Lectures en novembre

J’ai dû m’ennuyer en novembre, vu la quantité de livres dévorés… et je pense que mon banquier peut remercier les Champs Libres !

daeninckx-camarades-de-classeCamarades de classe de Didier Daeninckx (Gallimard, coll. Blanche, 2008)
J’ai pour cet auteur une sympathie toute particulière. A chaque fois, ses romans m’étonnent. Le propos social y est tellement véridique !
Ici, un couple. Des retrouvailles, via un site internet – genre Copains d’avant – avec les anciens camarades de classe du lycée. Un mail adressé à l’homme, intercepté par la femme, qui se glisse dans l’identité de l’homme. Et répond. Un jeu du chat et de la souris entre le couple, entre les amitiés et les mésententes de la cour de récré. Et la chute, toujours étonnante sous la plume de l’albertivillarien.
Un roman qui se lit facilement.

cotton-pointCotton Point de Pete Dexter (Points, coll. Roman noir, 2011)
Il ne fait pas bon être noir dans les années 50 dans le Midwest. Il ne fait pas bon être noir à Cotton Point quand on croise la route de Paris Trout, le blanc qui prêt de l’argent.
Un roman noir et sombre découpé en plusieurs parties. L’assassinat de la petite fille noire et tout le background lié à cette sordide affaire. Puis l’enquête et le procès de Paris Trout, via le regard de sa femme. [Attention : scènes violentes et particulièrement insoutenables lors de cette partie].
Enfin, le dénouement, via le regard de son avocat.
Un roman qui fait froid dans le dos, qui dénonce politiquement et socialement. Un très grand roman en tout cas.

Le bandit mexicain et le cochon de James Crumley (Gallimard, série noire, 2004)
Des nouvelles, entre polar et thriller. Je n’ai lu que la première, car j’étais vaguement en retard pour rendre ce bouquin. Une jeune beauté vénéneuse, un américain au grand cœur, vaguement alcoolo, un cochon dompté et le tour est joué !

le-bandit-mexicain-et-le-cochon-james-crumley

C’est Maman qui a tué le père Noël d’Alexandra Varrin
Un livre chroniqué dans un seul billet, lisible ici : https://deambulationsrennaises.wordpress.com/2012/11/05/le-pere-noel-et-ses-femmes/

arteres-souterrainesArtères souterraines de Warren Ellis (Au Diable vauvert, 2010)
Un privé à la dérive, Michael McGill, doit retrouver une version de la constitution des EU avec amendements écrits à l’encre invisible alien… Une plongée dans l’underground d’une Amérique décadente. Qui démarre par ces quelques phrases : « J’ai ouvert les yeux pour voir le rat pisser dans mon mug. Un énorme salopard marron, le corps comme un étron sur pattes et des petits yeux ronds pleins d’une sagesse secrète de rongeur. »
Un road-movie grotesque, délirant et déviant. Du sexe, des drogues, de l’alcool dans un univers dingue et loufoque. Un polar-thriller comme je les aime, noir et déjanté, drôle et dingue, transgressif à souhait. (Un grand merci à L. Blouson Noir qui m’a prêté ce livre !)

affaire-tequilaL’Affaire tequila de F. G. Haghenbeck (Denoël & d’Ailleurs, 2012)
Un étrange roman à base de recettes de cocktails et de conseils musicaux. Chaque titre de chapitre est le nom d’un coktail et chaque incipit se compose de la recette du-dit cocktail et ses ingrédients et d’un petit adenda historique. Vous pourrez donc délecter vos papilles d’un mimosa, d’un gin-fizz, d’un Barracuda, d’un Pink Lady, d’un Matador ou d’un James Bond Martini en donnant du son à vos oreilles : Trains and Boats and PLanes de Billy J. Kramer & The Dakotas ou A Summer Song de Chad et Jeremy ou Heartbreak Hotel d’Ann Margret ou María Bonita d’Agustín Lara… Une plongée en plein Acapulco où Sunny Pascal, privé américano-mexicain doit protéger Johnny Weissmuller, dit Tarzan, des affaires crapuleuses dans lesquelles il est plongé. Entre alcool, stars de ciné, cri tarzanique.
Voilà qui m’a donné envie de lire la première enquête, Martini Shoot.

Je-tue-les-enfants-francais-dans-les-jardinsJe tue les enfants français dans les jardins de Marie Neuser (Editions Altor, coll. L’Ecailler, 2011)
Lisa, jeune enseignants d’italien se confronte a ses élèves de collège. Elle a peur. Elle devient carapace, jusqu’au pire. La peur au ventre. Trop réel pour ne pas être vrai. Ce roman est le premier écrit par Marie Neuser, enseignante de son état. Et certaines des scènes du roman sentent terriblement le vécu. On lit ce livre en apnée, d’un bout à l’autre. Sans oser imaginer l’issue.
Le décor est posé dès le premier chapitre : « Au bout de l’avenue tristement ouvrière, hostile comme un rond-point, le brouhaha quotidien des élèves qui se pressent à l’entrée du collège. Le bâtiment date du siècle dernier, avec ses fenêtres joliment ornées d’un cadre de brique. Au-dessus de la porte monumentale l’inscription est restée, gravée dans le fronton : ECOLE DE JEUNES FILLES. Au-dessous, les gamins hurlent, Pédé enculé nique tes morts sur La Mecque, c’est la bande-son immuable de mes journées, j’ai besoin d’inspirer une dernière goulée d’air encore respirable avant de me résigner à fendre la foule d’un pas décidé, d’adulte inébranlable. »
Dès le second chapitre, qui tient en 3 lignes, on sait que rien ni personne, encore moins la hiérarchie, ne cherchera pas à améliorer la situation : « Mon inspecteur m’a dit, il y a trois mois : N’essayez même pas de faire cours, Mademoiselle. Sauvez votre peau. »
A ne surtout pas lire si vous venez de décrocher votre premier poste…

Jimmy le Terroriste.inddJimmy le terroriste de Omair Ahmad (Editions Philippe Picquier, collection Inde/Pakistan, octobre 2012)
Une ville imaginaire : Moazzamabad. Ou l’histoire de Jamaal, battu à mort par des policiers. L’Inde secouée par les religions et les luttes de pouvoir.
Un narrateur nous raconte la tragédie et retrace pour nous le parcours de Jamaal devenu terroriste. Entre mosquées détruites par des hindous, un père devenu mollah pour trouver enfin une certaine reconnaissance, couvre-feu, émeutes dans le quartier musulman…
Ce roman m’a fait penser à un film vu sur Arte l’an dernier qui s’appelait Les Graines de la colère et qui évoquait les parcours opposés d’un frère et d’une sœur anglais d’origine pakistanaise. Ou comment un événement dramatique (ici les attentats de Londres) peuvent pousser certains dans les retranchements du radicalisme religieux.

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Tous ces livres sont disponibles aux Champs Libres (sauf peut-être Artères souterraines)…

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