La face obscure de Barcelone

Biutiful d’Alejandro González Inárritu m’avait déjà montré le visage sombre de la rayonnante capitale catalane. J’ai poursuivi avec Jésus aux enfers, un polar d’Andreu Martín. Paru en 1996 sous le titre Jesús en los infiernos, ce roman entraîne le lecteur dans les bas fonds barcelonais, côté vieux quartiers mal famés.

L’histoire ? elle paraît toute simple sur la quatrième de couverture, et au fond elle n’est pas si simple que ça. Jésus Alque dort chez lui dans un village perdu de Catalogne lorsque son beau-frère l’appelle de Barcelone pour lui annoncer au milieu des éclats de rires et des tintements de verres que sa sœur a claqué le mois dernier. Jésus descend donc en ville à la recherche de la vérité. Il la trouvera au milieu du vice, de la violence, du mensonge et de la séduction de la ville des merveilles.

C’est sans compter la jalousie tapie et sournoise de ce frère qui n’a pas pu s’échapper de la campagne et de son village natal, contrairement à sa sœur, partie en ville. Contraste étonnant d’ailleurs : cette vie que Jésus n’a jamais osé nier était pourtant lumineuse et paisible contrairement à celle qu’il va trouver à Barcelone, sombre, bruyante, agitée et glauque.

C’est sans compter cette entrée de plein fouet dans la vie de sa sœur et de son beau-frère Pedro, disparu ; les soupçons qui grandissent à l’égard de ce beau-frère disparu dans la nature. Jésus réfute le fait que sa sœur ait pu mourir de mort naturelle comme le lui explique la gardienne de l’immeuble. S’ensuit une recherche impitoyable : quête de vérité, quête de ce beau-frère disparu, quête de l’identité de sa sœur.

Et puis, il y a Barcelone. Bruyante, sombre, glauque, mal-famée, violente et débauchée. Jésus oscille entre quartiers de seconde zone, réseau de prostitution, violence, drogues… Le Vice s’invite même à sa table dans cette quête familiale. Vicio, un type louche, qui va le mener sur les traces de Pedro, entre proxénétisme, tripots, tabassage et mauvaises fréquentations. Une Barcelona connection de haut vol, autre titre d’Andreu Martín qu’il me tarde de lire.

Un roman court mais dense, tout en chapitres saccadés. On lit au rythme d’une descente aux Enfers, sans respirer, sans faire de pause. Pas de psychologie ici, des coups, rien que des coups.

Décidément, Barcelone peut ne pas être ensoleillée…

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2 réflexions au sujet de « La face obscure de Barcelone »

  1. Sylvain

    Bon rien de tout ça n’est mon image de Barcelone, même si en m’y promenant librement, j’ai pu y voir bien des contrastes…

    Répondre
    1. LeeZen Auteur de l’article

      @Sylvain : je veux bien te croire. Ce qui me surprend là-dedans, c’est que coup sur coup, un film et un roman démontent complètement l’image habituellement véhiculée sur cette ville. Ça m’interroge. Va falloir que j’aille voir moi-même !

      Répondre

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