Archives pour la catégorie Corse

Corsica : 6ème et dernier opus

Vendredi 05 juin. Le soleil est plus éclatant que jamais pour notre dernière journée à Bonifacio. Nous gagnons la ville par le sentier des plages pour effectuer nos dernières emplettes. Mer d’huile, grand soleil : les couleurs hallucinantes sont de sortie !

Entre maquis et ciste

Dernière ballade dans la ville haute, dernières photos. On ne se lasse toujours pas du panorama et de ce dédale de ruelles ! Encore quelques photos de persiennes avant de quitter définitivement les lieux.

Persiennes A la fenêtre
La ville se gorge de touristes, hordes absentes au début de notre séjour. Il est temps de fuir ! Mais avant, quelques photos-souvenirs un peu bêtes, histoire d’immortaliser notre présence à Bonifacio…

Travail de forçat...

Pause obligatoire chez notre boucher préféré, Pierre-Janvier Culioli dont la boucherie, située au pied de la montée Rastellu, regorge de coppas, saucissons, et autres mets plus alléchants les uns que les autres. Le sourire charmeur du boucher et le fait qu’il ait effectué son service militaire à Brest nous l’ont rendu fort sympathique ! Nous quittons son étal les bras chargés de provisions, qui rappelleront à nos papilles lorsque nous aurons rejoint le sol breton combien ce séjour en Corse était fantastique…

Dernière après-midi farniente. Départ pour Piantarella, avec la ferme intention de trouver la plage du petit Sperone, approchée hier en navette au retour des Lavezzi. Un petit sentier au départ du Bonifacio Windsurf, dix minutes de marche le long de la côte avec un panorama incroyable où la palette des bleus nous éclate les yeux…

Eole

Petit Sperone

Et là, au détour d’un buisson, apparaît une petite plage au fond d’une anse bleutée… Si le paradis existe sur terre, pas besoin d’aller le chercher dans les Tropiques, il est là, sous nos yeux…

Transparence

Une plage comme je les aime : petite, entourée de rochers et de verdure, du sable blanc et fin, une eau extra-limpide, quelques personnes et l’horizon…

Plage du petit Sperone
Un peu plus loin sur le sentier, la rencontre des bleus et du vert. Quand le green du golf est parcouru par un sentier côtier pour lesquels les Corses se sont bagarrés. Merci à eux !

Entre bleus et verts (bis repetita)

Durant cette échappée au paradis, trois bains. L’impression de flotter dans un bleu turquoise irréel. Si la béatitude existe, je l’ai rencontrée à ce moment précisément. Une énorme pensée pour Vinz qui m’a offert l’occasion de vivre ces moments là et de découvrir cette île envoûtante.
(Et parce que je ne savais pas comment lui dire tout ça ).

Dédicace

Dernière soirée à l’auberge du Licetto où Tony a encore mis les petits plats dans les grands. Nous sommes attablés avec des inconnus : Christian, le pâtissier-voyageur corse et un couple de palois/basques. Chez Tony, c’est comme ça : on vient pour manger, on rencontre ses amis, certains tablées corses se mettent à chanter accompagnées par les jeunes serveurs… un lieu convivial où les repas sont dignes de Gargantua et Pantagruel ! Au programme ce soir : soupe corse, calamars farcis, sauté d’agneau de lait, l’éternel et alléchant plateau de fromages avec du brocciù frais, flan à la clémentine de Corse, …et digestifs ! ou la myrthe dans toutes ses déclinaisons : feuilles, fruits, fleurs.

Pour digérer...

Samedi 06 juin. L’heure du départ a sonné. Dernier regard sur Bonifacio depuis la route du phare. Pause obligatoire à la boulangerie où travaille Christian. Il nous offre à chacun un sac chargé de spécialités corses : canistrelli, canistrons ou bretzels corses à l’anis… Je cloue le bec à qui osera dire que les Corses ne sont pas sympathiques !
Nous reprenons la route vers Sartène et Ajaccio. Le carrosse de mon père est chargé comme un baudet… La route est longue et sinueuse, mais quel panorama ! le maquis, puis la forêt, puis la montagne : ah, c’est grandiose, rien qu’en voiture !
Le bateau n’étant programmé qu’à 21h, nous patientons à la plage St François à Ajaccio. Et nous regrettons amèrement le petit Sperone… Ici, beaucoup de monde, beaucoup de bruit, beaucoup de bateaux ! une vraie plage en ville !
Fin d’après-midi : nous profitons de la chaleur moins accablante pour visiter rapidement Ajaccio. Immeubles aux volets colorés, festival de BD, quelques réminiscences bonapartistes ci et là, d’autres plus mélodieuses en la personne de Tino Rossi…

Ajaccio

Une dernière limonade corse sur le port de plaisance…il est temps d’embarquer. Le Mega Express 4 de Corsica Ferries a pointé son museau.

