Archives pour la catégorie Et si on allait voir ailleurs ?

Corse : J-7

Dans une semaine exactement, je serai en train de siroter un apéro en terrasse à Bonifacio, en terre corse….tout ça grâce à Viinz (et un concours sur son blog) !
La Corse, un territoire de Navarre que mes pieds n’ont encore jamais foulé… La Corse, c’est un concentré d’images dont je n’ose rêver : mer bleue, maquis, montagnes, petits villages perchés, paillotes, images, charcuteries, ses autochtones… tout un tas de »clichés » que je vais m’efforcer de corriger en allant découvrir cette île.

Direction Bonifacio donc ; un plein sud en bord de mer, bordé de plages, de falaises, à flanc de montagnes… Le
Guide Bleu Corse et La Corse du Sud : 100 balades et randonnées à pied et à VTT achetés sur les toujours bons conseils de Pascal à la Librairie du Voyage ne cessent d’aiguiser mon impatience ! Mes papilles frémissent à la présentation des produits locaux et gastronomiques ; ma curiosité est aiguisée par la procession de Saint-Erasme ; ma bretonnitude est questionnée par le dolmen de Fontanaccia ; mes palmes et tout ce qui les accompagne frétillent d’impatience à l’idée de barboter dans une grande bleue à température jamais connue en Finistère ; mes mollets espèrent crapahuter dans le si célèbre maquis corse ; mon hyperactivité boude à l’idée de farniente sans fin à la plage ; mon envie de lecture se délecte à la simple idée de voir une partie de mes journées consacrées à de nouveaux romans…

Je vous en dirai plus à mon retour ! En attendant, j’ai sorti les Havaïanas et je profite d’un week-end rennais estival en rêvant d’Ile de Beauté…


Le temps d’un WE en Allemagne…

Dépaysement ce WE lors d’un WE de retrouvailles familiales, ma sœur ayant migré il y a quelques années au pays de la langue de Goethe. C’est fascinant comme on peut être frappée par certains détails dès lors que l’on quitte son pré carré breton…
En Allemagne, donc :

– les gens roulent très vite sur les autoroutes mais au moindre panneau de limitation de vitesse, il y a comme un sapin de Noël rouge de feux stop devant son propre pare-brise…

– trois voitures sur quatre sont des Mercedes, la quatrième est soit une BMW soit une Audi (OK, j’étais à Stuttgart, patrie de l’automobile étoilée à trois pointes…)

– on trouve des bretzels géants dans les boulangeries !

– une brochure entière par agglomération est nécessaire pour expliquer comment et où recycler quoi…

– les bouteilles de bières et les bouteilles plastiques (eau, sodas…) sont consignées au supermarché…

– on ne trouve pas de gâteaux individuels dans les boulangeries mais des parts énormes de tartes ou de gâteaux divers et variés

– le lundi à 4h du matin, on croise un nombre étonnant de camions sur l’autoroute, genre les retours de WE fériés au péage de St Arnoult sur l’A10 !

– on peut acheter la bière en caisse de 24 bouteilles…

– pour éviter les dégâts des eaux, les machines à laver sont stockées dans une pièce collective au sous-sol de chaque immeuble…
– dans l’immeuble de ma sœur, les occupants de chaque appartement laissent leurs chaussures sur le palier
– les piétons peuvent traverser sur les passages cloutés les yeux fermés….l’automobiliste allemand étant très respectueux de la priorité piéton !
– les Gummibärchen Haribo n’ont pas du tout le même goût que leurs homologues français !
– à Ostfildern, on peut faire du skate dans la cour de l’école le WE et le soir après les cours, cette dernière n’étant pas close…
– les claviers PC ont des touches spéciales pour le U Umlaut (ü) et le Eszet (
ß)

Serial killeuse en puissance ?

… ou comment la nature humaine peut rapidement basculer du côté obscur de la force ! Je suis en effet devenue serial killeuse de maquereaux durant les vacances avec le concours de mon ami d’enfance et de toujours Juju. Vaillants navigateurs, nous avons pris la mer sur Ratatchou, la mini-coque insubmersible dont Juju est l’heureux copropriétaire. Navigateurs peu expérimentés s’abstenir ! on y navigue au ras de l’eau, un bon vieux bout de bois fait office de clapet de dalot, un petit moteur faisant teuf-teuf au démarrage nous mène où seul veut le vent ! Assurance-vie obligatoire et numéros de la SNSM et du CROSS CORSEN à avoir sur soi !

