Les tripes de 14-18

Quand on referme un livre en se disant que pour rien au monde on ne le relira, c’est que dans la carrière d’une grande lectrice on a pris un coup dans l’estomac.
Je pense avoir mal choisi ma période pour lire ce roman de Jospeh Boyden. En effet, lire Le Chemin des âmes au mois de janvier quand il fait froid, gris et que tout est humide, n’engage guère à l’optimisme. Mais peut-on vraiment entrevoir un peu de lueur dans un livre qui se passe en pleine guerre des tranchées ?

Synopsis : 1919. Nord de l’Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d’Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. A sa grande surprise, l’homme qui descend du train est son neveu Xavier qu’elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l’engagement dans l’armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l’enfer des champs de bataille en France…

Je n’ai jamais aimé les romans historiques et je crois ne pas encore avoir apprécié un roman de guerre. Là, bilan mitigé. L’histoire est vraiment narrée avec beaucoup de finesse et de délicatesse. J’ai découvert l’engagement des indiens cree du Canada aux côtés des britanniques et des français dans les méandres boueux des tranchées : je l’ignorais. J’ai découvert les dégâts de la morphine sur les soldats, et notamment ceux qui étaient peu habitués aux médecines occidentales. J’ai découvert cette chasse à l’homme dans le no man’s land au cœur des tranchées.

Mais, il y a surtout cette descente aux enfers quand Elijah, perdant toute humanité, se met à tuer pour le plaisir ou du moins en y trouvant un certain plaisir. Dire que la guerre rend les hommes inhumains par les atrocités qu’elle leur fait commettre, c’est d’une platitude inégalée. N’empêche que ce livre vous plonge au cœur de ce processus. Et que sous un ciel gris et bas, cette lecture est encore plus insupportable…

Et puis, cerise sur le gâteau, un blog que je suis régulièrement a publié un post-photos sur la guerre, la seconde cette fois-ci. Une série de photos intitulée The Eye of War V, prises par Dmitri Baltermants, photographe russe. Et certaines de ces photos illustrant à quelques années d’intervalle ce que j’étais en train de lire m’ont glacé les sangs…

©Dmitri Baltermants

©Dmitri Baltermants

©Dmitri Baltermants

Alors, je me suis quand même forcée à finir ce livre. Parce que le sort de ces jeunes Indiens m’a quand même  touchée, au delà de l’horreur de la guerre. Mais je ne le relirai pas.

Du coup, je crois que je vais attendre un peu pour relire la BD de Maël & Kris , Notre Mère la Guerre : première complainte… Et acheter le troisième tome sorti en novembre. Une excellente BD au passage !

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