Génocide de bulles à la grenadine

Le bateau largue les amarres, nous quittons l’île de Beauté. C’est décidé, à kayak ou en voilier, je reviendrai…

Plaisance à Bonifacio

Petit Sperone

Parce que ces bleus là m’ont murmuré « Reviens… ».

Bleu bonifacien (bis)

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Corsica : 5è opus

Jeudi 03 juin. Grande journée soleil et farniente au programme. Départ pour la réserve naturelle des Lavezzi à 10h30. Archipel situé entre le cap Pertusato et la Sardaigne, les Lavezzi sont accessibles via les nombreuses navettes présentes sur le port de Bonifacio. Il est possible de prendre le bateau le matin, de passer sa journée aux Lavezzi et de repartir avec la dernière navette, une fois que vous êtes devenus rouge écrevisse. Les Lavezzi, c’est comme les Glenan : des plages de sable blancs, la mer tout autour et sans écran total, une peau couleur rouge cerise en rentrant !
Nous débarquons donc sur l’île principale des Lavezzi : de la navette, il faut embarquer sur un zodiac qui vous dépose à même la plage : Koh-Lanta attitude !

Anse de débarquement

Et là, plusieurs sentiers sillonnent l’île aux rochers arrondis ; les criques ont des airs de Seychelles ; l’eau y est bleu lagon des mers du sud…

Carte aux trésors
Lavezzi - plage Lichen

Une seule envie : poser ses affaires et plonger dans cette Grande Bleue ! Premier pied : l’eau est à environ 19° ; presque chaud compte-tenu du bain à 15° pris à Dinard la semaine précédente ! Même mon père, qui ne s’était plus baigné depuis sa dernière mission il y a 15 ans dans l’Océan indien, s’est trempé… un exploit ! Autant vous dire que ce court séjour aux Lavezzi fut synonyme de farniente, de bullage à la plage, de bains prolongés avec masque et tuba pour papillonner avec les petits poissons, et de photos les pieds en éventail…

Plage des Lavezzi

Mais cette insouciance ne doit toutefois pas faire oublier qu’ici même ont péri plus de 700 hommes en 1855 suite au naufrage de la Sémillante, frégate de la Marine française en route pour la guerre de Crimée. La violence de leurs disparitions répond à la quiétude des lieux que nous avons découvert en cette journée chaude et ensoleillée du mois de juin… Toutefois, ces récifs si paisibles se sont avérés bien meurtriers et les cimetières présents sur l’île au milieu des rochers sont là pour nous le rappeler.

Naufrage

Nous quittons à regret les Lavezzi vers 17h et entamons la croisière-découverte du retour. Contournement de l’île Cavallo, repaire de la jet-set internationale. Des villas plus luxueuses les unes que les autres… auxquelles je ne jetterai qu’un demi coup d’œil, trop occupée à essayer de saisir les infinies variantes du bleu de l’eau. Et puis, ce côté voyeurisme du pauvre, très peu pour moi !

Ile Cavallo Ile Cavallo
Bleu

Approche côtière de la plage de Piantarella, suivi des plages de Sperone et la vue sur le golf,
célèbre pour son seizième trou où la balle doit franchir la mer à deux reprises avant d’atteindre le green (merci le Guide bleu !). Où l’on apprend qu’une association d’autochtones s’est battue becs et ongles contre la direction du golf et du complexe immobilier de luxe afin de conserver l’accès au sentier côtier qui traverse le green… On sent dans le commentaire du pilote-commandant combien les tensions entre Corses et privilégiés du continent qui s’offrent un arpent de terre et une villa luxueuse sont présentes !

Pericoloso We are back

Poursuite de la ballade vers le cap Pertusato, les falaises et enfin Bonifacio. La perspective que l’on a sur les paysages lorsque l’on est en mer m’impressionnera toujours. C’est comme voir une toute autre facette d’un endroit que l’on connait bien ! Là, voir Bonifacio en étant sur l’eau et au pied de cette ville en équilibre précaire, c’est admirer la dentelle du calcaire et sa beauté fragile. C’est se sentir tout petit face à ce promontoire ! c’est découvrir la pente vertigineuse des escaliers du Roy d’Aragon dans la falaise! c’est apprendre que Bonifacio a un gouvernail taillé dans la roche...