Nous nous sommes donc rendus au large de la plage des Grands Sables au Pouldu et avons jeté notre mitraillette. Pour les novices, la pêche aux maquereaux se pratique en effet avec une ligne comportant plusieurs hameçons munis de leurres et nommée mitraillette. Après quelques tentatives infructueuses qui me valurent le rappel du doux surnom de Black Minou, la chance vint nous tenir compagnie ! Bien que sans sondeur, nous étions positionnés juste au dessus du banc… Et là, la magie (et la transformation obscure) s’opère ! A peine la ligne déroulée, on ressent le frétillement et le poids des poissons violemment harponnés aux hameçons ! il s’agit alors pour le bourreau de relever sa ligne avec hâte, sans perdre une seule de ses victimes, de les remonter à bord du bateau et, après les avoir détachés des hameçons (en prenant garde de ne pas y laisser la moitié de ses doigts), de les laisser agoniser lentement mais sûrement à fond de cale… On se prend vite au jeu de cette pêche facile et plutôt ludique ! S’il est aussi facile d’être dictateur et tortionnaire que pêcheur de maquereaux, je comprends mieux le cours de l’Histoire !

S’ensuit ensuite une toute autre épreuve : vider les pesked ! Amarrés à quelques encablures de la plage, devant le nez des touristes en maillot profitant des rayons du soleil en cette après-midi ensoleillée d’avril, j’ai appris à vider un maquereau. Et l’opération est délicate ! il faut d’abord pratiquer une longue incision sur le ventre de la bête, lui saisir les branchies et en les tournant, les arracher toutes ensemble, faisant ainsi venir tous les boyaux et tripes contenus dans ce corps à écailles… Il me faudra encore quelques maquereaux pour être parfaitement opérationnelle ! Mais le régal auquel mes papilles ont eu le droit ensuite me font penser que l’été sera propice à l’amélioration de mes performances de serial killeuse…

St Malo sous le soleil : une première !

Il m’est rarement arrivée d’aller à St Malo intra-muros sans être accompagnée par les nuages voire une forte pluie…ce qui, indéniablement, offre un certain charme à la cité corsaire ! Toutefois, voir St Malo sous le ciel bleu et le soleil n’est pas des plus désagréables. J’y ai traîné ma mère et ma tante venues passer un WE à Rennes. Déambulations sur les remparts, avec comme à chaque fois la sensation que je ne pourrais jamais vivre dans la noirceur intra-muros. Ces hauts immeubles aux fenêtres à petits carreaux balayés par les vents et aussi proches les uns des autres me donnent des frissons de claustrophobie. Paradoxe incroyable dès lors que, tournés vers la mer, l’horizon et l’infini caractéristique de l’océan s’offrent à nos regards…
St Malo, ville de tous les paradoxes ? sûrement ! entre l’oisiveté propre à cette ville maritime, l’envahissement touristique qui est son pendant, la douceur du sable doré de ses plages et l’implacable noirceur et solidité de ses remparts… Cette cité est fascinante.

Ce jour là, une mosaïque de bleus saisissait nos yeux… et la palette s’est agrandie quand nous avons terminé la ballade à la plage de la Guimorais, sise entre St Malo et Cancale, en pleine nature. Un petit café sur la dune surplombant l’étendue sableuse : entre doré du sable, verts de l’eau et des herbes folles de la dune et dégradés de bleus entre ciel et océan.
Mes vacances de Pâques démarraient sous de bonnes augures…

Avis de grand vent en cours

Première tempête de l’année sur les côtes bretonnes aujourd’hui !

Le zef annoncé a bien soufflé, faisant ployer les arbres, même les plus solides. 114 km/heure à Groix au plus fort de la dépression ! L’alerte météo donnée hier -avec moultes précautions à prendre – est assez étonnante. Les phénomènes météorologiques deviennent de vrais dangers si l’on en croit les médias… Or, de mémoire de bretonne, finistérienne de surcroît, les tempêtes ont toujours fait partie de mon paysage hivernal : le grondement sourd de la mer déchaînée, le sifflement irrégulier du vent dans l’atmosphère, les embruns salés en provenance de la mer, l’écume qui danse dans le vent semblable au blizzard, le plic-ploc assourdissant de la pluie sur les velux, les branches d’arbre qui tombent joyeusement, les feuilles qui virevoltent dans les airs… tout ça est très naturel en Bretagne en hiver !
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est enfiler mon ciré Cotten jaune citron, mon bonnet de marin et partir admirer l’océan en bravant les éléments : quand le gris du ciel ne fait plus qu’un avec celui de l’océan, quand l’île de Groix disparaît au large, quand les balises deviennent invisibles sous les déferlantes, quand la digue du port est recouverte par les coups de butoir des vagues, quand les Glenan ne sont qu’un vague souvenir à l’ouest…

