Lectures en août

Propice aux lectures le mois d’août ? pas forcément quand on a une nièce de 16 mois à garder durant presque trois semaines…
Avec un peu de retard, voici les quelques pages dévorées.

Pages de romans

visages_ecrasesLes visages écrasés / Marin Ledun (Seuil, coll. Roman noir, 2011)
Un roman terriblement dans l’air du temps, et qui cumule les prix : Trophée 813 du Meilleur roman francophone 2011, Grand Prix du Roman Noir 2012 du Festival international du film policier de Beaune, Sélection 2012 Prix du meilleur polar des lecteurs – Points, Grand Prix du Festival du Polar 2012 des lecteurs de Villeneuve lès Avignon. Un roman terrible sur la souffrance au travail dans une grande entreprise de téléphonie. Toute ressemblance, blablabla, fortuite, blablabla.

Le résumé par l’éditeur est suffisamment éloquent :  » Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. Ces projets montés en quelques jours, annoncés priorité-numéro-un, et abandonnés trois semaines plus tard sans que personne ne sache vraiment pourquoi, sur un simple coup de fil de la direction. La valse silencieuse des responsables d’équipes, toujours plus jeunes et plus inflexibles, mutés dans une autre agence ou partis par la petite porte. (…) L’infantilisation, les sucettes comme récompense, les avertissements comme punition. La paie, amputée des arrêts maladie, et des primes au mérite qui ne tombent plus. Les objectifs inatteignables. Les larmes qui montent aux yeux à tout moment, forçant à tourner la tête pour se cacher, comme un enfant qui aurait honte d’avoir peur. Les larmes qui coulent pendant des heures, une fois seul. Mêlées à une colère froide qui rend insensible à tout le reste. Les injonctions paradoxales, la folie des chiffres, les caméras de surveillance, la double écoute, le flicage, la confiance perdue. La peur et l’absence de mots pour la dire. Le problème, c’est l’organisation du travail et ses extensions. Personne ne le sait mieux que moi. Vincent Fournier, 13 mars 2009, mort par balle après ingestion de sécobarbital, m’a tout raconté. C’est mon métier, je suis médecin du travail. Ecouter, ausculter, vacciner, notifier, faire remonter des statistiques anonymes auprès de la direction. Mais aussi : soulager, rassurer. Et soigner. Avec le traitement adéquat. « 
On fait donc connaissance avec Carole Matthieu, 40 ans, médecin du travail. Très engagée auprès de ses patients, c’est elle qui craque finalement. La souffrance au sein de l’entreprise, on la vit à ses côtés au jour le jour. L’ambiance est glaçante et le contexte fait froid dans le dos. On finit la lecture broyé, comme les salariés…

poche og1Noyade en eau douce / Ross MacDonald (Gallmeister, 2012)
Lew Archer, privé, est engagé pour enquêter sur une sombre histoire d’adultère dans une bourgade huppée de Californie. Murder, sex and sun à Nopal Valley ! Car c’est finalement une double affaire qui s’offre à lui suite au décès louche de la belle-mère de sa cliente…
Une enquête entre corbeau et faux-semblants, où l’humour grince entre deux cocktails et deux pièces de théâtre.

Extrait : « Puis elle caqueta :
– j’adooore la crème de menthe. C’est un cocktail extrêêêmement esthétique. C’est toujours ce que je bois quand je porte mes émeraudes.
Sa tête d’ovipare dodelina et ses boucles d’oreille tintèrent. Elles étaient de la bonne couleur, mais presque trop grosses pour être vraies.
– je mange toujours du ragoût d’huîtres quand je porte mes perles, dis-je. » (p. 64)

dents-de-l-amourLes Dents de l’amour / Christopher Moore (LGF, 2011)
Le mythe du vampire dynamité par l’incomparable Christopher Moore…
Tommy, fraîchement débarqué de son Midwest natal, a pour seul objectif de devenir Jack Kerouac à la place de Jack Kerouac. San Francisco, ses mythes, ses écrivains !
Mais sa route va croiser celle de Jody, vampirisée par Elie Ben Sapir, vieux vampire de huit siècles qui commençait à trouver le temps long dans son cercueil de titane dans le fond de cale de son yacht. Pour une histoire d’amour pas banale et une chasse aux vampires pour le moins orthodoxe.
Un roman moins percutant que Le Lézard lubrique de Melancholy Cove (2002), Le Secret du chant des baleines (2006), ou La Vestale à paillettes d’Alualu (2000). Mais sa lecture fait sourire et fait tout de même passer un bon moment !

mapucheMapuche / Caryl Ferey (Gallimard, 2012)
Après la Bretagne (Plutôt crever, 2002), la Nouvelle-Zélande (Haka, 1998, et Utu, 2004) et l’Afrique du Sud (Zulu, 2008), direction l’Argentine Et Buenos Aires. Si Zulu vous avait horrifié, préparez-vous à lire encore pire ici.
Plongée en apnée dans l’histoire tourmentée et terrifiante de l’Argentine au temps de la dictature militaire. Torture, atrocités, bourreaux… Quand le passé rejoint le présent et inversement.
On commence en apnée et on finit par vomir à chaque page, tant la violence est présente. Al ‘extrême, trop peut-être.
C’est décidé ; je fais une pause « polars atroces » pendant un bon moment !

