Archives de l’auteur : LeeZen

A propos LeeZen

Prof-Doc mais pas que... Curieuse de tout et de rien, culturellement et sportivement hyperactive...

La nature des choses

L’Australie est décidément un espace littéraire où il ne fait pas bon vivre… La nature des choses, de Charlotte Wood, tout comme Cul-de-sac, fait partie de ses romans oppressants dont on est ravis de tourner la dernière page.

Un roman noir sous la chaleur implacable du bush australien. Dix femmes sont enfermées dans un camp sous la houlette de trois geôliers. Droguées, enchaînées aux travaux forcés, on ne sait pas bien pourquoi elles sont là. On le devine au fur et à mesure, comme un pamphlet contre la mysoginie : elles auraient fait la une des médias à cause de scandales sexuels. Mais coupables ou victimes, la sanction est la même : le camp.

Le roman évoque principalement deux femmes (les plus fortes têtes ?) : Yolanda et Verla. Elles sont sales, ne mangent pas à leur faim, leurs corps puent, et elles doivent lutter pour leur survie. Jusqu’à en devenir sauvages et animales.

Un huit-clos dérangeant à la sauce Margaret Atwood. Où la fable devient parabole de la condition féminine dans la société actuelle. L’auteur se serait inspirée d’un « fait divers » pour érire son roman (les pratiques épouvantables dans une prison pour adolescentes , la « Hay Institution » qui a fermé ses portes en 1974). Et la fin du livre n’offre aucune réponse ni espoir. C’est frustrant mais c’est ainsi.

Le résumé sur le site de l’éditeur :
Droguées et kidnappées, dix jeunes femmes se réveillent prisonnières dans une ancienne ferme isolée en plein désert australien. Le crâne rasé, vêtues d’habits étranges, enchaînées, elles sont surveillées par trois geôliers, vicieux et imprévisibles, embauchés par une mystérieuse agence. Un jour, la nourriture vient à manquer. Pour elles comme pour eux. Et les proies se changent en prédatrices.

Charlotte WOOD – La nature des choses (traduit par Sabine Porte – titre original : The Natural Way of Things)
Editions Le Masque (2017)
288 pages – 20,90€

Zack ou la Suède en mode noir polar

Quand deux auteurs suédois décident d’écrire ensemble une série de polars, on peut se dire que la noirceur sera au rendez-vous. C’est effectivement le cas avec la série Zack écrite par Mons Kallentoft et Markus Lutteman.

Zack Herry est un jeune inspecteur de la police judiciaire suédoise, membre d’une unité spéciale qui doit résoudre les affaires les plus difficiles. Il vit à Stockholm et se bat contre les méchants mais aussi contre ses propres démons. Addictions et excès en tout genre constituent son lot quotidien. Une certaine propension à faire cavalier seul et se foutre assez royalement de la hiérarchie sont ses traits de caractère principaux. A son corps défendant, il a dû s’occuper de son père gravement malade alors qu’il venait de perdre sa mère, assassinée sauvagement et dont le meurtre n’a jamais été résolu.

Trois romans ont été publiés pour l’instant chez Gallimard en série noire. Je les ai lus dans le désordre et cela n’a pas eu d’impact monstrueux sur mon attachement à ce personnage un peu paumé, largement rebelle.

J’ai commencé par Léon, 2è opus de la série (2015 en Suède, 2017 en France). Âmes sensibles s’abstenir ! Une vidéo est envoyée aux services de police. Une cage, un enfant terrorisé et un kidnappeur à tête de lion qui s’amuse du compte à rebours avant la mise à mort de la victime… Zack refuse que cet enfant soit retrouvé comme la première victime, crucifiée en haut d’une cheminée d’usine désaffectée, effroyablement torturée. Mais Zack est englué dans les drogues procurées par son ami/indic/dealer Abdula, dans ses rencontres vénéneuses en boîte de nuit.

J’ai continué par Bambi, troisième de la série (2016 en Suède, 2018 en France). Oubliez le petit être gentil de Disney ! ici, Bambi est une drogue hallucinogène qui a conduit tout un groupe d’adolescents fortunés à s’entretuer sur une île où ils fêtaient la Saint-Jean. Zack, quasi sobre de drogues, fou amoureux, doit mettre fin au carnage. Mais cette nouvelle enquête va s’avérer bien plus difficile que prévu. Et rien ne sera épargné au lecteur.

