Famille, je te hais

Tel pourrait être le sous-titre du troisième roman de David Vann, Impurs.

Après la claque magistrale de Sukkwhan Island, le malaise persistant de Désolations, l’auteur américain vient de publier un troisième opus sorti en mars chez Gallmeister.
Après le psychodrame familial père-fils de Sukkwhan Island, les psychodrames amoureux et familiaux de Désolations, après l’Alaska, voici la Californie et son psychodrame familial mère-fils et consorts.

David Vann - Impurs

Changement d’atmosphère : après la fraîcheur et la rudesse de l’Alaska, place au soleil étouffant de Californie. Dès les premières pages, la même sensation de malaise qui s’installe pourtant. On fait connaissance avec Galen, qui vit seul avec sa mère, Suzie-Q, dans l’ancienne ferme des grands-parents au beau milieu d’un verger de noyers. La sauvagerie des éléments naturels du grand-nord américain laisse place à un étouffant décor de souvenirs familiaux idéalisés. Ambiance oppressante également entre le fils et la mère, entre Galen et sa cousine Jennifer, entre la mère de Galen et sa soeur Helen, la mère de Jennifer. Et puis, au beau milieu, il y a la grand-mère, en maison de retraite, vaguement alzheimer, qui semble posséder un magot en banque, lequel attise les jalousies. Galen, au milieu de toutes ses femmes, n’en peux plus : « Si seulement il pouvait exister un moyen de vomir sa famille, de ne plus jamais les avoir en lui ». (p. 111)

Il tente de survivre grâce aux lectures répétées de «Siddartha», grâce à la méditation, grâce aux chakras, grâce à la masturbation, grâce au jeûne qu’il s’inflige pour se purifier… Mais il se laisse emporter dans la tourmente incestueuse dans laquelle sa cousine Jennifer l’entraîne, sans vergogne aucune. Tandis que leurs deux mères transforment chaque rencontre en âpre pugilat pour l’héritage. Comment survivre au beau milieu de ce gynécée hostile ?

La réponse arrive rapidement. Et comme d’habitude chez David Vann, elle surprend par sa violence et son déferlement sauvage. La folie s’installe et emporte tout sur son passage. L’enfer, sous le soleil exactement…

Pour l’anecdote, j’ai commencé ce livre hier soir. Je me suis réveillée en pleine nuit, taraudée par l’envie de connaître la fin… Une centaine de pages pour une délivrance noire et sombre. J’ai réussi à me rendormir… Mais quelle claque.

Impurs / David VANN
Editions Gallmeister
288 pages
23.10 euros
ISBN 978-2-35178-061-9

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2 réflexions au sujet de « Famille, je te hais »

  1. Ping : Lectures en avril | Déambulations rennaises

  2. Erwan

    Je l’ai enfin lu, et quelle déception pour ma part… La première partie est excellente, à chaque roman il y a plus de personnages et ça augmente ainsi les situations de malaise, j’adore. Par contre la fin, toutes les réflexions new age, pffff… j’avais plus hâte que ça se termine que hâte de connaître la fin. Allez, un semi-raté, il se rattrapera sur le quatrième j’espère.

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