Archives pour la catégorie J’aime mon libraire

En douce et en noirceur

De Marin Ledun, j’avais lu Les visages écrasés en août 2013. Un roman sorti en 2011, 7è roman de cet auteur ardéchois et un roman qui vous retourne les tripes (il faudrait que je vous en parle, tiens, dans un prochain billet).

En douce, c’est un autre genre, mais on retrouve un peu l’une des marottes de l’auteur, un intérêt marqué pour les gens qui morflent. Du roman noir social à l’état pur. Un roman construit en mode confrontation entre le passé joyeux et épanoui et le présent « unijambiste » et colérique d’Emilie, entre la geôlière déterminée à se venger et un prisonnier qui ne s’attendait pas à un tel boomerang du passé.

Le résumé sur le site de l’éditeur : « Sud de la France. Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit seule dans son chenil, au milieu de nulle part. Elle lui apprend que, cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard. L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne. La colère d’Émilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance.
En douce est un roman dévastateur, où l’injustice se heurte à la force de vie d’une héroïne lumineuse. »

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Marin Ledun – En douce
Editions Ombres noires
Paru le 24/08/2016
256 pages
ISBN : 9782081389847
18€
Disponible aux Champs Libres pour les Rennais

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Quand le cerveau de Kennedy se perd au Mozambique…

Henning Mankell est un écrivain que je suis d’assez près. Je pense avoir lu la quasi totalité de sa série de polars mettant en scène le commissaire Kurt Wallander avec beaucoup de plaisir.
Le cerveau de Kennedy, une sorte de thriller hors série Kurt Wallander, m’a vraiment happée au début de sa lecture.

Publié en 2009 aux éditions du Seuil, ce roman est un voyage sur plusieurs continents : une universitaire suédoise, Louise Cantor, quitte son chantier de fouilles archéologiques en Grèce, rentre chez elle à Stockholm en Suède et découvre son fils mort. La police conclut rapidement à un suicide mais elle refuse d’y croire et commence à mener sa propre enquête. Une recherche qui la mènera par monts et par vaux de l’Australie à l’Espagne puis en Afrique au Mozambique. Une investigation familiale qui lui fera ouvrir les yeux sur son fils, et les secrets qu’il lui cachait.

Ce roman part un peu dans tous les sens et est sans doute à l’image de ce qu’une mère doit ressentir au décès d’un enfant. Elle découvre au fil de son enquête les secrets amoureux et complotistes d’un fils qu’elle pensait prodige ; elle jongle avec les relations compliquées et alambiquées qu’elle entretient avec le père de son fils et plus généralement avec les hommes de sa vie. Ces deux choses font de Louise Cantor une femme surprenante… et, avouons-le, assez agaçante.
Si les premiers chapitres qui font état de sa douleur de mère ayant perdu un enfant sont assez crédibles et touchants, son entêtement et sa naïveté persistante d’enquêtrice d’un nouveau jour la rendent tout à fait détestable au fur et à mesure du roman. Ses recherches aux dépens de toute rationnalité, ses voyages aux 4 coins du monde sans problème financier, ses prises de positions inconsidérées en Afrique sont autant de points hautement désarmants du roman.

Et pour autant, je l’ai lu jusqu’aux derniers mots, intriguée par cette anecdote du cerveau de Kennedy, qui, malheureusement, disparaît au fil des pages, l’auteur préférant aborder la question des ravages du Sida en Afrique et la compromission des labos pharmaceutiques. Plusieurs fois je me suis interrogée sur le fil conducteur de ce roman et la pertinence de tout ça…
Henning Mankell doit être en fait un grand manipulateur de littéraure : il aime à perdre son lecteur dans les méandres géographico-socio-psychologiques de Louise Cantor et de son fils décédé.
A la fin, on reste dubitatif (moi, en l’occurence). Le fils de Louise Cantor a-t-il été suicidé ? par qui ? pour quelles raisons ? Et elle, Louise Cantor, qu’a-t-elle gagné dans cette course effrénée de la vérité en 400 pages ? Quant au sida en Afrique, que veut donc nous dire Henning Mankell ?
Bref, à lire si vous aimez les romans alambiqués, où le complot règne en maître et où le cerveau de Kennedy répand ses petits morceaux de masse gélatineuse dans des circonvolutions littéraires assez floues…

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Henning MANKELL – Le cerveau de Kennedy
Traduit par : Rémi Cassaigne
Editions du Seuil – Collection Cadre vert
Date de parution 22/01/2009
22.30 €
400 pages
EAN 9782020865647
Disponible aux Champs Libres pour les Rennais

Quelques polars depuis janvier… #02

Allez on ne lâche rien. La suite des polars lus depuis début janvier.

