Lectures en février

Et hop, avalanche de mots, d’histoires, de thématiques en février. Fait froid et pas beau, faut bien s’occuper l’esprit ! Alors voilà ce que j’ai dévoré ce mois-ci, avec plus ou moins de succès. A vous de piocher !

Des bandes dessinées

Deuxième génération : ce que je n’ai pas dit à mon père / Michel Kichka (Dargaud, 2012)
Un récit de bulles autobiographiques en hommage à ce père, survivant de la Shoah, seul rescapé de sa famille. Un récit drôle et touchant par Kichka, auteur israélien, fervent partisan de la paix au Proche-Orient. A lire absolument.

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Tango / Est Em (Editions H, 2010)
Un manga que j’ai commencé, mais que je n’ai pas pu finir. Je ne sais pas pourquoi mais je n’arrive pas à m’habituer au sens de lecture des mangas. Non pas que tourner les pages de droite à gauche me pose un souci, mais dans ce manga précisément, je n’ai pas su déchiffrer le sens de lecture des cases. Et du coup, le scénario m’a semblé complètement illisible et incompréhensible. Une histoire visiblement torturée. Pour amateurs du genre.

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Des romans étrangers

Tempête de glace / Rick Moody (Editions de l’Olivier, 2003)
Entre initiation sexuelle et jeux pervers des adultes dans une banlieue résidentielle du New Jersey, Etats-Unis. Une nuit de tempête de neige où ados comme parents vont sombrer dans une quête éperdue de tromperies et d’éveil à la sexualité. Une quête qui sera fatale pour bon nombre d’entre eux. Un portrait au vitriol de la société américaine des années 70.
Un roman apparemment adapté par Ang Lee au cinéma : The Ice Storm, 1998.

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La veuve aux pieds nus / Salvatore Niffoi (Flammarion, 2012)
Un roman sarde, où la richesse de la langue côtoie la violence sourde de la vengeance. Une langue entre argot et mots peu usités. Rien que dans le premier chapitre, j’ai découvert grâce au soutien de Robert :  cayon, ligneul, empegué, malurance, marpaillé, patigonner, charavoute, pacages, sampillerie, bissêtre…

la-veuve-aux-pieds-nusLa Sardaigne, durant l’entre-guerre, est un territoire âpre et violent. A Taculè, Mintonia va le vivre à ses dépens. Figure féminine rebelle avant l’heure, on découvre son histoire. Petite paysanne, liée tendrement à sa grand-mère qui clôt chaque chapitre par une ritournelle mi-figue mi-raisin, elle s’émancipe de sa condition paysanne en apprenant à lire et à écrire. Puis elle tombe amoureuse et se marie avec Micheddu, dont l’opposition au fascisme lui vaudra d’être éviscéré et déposé ainsi sur le pas de sa porte un beau matin. Commence alors la vendetta de Mintonia, la veuve aux pieds nus…
Un très beau roman, cru et violent. Âmes sensibles s’abstenir et ce, dès les premières phrases de l’incipit :  » On me le ramena un matin de juin, saigné et fendu à la hache comme un cayon à la Saint-Cochon. Il ne lui restait pas une goutte de sang dans le corps. On n’aurait pas eu assez , pour rapetasser les deux morceaux, d’une pelote entière de ligneul noir, le fil poissé des cordonniers dont sont cousues les semelles de cuir des brodequins. »

Des romans locaux renno-rennais

Le clan des poissards / Jeff Sourdin (Editions La Part Commune, 2012)
clan-des-poissardsUne histoire d’amitié à Rennes entre 4 hommes, ayant chacun une destinée différente. La fac de Villejean, le Bar de la Cité, la politique ratée d’urbanisme de la Ville de Rennes et le Stade Rennais. Surtout le Stade Rennais… :
« Samedi soir. Soir de match. Dès dix-huit heures, le peuple rennais, vêtu d’oripeaux rouge et noir, se met en marche en direction de l’arène sportive de la ville. Du centre-ville ou de Villejean, de petits groupes épars convergent vers la rue de Lorient en s’épaississant à chaque carrefour alors que, côté Vilaine, les quais sont pris d’assaut par une foule ayant pris soin de mettre son maillot avant de traverser le cours d’eau. Devant le café Chez Marco, toutes les huit minutes, le bus 11 s’arrête pour décharger des palettes entières de supporters et un peu plus loin, porte de Lorient, l’échangeur souffre d’apoplexie. Une population bigarrée, affublée de casquettes, d’écharpes et de drapeaux envahit le quartier du stade, fendant la brume formée par la fumée des marchands ambulants de galettes-saucisses. »
Comme une tendre et parfois grinçante photographie de la ville de Rennes. Pour Rennais ou exilés l’ayant été un jour.

Des documentaires linguistiques

Les Bretonnismes de retour / Hervé Lossec (Editions Skol Vreizh, 2011)
J’avais eu  du goût, beaucoup, à lire le premier opus. Une vraie madeleine de Proust des expressions utilisées par les Anciens, dans mon coin de Finistère, sur ce caillou où la langue s’image. Alors, évidemment, il m’a fallu jeter un oeil sur le deuxième volet. Pimenté à la sauce gallo cette fois-ci. Toujours aussi plaisant néanmoins !

