Quand Preljocaj joue avec l’Apocalypse

Je vous en avais parlé le 27 janvier ; j’étais très impatiente. Voilà, ça y est, j’ai vu la création 2010 de Preljocaj le WE dernier.

Suivront mille ans de calme est une certaine lecture de l’Apocalyse selon Saint-Jean. Condensé d’imageries bibliques poussé à son paroxysme. Savant mélange des genres également où le chorégraphe Angelin Preljocaj s’est entouré du plasticien indien Subodh Gupta, du DJ français Laurent Garnier et du costumier russe Igor Chapurin. Et au beau milieu, il y a ces 21 danseurs de la troupe Preljocaj (seule déception à noter : ce ballet initialement composé avec des danseurs du Bochoï nous a été présenté dans sa version troupe Preljocaj uniquement. Il me faudra donc attendre une autre occasion pour jeter un œil curieux sur ce mythique corps de ballet).

Difficile de décrire ce ballet, où les tableaux se succèdent rapidement, énergiquement au rythme d’une musique très syncopée… Mention spéciale d’ailleurs à Laurent Garnier ; j’étais dubitative, je suis sortie admirative, tant sa musique accompagne violemment les corps mais tout en étant tellement à propos. Hypnotique. Il y a aussi cette chorégraphie en duo sur la Sonate pour piano n°14 – Adagio sostenuto (dite Sonate au clair de lune) de Beethoven, qui m’a donné, comme à chaque écoute, la chair de poule dès les premiers accords…

Pour le reste, impressions fugitives mais vivaces. Comme imprimées sur ma rétine. Sobriété et fluidité des tenues pour des pièces chorégraphiques en duo ou en trio ou en grand groupe dans un savant mélange de mouvements très classiques et très contemporains. Ça se croise, se caresse, s’entrechoque, se frappe, se toise, se tournoie autour, s’ignore entre fureur et grâce, comme une danse exutoire d’1h40. Beaucoup de symboles et de messages par ailleurs, que je tairais volontairement. Mes yeux n’ont eu d’estime que pour les danseurs et leurs mouvements. A vous de voir…

Corps en souffrance, rampant, se battant, s’aimant, sautant, chutant…

Entre livres, chaînes, coiffures métalliques, blocs de métal dignes des monolithes de 2001, Odyssée de l’espace, chaises, plateaux, drapeaux, toiles plastiques…

© Christian Ganet

Le duo hip-hop à capuche, Abel et Caïn, le couple Je t’aime moi non plus…

Figures erotico-pornographiques de pays imbriqués les uns dans les autres comme une orgie réconciliatrice…

© Michel Cavalca

Et puis ces deux agneaux au final sur scène, pour une fin trop sage…

Une très belle galerie de photos pour vous scotcher les mirettes. De mon côté, j’attends le DVD du ballet avec impatience, pour revoir, encore une fois, cette apocalypse dansée.

Une réflexion au sujet de « Quand Preljocaj joue avec l’Apocalypse »

  1. Ping : Béjart, shoot de danse puissance 10 « Déambulations rennaises

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s