Le sixième homme, de Monica KRISTENSEN (Gaïa Editions) (2012)
Direction la Norvège et ses étendues glacées. Direction Longyearbye, la minuscule capitale de l’archipel du Svalbard. Un lieu enneigé et plongé une grande partie de l’hiver dans la nuit polaire. Knut, qui porte bien son nom de nounours polaire, est policier et va devoir déployer des trésors d’ingéniosité pour retrouver la petite Ella, disparue alors qu’elel était au jardin d’enfant. Stupeur et paranoïa sur la ville : comment une enfant peut disparaître au milieu de la neige dans une ville de deux mille âmes ?
Une ambiance digne des séries Trapped ou FortitudeQuatre autres romans de l’auteur sont disponibles chez l’éditeur. Comme l’impression qu’il va me falloir les emprunter urgeamment…

A chacun sa mort, de Ross MACDONALD (Gallmeister – Totem) (2013)

Une des rééditions des deux premiers volets des enquêtes de Lew Archer, qui ont remporté un grand succès critique et se sont vendues à 14 000 exemplaires en six mois. Ross MacDonald serait, selon les grands internets, après Raymond Chandler et Dashiell Hammett le troisième digne représentant du roman noir américain. Même James Crumley et James Ellroy reconnaissent en lui un maître.
Et bien, ce bouquin m’a profondément ennuyée, à tel point que je ne l’ai même pas fini…

Synopsis (si vous voulez vous laisser tenter) : Dans une maison décrépite de Santa Monica, une veuve glisse dans la main de Lew Archer 50 dollars pour qu’il retrouve sa fille Galatea, disparue depuis Noël. Ça n’est pas cher payé et les indices sont minces, mais une photo de la séduisante jeune femme achève de convaincre le détective. Galatea semble en danger : elle a été vue pour la dernière fois en compagnie d’un malfrat notoire. Des quartiers pauvres de San Francisco aux villas de Palm Springs, dans un monde gouverné par les commerces illicites, les cadavres s’accumulent et la ravissante disparue mène un jeu des plus troubles. Pour arriver à ses fins, Lew Archer devra se mêler à la pègre et admettre que les visages d’anges dissimulent parfois les âmes les plus sombres.

Le Pacte boréal, de Anna JANSSON (Editions du Toucan) (2010)

Impossible lorsque je pars en villégiature dans le 29 sud de ne pas dévaliser la petite (mais ô combien fournie) médiathèque municipale. Mais parfois, je n’ai pas le temps de finir les bouquins avant de repartir… Celui-ci en fait partie.
Voilà donc le Tome 1 des enquêtes de Maria Wern, qui se débat entre une belle-mère parfaitement détestable, un mari qui se laisse mener par le bout du nez par sa mère et une enquête assez étrange. Un meurtre aux consonnances rituelles viking : un homme est retrouvé pendu dans la forêt aux côtés d’un coq, d’un chien, et d’un chat.

Un polar qui se laisse lire tranquillement et qu’il faudra que je réemprunte pour en connaître le dénouement.

Nid de guêpes, d’Inger WOLF (Mirobole Editions – Horizons noirs) (2013) 

Il n’y a pas que les suédois qui écrivent des polars glauques. Les danois aussi ! Et ici, il faut s’accrocher un peu : un ado est retrouvé mort entouré de guêpes mortes, les lèvres découpées à priori avant d’être refroidi…
Un polar plutôt chouette dans la droite lignée des éditions Mirobole dont les publications sont rarement décevantes.
Premier livre publié en France pour Inger Wolf, mais c’est pourtant son 4è roman. Qui donc va publier en France les trois autres ? 