J’ai fini par lire Zack, premier roman de la série (2014 en Suède, 2016 en France). On fait la connaissance de Zack qui doit résoudre le massacre de quatre jeunes thaïlandaises dans un salon de massage, couverture d’un réseau de prostitution. Guerre des gangs, tueur isolé ? Zack enquête, se drogue, se perd… Le roman est sombre, violent, sauvage.

Les deux auteurs disent s’être inspirés des travaux d’Hercule pour écrire leur série et ancrer leur personnage Zack dans cette fiction. Il est vrai que Zack, comme Hercule est ambivalent. Demi-dieu ou plutôt flic perdu entre gentils et méchants, loi et illégalité, violence et non-violence. Il est toujours à la lisière de deux mondes, les humains et ceux qui ont définitivement perdu toute trace d’humanité, les vivants et les morts.
Mons Kallentoft et Markus Lutteman ne manquent pas d’évoquer tous ces sujets qui touchent la Suède de plein fouet et marquent aussi son ambivalence. Un pays où il fait bon vivre selon le modèle scandinave et les fantasmes européens mais qui tangue sous le poids du racisme, de l’accueil de ses réfugiés, de la criminalité organisée qui n’a que faire des frontières du pays qui décerne le Prix Nobel. Un portrait en demi-teinte donc comme l’avait déjà fait Henning Mankell.

Plongez donc dans la noirceur suédoise (plutôt dans l’ordre), oubliez lumière et espoirs… (et attendez impatiemment que la suite de la série déjà publiée en Suède – 4è, 5è et 6è opus – soit traduite et publiée en France !)

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Mons Kallentoft et Markus Lutteman – série Zack
Publié chez Gallimard (coll. Série Noire)
Zack I – Zack – 448 pages (2016) – 20€
Zack II – Leon, une enquête de Zack Herry – 384 pages (2017) – 19,50€
Zack III – Bambi – 496 pages (2018) – 20€
[Disponibles aux Champs Libres pour les Rennais et dans certaines bibliothèques de Rennes]

Sang de lune

Dès les six premières pages du premier chapitre, Lincoln Child nous plonge dans l’ambiance inquiétante de Sang de lune, son cinquième roman en solo. Un randonneur, fou, se balade seul à Desolation Mountain, l’un des quarante-six sommets des Adirondacks.
Petit intermède et rappel géographique (merci Wikipédia) : Les monts Adirondacks sont un massif cristallin dans le nord-est de l’État de New York. Situés dans le prolongement des montagnes Appalaches, ils sont pourtant géologiquement constitués des mêmes roches que les monts Laurentides du Canada. Ils sont bordés à l’est par le lac Champlain et le lac George, qui les séparent des montagnes Vertes (Vermont). La limite sud est constituée par la vallée de la Mohawk. Au-delà de la rivière Noire, on trouve à l’ouest le plateau de Tug Hill, et au nord le fleuve Saint-Laurent. Les Adirondacks représentent un cinquième de la superficie de l’État de New York et comptent 4 000 cours d’eau. […] La protection de cette réserve forestière tentaculaire fut incluse dans la Constitution de l’État de New York qui la déclara « sauvage pour toujours ». 

Donc ce randonneur se promène tout seul dans cette immensité sauvage (un parc forestier de rien moins que 25 000 km carrés). La nuit tombe et la pleine lune pointe son nez, et il est en retard sur son parcours pour poser sa tente et passer une nuit tranquille. Of course. Quand soudaine, une odeur nauséabonde et animale. Un grognement et un rugissement, furieux et affamé. Je vous laisse deviner la suite…

Full Wolf Moon, le titre original du roman, c’est littéralement « la pleine lune des loups ». Et cela renvoie à l’appellation autrefois associée par les Indiens algonquins à la pleine lune de janvier, lorsque les meutes de loups affamés hurlaient à proximité des villages amérindiens.

