Mettre en scène 2010

Fin de mon marathon culturel hier après-midi. J’ai couvert en petite partie le Festival Mettre en scène du TNB pour Alter1fo (20 spectacles sur 2 semaines) et sur les 5 spectacles que j’ai vus, rares sont ceux qui m’ont déçue ! Petit aperçu rapide…

L’Iceberg mis en scène par Florence Caillon et interprété par la Cie L’Eolienne. Quand le cirque s’en prend à la haute finance mondiale et dénonce l’usurpation du pouvoir et les dérives de l’affaire Clearstream notamment. Les comédiens-acrobates deviennent les pantins d’un monde, le nôtre, manipulé par les hauts dirigeants politiques et économiques. Spectacle engagé et résolument dénonciateur ! http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-liceberg-24073

Hamlet and the something pourri mis en scène par Alexis Fichet du collectif rennais Lumières d’Août. Quand la pièce de théâtre shakespearienne rencontre un performer contemporain résolument trash. Trois acteurs : Hamlet, Paul McCarthy et Ophélie (en retrait tant dans la pièce qu’au niveau du jeu…) qui se débattent avec leurs propres lectures de la pièce.
Voilà le spectacle auquel j’ai le moins accroché. Création spéciale Mettre en Scène 2010, on y trouve pourtant beaucoup d’humour et de trouvailles scéniques (ce château gonflant est une pure merveille d’un symbolisme phallique omniprésent !). Ce qui m’a le plus agacée, c’est le décalage entre ce  que l’on ressent durant la pièce ou ce qu’on y interprète et le propos tenu dans le fascicule explicatif délivré à l’entrée du théâtre. Désagréable sensation d’un propos ou d’une ambition interprétative tirée par les cheveux. Je n’aime pas du tout ces explications prétentieuses où le spectateur est résolument pris pour un con. Par contre, j’étais ravie de remettre les pieds au théâtre de la Parcheminerie, petit théâtre intimiste rennais.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-hamlet-and-the-something-pourri-24121

Arrêtez le monde, je voudrais descendre de la Cie Dromesko. Il y a des  spectacles comme ça où l’on entre à petits pas, et l’on y entre tellement qu’on ne veut plus quitter ce monde fait de poésie, d’humour, de musique mélancolique et entraînante, d’originalité et de fantaisie qui nous est proposé.  Un chapiteau, une structure-manège qui tourne au gré des tableaux, des animaux vivants sur scène, des personnages masqués inquiétants, un ballet de musiciens et d’acrobates délurés. Un monde résolument à part, sur lequel on voudrait rester chevaucher comme un enfant qui refuse de descendre du manège et de son cheval en bois… Ces spectacles « circassiens » où les arts se mêlent dans un joyeux charivari me plaisent plus que tout. Parce que tous les sens sont happés, parce qu’on se surprend à sourire bêtement d’admiration, parce qu’on écarquille les yeux comme des soucoupes à chaque trouvaille visuelle, parce qu’on se sent emporté dans un autre monde, comme à la lecture des histoires du soir quand j’étais encore gamine. Au fond, ces spectacles me plaisent car je ne veux résolument pas grandir…
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-arretez-le-monde-par-le-theatre-dromeso-24294

Obludarium des Frères Forman. Un autre monde décalé, poétique et magique. Encore un univers d’enfant avec ces automates, ces marionnettes, ces soldats de plomb, ces danseuses de boîte à musique. Encore un lieu où l’on a les yeux comme des soucoupes, où l’on vibre à l’unisson avec ces musiques de l’Est, où l’on frissonne quand la sirène meurt, où l’on rit de bon cœur face à l’Arlequin dépenaillé, où l’on est ému de l’amour naissant entre un Monsieur-muscles haltérophile et une trapéziste tout en légèreté. Ces frères tchèques et leur monstrueuse parade sont décidément un bon remède à la morosité adulte. Des moments beaux et précieux, à conserver au fond de ses mirettes.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-obludarium-24432

Adapting for Distortion, 2. Repulsion et Haptic du chorégraphe japonais Hiroaki Umeda. Claque visuelle et sonore pour ces trois performances à l’esthétique corporelle et scénique épurée. Oreilles et rétines malmenées par une musique étrangement agressive et des jeux de lumière perturbants : un vrai programme d’acouphènes et de vibrations lumineuses. Mais quelle exigence de danse, quelle beauté du mouvement, quelle recherche sur le lien entre danse, lumière, couleur et énergie du mouvement. Un hip-hop transfiguré, une danse résolument contemporaine et numérique mais sans esbroufe. Un univers doux et violent, créatif et intransigeant. Une perle chorégraphique.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-lunivers-de-hiroaki-umeda-24609

Prochain marathon – et non des moindres – pour Alter1fo, les Transmusicales. 15 jours pour reprendre des forces donc…

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2 réflexions au sujet de « Mettre en scène 2010 »

  1. Natural Born Blonde

    Il y avait aussi « Levée des conflits » de Boris Charmatz, vraiment prenant et fascinant, « Cachafaz », étonnant et émouvant.
    Et puis pour les autres, « Le Château de Wetterstein », très bonne scénographie mais interprétation à la limite du supportable, et « Brume de dieu », de Claude Régy. Il paraît que Régy, on aime ou on déteste. Encore une fois, scénographie très réussie, mais j’ai « dû » partir après 30mn…

    Répondre

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