De calcaire vêtue... Escalier du Roy d'Aragon
Etrave de Bonifacio

Place ensuite à la traditionnelle visite de la grotte marine du Sdragonato. A l’approche, on discerne bien une anfractuosité dans la falaise, et la navette s’y glisse tout doucement. Le pilote positionne son navire ; on sent que la manœuvre est rendue délicate par la houle, effet secondaire du vent ayant soufflé il y a quelques jours. Le pilote laisse passer deux vagues et surfe sur la troisième pour entrer proprement dit dans la grotte marine…

Grotte du Sdragonato

Une petite faille dans la voûte au-dessus de nos tête en forme de Corse inversée : on aperçoit arbres et maisons. Une vie en équilibre ! Un petit tour sur soi, et on repart, laissant notre place à la navette suivante, pour un ballet qui doit être incessant en saison estivale…

Grotte du Sdragonato

Retour au port, un peu hagards à cause du soleil et du grand bol d’air marin… mais les mirettes pleines de dégradés de bleus et des souvenirs plein la tête ! Notre estomac, qui criait un peu famine, est pris en pitié ce soir là par Antoine, l’ami de mon père. Il nous a concocté un dîner gargantuesque pendant que nous jouions aux lézards sur les îles. Un denti, roi des poissons en Corse, de la famille des daurades, rien que pour nous !

Denti


Un dentex dentex de quatre kilos cuisiné au brocciù, aux herbes et aux tomates… Tout simplement succulent ! Ne sont restées que les dents !

Autre expérience culinaire des plus surprenantes : le fromage qui marche tout seul, autrement appelé le « fromage avec les habitants dedans ». Le fameux fromage plein de vers… Le spécimen était là, sur la table face à nous. Premier constat : ce fromage est très vieux et très sec. Deuxième constat : il n’est pas plein de vers mais il y a effectivement des petites bestioles qui le parcourent…

Le fromage qui marche tout seul

Bon, on n’a qu’une vie, non ? Voilà, j’ai ingurgité un morceau de dudit fromage. Et la seule chose qui m’ait frappé c’est combien il déménage ! palais anesthésié durant quelques minutes. Sur les conseils d’Antoine, je délaisse mon verre de vin pour boire de l’eau pétillante, la seule capable d’exhaler pleinement le parfum du fromage….Vous me croirez ou pas, mais il avait raison ! A déconseiller aux palais fragiles ou trop amateurs de sensations douces !
Le champagne finit d’achever cette journée ensoleillée… Nous rentrons à pied à travers le domaine ; la nuit est noire charbon mais les étoiles sont là. Cassiopée, la Grande Ourse et son petit, Vénus, nous sommes sur la bonne route pour les bras de Morphée !

Corsica : 4è opus

Mardi 1er juin. Réveil sous un ciel bleu et un grand soleil. Direction le marché de Bonifacio, tout petit mais fromagèrement odorant ! Rien de tel pour nous mettre en jambes et nous permettre d’affronter les escaliers du roi d’Aragon. La légende prétend que cet escalier fut taillé en une nuit ! pensez-donc, 187 marches qui relient le sommet du promontoire bonifacien à la mer, 65 m en contrebas…

Escalier vertigineux

Légende ou pas, le site est à découvrir : premièrement pour tester son vertige ! l’escalier est taillé en à-pic à flanc de falaise et il faut surmonter sa peur du vide ; la mienne en l’occurrence fut mise à l’épreuve… j’ai vite renoncer à prendre des photos ! Mais cette descente vaut le coup ! une petite balade sous la roche et contre la falaise permet ensuite d’accéder à une mini-grotte et de poser un regard curieux sur le promontoire bonifacien…

Sous la falaise Déambulations sous la falaise

…avant d’entamer l’ascension du-dit escalier descendu pour rejoindre la ville et ses hauteurs. Et hop, 187 marches à-pic dans l’autre sens ! Deuxième monument historique de la ville à visiter qui fait partie du pass culturel des Trésors de la Cité proposé par l’Office du Tourisme : l’église Saint-Dominique, construite par les Templiers en 1270. Rare édifice corse à présenter une architecture gothique, son clocher octogonal n’en est pas moins curieux.

