Trois : s’enfermer au frais

Par ces temps caniculaires, il fait bon finalement  s’enfermer dans les salles obscures. La Fête du cinéma battant son plein, cela tombe plutôt bien.

Premier film dimanche soir dans la petite salle associative de mon lieu de villégiature familial. Une Séparation, de l’iranien Asghar Farhadi, est un film coup de poing. A déconseiller aux claustrophobes, ce film iranien nous confinant scène après scène, en voiture, dans un appartement, dans le bureau du juge, dans un bus, dans une salle d’école. Les seules échappées à l’extérieur se font dans la rue, mais pourvue de son flot continuel de voitures, et sur un balcon étroit et exigu où sèche le linge. Pas d’espace, pas de liberté. Ce film est étouffant et angoissant, au delà du scénario et de la situation inextricable des personnages. La parole est omniprésente : dialogue de sourds, conflits, insultes, argumentaires entre mensonges, défense et manipulation. Chaque personnage est coupable d’avoir parlé ou non, dit ou non ce qu’il aurait fallu dire à un moment donné avant de tomber dans l’engrenage. Seul le grand-père, alzheimerisant et devenu muet (ou presque) fait figure d’extra-terrestre.

Retour à Rennes et poursuite de ma virée dans les salles obscures, vides, affreusement vides au grand désespoir de mon ami Patosz…

  

Le dernier film de Alex de la Iglesia, Balada Triste de Trompeta, est noir, décalé, violent, drôle et sanglant. A l’image du Cirque avec un grand C  dans ce qu’il peut avoir de plus effrayant. Entre Franco et la guerre civile espagnole, on suit le parcours d’un clown triste, fils de clown, qui tombe éperdument amoureux d’une voltigeuse. Mais cette dernière vit une relation tumultueuse avec l’auguste, violent, fou et brutal. Les deux clowns vont s’affronter sans limite pour l’amour de la belle. Et cela finira mal, évidemment. Dans un bain de sang. Certains passages sont étonnants : les personnages, très singuliers, peuvent être grotesques, puis devenir pleins d’humanité ou de tendresse. Le film est furieusement décalé et bourré d’humour noir et de cicatrices. Moins réussi qu’un freaks assurément et les allusions historiques sont tirées par les cheveux mais j’ai beaucoup aimé le traitement photographique et ce côté très décalé assumé. Et puis, il y a cette chanson lancinante, Balada de la Trompeta, chantée par Raphael, chanteur espagnol née en 1943… dont je ne me lasse pas.

Changement d’ambiance avec Belleville Tokyo d’Elise Girard. Le synopsis est somme toute assez simpliste : Un couple se dirige vers un train en partance pour Venise. Sur le quai, Julien annonce à Marie, qu’il part en rejoindre une autre, et s’en va la laissant seule, enceinte. Bouleversée, Marie se refuse d’emblée à être victime de cette situation.
Bon, je n’ai pas du tout accroché au scénario, le trouvant d’une platitude absolue. Je me suis ennuyée, j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs absolues et que ce film n’apportait rien. Julien mérite des claques et Marie aussi. Seuls les dialogues truculents et bourrés de références cinéphiles  entre les deux patrons du ciné-club où travaille Marie sont intéressants. Bref, à éviter si vous ne voulez pas vous ennuyer.

Dernier voyage cinématographique avec la Balade sauvage de Terrence Malick. Un classique incontournable m’avait dit Patosz. Et il n’avait pas tort ! Même si j’ai trouvé quelques longueurs, il est vrai que ce film mérite le détour. Ce road-movie comme un trip meurtrier de ces deux adolescents est assez fascinant. Les étendues sauvages américaines intrinsèquement désertiques et violentes confèrent à ce film une aura assez puissante. Entre vent de révolte à la James Dean et pulsion de liberté de Thelma et Louise. A voir ou à revoir donc.

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