Florilège du jour…

Migrations d’hier et d’aujourd’hui à Rennes

La conférence sur Istanbul dans le cadre du Festival Travelling ayant un succès fou, j’ai dû me rabattre sur l’expo Boat-People, bateaux de l’exil aux Champs Libres. Voilà une expo qui a beaucoup fait parler d’elle depuis quelques semaines à Rennes…et qui le mérite !



Une scénographie assez simple qui laisse les documents et les objets parler d’eux-même.
Je me souviens assez vaguement de ces reportages à la télé dans mon enfance montrant des exilés entassés sur des rafiots de fortune… J’ignorais totalement qu’à cette même époque Bernard Kouchner était à l’initiative d’une vaste opération marquant la naissance de l’humanitaire de la mer et la création de Médecins du monde. A la fin des années 70 était lancée une vaste opération de secours en mer ; un navire médicalisé avait été affrété pour parcourir la mer de Chine et recueillir les migrants dérivant sur leurs bateaux d’exil ; les plus chanceux d’entre eux, véritables miraculés de la mer, reçurent même des visas français et furent accueillis par une foule en liesse à Rouen lorsque le navire-asile revint à bon port ! La situation a bien changé de nos jours et je trouve que cette exposition, sise à quelques encablures du Centre de Rétention de Saint-Jacques a une portée symbolique plutôt forte…
Très belle expo en tout cas, riche en émotions : le sampan « rescapé », figure de proue dans la pénombre d’une salle, seulement illuminé de 86 petites ampoules incandescentes, correspondant aux 86 réfugiés qui ont été retrouvés à son bord le 06 novembre 1981 ; le « cahier de bord » d’un couple de boat-people racontant les exactions auxquelles ils ont été soumis suite à leurs rencontres avec des pirates (incroyable comme les femmes, quelque soit la situation, sont toujours les premières victimes et subissent les pires atrocités…) ; la vidéo dans la salle du bateau-refuge racontant le sauvetage de réfugiés par Médecins du monde ; les lettres de remerciements des rescapés aux marins bretons œuvrant sur les navires humanitaires ; les photos en noir et blanc des photographes qui se sont rendus dans les camps où les boat-people patientaient en attente d’un visa…
Vous avez jusqu’au 02 mai 2010 pour vous rendre aux Champs Libres, prendre une claque dans la figure et réfléchir à la façon dont nous accueillons aujourd’hui les migrants…

Le site de l’expo : plein d’infos complémentaires et dates de toutes les conférences, et rencontres qui s’organisent autour de l’expo.

Grise mine

Je rentre. Le Stade rennais au loin est dans la brume, la bruine. Ciel gris. Bas et lourd comme un couvercle. Le vent siffle dans mes oreilles. Je suis fatiguée. Même Shantel, en boucle dans mon I-pod,  peine à me faire avancer.
J’aime Rennes mais là mon corps n’en peux plus.
Je veux voir le gris de l’océan et non celui de l’asphalte. Je veux voir l’océan ne faire qu’un seul gris avec le ciel. Je veux sentir les embruns. Sentir l’iode. Sentir les algues qui pourrissent au fond des criques. Je veux avoir les cheveux emmêlés, le visage dégoulinant de pluie. Je veux retrouver l’air marin, iodé, grisé, salé. Je veux retrouver mon bout du monde, mon Finistère. Me ressourcer dans les éléments déchaînés. M’évader au milieu des nuages et des marées.
Partir, plein ouest, vite !

