La fragilité des corps

Un polar lent mais efficace sur les bas-fonds de l’Argentine perdue entre exploitation de la misère et corruption. Voilà le fil rouge de La fragilité des corps de Sergio Olguín. Ce dernier, né à Buenos Aires en 1967, est journaliste culturel et romancier. Il a publié plusieurs romans, tous inédits en France, à l’exception d’un ouvrage pour la jeunesse : Une équipe de rêve (Seuil, 2006) où l’on retrouve le football et les bidonvilles.

Veronica Rosenthal est une journaliste au caractère trempé et tenace. Son père est un magistrat de renom et elle évolue dans les sphères branchées de Buenos Aires. Mais un fait divers attise sa curiosité : le suicide d’un conducteur de trains qui laisse une lettre d’adieu ambigüe évoquant des enfants déterminés à se faire happer par les locomotives. Epaulée par un junkie sur la voie de la rédemption, Veronica mène son enquête jusqu’au coeur des bidonvilles. Où la corruption règne en maître et où les vies de ces gamins qui n’ont que le football en tête ne valent pas plus qu’une cannette de coca.

Un polar lent mais efficace. Une plongée dans la corruption argentine où les puissants sont de bons vieux méchants. Un travail approfondi sur le mal-être des cheminots confrontés au suicide sur voie. Une violence à la fois sourde et mécanique, un peu trash quand l’auteur évoque les corps démembrés sur les rails.
Les scènes de sexe façon 50 nuances de gris entre Veronica et le cheminot m’ont semblé superflues. Mais il semblerait que cela devienne monnaie courante dans les polars actuellement…

Résumé sur le site de l’éditeur :
La journaliste Verónica Rosenthal semble tout droit sortie d’une sitcom argentine : trente ans, belle, riche, aimant les after, le bourbon et les hommes. Elle a beaucoup d’amies aux aphorismes éloquents : “Il y a pas de marge de manoeuvre avec les mecs mariés. Ils sont comme des livres de la bibliothèque municipale : un de ces quatre, même si tu les adores, t’es obligée de les rendre.”
Sa curiosité est piquée par un banal fait divers : un conducteur de train s’est donné la mort, laissant une lettre aux termes ambigus. Il y confesse quatre accidents mortels sur la voie ferrée tout en avouant sa détermination à tuer. Quand pour la justice l’affaire est close, pour Verónica commence l’enquête, qui la conduit à mille lieues de son quotidien feutré : la banlieue, les favelas, et de frustes cheminots hantés par le souvenir de corps percutés sur la voie.
Avec l’aide d’un junkie en voie de rédemption et de deux gamins des rues prêts à tout pour une canette de Coca, elle affronte le monde violent et pervers des paris clandestins macabres où de jeunes garçons risquent leur vie sur les rails afin de divertir les puissants.
Chairs tendres broyées sous des tonnes d’acier, ou muscles bandés d’adultes consentants aux désirs furieux : la résolution de l’enquête est dans les liens profonds qui unissent les corps, le désir et la mort.

La fragilité des corps / SERGIO OLGUIN – traduit de l’espagnol (Argentine) par Amandine PY
Titre original : La fragilidad de los cuerpos
[Actes Sud] Littérature – collection Actes noirs
Novembre 2015
384 pages
ISBN 978-2-330-05611-7
prix indicatif : 23, 00€

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