Il est donc question de loup dans Sang de lune, voire de lycantropie. Le tout sous la houlette d’un énigmologue, Jeremy Logan. Il est de retour dans cette contrée sauvage pour finir de rédiger son livre sur l’hérésie au Moyen Age. Il y retrouve un ancien élève,  Jessup, devenu garde forestier. Ce dernier enquête sur la découverte de plusieurs corps de randonneurs atrocement mutilés. Et les légistes s’accordent tous pour affirmer qu’il ne s’agit en aucun cas de l’oeuvre d’un animal sauvage du coin… Loup-garou, y es-tu ? nous entends-tu ?

Un roman bien ficelé, dont les paysages rudes et sauvages tiennent en haleine. Les légendes et racontars du coin aussi.

Il semblerait que ce soit là le 5è roman de Lincoln Child sur des mystères occultes et que Jeremy Logan fasse partie de cette saga Docteur Jeremy Logan à chaque fois :
En 2007, Deep Storm flirtait avec le mythe de l’Atlantide.
En 2009, La bête de l’Alaska entraînait ses lecteurs chez les Inuits affronter un monstre préhistorique gelé.
En 2012, La Troisième Porte s’attaquait au tombeau maléfique d’un pharaon du Nil.
En 2015, Projet Sin nous entraînait dans un manoir excentrique face à une énigme scientifique dangereuse.
Auparavant, Lincoln Child a co-écrit de nombreux polars à suspense avec Douglas Preston, mettant en scène un héros insolite, l’inspecteur du FBI Aloysius Pendergast.

Sang de lune est donc le 5è roman de cette saga.

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Lincoln CHILD : Sang de lune (Titre original : Full Wolf Moon)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabienne Gondrand
Publié chez Pygmalion en 2018
334 pages
21,00€
[Disponible aux Champs Libres pour les Rennais]

Dans la vallée décharnée

Les personnages de flics perdus en pleine nature sauvage sont légion dans la littérature américaine dite Nature Writing.

Dans la vallée décharnée de Tom Bouman, c’est Henry Farrell qui endosse ce rôle à merveille. Seul représentant de la loi dans la petite ville de Wild Thyme au fin fond de la Pennsylvanie, le voilà confronté aux remous de la drogue et du gaz de schiste.

Il ne se passe pas grand-chose d’habitude dans le patelin et Henry connaît tout le monde. Normal, ils ont usé leurs fonds de culotte ensemble sur les bancs de l’école. Lui a un colt et une insigne, les autres ont un colt et pas toujours de bonnes intentions. Il vit seul, depuis que sa femme est décédée d’un cancer. Et il est hanté par son expérience dans l’armée, à Mogadishio notamment.
Depuis, son comté est devenu le terrain de jeu des compagnies pétrolières ; dans un contexte économique difficile, les habitants vendent leurs lopins de terre aux plus polluants. Et c’est sans compter sur les labos clandestins qui fabriquent la meth. Argent facile pour les uns, contexte difficile pour les autres.

Et au milieu, un cadavre. Retrouvé sur la propriété du vieux Aub, un ancien un peu paumé qui vit tout seul et ne ferait à priori pas de mal à une mouche.

Henry traque donc le tueur comme il traquerait du gibier. A travers les paysages, à l’affût des traces et des indices. Quand son adjoint Danny disparaît, il sort les crocs. Et jauge de près la famille Stiobhard. Car, dans un patelin tranquille, dorment souvent de vieilles rancoeurs familiales.

Un roman noir de grande qualité, où le flic est vraiment attachant (il revient d’ailleurs dans un second opus, pas encore traduit en France : Fateful Mornings sorti en 2017 aux Etats-Unis). Un roman qui n’oublie pas de faire un état social de ces populations rurales américaines dont on parle assez peu finalement.

A lire donc, très vite.