Octogonalitude

A l’intérieur, plusieurs curiosités également : des châsses, statues de bois très lourdes portées le Vendredi saint lors des processions ; des dalles funéraires de Bonifaciens enterrés avant la création du cimetière marin en 1823. Agrémentées de têtes de mort, ces dalles m’ont plutôt fait penser à des tombes de pirates…

Pirates !

Après-midi lézard à la plage du Cap Pertusato qui ne se rejoint qu’après un crapahutage sur un petit sentier plein d’éboulis…

Cap Pertusato

Toute petite plage au milieu de ces falaises érodées par le vent et les embruns que jouxte une curiosité de la nature : la grotte Pertusato. Le calcaire sur la côte bonifacienne est percé de petites calanques et troué de grottes marines, dont la plus connue est celle du Sdragonato. Comme une marmite-chaudron géante posée en plein paysage. La mer s’y engouffre, y bouillonne et produit un vacarme du tonnerre !

Marmite

Le soir, pour nous remettre de nos émotions de crapahutage aragonnesque, nous avons fait une entorse à la gastronomie corse grâce à Roudoudou… jurançon et fois gras palois !

Entorse à la gastronomie corse

Mercredi 02 juin. Grand soleil et chaleur dès le matin. Nous partons découvrir l’arrière-pays bonifacien. Nous empruntons l’axe littoral vers Ajaccio : magnifique route côtière surplombant la mer, entre rochers roses, maquis et bleu du ciel et de la Méditerranée. Direction les hauts lieux de la préhistoire corse. Nous empruntons une petite route sinueuse jusqu’à la Punta Cauria, au pied duquel se trouve un site préhistorique d’allure celtique découvert par Mérimée.

Punta Cauria

Au milieu des pâturages et des vaches en liberté se trouvent des alignements de pierres dressées, un dolmen et des Stantari ou « hommes debout » comme on les nomme localement.

Stantari Dolmen de Fontanaccia

Les Corses se sont bien fichus de nous quand ils ont su quel avait été l’objet de notre ballade de la journée :
– « Mais vous avez Carnac ! pourquoi aller voir nos mégalithes ridicules ? »
– « bah, curiosité celtique et ego bretonnant probablement ! »

Découverte ensuite de Sartène, décrétée « la plus corse des villes corses » par Mérimée. Comme annoncée dans le Guide Bleu, la ville présente effectivement un caractère austère, sombre et silencieux. Les immeubles sont hauts et sans fioritures, les persiennes sont fermées, la ville est perchée sur les hauteurs, comme recroquevillée sur elle-même et ne daignant jeter qu’un tout petit regard vers la mer située au loin. Seule la place de la Libération et ses cafés semblent s’animer.

Place Porta


Chemin faisant, en rentrant à Bonifacio, nous apercevons au loin le Lion de Roccapina et le panorama splendide sur la plage d’Erbaju. Il nous faudra revenir pour aller l’arpenter de plus près !
En attendant, petite randonnée le long du chemin des plages en face de la péninsule bonifacienne. Comme une impression de voies romaines dallées et pavées dans le maquis !

Chemin des Plages


Petite pause à la plage de la Catena qui fait face au port maritime de Bonifacio pour une baignade bien méritée.

Retour sur le port de Bonifacio pour assister à la procession de Saint-Erasme, patron des pêcheurs et des gens de mer. Cinq confréries rattachées à cinq églises rythment la vie religieuse et communautaire bonifacienne. Après une messe célébrée en l’église de Saint-Erasme, la procession, toute de mauve et de blanc vêtue, déambule le long du port de plaisance, du port de pêche et du port de commerce en chantant avant de procéder à une bénédiction en mer.

Procession de Saint Erasme


Les bateaux de pêche sont décorés pour l’occasion et m’ont rappelé certains pardons bretons qui procèdent de la même façon.

Décor fleuri


Dîner à la Cantina Doria en Haute Ville qui propose une cuisine corse familiale.

