Lectures en janvier

Mois après mois, je dévalise les Champs Libres et ma bibliothèque de quartier. BD, romans, polars, livres de cuisine, de bricolage… tout y passe ! c’est plus fort que moi.

En janvier, mes lectures furent variées…

Du catalogue d’exposition…

hopper-album-expositionPour préparer l’expo puis pour me replonger dans les souvenirs des œuvres vues IRL, le catalogue de l’exposition Hopper, publié par la réunion des musées Nationaux. Un condensé de l’expo : 9 tableaux qui décrypte l’histoire et le travail de l’artiste. En complément, une application pour smartphone ou tablette. Mon iPhone sentant vaguement le sapin, je n’ai pas osé lui infliger cette torture. Mais assurément, l’app vaut le coup !
Un petit bouquin qui permet aux allergiques des 4kg du catalogue de l’exposition d’en apprendre assez sur Hopper pour briller lors des dîners en ville.

… en passant par des manuels domestiques…yoga-aujourdhui-hachette

Le Yoga d’aujourd’hui : 40 exercices de Yoga Dynamique… ou comment en apprendre un peu plus sur ces drôles de postures que je pratique notamment le mercredi soir dans mon cours d’Ashtanga Yoga. A moi les noms des postures en sanskrit, et les explications des bienfaits. Le pranayama et la salutation au soleil n’ont (presque) plus de secrets pour moi !
Promis, quand je parviendrai à me contorsionner pour réaliser Ardha Baddha Padma Paschimottanasana, je vous préviendrai !

ARDHA BADDHA PADMA PASCIMOTTANASANA A

Rien de tel pour se détendre que de bricoler des vieux fauteuils ! vous connaissez mon faible pour cette discipline… Je continue à lire, à observer, à apprendre. Ici, deux ouvrages, fort bien faits, qui vont m’aider à améliorer mes techniques : Savoir refaire ses sièges soi-même : l’art du geste selon la tradition et L’apprenti tapissier.

savoir-refaire-ses-sieges-soi-meme

apprenti-tapissier

… Quelques bandes dessinées pour s’aérer…hellenik-blues

Une bande dessinée étrange, qui m’a laissée songeuse quant aux positionnement de l’auteur. Hellenik Blues, c’est le carnet de voyage de Mandragore, partie en Grèce avec son chéri. Des vacances en noir et blanc pour un couple de routards. Elle, la scénariste, insiste beaucoup sur les détails de leur « routardise » au détriment finalement du pays censé être raconté. Peu d’intérêt au fond que ce soit dans le dessin ou dans le scénario. A vous de tester.

Autre ton par contre pour Les Enfants de l’envie de Gabrielle Piquet. Un roman graphique au trait fin et précis, presque transparent, pour une histoire assez émouvante.

enfants-de-l-envieSynopsis : Laon, 1999. Basile est un homme ordinaire, entre deux âges et esseulé, qui vit encore avec sa mère retraitée. Employé de l’état civil à la mairie, il partage son temps libre entre son atelier de peinture, ses tentatives (infructueuses) pour trouver une compagne via une agence matrimoniale et, surtout, la méditation sur ses origines. Le père que Basile n’a jamais connu, en effet, serait un Américain dont il ne subsiste que le prénom, Henry, autrefois soldat à la grande base militaire U.S. toute proche, et démantelée depuis. Or le maire de Laon organise une grande soirée de vétérans, où sont invités tous les anciens de la base américaine. Henry sera-t-il du nombre ?

Des évocations historiques incarnées par des personnages de plus en plus attachants au fil de la lecture. Un fil ténu qui se tisse au fur et à mesure. Un chouette moment en compagnie de ce livre, dont je vous recommande chaudement la lecture.

… des romans, pour finir.

Bifteck-martin-provostDeux romans très étonnants. Le premier, Bifteck, de Martin Provost, qui renifle bon la chair, sous toutes ses coutures. Bifteck, comme son nom l’indique, parle de viande, qu’elle soit froide, sur un étal, déshabillée, en émoi ou en mode clonage.
Bifteck n’est pas un livre à mettre dans toutes les mains, notamment pas celle des végétariens. Ainsi commence ce roman, quasi fable : « André Plomeur est né à Quimper, par un beau jour d’avril. Sa mère finissait de larder un rôti de boeuf quand elle se sentit embrochée comme un poulet à cuir. La cliente qui attendait, la voyant étouffer, crut que c’était le coeur qui lâchait. Mais non. Ca se passait plus bas. Lorsque les eaux se mirent à ruisseler sur la sciure, on envoya chercher le futur papa aux abattoirs. Il fallait le prévenir dare-dare que l’enfant de l’amour arrivait. » Une fable entre viande et chair, pour le meilleur et pour le pire.

Synopsis : Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. En pleine Première Guerre Mondiale, le tout jeune André se découvre un don pour faire « chanter la chair » – et pas n’importe laquelle : celle des femmes dont la file s’allonge devant la boucherie… Leurs hommes partis au front, celles-ci comptent sur André pour goûter au plaisir suprême. Hélas, le conflit touche à sa fin et les maris reviennent. Un matin, le boucher trouve sur le pas de sa porte un bébé gazouillant dans un panier en osier, puis un deuxième, un troisième… Du jour au lendemain, le voilà père de sept enfants et poursuivi par un mari jaloux décidé à lui faire la peau. Avec la chair de sa chair, André s’enfuit à Concarneau et affrète un bateau. Direction l’Amérique !