Résumé de l’éditeur :
Henry Farrell est le seul flic de Wild Thyme, une petite ville perdue dans le Nord de la Pennsylvanie. Le genre de patelin où il ne se passe pas grand-chose, où tout le monde se connaît, pour le meilleur ou pour le pire. Comme une sorte de marais un peu trouble : la surface est calme mais qui sait ce qu’on trouverait si on allait chercher là-dessous.
Quand il a pris son poste, Henry se voyait passer son temps entre parties de chasse et soirées peinard avec un bon vieux disque en fond sonore. Mais les compagnies pétrolières se sont mis en tête de trouver du pétrole dans le coin. Elles ont fait des chèques, et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ambiance entre voisins s’en est ressentie. Et puis il y a eu la drogue. Des mecs plus ou moins bien emmanchés ont commencé à bricoler toutes sortes de saloperies dans des labos de fortune cachés dans les bois. Henry les connaît, du reste, il est allé à l’école avec eux. Alors quand on découvre un cadavre sur les terres d’un vieux reclus, il comprend que le temps est venu d’aller remuer l’eau de la mare.
Couronné par un Edgar Award, Tom Bouman braconne avec talent sur les terres du polar rural et signe le premier épisode d’une série prometteuse.

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Tom BOUMAN : Dans la vallée décharnée (titre original : Dry Bones in the Valley)
Publié chez Actes Sud (coll. Actes Noirs) en 2018
339 pages
22,50€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]

La montagne, ça vous gagne !

Cet été, je suis allée passer quelques jours en montagne. Et j’ai été prise de crises d’acrophobie. Il ne s’agit pas de vertiges, lié à des problèmes physiques comme un dysfonctionnement de l’oreille interne, mais bien, d’acrophobie, cette peur extrême et irrationnelle des hauteurs et donc du vide.

Mais comme toute peur irrationnelle, elle engendre des comportements étranges. Comme celui d’avoir envie de se confronter à sa propre peur. Je me suis donc surprise à traîner au 3è étage des Champs Libres rayon alpinisme et à lire la 4è de couverture d’un livre intitulé Laissé pour mort à l’Everest.

Ce témoignage publié chez Glénat dans la collection Hommes et montagnes relate l’aventure effroyable de Beck Weathers, alpiniste amateur texan, qui fut le seul de sa cordée à survivre, en 1996, à son ascension sur l’Everest.

Le mont Everest, plus haut sommet du monde, cerise sur le gâteau pour tout alpiniste digne de son nom, toit du monde qui fascine les hommes depuis des siècles, surnommé Troisième Pôle en raison des conditions polaires et inhospitalières qui y règnent.

C’était le but ultime de Beck Weathers, médecin texan, qui combat sa dépression à coups de grimpette sur les sommets les plus hauts du monde (mais quelle folie, quelle folie !). L’Everest sera son dernier sommet. Mais cet olibrius en a crapahuté plus d’un !

La première partie du livre raconte ce dernier voyage, au sens propre comme au figuré. Car Beck Weathers est revenu d’entre les morts, du moins de la zone de mort, cet espace à plus de 8 000 mètres où l’Everest ne vous fait pas de cadeau si vous y traînez trop… Beack Weathers est un miraculé, le seul à être revenu d’une expédition. Seul survivant sur 12 alpinistes laminés par une tempête au printemps 96. Recouvert de glace, il est déclaré mort par un alpiniste venu à la rescousse de l’expédition menée par Rob Hall, guide de haute montagne néo-zélandais.

Mauvais diagnostic ! le médecin anatomopathologiste était certes bien gelé, mais encore en vie. Il se réveillera, transi de froid, une main sans gant, devenue grise, complètement congelée, après 22h de tempête. Quasi aveugle, sans avoir mangé depuis 3 jours et ni bu depuis 2 jours, un nez gelé, il parvient à rejoindre tout seul le camp IV, situé à 8000 mètres d’altitude. Au camp de base, personne ne donne cher de sa peau… et on le laisse même dormir seul dans une tente pour ne pas se retrouver au petit matin à côté d’un cadavre. Mais il se réveillera d’entre les morts, à la stupéfaction de tout le monde.
Il sera finalement évacué par hélicoptère, une première prouesse technique pour l’époque. Atterrir à 6000m, dans une zone partiellement très crevassée, relevait en effet de l’exploit !

Au final, Beck Weathers aura perdu son nez, sa main gauche et une partie de la main droite. Un récit qui fait froid dans le dos (sans jeu de mots) et permet d’entr’apercevoir combien l’ascension de l’Everest reste une prouesse sportive et médicale qui flirte plus avec la mort qu’autre chose.