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Un essai de la confrérie enseignante

Collège brutal / Mara Goyet (Flammarion, 2012)
Le propos : Mara Goyet, enseignante d’histoire-géo dans un collège parisien, se demande ce qu’est un bon prof. « L’enseignement, ce sont des vigilances, un sens du rythme, des pauses, des paris, des obsessions. C’est une forme de ténacité et d’acharnement. C’est un bricolage savant. C’est exactement le contraire des dix compétences de l’enseignant édictées par le Ministère. »
Alors voilà, le discours est drôle est incisif, empreint de vérité et de réalisme, fustigeant la hiérarchie du Tyrannosaure. Seulement, je n’accroche pas, ou plus à ce genre de discours. J’ai besoin de critiques constructives, au delà de l’humour. J’ai besoin d’espoir dans ce métier et de gens qui ont encore envie de crocher dedans… Pas simplement envie d’en découdre.
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Un documentaire finistero-finistérien

Filets Bleus et Grèves Rouges : Concarneau, de la Grande Guerre au Front Populaire / Marc Morlec (Skol Vreizh, 2003)
Concarneau, c’est ma ville natale, la ville où j’ai grandi. Alors de temps en temps, j’aime bien me renseigner sur son histoire. Passionnante par ailleurs. Mais je ne suis pas objective, assurément.
« Concarneau fut entre les deux guerres le théâtre de luttes politiques dont la vigueur étonne aujourd’hui. La cité portuaire était, en effet, une cité aux contrastes sociaux bien marqués : « usiniers », commerçants, ouvriers, marins-pêcheurs se sont souvent affrontés durant cette période de crises politique, économique et sociale.« 

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Des documentaires Sports passion Bien-être

L’instinct de la glisse : petit hymne au surf, aux vagues et à la liberté / Lodewijk Allaert (Edition Transboréal, coll. Petite philosophie du voyage – 2011)
Un incipit  : L’Homme et la mer de Baudelaire. Autant dire que le ton est donné d’entrée de jeu. L’auteur, contre toute attente, est né à Dunkerque. Est kayakiste et surfeur, un touche-à-tout des sports de glisse. L’éditeur certifie dans sa bio qu’il a pagayé de Budapest à Istanbul sur le Danube et la mer Noire et surfé les vagues du Pacifique Nord au Mexique.  Ce jeune homme sait donc de quoi il parle et ce livre est vraiment destiné aux amateurs de surf et de la mythologie qui lui est associée : « Impossible de savoir laquelle, de l’eau ou de la glisse, m’a séduit la première. Peut-être faut-il remonter à la naissance, au grand saut ? Je glissai au monde après avoir flotté des mois dans le ventre de ma mère… »
A noter : le livre est dispo sur le catalogue de l’excellente Librairie du Voyage ! petite_philosophie_du_voyage_-_l_instinct_de_la_glisse_-_petit_hymne_au_surf_aux_vagues_et_la_libert_

Le Yoga du corps et de l’esprit / Centre Sivananda de Yoga Vedanta (Edition Solar Espace, 1997)
La Bible du Yogi qui sommeille en vous et qui s’ignore encore. Postures, respiration, relaxation, régime végétarien et recettes, jeûne, pensée positive et méditation… vous saurez tout du Yoga ! Une référence si j’en crois ma prof de Yoga (et je la crois !).

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Un documentaire « Fait le avec tes menottes »

Le crochet de nos aïeules pas à pas / Michelle Bousquet (Edition Didier Carpentier & DMC, 2000)
Explications claires des points de bases, des symboles et des abréviations utilisées, des points fantaisie. En seconde partie, 30 modèles de dentelles au crochet et de guipure d’Irlande.

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Des polars/trhillers

Montée aux enfers / Everett, Percival (Actes Sud, coll. Actes Noirs – 2012)
Un polar étonnant, où le crime de base, celui pas anodin d’une vieille femme, n’est finalement pas le fil rouge de l’intrigue. Où le shérif devient suspect et interroge son monde entre racisme ordinaire et abîmes sociaux. Cette montée aux enfers est une succession de questions, d’interrogations, où le romancier n’apporte aucune réponse. On lit le dernier chapitre, surpris. On relit le premier et on croit comprendre, mais sans être sûr.
Un auteur à suivre de toute urgence. Il faudrait même remonter le temps et lire ses précédents romans publiés chez Actes Sud également : Effacement (2004), Désert américain (2005), Blessés (2007) et Glyphe (2008).

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Freaky Fridays / Brigitte Aubert (Editions La Branche, coll. Vendredi 13 – 2012)
Une mamie qui n’en est pas une – elle cache bien son jeu la vieille – sème des cadavres dans Deauville et Trouville. Ente mafia russe, contre-espionnage français et gâteaux à la crème, un thriller assez captivant au fond. Qu’on lit en 2 soirées grand maximum !

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Ceux que j’ai empruntés sans avoir le temps de les lire (et que je ré-emprunterai un jour !)

Regarde les hommes mourir / Barry Graham (13è Note éditions, 2011)

Cauchemar américain / Ken Bruen (Gallimard, Série Noire – 2009)

Nus / Jean-Bernard Pouy (Fayard Noir, 2007)

L’Homme de Lewis / Peter May (Rouergue Noir, 2011)

Extinction Club / Jeffrey Moore (Rivages, 2012)

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