Quand Almodovar flirte (mal) avec Thierry Jonquet

Un peu de retard pour ce post Salles obscures… Il y a donc quelques semaines, je suis allée m’enfermer à l’Arvor pour voir le dernier Almodovar, La Piel que habito.

On y retrouve tous les poncifs almodovariens : les gros plans, une sensualité / sexualité exagérée, la couleur rouge, la déconstruction temporelle, les plans qui mettent mal à l’aise, les personnages décalés et dépravés, les relations de pouvoir et de domination… Rien à redire. On aime ou on n’aime pas. Tout est histoire de goût et de sensibilité.

Le problème, c’est que ce film est une adaptation libre de Mygale, un polar de Thierry Jonquet, auteur que j’apprécie tout particulièrement. J’ai lu ce polar en 2004 et il a laissé une empreinte indélébile dans mes lectures. J’ai commencé à lire tout Jonquet juste après. Et pourtant, j’avais trouvé cette histoire particulièrement glauque et sombre…


Un roman venimeux, construit en trois chapitres : l’araignée, le venin et la proie. Trois histoires narrées les unes après les autres et qui se rejoindront pour n’en faire plus qu’une après avoir trainé le lecteur dans des méandres cauchemardesques.
Première histoire :  Richard Lafargue, chirurgien esthétique, vit avec une belle jeune femme, Eve. Cette dernière semble être retenue prisonnière dans la belle demeure du notable. De temps en temps, pour assouvir ses fantasmes, il prostitue Eve et se délecte du spectacle.
Deuxième histoire (imprimée en italique) : un jeune homme, Vincent, dont on découvrira le nom plus tard est enlevé et séquestré par un homme qu’il surnomme « Mygale ». Cette histoire se passe antérieurement à la première.
Troisième histoire : Alex Barny, un malfrat en fuite, se cache. Blessé, condamné à se cacher, il va lui falloir trouver un moyen de quitter le pays en passant inaperçu…
Au fur et à mesure du roman, Thierry Jonquet révèle les liens tissés, telle une araignée, entre les personnages… et le tour est joué.

Alors forcément, les points de vue différents et l’écriture percutante disparaissent chez Almodovar. Le côté sombre et pervers, très présent chez Jonquet, n’est qu’effleuré dans la Piel que habito. Un film à voir et peut-être à apprécier en définitive si vous n’avez pas lu l’œuvre originale…

Publicités

Une réflexion au sujet de « Quand Almodovar flirte (mal) avec Thierry Jonquet »

  1. Sylvain

    Pas lu le livre, assez accrcohé au film comme la plupart des Almodovar, mais une note en dessous de ce à quoi il nous avait habitué jusqu’ici.

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s