Lectures en avril

Quelques lectures en avril avec encore quelques semaines de retard. A vous de choisir, au beau milieu de ces milliers de pages, ce qui pourrait vous transporter ailleurs…

Pages de romans

apres-le-carnage-TC-BoyleAprès le carnage / T.C. Boyle (Grasset, mars 2013)
Une fable écolo de 470 pages. Ou comment les Channels Islands, petit archipel au large de Santa Barbara, va se retrouver au cœur de querelles militantes écologiques sur deux générations. Un humour noir corrosif sur les positions écologiques extrémistes des uns et des autres. De constants allers-retours entre présent et passé des divers personnages mais le fil rouge tient surtout au combat acharné entre Alma Boyd Takesue, la biologiste qui veut éradiquer les rats sur une des îles des Channels Islands où sa grand-mère avait fait naufrage une génération auparavant, et le défenseur acharné du droit des animaux, Dave LaJoy. Prise de becs, actions violentes, préméditations : rien n’échappe à leur combat !
Une lecture qui m’a rappelé O.N.G ! de Iegor Gran. Autre genre, mais même dérives entre défenseurs de tout ordre.

les-embaumeurs-akiyuki-nosakaLes embaumeurs / Akiyuki Nosaka (Actes Sud, 2001)
Un roman à l’humour corrosif sur les pérégrinations d’un mouleur de masques mortuaires, fils d’un fossoyeur, au Japon. Des passages très drôles, teintés d’humour noir. Un regard acerbe sur la société japonaise dans les années 60. A lire quand on le moral toutefois…

La 4è de couv’ pour les curieux : Vendre aux vivants un enterrement mémorable, organiser des fêtes funéraires, sublimer le culte du Jizo en déclarant que les fœtus méritent des funérailles dignes de ce nom : tels sont les objectifs de Laface et de ses compères pour gagner de l’argent, beaucoup d’argent, dans le commerce de la mort.
Laface a trente-cinq ans, il est mouleur de masques mortuaires. Dès l’enfance, un père fossoyeur, pilleur de tombes et nécrophile a alimenté ses tendances névrotiques. Mais c’est avec un chirurgien véreux qu’il trouvera enfin l’idée géniale qui jusqu’alors lui échappait : ensemble ils iront jusqu’à refaire la plastique des défunts avant de parcourir le pays en exposant ces visages volés ou réinventés. Très vite ces alignements de masques fascinent les visiteurs qui, bouleversés, désigneront Laface comme un maître, un gourou : la secte des Saints-Visages des morts s’impose alors pour lui comme une véritable poule aux œufs d’or.

red-dreamsRed Dreams / Bob Biderman (Hachette Littératures, 2008)
Avoir un père juif et communiste en plein maccarthysme en Amérique, ce n’est pas simple à gérer. Alan et sa mère doivent apprendre à se débrouiller seuls quand son père, recherché par le gouvernement, doit fuir. Et puis, il y aura aussi le retour du père à gérer. Et la vie à l’Université entre guerre du Vietnam et beatniks…
Un roman vaguement étouffant sur le macarthysme ; un roman d’apprentissage à Hollywood, sans luxe ni paillettes, mais plutôt sur fond de pauvreté et d’humiliation.

comediaComedia / Thierry Jonquet (Folio policier, 2005)
Un des rares Jonquet que je n’ai pas réussi à finir. Un roman d’espionnage plutôt qu’un polar, je n’ai pas réussi à m’intéresser à l’intrigue historico-politique. La 4è de couverture vous parlera du livre mieux que moi…
 » Un vieux cinéphile, homme de théâtre à l’identité complexe, est abattu dans les environs de Paris. On sait qui l’a tué, comment, mais on ignore la cause du meurtre ainsi que le passé du tueur et de la victime tous deux baignés dans un monde de secrets. Tout semble reposer sur des faits vieux de trente ans. La mort de son rival n’apaise même pas l’assassin et son étrange besoin de vengeance. L’homme veut prouver mais il ne sait quoi. Il s’épuise. Ses propres services pourtant spéciaux se méfient. Qui est-il lui-même ? Quelle cohérence trouver dans ces pans de l’histoire européenne qu’il s’acharne à remettre à jour ?
Quels liens entre Rosa Luxemburg et l’Espagne de Franco, entre les charniers nazis, les studios d’Hollywood et la France des années 80 ? »

David Vann - ImpursImpurs / David Vann (Gallmeister, 2013)
Un roman qui a eu le droit à un post pour lui tout seul. A lire ou relire ici. A ne conseiller toutefois qu’aux lecteurs avertis.
Le résumé chez l’éditeur : Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s’attache à faire revivre un passé idéalisé et l’étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation. Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion. Une fois que la noirceur de chacun se sera révélée au grand jour, rien ne pourra plus les préserver du pire.

Bulles de Bandes dessinées

intrus-a-l-etrangeIntrus à l’étrange / Simon Hureau (La Boîte à Bulles, 2011)
Du noir et blanc pour une histoire mi-réaliste mi-étrange.
Un jeune homme, jolie figure d’anti-héros, qui vient de perdre son grand-père et est en plein trouble amoureux (en gros, il vient de se faire jeter lamentablement…). Un village dans le fin fond de la France, sur le plateau des Millevaches, répondant au doux nom de Magnat-l’étrange, avec ses querelles de clochers qui virent au lynchage collectif. Des chauve-souris vampires non loin d’une base militaire désaffectée. Une vieille histoire d’amour qui dormait dans deux valises. Une paranoïa qui grandit entre autochtones, journalistes et chasseurs de Chyroptera mutantes.
Prix du Polar à Angoulême en 2012.

mon-ami-dahmerMon ami Dahmer / Derf Backderf (Editions Çà et Là, février 2013)
Un roman graphique offert par Roudoudou, mon amie de toujours. Des bulles glauques et sombres qui ont provoqué chez moi en simultané fascination et répulsion, voire malaise étrange et dérangeant.
Mon ami Dahmer, c’est l’enfance de Derf Backderf, journaliste et dessinateur de presse, à Richfield dans l’Ohio. Cette enfance/adolescence où il fait la rencontre de Jeffrey Dahmer, un ado taciturne et solitaire. Ce qui pourrait être le récit normal d’une amitié adolescente au collège et au lycée se transforme quand on sait que Jeffrey Dahmer deviendra par la suite l’un des pires serial killers de l’histoire des États-Unis. En filigrane donc, l’enfance et l’adolescence d’un tueur, ce qui a contribué à le faire basculer. C’est à la fois fascinant et tout aussi dérangeant. Le roman est « encadré » par une préface de Stéphane Bourgoin, écrivain français et libraire spécialisé dans la criminologie et le roman policier, notamment dans l’étude du tueur en série, mais aussi par un dossier de sources et de notes produites par Derf Backderf.
Une lecture peu anodine en tout cas.

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