Quand le cerveau de Kennedy se perd au Mozambique…

Henning Mankell est un écrivain que je suis d’assez près. Je pense avoir lu la quasi totalité de sa série de polars mettant en scène le commissaire Kurt Wallander avec beaucoup de plaisir.
Le cerveau de Kennedy, une sorte de thriller hors série Kurt Wallander, m’a vraiment happée au début de sa lecture.

Publié en 2009 aux éditions du Seuil, ce roman est un voyage sur plusieurs continents : une universitaire suédoise, Louise Cantor, quitte son chantier de fouilles archéologiques en Grèce, rentre chez elle à Stockholm en Suède et découvre son fils mort. La police conclut rapidement à un suicide mais elle refuse d’y croire et commence à mener sa propre enquête. Une recherche qui la mènera par monts et par vaux de l’Australie à l’Espagne puis en Afrique au Mozambique. Une investigation familiale qui lui fera ouvrir les yeux sur son fils, et les secrets qu’il lui cachait.

Ce roman part un peu dans tous les sens et est sans doute à l’image de ce qu’une mère doit ressentir au décès d’un enfant. Elle découvre au fil de son enquête les secrets amoureux et complotistes d’un fils qu’elle pensait prodige ; elle jongle avec les relations compliquées et alambiquées qu’elle entretient avec le père de son fils et plus généralement avec les hommes de sa vie. Ces deux choses font de Louise Cantor une femme surprenante… et, avouons-le, assez agaçante.
Si les premiers chapitres qui font état de sa douleur de mère ayant perdu un enfant sont assez crédibles et touchants, son entêtement et sa naïveté persistante d’enquêtrice d’un nouveau jour la rendent tout à fait détestable au fur et à mesure du roman. Ses recherches aux dépens de toute rationnalité, ses voyages aux 4 coins du monde sans problème financier, ses prises de positions inconsidérées en Afrique sont autant de points hautement désarmants du roman.

Et pour autant, je l’ai lu jusqu’aux derniers mots, intriguée par cette anecdote du cerveau de Kennedy, qui, malheureusement, disparaît au fil des pages, l’auteur préférant aborder la question des ravages du Sida en Afrique et la compromission des labos pharmaceutiques. Plusieurs fois je me suis interrogée sur le fil conducteur de ce roman et la pertinence de tout ça…
Henning Mankell doit être en fait un grand manipulateur de littéraure : il aime à perdre son lecteur dans les méandres géographico-socio-psychologiques de Louise Cantor et de son fils décédé.
A la fin, on reste dubitatif (moi, en l’occurence). Le fils de Louise Cantor a-t-il été suicidé ? par qui ? pour quelles raisons ? Et elle, Louise Cantor, qu’a-t-elle gagné dans cette course effrénée de la vérité en 400 pages ? Quant au sida en Afrique, que veut donc nous dire Henning Mankell ?
Bref, à lire si vous aimez les romans alambiqués, où le complot règne en maître et où le cerveau de Kennedy répand ses petits morceaux de masse gélatineuse dans des circonvolutions littéraires assez floues…

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Henning MANKELL – Le cerveau de Kennedy
Traduit par : Rémi Cassaigne
Editions du Seuil – Collection Cadre vert
Date de parution 22/01/2009
22.30 €
400 pages
EAN 9782020865647
Disponible aux Champs Libres pour les Rennais

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