Polisse : digestion difficile

Vous voulez vous pourrir un samedi soir ? allez donc au ciné voir Polisse, le film dont tout le monde parle en ce moment et que tout le monde va voir (si j’en crois la queue devant l’Arvor samedi à 20h).

Un film trash, coup de poing sans ménagement. La salle de ciné se transforme en ring, et pendant 2h14, les coups pleuvent, sur vous, sur nous, public, et sur les protagonistes de ce film, les enfants dont s’occupe la BPM, Brigade de Protection des Mineurs. Un film dont on sort secoué, perturbé, malmené et en tout cas effrayé. Effrayé par ce quotidien abject où les enfants subissent les pires violences. Effrayé par ces adultes sans vergogne, violant, frappant, maltraitant, abandonnant leurs enfants, j’en passe et des meilleures.

Les scènes et les cas se suivent et ne se ressemblent pas. Mais tous font preuve d’une violence inouïe. Ces enfants Roms, exploités certes par leurs parents mais que l’on arrache à leurs familles ; ces fillettes victimes des tendances pédophiles de père ou grand-père ; ce petit garçon « abandonné » par sa mère SDF ce qui lui assurera au moins une nuit au chaud en foyer ; ces adolescentes qui usent et abusent du sexe pour des histoires de portables ; ce nouveau-né enlevé par sa mère toxico et finalement jeté à terre malencontreusement lors d’une brouille…

Se superposent à ces horreurs la vie de cette Brigade, les vies – en pointillé – de ces policiers. Du pathos (ces hommes et ces femmes, exposés aux pires exactions, ont-ils vraiment tous des vies amochées ? sont-ils tous aussi hystériques ? ), des scènes improbables (la photographe autorisée à tirer en séance d’exercice). Tension constante générée par une caméra rapide, mouvante qui nous secoue dans tous les sens ; par cette ambiance électrique qui règne entre policiers et coupables, entre policiers et hiérarchie, voire entre policiers eux-mêmes ; par un affect à fleur de peau. Le tout incarné à 200% par un casting  assez impressionnant : Karin Viard, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, Frédéric Pierrot et Joey Starr, figure improbable dans un rôle de flic, qu’il tient finalement à merveille.

Le film n’est pas parfait, certes, mais il laisse un goût amer dans la bouche. Et un malaise, durablement traduit par le générique de L’île aux enfants qu’on ne pourra plus chantonner sans penser aux gamins maltraités de ce film… Âmes sensibles, s’abstenir donc. Et moi de mon côté, je vais faire une pause de polars pendant un moment. Je sature là…

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3 réflexions au sujet de « Polisse : digestion difficile »

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