La seconde partie du livre raconte comment et pourquoi Beck Weathers en est arrivé à crapahuter sur l’Everest. Sa voix croise celles de sa famille, de ses amis. Et on se rend compte combien les alpinistes vivent dans un monde parallèle, seulement happé par le vertige des hauteurs (de mon point de vue en tout cas). Combien les proches ne comprennent pas ce qui les attire dans cette quête.
Une 2è partie moins intéressante d’un point de vue « acrophobie » mais plutôt révélatrice du comportement « irrationnel » des sportifs passionnés.

L’Everest aujourd’hui. Massification du tourisme d’alpinisme, et une autoroute de la mort… (photo de l’alpiniste Nirmal Puja le 22 mai 2019).

Et vous, fan du vertige des hauteurs ?

Résumé sur le site de l’éditeur :

Enfer et rédemption à l’Everest… Ou comment Beck Weathers a reconquis son existence et l’amour des siens en manquant perdre la vie sur le toit du monde. Une aventure exemplaire à retrouver au cinéma dans le film Everest.
En 1996, huit alpinistes périssent à l’Everest dans une tempête tragiquement célèbre, tandis que le neuvième homme de l’expédition, déjà considéré comme mort, en réchappe miraculeusement, au prix d’un calvaire inhumain. Beck Weathers a survécu, mais l’épreuve la plus difficile reste devant lui : le retour à une existence « normale ».
Car lorsque le docteur Beck Weathers est arrivé en Himalaya, obsédé par l’ascension du plus haut sommet de chaque continent, sa vie était en miettes. Son mariage ne tenait plus qu’à un fil et la relation avec ses deux enfants ne valait guère mieux. La dépression le minait depuis des années et la montagne était une échappatoire.
Un second miracle a voulu que Beck Weathers, le corps, le cœur et l’esprit meurtris, se relève de cette tragédie personnelle. Sa femme, qui n’avait pas cru à sa mort, ne s’est pas résolue davantage à condamner leur couple, pour peu que Beck vienne à bout de ses démons.
Le témoignage de Peach Weathers se mêle au récit de l’alpiniste pour raconter avec sincérité, humour et lucidité la renaissance d’un homme et d’une famille.
En 3D et sur les écrans dans plus de 50 pays le 23 septembre 2015, Everest, un film de fiction de Baltasar Kormákur, met en scène le dépassement de soi des alpinistes et la « tragédie à l’Everest » relatée par Jon Krakauer dans son bestseller international Into Thin Air. Josh Brolin et Robin Wright incarnent Beck et Peach Weathers, aux côtés de Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, John Hawkes et Keira Knightley.

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Laissé mort à l’Everest / Beck Weathers
Publié chez Glénat (Collection Hommes et montagnes)en septembre 2015
264 pages
19,99€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]

Des pages et des pages en 2017

Du retard dans mes stats de lecture ! mazette ! J’ai oublié de traiter 2017, ce blog étant un peu en désuétude depuis quelques mois/années…

52 au compteur soit 4 de plus qu’en 2016 (mais 4 livres non finis. Et oui, je m’autorise enfin à ne plus lire jusqu’à la dernière page quand ça me déplaît…).

Des nouvelles (un seul livre, comme en 2016) – américaines 
Chinook (FROMM, Pete – Gallmeister)
J’ai noté  « un peu chiant » dans mon tableau excel et je trouve ça assez drôle car l’auteur est encensé en ce moment sur les blogs littéraires et ou sur les comptes des instabookeuses… Punk je suis, punk je resterai.

Des romans (8) : contre 20 en 2016

Américains :
Dans la gueule de l’alligator (HIAASEN, Carl – Editions Thierry Magnier)
Presse-people (HIAASEN, Carl – Editions 10 18)
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (LEE, Harper – Le Livre de Poche)
Et rien d’autre (SALTER, James – Editions de l’Olivier)  –> un des pas finis !

Anglais :
Gretel and the dark
(GRANVILLE, Eliza  – Mirobole Editions) –> un des pas finis ! 

