour découvrir d’un œil curieux un yacht tout de bleu vêtu où les lignes épurées flirtent avec les millions d’euros…

Pare-battages de luxe

C’est beau, brillant, sans une tâche ni un embrun sur la coque ! je découvre avec surprise qu’ici les pare-battages sont protégés par de petites housses… Le luxe n’a pas de prix ! Mais je préfère de loin m’attarder sur ces petits bateaux de pêche bonifaciens, bien plus authentiques à mon goût…

Vieilles coques

4 réflexions au sujet de « Corsica : 2è opus »

  1. LZ

    @Lousia : ah oui ? c'est dingue, je n'ai jamais vu ça dans mon coin de Finistère… ! mais je ne suis pas une vraie voileuse, alors je te crois. C'est vraiment si fragile que ça un pare-battages ? Et merci pour l'atmosphère…

    Répondre
  2. Lousia

    Ça se voit surtout dans les marina un peu chics et sur les voiliers aux coques un peu fragiles… Je ne sais pas si c'est extrêmement nécessaire mais c'est quand même beaucoup moins salissant, à terme !J'aime bien ton récit corse, ça donne envie !

    Répondre
  3. LZ

    @Lousia : merci d'éclairer ma lanterne ! ceci dit, sur ces yachts qui sont briqués tous les matins, je me demande si les housses de pare-battages ne servent pas finalement à faire reluire encore plus la coque ! Et merci pour le récit…

    Répondre

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