Ripaille

Nous sommes sortis repus ! mais prêts à déambuler quelques minutes dans la ville, délaissée par les touristes. Bonifacio by night en juin, c’est l’assurance d’une découverte calme de la ville ayant pris son éclat orangée de lumière nocturne, aux sons de la mer toute proche…

By night

Corsica : 3è opus

Dimanche 30 mai. A notre réveil, le ciel est nuageux et le vent qui rend fou agite le maquis de ses bourrasques désordonnées. Nous partons à la découverte du Cap Pertusato à quelques encablures du domaine de Licetto. Le maquis bonifacien me rappelle fortement la lande ouessantine, à ceci près que les bruyères sont remplacées par des cistes blanches ou roses… Entre le phare et le sémaphore, la côte nous offre une vue imprenable sur Bonifacio et ses falaises.
Sémaphore de Pertusato


Et puis, nous voilà à l’extrême sud de l’île de Beauté : devant nous l’îlot Saint-Antoine, curieuse sculpture naturelle en forme de sous-marin, l’archipel des Lavezzi et à l’horizon, la Sardaigne.

Cap Pertusato

La météo n’étant pas des plus favorables pour une escapade vers la plage située sous le phare, nous avons opté ensuite pour le sentier pédestre des falaises qui part du cap Pertusato et rejoint Bonifacio en longeant les falaises. Le panorama sur la ville, même nuageux, nous laisse toujours sans voix.
..

Bonifacio en gris

Descente vers la plage de Sutta Rocca au pied du Grain de Sable et de la chapelle Saint-Roch. Le Grain de Sable, c’est un morceau de falaise, au milieu de l’eau, dont la base érodée rappelle combien le calcaire est fragile et combien Bonifacio est une ville en sursis !

Plage de Sutta Rocca

Cette plage recèle de trésors dignes de ceux que je ramasse dans mon coin de Finistère : verres roulés multicolores, morceaux d’assiettes drossés par les vagues, galets rigolos, briques carrelées de toutes formes… Comme une gamine, je repars les poches pleines de trésors… que je conserverai précieusement dans un bocal !

Trésors de pêche

Un rayon de soleil fugace et nous partons à la recherche de la plage de Rondinara, recommandée pour la beauté de son site par les guides.

Plage de Rondinara

Sur la route de Porto-Vecchio, après avoir fait le tour d’une colline et traversé un petit village, la magnifique anse de Santa Manza offre sa quiétude à qui aura bien voulu affronter la route sinueuse qui permet d’y accéder. Le maquis est verdoyant, les rochers sont couleur côte de granit rose, l’eau est cristalline… et le parking y est payant ! Mais notre arrivée tardive nous vaudra l’indulgence du jeune corse dans son cabanon qui fait office de caisse enregistreuse… Le soleil est capricieux et ne nous permet malheureusement pas de découvrir la plage sous une lumière éclatante.

Plage de Rondinara

Retour sur Bonifacio en observant au passage les troncs noircis au milieu du maquis, signe encore marquant de l’incendie de 2003 qui a ravagé 500 hectares autour de cette baie.

Lundi 31 mai. La tramontane a soufflé toute la nuit avec des rafales à 100km/heure, dignes de décoiffer un Breton ! Ce vent nous surprend car il souffle sans discontinuer… Départ pour Porto-Vecchio. Cette station balnéaire au nom annonciateur de cité historique est décevante. Il s’agit certes d’une vieille ville mais dont les charmes sont brisés par l’armada de boutiques à touristes occupant la citadelle et masquant les fortifications génoises. Le port de pêche en contrebas sera le seul endroit vraiment plaisant pour quelques photos colorées :

Rouge filet

Au sud de Porto-Vecchio, la plage de Palombaggia vaut le détour. Invitation incarnée au farniente : une anse aux rochers roses baignée par des eaux bleues des mers du sud, bordée d’une plage de sable fin blanc étincelant et de ses paillottes pittoresques…

A l'ombre

Une petite après-midi à lézarder au soleil et premier bain corse dans une eau à 18-19° sous le regard de touristes un peu éberlués de nous voir entrer aussi rapidement dans l’eau… Qui se baigne en Bretagne se baigne partout, non ?

Plage de Palombaggia
Retour vers Bonifacio où la tempête se confond avec l’avis de grand frais. Les Roudoudous se lancent à l’attaque de la Ville Haute. Notre ballade au cimetière marin et à l’extrémité de la citadelle bonifacienne nous rappelle une virée à la pointe du Raz il y a quelques années ! le vent nous embrouille les cheveux, nous luttons pour prendre des photos et maintenir nos appareils immobiles… la mer est grise, lardée de « moutons blancs », synonymes en Bretagne d’un fort coup de vent. Tout ceci donne une teinte toute particulière à notre découverte du cimetière marin. Ces défunts qui trouvent place face à la mer pour dernière demeure gagnent notre respect et notre silence. L’ambiance du cimetière est tout simplement étrange.