Colombien :
Ce qui n’a pas de nom (BONNETT, Piedad -Métailié)

Français : 
Les tribulations d’une caissière (SAM, Anna  – Stock, Coll. Les Documents)

Italien : 
L’amie prodigieuse (FERRANTE, Elena  – Gallimard, Coll. Folio)

Des polars (42) : contre 27 en 2016, 19 en 2015 et 13 en 2014 – je suis toujours – de plus en plus – addict complètement droguée

Anglais : 
Le club des pendus (PARSONS, Tony – Editions de la Martinière)

Américains :
Sauve-toi ! (BRAFFET, Kelly  – Editions du Rouergue, Coll. Rouergue Noir)
Purple Cane Road
(BURKE, James Lee  – Rivages, Coll. Noir)
911 (BURKE, Shannon – Editions Sonatine)
Après le déluge (CASTRO, Joy – Gallimard, Coll. Série noire)
Danser dans la poussière (COOK, Thomas H.  – Seuil, Coll. Cadre noir)
Cousu main (HIAASEN, Carl  – Editions des deux terres)
Prédatrice (NUTTING, Alissa – Sonatine Editions)
Top Class Killer (OSBORNE, Jon – Seuil, Coll. Policiers)
Un chien dans le moteur (PORTIS, Charles – Cambourakis, Coll. Littérature)
Le revenant (PUNKE, Michael  – Le livre de poche, Coll. Thriller)
Le chant du converti (ROTELLA, Sebastian – 10 18)
De si parfaites épouses (ROY, Lori  – Editions du Masque)
Froid dans le dos (SANDFORD, John Américaine – Gallimard, Coll. Folio Policier)
Petit joueur (STARR, Jason Américaine – Denoël, Coll. Sueurs froides)
Au-delà du mal (STEVENS, Shane  – Sonatine éditions)
La traque (THORP, Roderick  – Sonatine Editions)
Mémoire morte (WESTLAKE, Donald – Rivages, Coll. Thriller)
Cartel (WINSLOW, Don – Seuil)

Argentin
Les eaux troubles du Tigre (PLANTE, Alicia  – Métailié, Coll. Noir)

Canadien
Quarante mots pour la neige (BLUNT, Giles  – Editions du Masque, coll. Pocket Thriller)

Espagnols
La Maison des chagrins
(DEL ARBOL, Victor  – Actes Sud, coll. Babel Noir)
Une offrande à la tempête (REDONDO Dolores  – Mercure de France, coll. Mercure noir)

Français
Yugurthen (CHAMBON, Bertrand du  – Seuil, coll. Roman noir)
Hortense (EXPERT, Jacques – Sonatine Editions)
En série – journal d’un tueur (FORREST, David – Editions Land, coll. Thriller)

Irlandais
A l’automne, je serai peut être mort (McKINTY, Adrian – Gallimard, coll. Folio Policier) –> un des pas finis !
Poussière tu seras (MILLAR, Sam – Fayard, coll. Points policier)
Un sale hiver (MILLAR, Sam – Seuil, coll. Policiers)

Islandais
Le lagon noir (INDRIDASON, Arnaldur – Métailié, coll. Noir)
Snjór
(JONASSON, Ragnar – Editions de la Martinière)

Israëlien
La sixième énigme (LAPID, Yaïr – Fayard, coll. Policiers)

Italien
Seuls les innocents n’ont pas d’alibi (FALETTI, Giorgio – Robert Laffont)

Mexicain
Balles d’argent (MENDOZA, Elmer – Gallimard, coll. Série noire) –> un des pas finis !

Polonais
La rage (MILOSZEWSKI, Zygmunt – Fleuve Editions, coll. Fleuve Noir)
Les Impliqués (MILOSZEWSKI, Zygmunt – Mirobole Editions)

Suédois
La piste noire (LARSSON, Asa – Albin Michel)
Du sang sur la Baltique (STEN, Viveca – Albin Michel, coll. Spécial Suspense)
Les visages de Victoria Bergman 3 : Catharsis (SUND, Eric Axl – Actes Sud, coll. Actes noirs)
Les visages de Victoria Bergman 2 : Trauma (SUND, Eric Axl – Actes Sud, coll. Actes noirs)
Les visages de Victoria Bergman 1 : Persona (SUND, Eric Axl – Actes Sud, coll. Actes noirs)
Chant pour Jenny (WESTERLUND, Staffan – Gallimard, coll. Folio Policier)

