LZ = 1 / Ménisques = 0

Vendredi 25, le grand jour. Aujourd’hui, c’est arthroscopie party !
Hop, debout à 6h15, pleine d’entrain et à jeûn, pour prendre une deuxième douche à la Bétadine Scrub. Un gel douche fascinant, couleur abricoté qui devient blanc en moussant et laisse sur le corps un délicieux parfum de désinfectant. Essayer, c’est l’adopter !

7h15. Arrivée à la clinique à Quimper sous une pluie fine et légère. Le guichet des Admissions en chirurgie ambulatoire n’ouvre qu’à 7h30. Me voilà dans le hall d’attente au beau milieu d’une jolie collection de seniors 70+. Qui vont se précipiter au guichet dès l’ouverture à 7h30 tapantes et qui vont courir dans les escaliers pour gagner leur chambre… Mais c’est qu’ils sont encore plein de vitalité à c’t’âge là ! Moi, j’y vais doucement, pas pressée plus que ça de me faire charcuter…
Mon petit feuillet indique Chambre 453, lit près de la porte. Je gagne donc les lieux et m’installe. Je suis seule pour l’instant. Ouf, pas besoin de discuter avec un senior. Une jolie blouse attachable dans le dos par pression est délicatement posée au pied du lit. Je m’assoies sur la chaise, refusant de m’installer sur le lit (je vais suffisamment y être allongée dans les jours à venir !).


8h00. Une première infirmière passe, vérifie mon identité et, comme dans tout festival de musique qui se respecte, m’installe un bracelet autour du bras.Eh eh, en voilà un que tout le monde n’aura pas dans sa collec’ ! il finira au milieu de Rock en Seine, des Trans, de la Route du Rock et autres confrères…

C’est la Semaine nationale de la sécurité des patients. Haro sur l’identitovigilance ! Je crois que j’ai dû décliné plus d’une dizaine de fois dans la journée mes nom, prénom et date de naissance.
J’ai également une fiche de service à remplir où certaines cases à cocher sont assez surprenantes : sortie / patient non opéré / domicile / transfert / décès / forfait de réanimation…

Voilà qui annonce la couleur. L’infirmière revient et me fait signer mon autorisation de sortie, avant même d’être opérée. J’ai beau être à jeûn et vaguement affamée, mon cerveau fonctionne encore un peu et certains protocoles administratifs me semblent un peu surréalistes…

8h30. Ah tiens, j’ai la visite d’un anesthésiste, qui n’est évidemment pas celui que j’avais rencontré mardi dernier. Celui-là a un bon accent finistérien ; me voilà entre de bonnes mains ! Par contre, sur sa fiche récapitulative, il a été omis de mentionner mon allergie à la pénicilline (j’avais vaguement insisté pourtant mardi dernier…). Renforcer la sécurité des patients à la clinique qu’ils disaient. Oui, oui…

9h. L’infirmière revient et me donne un Xanax, pour me détendre. Et croyez-moi, ça détend ! Administré pour décontracter les patients avant une intervention chirurgicale, voilà de quoi vous faire drôlement planer. Habituellement la dose prescrite est de 6 mg par jour répartie en un quart de comprimé le matin, un quart de comprimé le midi et un demi comprimé le soir. On m’en a fait prendre un entier ! Ah ben j’ai vu de jolies étoiles…

9h55. Un brancardier, très grand, très costaud, très drôle, vient me chercher. J’ai vaguement l’impression d’avoir trois grammes dans chaque poche et ai du mal à descendre de mon lit pour m’installer dans le fauteuil roulant. Il me dit que c’est normal, que le Xanax détend énormément… Il me tournicote dans des couloirs. Arrivés au sas d’entrée vers les blocs opératoires, je change de mains, monte sur un lit, on m’enfile de jolis chaussons en plastique bleu et une charlotte blanche et on me couvre. Il fait plus froid parait-il à l’intérieur…

10h. Me voilà dans le couloir, à la porte du bloc opératoire qui va me recevoir. Il règne une étrange odeur, et je ne saurai l’expliquer… Les infirmières défilent autour de moi, charmantes, avec toujours un bonjour et un mot gentil et rassurant. Le patient précédent, profondément endormi, sort sous mes yeux. « On fait le ménage et c’est à vous ensuite » me dit-on. Le chirurgien s’approche : « Tout va bien se passer, on va vous réparer ce genou et vous pourrez gambader ensuite ». Je crois avoir répondu : « Super ! ».
Hop, on m’installe dans le bloc. Nouveau lit. Les bras à l’écart, comme Jésus ! Un clip sur un doigt pour surveiller je-ne-sais-quoi, des pastilles sur le thorax, et un cathéter dans le bras gauche. L’infirmière anesthésiste qui s’occupe de moi est d’une attention incroyable et son accent du sud m’est tout à fait sympathique. Au-dessus de moi, un projecteur à 6 hexagones métalliques. Je me rappelle vaguement m’être fait la réflexion que cela ressemblait à un vaisseau spatial (ah, les effets du Xanax !). Autour, une table où une infirmière déroule avec l’aide d’une élève-infirmière un paquet d’instruments stériles, un chariot avec écran et appareils divers. L’infirmière anesthésiste approche son visage tout près du mien et me dit, « Ne vous inquiétez pas, je vais vous endormir ». Je me souviens avoir tourné la tête vers le ciel et ce vaisseau d’Albator et puis plus rien.