Gris tempête

La citadelle n’est arpentée que par quelques touristes courageux emmitouflés dans leurs polaires ! Bonifacio prend une toute autre dimension.
.. Entre le cimetière marin, étrangement placé face aux éléments, l’ancienne caserne légionnaire de Montlaur désaffectée, l’absence de toute construction sur le plateau ouest, la ville offre là un contraste tout à fait saisissant avec ses ruelles napolitaines arpentées par les hordes de touristes un peu en deçà… Cette facette me semble au fond la plus authentique et en tout cas celle qu’il faut absolument découvrir si vous passez par là un jour…

Phare de la Madonetta

A 21h30, le vent s’arrête, aussi soudainement qu’il était apparu. Après 48h, Eole a décidé d’aller venter d’autres cieux…

Corsica : 2è opus

A peine débarqués du ferry à Bastia, nous prenons la route vers Bonifacio. 170 km nous attendent avant de gagner l’extrême sud de la Corse. La route file entre la côte et la montagne. Nous apercevons au loin les sommets enneigés, preuve qu’ici aussi le printemps a eu des accents hivernaux ! Mais le contraste avec le littoral est époustouflant : là haut, la neige, ici bas, les lauriers-rose en fleur.
Peu avant Porto-Vecchio, le littoral montre un nouveau visage, fait de petites baies et d’anfractuosités où se logent des plages qui nous font drôlement envie. Nous approchons de Bonifacio et un nouveau contraste paysager se fait jour : le maquis devient dense et les habitations disparaissent. Quelques côtes, puis une descente entre des falaises annonce notre arrivée à Bonifacio, citadelle de calcaire perchée entre ciel et mer. Tom-Tom se méprend et nous entraîne dans la citadelle, au milieu des petites ruelles napolitaines. Nous trouvons enfin la route menant au
domaine de Licetto, un domaine somptueux au beau milieu du maquis corse.


Domaine de Licetto

La terre y est rouge, le vent est chaud et la vue imprenable sur Bonifacio et son écrin de calcaire finit de nous séduire ! Nous nous installons dans nos deux studios-bungalows mitoyens. Lauriers-roses, maquis et murs de pierres sèches pour seul horizon…

Domaine de Licetto


Puis nous rejoignons à quelques mètres de là l‘auberge-restaurant tenu par Tony, l’ami de mon père. 42 ans qu’ils ne s’étaient pas vus, après une année passée ensemble à Madagascar. Autant dire que ces retrouvailles sont empreintes de chaleur et d’émotions !
L’auberge est exceptionnellement ouverte ce midi et nous déjeunons au beau milieu du club du troisième âge de Bonifacio : des « seniors » ultra dynamiques et fort accueillants. Nos papilles sont soumises à une valse de dégustations en tout genre : plateau de charcuterie corse à se pâmer, pâté de sanglier, aubergines à la bonifacienne, souris d’agneau aux épices et aux herbes, plateau de fromages, fiadone, vins de Sartène… tout ça au rythme des chansons corses reprises en choeur par les anciens !

Fromages


L’après-midi étant bien entamée, nous entamons une courte visite de Bonifacio. Cette ville se mérite : d’une part, à cause des parkings payants (impossible en effet de s’y garer sans mettre la main au porte-monnaie !), et d’autre part parce que cette citadelle est perchée sur ses falaise de calcaire et qu’il faut aimer crapahuter pour découvrir la Ville Haute !


Sous les pavés (bis repetita)


Nous accédons à la vieille ville après avoir longé la marine et ses voiliers, yachts et bateaux de pêche, bordée d’innombrables cafés et restaurants. La montée Rastello et ses escaliers nous permettent d’accéder à un palier panoramique : vue sur les falaises calcaires, le cap Pertusato, la Sardaigne et la ville Haute en équilibre sur son promontoire de calcaire.


Le Grain de Sable Entre ciel et mer

Ce col Saint-Roch est également l’emplacement d’une petite chapelle, la chapelle Saint-Roch, édifiée au XVIème siècle à l’endroit même où est morte la dernière victime de la grande peste de 1528. Tout au long de notre séjour, nous ne nous sommes pas lassées de photographier cet endroit, où les lumières sont constamment différentes, où le bleu du ciel et de la mer proposent des variantes infinies…

Chapelle Saint-Roch

La Ville Haute, enfermée dans ses remparts médiévaux est surprenante… De faux-airs napolitains pour ces petites ruelles aux hauts-immeubles et au linge séchant aux fenêtres. Les boutiques touristiques côtoient cafés et restaurants et les ruelles regorgent d’escaliers vertigineux, seuls accès aux immeubles.

