Bulles d’univers éphémères

Ouvrir une bande dessinée, c’est accepter de se plonger dans un univers en très peu de temps et d’en ressortir tout aussi rapidement. Parfois, ces bulles ont une intensité toute particulière, étrange mais intense.

Première neige publiée aux éditions KANA (Bruxelles). Corbeyran signe le scénario et Byun Byung Jun le dessin. En fait, Première neige est un manhwa, bande dessinée en coréen, roman graphique pour nous.


Une jeune citadine épouse un homme et part s’installer dans la maison de famille de ce dernier à la campagne. L’homme s’absente souvent pour son travail et la jeune femme se retrouve seule, dans cette grande maison isolée où le froid s’insinue peu à peu au cours des saisons. Un rythme très lent, peu de paroles pour un dessin tout en subtilités et en aquarelle. La mélancolie nous gagne et on se surprend à frissonner au fil des pages…

Je connaissais Corbeyran pour ses récits de science-fiction, Le Régulateur notamment. Là, dans cette adaptation de la nouvelle de Maupassant, il est étonnant, retraçant implacablement le délitement de ce couple et la spirale infernale dans laquelle entre la jeune épouse…

Tonoharu de Lars Martinson, publié aux Editions Le Lézard Noir, est un roman graphique. On suit Daniel Weels à son arrivée dans une petite ville de la province japonaise au poste d’assistant scolaire. Loin  du Japon qu’il espérait, il est bientôt confronté à un pays froid et terne, où le moindre contact social relève de l’exploit. Une longue intro de Claude Leblanc, intitulée Le Syndrome japonais, plante le décor. Et évoque l’incommunicabilité, la solitude, la difficulté à s’intégrer dans la société nippone pour les Occidentaux.

Pourtant, le propos reste sobre, comme le dessin. Aucune comparaison culturelle, aucun mot agressif sur le Japon. Juste des constats, une histoire, celle de ce jeune assistant d’anglais parlant peu japonais. Par contre, Lars Martinson écorche assez durement, mais avec réalisme, l’attitude de certains expatriés occidentaux, qui se croient éternellement en pays conquis.
Comme dans Première Neige, on est vite gagné par la mélancolique solitude du personnage (très autobiographique). Et on se surprend à penser à Lost in Translation

Une vidéo, rien que pour vous… oui, oui !

Tonoharu – Lars Martinson from Le Lézard Noir on Vimeo.

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