Corsica : 4è opus

Mardi 1er juin. Réveil sous un ciel bleu et un grand soleil. Direction le marché de Bonifacio, tout petit mais fromagèrement odorant ! Rien de tel pour nous mettre en jambes et nous permettre d’affronter les escaliers du roi d’Aragon. La légende prétend que cet escalier fut taillé en une nuit ! pensez-donc, 187 marches qui relient le sommet du promontoire bonifacien à la mer, 65 m en contrebas…

Escalier vertigineux

Légende ou pas, le site est à découvrir : premièrement pour tester son vertige ! l’escalier est taillé en à-pic à flanc de falaise et il faut surmonter sa peur du vide ; la mienne en l’occurrence fut mise à l’épreuve… j’ai vite renoncer à prendre des photos ! Mais cette descente vaut le coup ! une petite balade sous la roche et contre la falaise permet ensuite d’accéder à une mini-grotte et de poser un regard curieux sur le promontoire bonifacien…

Sous la falaise Déambulations sous la falaise

…avant d’entamer l’ascension du-dit escalier descendu pour rejoindre la ville et ses hauteurs. Et hop, 187 marches à-pic dans l’autre sens ! Deuxième monument historique de la ville à visiter qui fait partie du pass culturel des Trésors de la Cité proposé par l’Office du Tourisme : l’église Saint-Dominique, construite par les Templiers en 1270. Rare édifice corse à présenter une architecture gothique, son clocher octogonal n’en est pas moins curieux.

Octogonalitude

A l’intérieur, plusieurs curiosités également : des châsses, statues de bois très lourdes portées le Vendredi saint lors des processions ; des dalles funéraires de Bonifaciens enterrés avant la création du cimetière marin en 1823. Agrémentées de têtes de mort, ces dalles m’ont plutôt fait penser à des tombes de pirates…

Pirates !

Après-midi lézard à la plage du Cap Pertusato qui ne se rejoint qu’après un crapahutage sur un petit sentier plein d’éboulis…

Cap Pertusato

Toute petite plage au milieu de ces falaises érodées par le vent et les embruns que jouxte une curiosité de la nature : la grotte Pertusato. Le calcaire sur la côte bonifacienne est percé de petites calanques et troué de grottes marines, dont la plus connue est celle du Sdragonato. Comme une marmite-chaudron géante posée en plein paysage. La mer s’y engouffre, y bouillonne et produit un vacarme du tonnerre !

Marmite

Le soir, pour nous remettre de nos émotions de crapahutage aragonnesque, nous avons fait une entorse à la gastronomie corse grâce à Roudoudou… jurançon et fois gras palois !

Entorse à la gastronomie corse

Mercredi 02 juin. Grand soleil et chaleur dès le matin. Nous partons découvrir l’arrière-pays bonifacien. Nous empruntons l’axe littoral vers Ajaccio : magnifique route côtière surplombant la mer, entre rochers roses, maquis et bleu du ciel et de la Méditerranée. Direction les hauts lieux de la préhistoire corse. Nous empruntons une petite route sinueuse jusqu’à la Punta Cauria, au pied duquel se trouve un site préhistorique d’allure celtique découvert par Mérimée.

Punta Cauria

Au milieu des pâturages et des vaches en liberté se trouvent des alignements de pierres dressées, un dolmen et des Stantari ou « hommes debout » comme on les nomme localement.

Stantari Dolmen de Fontanaccia

Les Corses se sont bien fichus de nous quand ils ont su quel avait été l’objet de notre ballade de la journée :
– « Mais vous avez Carnac ! pourquoi aller voir nos mégalithes ridicules ? »
– « bah, curiosité celtique et ego bretonnant probablement ! »

Découverte ensuite de Sartène, décrétée « la plus corse des villes corses » par Mérimée. Comme annoncée dans le Guide Bleu, la ville présente effectivement un caractère austère, sombre et silencieux. Les immeubles sont hauts et sans fioritures, les persiennes sont fermées, la ville est perchée sur les hauteurs, comme recroquevillée sur elle-même et ne daignant jeter qu’un tout petit regard vers la mer située au loin. Seule la place de la Libération et ses cafés semblent s’animer.

Place Porta


Chemin faisant, en rentrant à Bonifacio, nous apercevons au loin le Lion de Roccapina et le panorama splendide sur la plage d’Erbaju. Il nous faudra revenir pour aller l’arpenter de plus près !
En attendant, petite randonnée le long du chemin des plages en face de la péninsule bonifacienne. Comme une impression de voies romaines dallées et pavées dans le maquis !

Chemin des Plages


Petite pause à la plage de la Catena qui fait face au port maritime de Bonifacio pour une baignade bien méritée.

Retour sur le port de Bonifacio pour assister à la procession de Saint-Erasme, patron des pêcheurs et des gens de mer. Cinq confréries rattachées à cinq églises rythment la vie religieuse et communautaire bonifacienne. Après une messe célébrée en l’église de Saint-Erasme, la procession, toute de mauve et de blanc vêtue, déambule le long du port de plaisance, du port de pêche et du port de commerce en chantant avant de procéder à une bénédiction en mer.

Procession de Saint Erasme


Les bateaux de pêche sont décorés pour l’occasion et m’ont rappelé certains pardons bretons qui procèdent de la même façon.

Décor fleuri


Dîner à la Cantina Doria en Haute Ville qui propose une cuisine corse familiale.

Ripaille

Nous sommes sortis repus ! mais prêts à déambuler quelques minutes dans la ville, délaissée par les touristes. Bonifacio by night en juin, c’est l’assurance d’une découverte calme de la ville ayant pris son éclat orangée de lumière nocturne, aux sons de la mer toute proche…

By night

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