Escalier

L’origine de ces escaliers m’a été donné par le Guide Bleu Corse qui n’a pas quitté mon sac pendant le séjour, fidèle compagnon. Depuis l’an 1000, la ville a connu les occupations génoise, puis ligure, puis aragonnaise et enfin napoléonienne… Les habitants ont donc transformé leurs maisons en forteresse ; on y accédait par une échelle mobile que l’on relevait en cas de danger. A l’intérieur, l’escalier, très raide, constituait un nouvel obstacle pour les éventuels envahisseurs.
Retour vers la
Marine via le port de commerce où nous prendrons quelques minutes pour découvrir d’un œil curieux un yacht tout de bleu vêtu où les lignes épurées flirtent avec les millions d’euros…

Pare-battages de luxe

C’est beau, brillant, sans une tâche ni un embrun sur la coque ! je découvre avec surprise qu’ici les pare-battages sont protégés par de petites housses… Le luxe n’a pas de prix ! Mais je préfère de loin m’attarder sur ces petits bateaux de pêche bonifaciens, bien plus authentiques à mon goût…

Vieilles coques

Corsica

J+ 15 et je ne m’en remets toujours pas ! Grâce à Viinz, je suis donc partie découvrir l’île de Beauté du 29 mai au 05 juin. Et mon baptême de Corse fut absolument ahurissant de couleurs, d’odeurs, de paysages, de rencontres, de gastronomies, de découvertes… Difficile pour moi de réduire cette semaine en quelques phrases que vous liriez rapidement ! plusieurs billets vont être nécessaires…

Lorsque j’ai gagné cet aller retour en Corse en octobre, j’ai tout de suite pensé à Roudoudou. Roudoudou, c’est mon amie d’enfance, qui vivait à 300m à vol d’oiseau de mon coin de Finistère ; c’est devenue ma copine de lycée avec qui nous faisions sagement les 400 coups ; c’est ma copine de plage avec qui nous avons fait 30 km quotidiennement en vélo un été pour nous rendre à la plage du Kerou retrouver nos copains de lycée. Puis les études nous ont séparées : elle à Brest, moi à Amiens puis à Rennes. Puis nos boulots respectifs ont encore allongé la distance kilométrique : elle à Pau, moi à Paris puis à Rennes. Mais à chaque retour en vacances dans nos maisons familiales respectives, on se revoyait, se racontait nos vies. Il y avait toujours un coup de téléphone par ci-par là, une carte postale de vacances ; bénéficiant de vacances estivales longues et régulières, je me suis rendue plusieurs fois à Pau pour des retrouvailles toujours enjouées. Mais nous n’étions jamais parties en vacances ensemble ; et c’est donc tout naturellement que mon invitation s’est portée vers elle. De fil en aiguille, j’ai aussi proposé à mes parents de nous accompagner, mon père étant pressé par un ami de longue date vivant à Bonifacio de venir lui rendre visite.
Ce séjour en Corse s’annonçait donc comme une madeleine de Proust : retrouvailles avec Roudoudou et vacances avec mes parents en dehors de la maison familiale finistérienne (ce qui n’était pas arrivé depuis des milliards d’années !).

Arrivée donc à Toulon vers 16h en ce vendredi 28 mai après avoir avalé environ 1300 km depuis le Finistère. Les portes de la gare maritime n’ouvrant qu’à 20h, nous avons déambulé dans les ruelles toulonnaises et profité des terrasses ensoleillées.
Petit SMS ; le départ prévu à 21h30 est décalé à 23h00. L’accès à la Gare maritime nous est quand même autorisé à 20h et nous suivons gentiment la file des voitures sur le quai d’embarquement. Le nombre de voitures en attente du ferry Corsica Ferries est impressionnant ! nombre auquel il faut rajouter des camions frigorifiques, un ou deux cars de tourisme et une tripotée de motos et de bikers. Je me rends compte soudain que je n’ai jamais voyagé sur un ferry aussi gros… Le plus gros bateau sur lequel j’ai eu à naviguer est le « petit » ferry pour Belle-Ile qui embarque certes des voitures mais en quantité beaucoup moins importante ! Ma curiosité est donc piquée. J’observe avec attention le balai des voitures embarquant sur un ferry toonesque destiné à la Sardaigne tout en papotant avec mon père qui se remémore ses années de jeunesse passées à Toulon dans la Marine Nationale.