20 ans déjà

1989… j’avais 13 ans…je venais d’assister à Paris à quelques commémorations du Bicentenaire de la Révolution française. Je me souviens vaguement des événements précédents la chute du mur : manifestations en Hongrie et en RDA notamment. A l’époque, le cube cathodique était presque l’unique source d’information (non point que je déconsidère Le Télégramme de Brest…). Et puis, c’est arrivé, il y a 20 ans. Ce mur, dont je ne savais au final pas grand-chose, est tombé sous les mains du peuple qu’il avait opprimé pendant des années. Je me souviens des Allemands en pleurs, des scènes de liesse, de l’enthousiasme des journalistes…je me souviens de la sensation de vivre un moment historique fort, sans pour autant le comprendre pleinement. Depuis, je n’ai toujours pas compris pourquoi il a été érigé, malgré les bouquins, les cours d’histoire, les discussions avec mon beau-frère allemand… la bêtise humaine me dépasse…
Mais un jour, j’irai à Berlin…histoire de voir (ou de ne pas voir) ce qu’il reste de ce satané mur… et moi aussi, je sauterai par-dessus les interdits…

Rando au pays des Marmottes

Vous vous souvenez ? cet été, j’ai quitté ma Bretagne pluvieuse pour rendre visite aux marmottes de la Haute-Maurienne et crapahuter des cols autour du Signal du petit Mont-Cenis avec un sac de 12kg sur le dos… Lire le compte-rendu ici.
J’avais oublié mon APN…je me rattrape ! voici les photos que j’ai récupérées chez Katell et Fabienne…

Week End spécial Grande Bleue

Nombreux retours dans le Finistère en ce mois de septembre…ma soeur et mon beau-frère allemand étant en vacances, j’aurai frôlé l’incident diplomatique si j’étais restée profiter des joies de la rentrée à Rennes. Descente donc vers le Finistère les 11-12-13 septembre pour un WE plus que maritime. Mon beau-frère allemand, fan de mécanique et de navigation, s’est acheté un nouveau bateau qu’il a bien entendu fallu tester. La bête est arrivée d’Allemagne sur remorque et la mise à l’eau dans le petit port de Brigneau fut des plus rocambolesques…
Bref, petite sortie en mer le vendredi après-midi. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas navigué le long de mon littoral d’enfance ! A chaque fois, la même surprise : ce littoral arpenté moultes et moultes fois, dont on connaît presque chaque faille, chaque crique, chaque anfractuosité, se révèle sous un autre jour : le relief disparaît et il faut faire preuve d’imagination et de réflexion pour retrouver ses repères !
Direction Port Manech, dans l’embouchure de l’Aven et du Belon…bateau ancré dans le sable ; la mer est basse…baignade rapide facilitée par le pont arrière du bateau, aménagé pour une descente dans l’eau rapide, efficace et toute en grâce ! Suivie d’un farniente au soleil…Neptune II est bien plus confortable que l’ancien zodiac ou l’ancien pêche-promenade ! Retour au bercail en début de soirée : le bateau est puissant mais je n’échapperai pas aux caprices de la houle : une bonne douche à l’eau salée avant de rentrer au port…

Le lendemain, cadeau d’anniversaire oblige, me voilà avec mon beau-frère à l’assaut de la rivière du Belon sur des kayaks ! Entre marée descendante et vent de face, nos épaules ont pagayé un maximum pour avancer…nous avons dû déclarer forfait avant d’arriver au fond de la rivière, les éléments étant décidément contre nous. Par contre, retour au Centre nautique de Beg-Porz où nous avions loué les kayaks en mode Formule 1 avec vent dans le dos et marée dans le bon sens. Martin est conquis par ce mode de transport maritime…un achat en vue pour l’été prochain ????
Un grand soleil étant annoncé pour le dernier jour du WE, nous avons décidé de partir aux Glenan. Pour les non-finistériens, il s’agit d’un archipel au large de Concarneau, haut lieu de la voile et des plongeurs… un archipel aux allures exotiques tant la mer y est bleue et transparente, tant les plages de sable blanc et de maërl éblouissent ! la seule différence notoire y est la température de l’eau : environ 13°-14°…
Armés de nos vestes Cotten (l’équipement indispensable pour tout marin qui se respecte), nous sommes donc partis à l’assaut des Glenan…45 minutes de bateau, de glissade dans les vagues, de vent dans les cheveux et d’embruns sur le bout du nez ! et nous voilà amarrés sur le Sillon, déserté en ce dimanche de septembre… Ramassage de coquillages, de maërl ; une baignade plus que rapide dans une eau limpide ; la sensation de vivre ailleurs le temps d’une après-midi ! une atmosphère zénifiante entre clapotis de l’eau, cris des goëlands marins, souffle du zef… Retour vers Brigneau et la civilisation ; nous apercevrons un aileron de dauphin et une colonie de fous de bassan. Rien de plus beau en vol !

Retour sur Rennes avec l’agréable sensation d’être partie en vacances au bout du monde…le temps d’un WE !