Corsica : 5è opus

Jeudi 03 juin. Grande journée soleil et farniente au programme. Départ pour la réserve naturelle des Lavezzi à 10h30. Archipel situé entre le cap Pertusato et la Sardaigne, les Lavezzi sont accessibles via les nombreuses navettes présentes sur le port de Bonifacio. Il est possible de prendre le bateau le matin, de passer sa journée aux Lavezzi et de repartir avec la dernière navette, une fois que vous êtes devenus rouge écrevisse. Les Lavezzi, c’est comme les Glenan : des plages de sable blancs, la mer tout autour et sans écran total, une peau couleur rouge cerise en rentrant !
Nous débarquons donc sur l’île principale des Lavezzi : de la navette, il faut embarquer sur un zodiac qui vous dépose à même la plage : Koh-Lanta attitude !

Anse de débarquement

Et là, plusieurs sentiers sillonnent l’île aux rochers arrondis ; les criques ont des airs de Seychelles ; l’eau y est bleu lagon des mers du sud…

Carte aux trésors
Lavezzi - plage Lichen

Une seule envie : poser ses affaires et plonger dans cette Grande Bleue ! Premier pied : l’eau est à environ 19° ; presque chaud compte-tenu du bain à 15° pris à Dinard la semaine précédente ! Même mon père, qui ne s’était plus baigné depuis sa dernière mission il y a 15 ans dans l’Océan indien, s’est trempé… un exploit ! Autant vous dire que ce court séjour aux Lavezzi fut synonyme de farniente, de bullage à la plage, de bains prolongés avec masque et tuba pour papillonner avec les petits poissons, et de photos les pieds en éventail…

Plage des Lavezzi

Mais cette insouciance ne doit toutefois pas faire oublier qu’ici même ont péri plus de 700 hommes en 1855 suite au naufrage de la Sémillante, frégate de la Marine française en route pour la guerre de Crimée. La violence de leurs disparitions répond à la quiétude des lieux que nous avons découvert en cette journée chaude et ensoleillée du mois de juin… Toutefois, ces récifs si paisibles se sont avérés bien meurtriers et les cimetières présents sur l’île au milieu des rochers sont là pour nous le rappeler.

Naufrage

Nous quittons à regret les Lavezzi vers 17h et entamons la croisière-découverte du retour. Contournement de l’île Cavallo, repaire de la jet-set internationale. Des villas plus luxueuses les unes que les autres… auxquelles je ne jetterai qu’un demi coup d’œil, trop occupée à essayer de saisir les infinies variantes du bleu de l’eau. Et puis, ce côté voyeurisme du pauvre, très peu pour moi !

Ile Cavallo Ile Cavallo
Bleu

Approche côtière de la plage de Piantarella, suivi des plages de Sperone et la vue sur le golf,
célèbre pour son seizième trou où la balle doit franchir la mer à deux reprises avant d’atteindre le green (merci le Guide bleu !). Où l’on apprend qu’une association d’autochtones s’est battue becs et ongles contre la direction du golf et du complexe immobilier de luxe afin de conserver l’accès au sentier côtier qui traverse le green… On sent dans le commentaire du pilote-commandant combien les tensions entre Corses et privilégiés du continent qui s’offrent un arpent de terre et une villa luxueuse sont présentes !

Pericoloso We are back

Poursuite de la ballade vers le cap Pertusato, les falaises et enfin Bonifacio. La perspective que l’on a sur les paysages lorsque l’on est en mer m’impressionnera toujours. C’est comme voir une toute autre facette d’un endroit que l’on connait bien ! Là, voir Bonifacio en étant sur l’eau et au pied de cette ville en équilibre précaire, c’est admirer la dentelle du calcaire et sa beauté fragile. C’est se sentir tout petit face à ce promontoire ! c’est découvrir la pente vertigineuse des escaliers du Roy d’Aragon dans la falaise! c’est apprendre que Bonifacio a un gouvernail taillé dans la roche...

De calcaire vêtue... Escalier du Roy d'Aragon
Etrave de Bonifacio

Place ensuite à la traditionnelle visite de la grotte marine du Sdragonato. A l’approche, on discerne bien une anfractuosité dans la falaise, et la navette s’y glisse tout doucement. Le pilote positionne son navire ; on sent que la manœuvre est rendue délicate par la houle, effet secondaire du vent ayant soufflé il y a quelques jours. Le pilote laisse passer deux vagues et surfe sur la troisième pour entrer proprement dit dans la grotte marine…

Grotte du Sdragonato

Une petite faille dans la voûte au-dessus de nos tête en forme de Corse inversée : on aperçoit arbres et maisons. Une vie en équilibre ! Un petit tour sur soi, et on repart, laissant notre place à la navette suivante, pour un ballet qui doit être incessant en saison estivale…

Grotte du Sdragonato

Retour au port, un peu hagards à cause du soleil et du grand bol d’air marin… mais les mirettes pleines de dégradés de bleus et des souvenirs plein la tête ! Notre estomac, qui criait un peu famine, est pris en pitié ce soir là par Antoine, l’ami de mon père. Il nous a concocté un dîner gargantuesque pendant que nous jouions aux lézards sur les îles. Un denti, roi des poissons en Corse, de la famille des daurades, rien que pour nous !

Denti


Un dentex dentex de quatre kilos cuisiné au brocciù, aux herbes et aux tomates… Tout simplement succulent ! Ne sont restées que les dents !

Autre expérience culinaire des plus surprenantes : le fromage qui marche tout seul, autrement appelé le « fromage avec les habitants dedans ». Le fameux fromage plein de vers… Le spécimen était là, sur la table face à nous. Premier constat : ce fromage est très vieux et très sec. Deuxième constat : il n’est pas plein de vers mais il y a effectivement des petites bestioles qui le parcourent…

Le fromage qui marche tout seul

Bon, on n’a qu’une vie, non ? Voilà, j’ai ingurgité un morceau de dudit fromage. Et la seule chose qui m’ait frappé c’est combien il déménage ! palais anesthésié durant quelques minutes. Sur les conseils d’Antoine, je délaisse mon verre de vin pour boire de l’eau pétillante, la seule capable d’exhaler pleinement le parfum du fromage….Vous me croirez ou pas, mais il avait raison ! A déconseiller aux palais fragiles ou trop amateurs de sensations douces !
Le champagne finit d’achever cette journée ensoleillée… Nous rentrons à pied à travers le domaine ; la nuit est noire charbon mais les étoiles sont là. Cassiopée, la Grande Ourse et son petit, Vénus, nous sommes sur la bonne route pour les bras de Morphée !

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3 réflexions au sujet de « Corsica : 5è opus »

  1. Lousia

    C'est magnifique…"Le voyeurisme du pauvre", ça m'a interpellé tiens. Je ne comprends pas bien la fascination des gens pour ces villas. Alors oui l'emplacement, mille fois oui, superbe. Mais les villas moches qu'ils nous pondent dessus, ces bidouilleries d'architectes sans queue ni tête… Merci bien. Si au moins on respectait le paysage et la culture locale quand on a de l'argent… Un peu, au moins.

    Répondre
  2. LZ

    @Lousia : entièrement d'accord avec toi. Révoltant de savoir que la protection du littoral n'existe pas pour certains qui ont des comptes en banque bien fournis… Ce monde a deux vitesses finira par m'écœurer et m'achever un jour. @Viinz : avant ke je ne parte, un copain m'a dit : "tu n'es jamais allée en Corse ? tu veras, tu y retourneras !". Le fourbe a bien parlé…

    Répondre

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