Ferry toonesque

22h30, après une longue attente passée à observer nos voisins de voiture (mon sentiment « Croisière s’amuse » commence à pointer son nez…) et à plonger avec délectation dans mes guides de voyage sur la Corse, notre ferry, le Mega Smeralda, arrive enfin.

Mega Smeralda

Et c’est le tonneau des Danaïdes ! les vacanciers de la semaine précédente sortent du navire pour laisser place aux suivants ! Un ballet de voitures, camions et motos commencent sous la houlette de chorégraphes tout de combinaisons blanches vêtus !

Chassé-croisé sur le quai Embarquement de bikers

Avec le retard, les chorégraphes ne perdent pas une seconde et mon père, un peu fourbe sur ce coup là, me laisse les clés de son carrosse. A moi donc l’honneur d’embarquer sur le Mega Smeralda, toute vapeur dehors, pressée par les techniciens d’embarquement ! à moi de manœuvrer habilement pour virer sur le pont garage ! à moi de me garer au centimètre près au milieu de quatre files de voitures ! [Pour info, le carrosse de mon père est une Mercedes classe E qui mesure presque 5m de long pour un peu moins de deux mètres de large… Dans le genre manœuvrant, on a conçu plus facile !]

Après avoir trouvé notre cabine, nous sommes parties, Anne et moi, à la découverte de cet énorme navire ! Quelques photos de Toulon by night sur les ponts promenades, et retour dans la cabine pour une douche et un sommeil bien mérité !

Moonlight

Debout depuis 3h30 du matin et avec 13h de route dans les pattes, je n’ai aucune difficulté à sombrer dans les bras de Morphée. Et ce ne sont pas les bruits de la ventilation, les vibrations des stabilisateurs anti-roulis et des propulseurs d’étrave ou les vrombissements des 4 moteurs de 35000 chevaux qui parviendront à m’en sortir !

7h00 : le haut-parleur nous réveille en fanfare et nous apprend qu’à 8h00, nous accosterons à Bastia. Branle-bas de combat ! nous rejoignons mon père sur le pont ; le chanceux, bien plus matinal que nous, a pu voir le Cap Corse au lever du jour ! et là, je prends enfin connaissance avec l’île. Une côte toute en verdure, des villages accrochés à la montagne, et cette montagne, si proche du littoral…

Nous rejoignons le pont garage ; c’en est fini de la Croisière s’amuse pour aujourd’hui ! La porte-rampe s’ouvre, Bastia est là… La Corse s’offre à nous !

Bastia

Corse : J-7

Dans une semaine exactement, je serai en train de siroter un apéro en terrasse à Bonifacio, en terre corse….tout ça grâce à Viinz (et un concours sur son blog) !
La Corse, un territoire de Navarre que mes pieds n’ont encore jamais foulé… La Corse, c’est un concentré d’images dont je n’ose rêver : mer bleue, maquis, montagnes, petits villages perchés, paillotes, images, charcuteries, ses autochtones… tout un tas de »clichés » que je vais m’efforcer de corriger en allant découvrir cette île.

Direction Bonifacio donc ; un plein sud en bord de mer, bordé de plages, de falaises, à flanc de montagnes… Le
Guide Bleu Corse et La Corse du Sud : 100 balades et randonnées à pied et à VTT achetés sur les toujours bons conseils de Pascal à la Librairie du Voyage ne cessent d’aiguiser mon impatience ! Mes papilles frémissent à la présentation des produits locaux et gastronomiques ; ma curiosité est aiguisée par la procession de Saint-Erasme ; ma bretonnitude est questionnée par le dolmen de Fontanaccia ; mes palmes et tout ce qui les accompagne frétillent d’impatience à l’idée de barboter dans une grande bleue à température jamais connue en Finistère ; mes mollets espèrent crapahuter dans le si célèbre maquis corse ; mon hyperactivité boude à l’idée de farniente sans fin à la plage ; mon envie de lecture se délecte à la simple idée de voir une partie de mes journées consacrées à de nouveaux romans…

Je vous en dirai plus à mon retour ! En attendant, j’ai sorti les Havaïanas et je profite d’un week-end rennais estival en rêvant d’Ile de Beauté…