Convalescence et lectures en pagaille #1

L’avantage d’être en convalescence avec seulement un genou douloureux, c’est qu’on peut se consacrer pleinement à la lecture. Suffit juste de trouver une position confortable et de remuer un peu les pieds pour la circulation du sang de temps en temps. Hormis ces quelques détails, je passe donc mon temps à lire et dévorer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un livre…

Premier sur la liste ce polar sorti chez Gallmeister en mars 2011, un éditeur dont j’apprécie vraiment les publications : Totally Killer, premier roman de Greg Olear. Un thriller captivant se situant, selon le site de l’éditeur, entre La Firme (en plus sexy) et American Psycho (en moins violent). Dont le fil conducteur est une solution radicale pour faire face au chômage et aux retraites, problèmes majeurs de nos sociétés occidentales…

Mais plantons le décor. On est en 1991. Vous vous souvenez vous de cette année-là ? où vous viviez, ce qui vous est arrivé ? Todd Lander, lui, s’en souvient très bien. Sa colocataire hyper sexy, Taylor Schmidt, est morte cette année-là et cela a bouleversé sa vie. Elle avait débarqué de son Missouri natal, avec trois sous en poche, dans la Grosse Pomme, avec une seule idée en tête : trouver un boulot, et accessoirement le grand amour. Mais New York, en 1991, subit de plein fouet la crise économique… Et seule Quid Pro Quo, une agence de recrutement bien sous tout rapport au premier abord, lui proposera « le job pour lequel on tuerait ». En moins de deux jours, Taylor devient éditrice dans une maison d’édition new-yorkaise et couche avec son recruteur Asher Krug, un brin arrogant et pourfendeur des baby-boomers. Seulement, quand on signe un pacte avec le Diable, on en paye le prix fort ensuite…

Ce roman à l’humour noir, satirique et décapant, se divise en 4 parties : un prologue écrit par Todd en 2009 où il présente rapidement l’histoire, un récit rétrospectif qui vous plonge immédiatement dans l’ambiance ; une première partie, Licenciement, où l’on prend connaissance avec les personnages et où l’on étouffe dans cette chaleur new-yorkaise et cette difficulté à trouver un emploi ; une seconde partie, Cold Ethyl, ou la descente aux Enfers joliment illustrée par la couverture de l’éditeur français – un canon de pistolet qui vous fait face, menaçant et froid comme la mort – ; et enfin, un épilogue, retour en 2009, qui clôt ce thriller. Un joli hommage aux années 90, à la génération désabusée par les années Reagan, sous prozac et ectasy.  Si vous aimez les ambiances parano, si vous prêts à vous replonger dans la culture pop des années 90, si vous aimez les filles un brun bombasse et sexuellement débridée et prêtes à tout pour décrocher un job, ce polar est pour vous. Et mériterait même une bande-son :  lire la plongée en enfer de Taylor sur fond de Nirvana, Duran-Duran, Culture Club doit prendre une toute autre dimension… A vos platines donc !

Autre époque, autre lieu, autre ambiance. L’auteur de ce roman a abandonné ses guitares et pris la plume. Frank Darcel, bien connu des Rennais fans de rock et de Transmusicales, est le créateur du groupe Marquis de Sade et le producteur d’Étienne Daho. Il signe avec Le Dériveur son premier roman, paru en 2005 aux éditions Flammarion.
Direction Lorient, son port, son Quai des Indes, ses Halles de Merville. Ca fleure bon les embruns océaniques et le poisson. Et pour cause, Max, ex-commando des Marines, est écailler. Il a épousé contre toute attente Annie, agrégée de maths, dans un lycée lorientais. Mais la belle ne se satisfait plus de sa vie de bord de mer et décide, un beau jour, de partir outre-atlantique. Une sombre histoire d’internet, de mystérieux libraire d’occasions américain. Le sang de Max ne fait qu’un tour, il plaque tout et part dans une vaine tentative de retrouvailles au pays de l’Oncle Sam. Direction Aurora, Nebraska. Fuite en avant, quête de soi et d’un souvenir familial enfoui dans un coma maintenu artificiellement par l’intéressé. Un livre court mais attachant, à l’écriture vive et sans détour.

Retour dans le Wyoming avec La Mort au fond du Canyon de C.J. Box, paru en 2004. J’avais déjà séjourné dans les grandes prairies cet été en compagnie de Craig Johnson et de son shérif mélancolique Walt Longmire. Ici, Joe Pickett, le garde-chasse sort tout droit du même moule : sensible, humain, amoureux de la nature, il vit en plein cœur de la forêt nationale des Bighorn dans un joli chalet en bois avec ses chevaux et les quatre femmes de sa vie, son épouse et ses trois filles. Un Charles Ingalls version XXIè siècle. Mais quand le cours tranquille de son existence est perturbé par une explosion de vaches, il se met à relever des détails bien troublants… qui vont le mener bien plus loin qu’il ne le croit !
C’est sur fond d’affrontements entre militants écologistes fanatiques et population locale qui n’entend pas qu’on lui interdise certaines activités traditionnelles que se déroule toute l’intrigue. Deux protagonistes auxquels il convient de rajouter un groupuscule extrémiste, le Stockman’s Trust, groupuscule d’éleveurs érigé en société secrète, et deux tueurs à gage qui sillonnent les Etats-Unis de façon sanglante. Dans le shaker, vous rajoutez la petite ville de Saddlestring, Bighorn Mountains, des wapitis, un ou deux grizzlis et les paysages sauvages du Wyoming, et vous y serez.
Et pour celles et ceux qui deviendraient addict, ce polar est le second de la série « Joe Pickett, chasse, pêche et coup de fusil ». A lire donc également : Détonations rapprochées (2003), Winterkill (2005), Sanglants trophées (2006), L’Homme délaissé (2007), Zone de tir libre (2009), Le Prédateur (2010).

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4 réflexions au sujet de « Convalescence et lectures en pagaille #1 »

  1. Perrine

    Tout cela donne bien envie !
    J’ai (enfin !) pris le temps de bouquiner un peu ce ouikène. Deux chouettes BDs : La Comtesse Eponyme de Sfar, et « Les Ignorants » de Davodeau…
    Bonne lecture(s) …
    Biz

    Répondre
  2. Erwan

    Je viens de finir Habibi : définitivement conseillé pour occuper ta convalescence. Graphiquement magnifique et une histoire à l’ambiance conte arabe envoûtante.

    Répondre

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