Bulles de bandes dessinées

club-du-suicideLe Club du suicide / Baloup & Vaccaro (Gallimard, coll. Noctambule, 2011)
Une BD librement adaptée du roman de Robert Louis Stevenson.
Une virée étrange un soir en ville… Le prince Florizel et le colonel Géraldine sont conviés à une soirée au Club du Suicide. Des dandys fument des cigares, boivent du cognac tout en jouant aux cartes. Mais pas n’importe quel jeu de cartes ! un jeu où le seul gain est la Mort elle-même.
Une BD entre ombre et lumière, tout en sepia où le réel flirte avec l’irrationnel. Une atmosphère à réserver aux amateurs d’humour noir.

pilPIL / Mari Yamazaki (Casterman, coll. écritures, 2013)
Une BD sensiblement autobiographique. Une mère absente, une ado laissée à la charge de son grand-père. Mais les rôles s’inversent pour cause de grand-père déluré et peu enclin aux responsabilités domestiques !
Une seule passion commune : la culture britannique et son foisonnement musical entre rock et punk (nous sommes dans les années 80 !).

lulu-femme-nueLulu femme nue, second livre / Etienne Davodeau (Futuropolis, 2010)
Davodeau, on aime ou pas. POur Lulu femme nue, je suis mitigée. J’ai eu beaucoup de difficulté à adhérer à cette histoire à la fois triste et révoltante, de femme soumise qui fuit les problèmes. Et en même temps, je n’ai pas pu m’empêcher d’emprunter ce second volume (j’ai lu le premier il y a bien 2 ou 3 ans) parce qu’au fond, cette Lulu est attachante. Et on se demande bien comment elle va sortir de ce marasme familial et personnel.
Une piste ? avec empathie et délicatesse…

creek-townLes Enquêtes d’Andrew Barrymore – 1. Old Creek Town / Valambois & Delestret (Dargaud, 2010)
Un Lucky Luke de notre époque, revisité et fortement modernisé. Andrew Barrymore est le nouvel adjoint du shérif et débarque de la tumultueuse San Francisco à Old Creek Town, petite ville du Far West comptant 363 âmes. Il a de l’humour (« Diable ! il semblerait qu’un coyote ait profité de mon sommeil pour venir mourir dans ma bouche. ») et mène ses enquêtes avec un dandysme décalé. Lecture distrayante !

Les filles de Montparnasse – 1. un grand écrivain / Nadja (Olivius, 2012)
A mi-chemin entre la BD et le roman graphique, Nadja raconte la vie de 4 jeunes femmes colocataires à Montparnasse à Paris en 1870. Un voyage au cœur de la bohème littéraire et artistique qui n’a présenté que peu d’intérêt à mes yeux…

filles-de-montparnasse

attentatL’attentat / Dauvillier & Chapron (Glénat, 2012).
Je n’avais pas pu voir le film sorti sur les toiles ce printemps. Voici donc l’adaptation bullesque du roman éponyme de Yasmina Khadra.
Et comme prévu c’est un coup de poing terrible sur un conflit qui nous dépasse. Une BD qui donne envie de lire le roman et de voir le film.
Le résumé de l’auteur : Amine, chirurgien israélien d’origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d’origine et son peuple d’adoption, et s’est entièrement consacré à son métier et à sa femme, Sihem, qu’il adore. Jusqu’au jour où, au cœur de Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l’attentat, avec pour tout réconfort l’espoir de trouver le soir l’apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n’est pas là. C’est à l’hôpital, où le rappelle son ami Naveed, un haut fonctionnaire de la police, qu’il apprend la nouvelle terrifiante : non seulement il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme mais on l’accuse elle, Sihem, d’être la kamikaze…

Piège nuptial / Christian de Metter (Casterman, 2012)
Emprunté juste pour le plaisir de replonger dans l’ambiance du titre éponyme de Douglas Kennedy. Je vous en avais parlé ici.

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Bienvenue à Jobourg / Pascal Rabaté (Futuropolis, 2013)
Bienvenue à Johannesburg : ses barbelés, son apartheid, sa criminalité. Un Français qui a décidé de tout plaquer découvre l’Afrique du sud, la vitrine et l’envers du décor, qui s’avère au final plus agréable que la précédente…

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Et vous, vous avez dévoré quoi durant ce mois d’août ? 

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