Du vent, des cailloux et le Marion Dufresne

Il y a des mots, des noms, aux sonorités exotiques, qui me font lever la tête à peine prononcés. Des madeleines de Proust mi-figue mi-raisin. Marion-Dufresne fait partie de ces mots.

Marion-Dufresne, c’est qui ? c’est quoi ? au départ, un explorateur français, malouin même, du 18è siècle, qui a découvert entre autres les îles Crozet.

Aïe, les îles Crozet, tu ne connais pas ? normal. C’est un archipel perdu dans le sud de l’Océan Indien, à quelques encablures du Pôle. Ces îles font partie des TAAF, les Terres  Australes et Antarctiques Françaises. De l’exotisme d’outre-mer rafraîchi, dirais-je.

Et alors, il est où le lien dans tout ça ? J’y viens. Le Marion-Dufrense, c’est aussi le nom d’un bateau, un ravitailleur français, qui assure la survie des TAAF. Missions logistiques (fioul, nourriture, matériel  pour les bases), missions océanographiques et enfin relèves de personnels scientifiques et militaires basés sur ces territoires hostiles.

Marion Dufresne in the Morbihan Gulf (Kerguelen Archipelago) le 3 février 2005
Photo de Delille Daniel

Ce gros bateau (qui fait héliport et transport de containers) a eu la bonne idée le 14 novembre dernier de heurter un haut-fond. Alors, voilà, le Marion Dufresne est en carafe à Crozet sous les 40èmes rugissants. Naufragé, alors que c’est lui qui assure la survie… Le Télégramme (de Brest – mais il paraît qu’il ne faut plus l’appeler comme ça…) s’en est ému dans un article. Son lectorat finistérien, peuple de mer, de bateaux et de voyages au long cours, est en effet sensible aux aléas de ces navires qui font le terreau des conversations et souvenirs des marins (on a tous un marin dans la famille !).

En l’occurrence, j’ai entendu parler de ce bateau en 1985, quand mon père est parti pour une mission d’un an aux Kerguelen.


Les Kerguelen, un autre archipel des TAAF, au fin fond de l’Océan Indien. Plus précisément situé entre 48°35’ et 49°54’ de latitude Sud et entre 68°43’ et 70°35’ de longitude Est. Et à une distance d’environ : 2 000 km des côtes de l’Antarctique ; 3 400 km de la Réunion ; 4 800 km de l’Australie. Le bout du monde en fait !
A l’époque, pas d’internet, pas de téléphone. La seule chose qui nous reliait à lui, c’était un télégramme hebdomadaire de 80 mots. Et les nombreuses cartes postales qu’il nous envoyait. Une pour ma mère et une pour chacune de ses filles. [oui, j’ai la plus belle collection philatélique d’enveloppes et de timbres oblitérés au bout du monde ! un vrai trésor ! que je ne vendrai pour rien au monde…]. Le seul lien aussi, c’était ce bateau, le Marion Dufresne. Celui qui a emporté mon père au bout du monde sur ces terres hostiles, balayés par le froid polaire et les vents. Celui aussi qui lui a sauvé un pied et l’a ramené, cassé certes, mais à bon port. Mais tout ça, c’est une autre histoire…

J’ai donc beaucoup entendu parler du Marion-Dufresne. Et ce qui lui arrive ne peut me laisser indifférente… Forcément.

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2 réflexions au sujet de « Du vent, des cailloux et le Marion Dufresne »

  1. Jean

    Bonjour, le Marion Dufresne dont vous parlez était le n°1 … car celui-là a été construit en 1995 seulement … donc en 1985 il ne pouvait pas être aux Kerguelen …

    Répondre
    1. LeeZen Auteur de l’article

      @Jean : Effectivement. Mais numéro 1 ou numéro 2, ces navires portent quand même le même nom, évocateur pour moi des mêmes sensations et impressions !

      Répondre

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