Randonner en Tasmanie ? n’y pensez-pas…

Amusant comme un « simple » roman peut vous donner envie de découvrir une région et en même temps vous y faire renoncer.

Oiseau de malheur est un roman de Johanna Sinisalo, écrivain finlandaise. Le titre original Linnunaivot se traduirait par Cerveaux d’oiseaux. Et il n’y a qu’en le lisant que vous comprendrez…

Alors, que trouve-t-on dans ce roman ? Un couple finlandais, tout récemment formé, part faire de la randonnée dans une des régions les plus sauvages de l’Australie : la Tasmanie.  Confronté à un environnement de plus en plus hostile, le couple va-t-il se cimenter ou s’auto-détruire ? Bien au-delà d’une simple histoire d’amour, ce roman est aussi et surtout le récit d’un retour à la nature sauvage où l’homme n’a plus aucun pouvoir et se doit d’arborer la plus grande humilité…

La construction narrative est plutôt intéressante. Heidi, jeune randonneuse débutante, expose ses difficultés, ses souffrances en opposition à Jyrki, son compagnon, grand baroudeur de l’extrême. Ils s’expriment tout à tour via des chapitres courts, comme une respiration haletante mais régulière de grand randonneur. Et au milieu, des citations de Conrad, « Au cœur des ténèbres ». Et quelques pages en italique, d’un personnage rebelle et anti-société de consommation. On ne sait qui c’est. Mais son discours, de plus en plus violent, au fil des chapitres, intrigue et inquiète.

On entre de plein pied dans cette randonnée à cheval entre le Guide du Routard et Koh-Lanta : les paysages magnifiques de la sauvage côte tasmanienne deviennent hostiles dès lors que la boue s’infiltre dans les chaussures, que les sangsues apparaissent. Les réserves de nourriture sont rationnées et pas question de boire une goutte d’eau de plus que prévue ! Au fur et à mesure, les relations entre Heidi et Jykri s’aigrissent : fatigue, soupçons, rancœur… Jykri impose un rythme sans pitié à Heidi, randonneuse novice. Et son obsession de ne laisser aucune stigmate humaine de leur passage dans cette nature sauvage pousse Heidi à adopter un comportement rebelle d’adolescente en crise. Certains passages sont de fait assez cocasses (l’envol du tampax à travers la jungle en fait partie…).

Et puis, on nous parle d’un oiseau, le Kéa, emblème de la région et de cette nature encore sauvage et préservée. Nos randonneurs auront-ils la chance de croiser cet animal mythique ? réponse au fil des pages, au milieu des descriptions de cette nature magnifique et hostile.

Et si la lecture de ce roman vous transcende, prenez votre sac à dos, un billet d’avion et envolez vous là bas  ! et sinon,vous pourrez vous contenter des podcasts proposés par le Parc National…

Oiseau de malheur / Johana Sinisalo – Actes Sud – 384 pages – 23,00 euros (disponible aux Champs Libres)

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Une réflexion au sujet de « Randonner en Tasmanie ? n’y pensez-pas… »

  1. Olivier

    C’est marrant, je fais le parallèle avec mon premier visionnage de « Midnight express » ; à l’époque je m’étais promis de ne jamais aller en Turquie !!!

    Répondre

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