…jusqu’à 11h36. Je dormais d’un sommeil profond et agréable ; je rêvais d’Alter1fo (et oui !)… Quand 3 bips sur le côté gauche m’ont brutalement réveillée. Un jeune homme, celui qui m’avait véhiculé du sas jusqu’au bloc, a accouru à mon chevet, m’a ôté un truc de la bouche et m’a dit tout gentiment : « Bonjour, vous êtes en salle de réveil, vous venez d’être opéree, tout va bien ». Et là, j’ai repris mes esprits, aperçu l’horloge en face de moi qui indiquait 11h36 et senti comme une lourdeur dans ma jambe gauche. C’est bon, on m’avait bien opéré le bon genou !
Au bout d’une heure, qui m’a semblé n’être que quelques minutes pourtant, on m’a enlevé le cathéter, enlevé les pastilles sur le thorax et on m’a ramenée dans ma chambre. Direction le lit. J’ai vu mon genou, entouré d’une bande mais tout enflé pour la première fois. Drôle d’impression. Grosse fatigue par contre, mais pas de nausée ni de maux de tête.

14h. Une infirmière m’apporte de l’eau. Me pose une poche de glace sur le genou. Je reprends doucement mes esprits.

14h30. Plateau-repas. J’avais grand-faim ce matin mais là, curieusement, j’ai du mal à avaler mon thé, le mini-cake aux pépites de chocolat et la compote de pommes. Je délaisse même la briquette de jus d’orange. On m’avait prévenue le matin, pas de sortie avant 16h, donc je patiente en finissant mon polar, « Totally Killer », dont le titre me semble tout à fait approprié pour cette journée…

15h. Une infirmière vient enlever la bande qui me compresse le genou et me faire la première piqûre anti-phlébite. Et hop, un joli bleu sur la cuisse droite. Je constate avec effarement que mon genou gauche est enflé et aussi large que ma cuisse. Drôle d’effet !

15h30. Visite du kiné, qui m’explique les exercices à faire dans deux jours pour garder la tonicité. Et hop, il me met debout et me fait faire quelques pas. C’est fascinant, même si mon genou est douloureux.

16h. Le chirurgien arrive, avec sa petite feuille rose récapitulative. Il m’a enlevé 30% du ménisque externe ; n’a pas touché au ménisque interne, qui était sain, comme il l’avait pressenti. Par contre, il me signale que ma rotule présente des signes légers d’arthrose de niveau 1 (il y en aurait 4) mais que le fait d’avoir enlevé la partie défectueuse du ménisque devrait soulager ma rotule. Il me laisse le compte-rendu d’opération (où je lirai avec surprise que l’arthroscopie a eu lieu de 10h30 à 10h45 !), l’arrêt de travail jusqu’au 18 décembre et un RDV fixé pour le 09 janvier où nous recauserons activités sportives…
En attendant, c’est repos et reprise progressive de la marche à pied.

16h30. Mon père arrive avec mes béquilles. Plus le temps passe, moins les calmants font leur effet et poser le pied à terre devient terriblement douloureux. On me signale que je n’ai pas à passer par la case « Caisse enregistreuse », tout étant pris en charge. Merci la Sécu et la MGEN !

17h30. Retour chez mes parents pour une convalescence finistérienne prolongée jusqu’en janvier grâce aux vacances scolaires…


C’est parti pour quelques jours de station allongée, mode repos total alternant les prises d’antalgiques, les chocolats offerts par les copines, les visites de l’infirmière pour changer les pansements et me piquer contre une éventuelle phlébite, la pose de la poche Nexcare Cold/Hot dont je bénis l’inventeur et qui soulage par le froid cette douleur lancinante.

Le seul qui semble pour l’instant trouver cette convalescence à sa convenance, c’est le chat !

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12 réflexions au sujet de « LZ = 1 / Ménisques = 0 »

  1. isa

    mais tes cuisses elles sont toutes fines… alors ça nous impressionne pas du tout que ton genou soit enflé comme ta cuisse ;-)
    de grosses bises Liz et plein de caresses au chat. remets toi bien.
    reviens nous vite… on pense bien à toi…

    Répondre
  2. jaygarrickstrip

    Bonjour!

    je suis tombé par hasard (bienheureux, le hasard) sur votre blog en septembre, pour l’article « Moleskine chargé… en Septembre ». Je me suis tout de suite accroché à cette programmation finement sélectionnée qui correspondait pas mal aux choses que j’apprécie.

    Les navigateurs ont cela de pratique qu’ils nous permettent de tout enregistrer, « favoris-er » et enregistrer. Retour sur votre blog, pour prendre des nouvelles de ce genou dont j’avais vu qu’ils devait être opéré. J’ai beaucoup aimé la description par tranches de la journée à la clinique quimperoise; ainsi que la description du Télégramme Brestois.

    Bref, bonne convalescence, et au plaisir de vous lire.

    Jay

    Répondre
  3. Ping : Genou pourri : le retour… « Déambulations rennaises

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