De la SF (1) contre nada en 2016 et 2015

Espagnole
Le poids du cœur (MONTERO, Rosa  – Métailié)

Clairement, j’ai basculé en 2017 du côté obscur du polar. RAS niveau géographie littéraire : 14 nationalités en 2017, contre 13 en 2016, 15 en 2013, 14 en 2014 et 10 en 2015. Une petite incursion chez les Suédois mais qui s’explique par la prépondérance de cette nation dans les polars.
Le timide retour de la SF est à noter. Mais je ne sais pas si je m’y tiendrai dans les années à venir…

Enfin, quatre livres lus en version numérique (contre 6 l’an dernier). Pas encore de liseuse donc pas de changement notoire. Je continue à emprunter assidûment dans les médiathèques ;-)

Des grizzly et des mouches de pêche au Montana

Le Montana est « the place to read » en ce moment dans ma pile de lectures. Après une petite virée avec Les Arpenteurs, retour dans ce grand état sauvage de l’Ouest des Etats-Unis. Et ce, sous la plume de Keith McCafferty dans Les morts de Bear Creek.

Un 2è roman, après Meutres sur la Madison, où l’on retrouve Sean Stranahan, peintre, guide de pêche et enquêteur privé à ses heures perdues. Il file encore volontiers un coup de main à Martha Ettinger, la shériff du coin.

Prêts à crapahuter dans la montagne, à trempoter dans les rivières pour chasser la truite ? ce roman « nature writing » est donc pour vous.

Il y est question de cadavres exhumés malencontreusement par une femelle grizzly affamée, d’une enquête autour de gros calibres de chasse africaine et d’une recherche de mouches à pêche de collection disparues.

On se laisse porter dans ce roman comme dans le courant d’une douce rivière peuplée de truites :
– Il y a la poésie de ces mouches à pêche de collection (oui, oui, cela existe vraiment, on a du mal à y croire) disparues qu’un cercle de pêcheurs recherche avec nostalgie.
– Il y a la violence d’armes ancestrales et la passion de la chasse aux gros, très gros animaux.
– Il y a ce pacte de vie et de mort que les homems tissent entre eux, pour « mourir honorablement ».
– Il y a des histoires d’amours improbables, qui avancent doucement, comme chiens et chats peuvent s’ausculter pendant des heures.
– Il y a cette nouvelle « The Most Dangerous Game » (Le plus dangereux des gibiers) écrite en 1925 par Richard Connell, écrivain américain, qui sert de fil rouge à toute l’histoire du roman.
– Il y a de l’humour, heureusement, pour dénouer les tensions.

Un roman étonnant, où l’on se surprend à ne pas s’ennuyer devant ces histoires de pêche à la mouche et de leur fabrication.
A conseiller aux amateurs de nature sauvage, feuillue et escarpée.

[Et on espère que la suite de la série Sean Stranahan sera traduite et publiée en France rapidement… Plus d’infos sur le site de l’auteur]

Résumé sur le site de l’éditeur :

Sean Stranahan, peintre amateur, guide de pêche et détective privé à ses heures perdues, se sent de plus en plus chez lui dans le Montana dont il connaît désormais les rivières comme sa poche. Mais les âpres paysages des Montagnes Rocheuses livrent parfois de macabres trouvailles – comme les cadavres de ces deux hommes exhumés par un grizzly affamé. Le shérif Martha Ettinger fait appel aux talents d’enquêteur de Sean, décidément très convoités : le même jour, il est embauché par un club de pêcheurs excentriques pour retrouver une précieuse mouche de pêche volée. Les deux affaires vont se téléscoper sur une piste escarpée menant vers quelques-unes des personnes les plus puissantes de la vallée de la Madison.

Ce nouveau volet trépidant et plein d’humour des aventures de Sean Stranahan et de Martha Ettinger exigera d’eux une action aussi précise qu’un lancer de mouche et aussi rapide qu’une balle.

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Keith McCafferty : Les Morts de Bear Creek (titre original : The Gray Ghost Murders), traduit par Janique Jouin-de Laurens
Publié chez Gallmeister (coll. Americana) en juin 2019
373 pages
23,50€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]