Corsica : 3è opus

Dimanche 30 mai. A notre réveil, le ciel est nuageux et le vent qui rend fou agite le maquis de ses bourrasques désordonnées. Nous partons à la découverte du Cap Pertusato à quelques encablures du domaine de Licetto. Le maquis bonifacien me rappelle fortement la lande ouessantine, à ceci près que les bruyères sont remplacées par des cistes blanches ou roses… Entre le phare et le sémaphore, la côte nous offre une vue imprenable sur Bonifacio et ses falaises.
Sémaphore de Pertusato


Et puis, nous voilà à l’extrême sud de l’île de Beauté : devant nous l’îlot Saint-Antoine, curieuse sculpture naturelle en forme de sous-marin, l’archipel des Lavezzi et à l’horizon, la Sardaigne.

Cap Pertusato

La météo n’étant pas des plus favorables pour une escapade vers la plage située sous le phare, nous avons opté ensuite pour le sentier pédestre des falaises qui part du cap Pertusato et rejoint Bonifacio en longeant les falaises. Le panorama sur la ville, même nuageux, nous laisse toujours sans voix.
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Bonifacio en gris

Descente vers la plage de Sutta Rocca au pied du Grain de Sable et de la chapelle Saint-Roch. Le Grain de Sable, c’est un morceau de falaise, au milieu de l’eau, dont la base érodée rappelle combien le calcaire est fragile et combien Bonifacio est une ville en sursis !

Plage de Sutta Rocca

Cette plage recèle de trésors dignes de ceux que je ramasse dans mon coin de Finistère : verres roulés multicolores, morceaux d’assiettes drossés par les vagues, galets rigolos, briques carrelées de toutes formes… Comme une gamine, je repars les poches pleines de trésors… que je conserverai précieusement dans un bocal !

Trésors de pêche

Un rayon de soleil fugace et nous partons à la recherche de la plage de Rondinara, recommandée pour la beauté de son site par les guides.

Plage de Rondinara

Sur la route de Porto-Vecchio, après avoir fait le tour d’une colline et traversé un petit village, la magnifique anse de Santa Manza offre sa quiétude à qui aura bien voulu affronter la route sinueuse qui permet d’y accéder. Le maquis est verdoyant, les rochers sont couleur côte de granit rose, l’eau est cristalline… et le parking y est payant ! Mais notre arrivée tardive nous vaudra l’indulgence du jeune corse dans son cabanon qui fait office de caisse enregistreuse… Le soleil est capricieux et ne nous permet malheureusement pas de découvrir la plage sous une lumière éclatante.

Plage de Rondinara

Retour sur Bonifacio en observant au passage les troncs noircis au milieu du maquis, signe encore marquant de l’incendie de 2003 qui a ravagé 500 hectares autour de cette baie.

Lundi 31 mai. La tramontane a soufflé toute la nuit avec des rafales à 100km/heure, dignes de décoiffer un Breton ! Ce vent nous surprend car il souffle sans discontinuer… Départ pour Porto-Vecchio. Cette station balnéaire au nom annonciateur de cité historique est décevante. Il s’agit certes d’une vieille ville mais dont les charmes sont brisés par l’armada de boutiques à touristes occupant la citadelle et masquant les fortifications génoises. Le port de pêche en contrebas sera le seul endroit vraiment plaisant pour quelques photos colorées :

Rouge filet

Au sud de Porto-Vecchio, la plage de Palombaggia vaut le détour. Invitation incarnée au farniente : une anse aux rochers roses baignée par des eaux bleues des mers du sud, bordée d’une plage de sable fin blanc étincelant et de ses paillottes pittoresques…

A l'ombre

Une petite après-midi à lézarder au soleil et premier bain corse dans une eau à 18-19° sous le regard de touristes un peu éberlués de nous voir entrer aussi rapidement dans l’eau… Qui se baigne en Bretagne se baigne partout, non ?

Plage de Palombaggia
Retour vers Bonifacio où la tempête se confond avec l’avis de grand frais. Les Roudoudous se lancent à l’attaque de la Ville Haute. Notre ballade au cimetière marin et à l’extrémité de la citadelle bonifacienne nous rappelle une virée à la pointe du Raz il y a quelques années ! le vent nous embrouille les cheveux, nous luttons pour prendre des photos et maintenir nos appareils immobiles… la mer est grise, lardée de « moutons blancs », synonymes en Bretagne d’un fort coup de vent. Tout ceci donne une teinte toute particulière à notre découverte du cimetière marin. Ces défunts qui trouvent place face à la mer pour dernière demeure gagnent notre respect et notre silence. L’ambiance du cimetière est tout simplement étrange.

Gris tempête

La citadelle n’est arpentée que par quelques touristes courageux emmitouflés dans leurs polaires ! Bonifacio prend une toute autre dimension.
.. Entre le cimetière marin, étrangement placé face aux éléments, l’ancienne caserne légionnaire de Montlaur désaffectée, l’absence de toute construction sur le plateau ouest, la ville offre là un contraste tout à fait saisissant avec ses ruelles napolitaines arpentées par les hordes de touristes un peu en deçà… Cette facette me semble au fond la plus authentique et en tout cas celle qu’il faut absolument découvrir si vous passez par là un jour…

Phare de la Madonetta

A 21h30, le vent s’arrête, aussi soudainement qu’il était apparu. Après 48h, Eole a décidé d’aller venter d’autres cieux…

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