Si la première partie du roman est truculente de mots, d’idées saugrenues, de raccourcis viandesques, la deuxième partie est à mon sens moins réussi. Le voyage type radeau de la méduse semble être un cheveu sur la soupe (ou sur le hamburger)… Quant à la chute, elle est des plus culinairement gonflée. Mais après tout, les fables n’ont jamais eu à respecter le principe de cohérence…

kremlin-en-sucreLe second roman très étonnant respire l’âme slave. Le Kremlin en sucre de Vladimir Sorokine est un ovni littéraire. Ce n’est pas un roman en soi mais une succession de nouvelles liées par la seule mention de ce bonbon, un mini Kremlin en sucre, distribué à tous les enfants à Noël sur la place Rouge. Nous sommes à Moscou en 2028 et l’histoire se mêle à la science-fiction. Entre torture, vodka, opritchniks, coeur russe et Souverain.

Une imagination débordante au service d’un roman inclassable et dont il est difficile de parler au fond. On ne peut qu’insister sur ce kitsch onirique ravageur, qui donne juste envie de relire ce Kremlin sucré au gré des saisons.

Non, des polars pour finir !

Wet Eye GlassesPetite virée à Rome avec Luigi Carletti et sa Prison avec piscine. L’eau bleue et limpide des piscines de villas ne dort jamais. Celle de la Villa Magnolia va même connaitre un sacré clapot ! Un nouveau locataire, bardé de cicatrices impressionnantes, s’installe et jette le trouble dans la petite communauté de résidents. Une belle galerie de personnages, et la Pieuvre, en fond d’écran.
Un roman sûrement agréable à lire sur le sable sous un chaud soleil de juillet, entre deux bains rafraîchissants dans l’Atlantique. Mais en janvier, c’est une pause ensoleillée assurée, une lecture qui donne envie de fuir à Rome…

Babylone Vegas de Jose Luis Munoz. Mike Demon sillonne les déserts de Californie et du Nevada pour vendre des babylone-vegaspolices d’assurance agricoles. Une canicule, un moteur grillé par une chaleur suffocante sur l’autoroute. Direction la sortie la plus proche, bienvenue à Las Vegas ! Entre jeux, femmes, alcool, welcome en enfer !

Ce bon père de famille arrive à Las Vegas avec des failles : une maîtresse mexicaine à Tijuana, un père puritain mort d’avoir trop joué… Mike et son allégorie de nom de famille se retrouvent au fond du piège en débarquant dans la ville de toutes les tentations.

Un roman bien écrit, captivant. On lit chapitre après chapitre le récit de la déchéance (ou de la libération ?). Une fin un peu bâclée à mon goût mais au fond suffisamment radicale pour mettre fin proprement à l’histoire. Un seul conseil : toujours se fier aux messages des biscuits chinois…

Room Service de Elvin Post ou comment plonger de façon assez humoristique dans le monde du porno new yorkais. Jack Farrell, un détective privé, qui mène un peu une vie de looser, doit surveiller Larry, le fils pourri gâté de Archie Venice, un producteur porno tout de cuir vêtu qui dort dans un cercueil.
Un polar tragi-comique dont je me souviendrai…

room-service

Golgotha de Leonardo Oyola est un roman de tout petit format publié aux éditions Asphalte. Un récit tout aussi mordant que Chamamé dont je vous avais déjà parlé ici.

golgothaEncore un roman basé sur la musique, comme une symphonie à chapitres. Golgotha, c’est une histoire de vengeance, une histoire de flics, une histoire de violence, une histoire de gangs, une histoire de femmes, une histoire de religion, évidemment. On suit la courte guerre de deux policiers dans les bas-fonds sordides de Buenos Aires. Comme un tango en rouge sang et noir ébène du cercueil, un tango plus punk hardcore que langoureux.

Leonardo Oyola est assurément un auteur argentin à lire et découvrir. Tout comme les éditions Asphalte sont assurément une maison à fréquenter. Pour le bien-être de vos lectures (pas de votre âme malheureusement).

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Une réflexion au sujet de « Lectures en janvier »

  1. Cécile

    Avis partagé pour Prison avec piscine et pour Bifteck!! Si ça te tente, Luigi Carletti sera à Vannes le 4 avril et à Morlaix le 5… et, pour mêler lecture et peinture, j’imagine que tu as sûrement lu L’arrière saison de Besson, à partir d’un tableau d’Hopper. Pas sûre de t’avoir un jour dit que tes articles donnent envie de faire, de lire, de partager plein de choses, alors voilà c’est dit!… et quand tu viens dans le Finistère, si ce n’est déjà fait, va faire à tour à Landerneau, l’expo Yann Kersalé est top. Quant au match crêpes / galettes : c’est presque la guerre à la maison avec un mari rennais qui va ouvrir une crêperie (avec un coin librairie jeunesse) d’ici quelques semaines…. bises. Cécile

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