La suite sous peu…

Quelques polars depuis janvier… #01

Il serait grand temps me dit-on dans l’oreillette de reprendre le fil de ce blog et de ses mini chroniques de lectures. Ainsi soit-il ! je vais me forcer à trouver du temps pour satisfaire la demande (vous me flattez les amis !). 

Depuis janvier donc, 16 lectures si j’en crois mon sacro-saint fichier excel (un jour on parlera de cette obsédante obesssion de tout noter, archiver, conserver…). Dont 11 polars naturellement.

L’Athlète, de Knut Faldbakken (Seuil Policiers) (2009)
La Norvège, ses grands espaces et son 3è âge un tantinet coquin ! Ici, le propos est décalé et étrange. C’est un peu Dynastie et trafic d’oeuvres d’art sur fond de nazisme à la maison de retraite. Le premier roman de Knut Faldbakken, plus connu pour ses romans et pièces de théâtre. Un polar qui se laisse lire, qui aborde l’âge de la retraite sous un angle incongru mais qui ne m’aura pas laissé un souvenir impérissable.

Stasi Block, de David Young (Fleuve noir) (2017)
Autres temps, autres moeurs. Direction la RDA des années 70 et une enquête assez délicate sur la disparition de bébés jumeaux. Des allers retours temporels dans le récit, une enquêtrice, Karin Müller, qui jongle avec sa hiérarchie (et on ne rigole pas entre la Stasi et le Parti) et ses propres démons.
Les ficelles (d’une époque à l’autre, d’un personnage à ses propres démons en miroir) auraient pu être plus subtiles mais on peut se laisser porter par l’ambiance glaciale de l’environnement et l’architecture écrasante des villes de l’Est.
Ce roman, très documenté, est le 2è de David Young,  qui était journaliste avant de devenir écrivain. Il fait suite à Stasi child, avec la même enquêtrice. A lire donc éventuellement avant Stasi Block et à suivre car ce serait le début d’une série…

Un parfum de soufre, Sylvain Forge (Editions du Toucan) (2015)
Décidément, les polars aiment les maisons de retraite… Un style nerveux pour ce roman où il est question de bas fonds nantais, de combustion spontanée, de rites hindoues, de dealers pas très commodes, d’usines désaffectées où on ne voudrait pas traîner et d’un papy aviateur-fugueur bien décidé à aider les enquêteurs à avancer.
Bref, roman lu rapidement et de façon efficace pour une satisfaction bien classée.
[Note pour moi-même (et pour vous) : Il conviendrait de se pencher sur la biblio de cet auteur qui multiplie les prix pour romans policiers…]

Les Chiens de Détroit, Jérôme Loubry (Calmann Levy Noir) (2017)
C’est à cause de la revue Sang Froid (et donc de Virginie La Snob) que je me suis jetée sur ce polar dans les nouveautés aux Champs Libres. Un thriller qui parle de meurtre d’enfants et d’une vilel décatie aux Etats-Unis ? rien de tel pour attirer mes « papilles ». Et cette ville où il pleut sans cesse, où les maisons moississent d’abandon, où les policiers souffrent de leurs propres histoires personnelles et sordides et où ce Géant de Brume hante vos cauchemars sont un parfait combo à une lecture tardive dans la nuit… Un thriller à dévorer.

Marée d’équinoxe, Cilla et Rolf Börjlind (Seuil Policiers) (2014)
Je ne lis plus les polars suédois de la même façon depuis que je suis allée passer une petite semaine à Stockholm cet été. L’omniprésence de la nature et cet espèce de flegme suédois qui m’interrogeaient un tant soit peu auparavant ne m’étonne guère plus dorénavant.
Le propos est sordide : une inconnue meurt enterrée vive sur une plage de l’île de Nordkoster un soir de marée d’équinoxe. Seule la tête dépassait… Ce cold case, c’est celui dont hérite Olivia Rönning, élève à l’école de police de Stockholm, pour son mémoire de fin d’études.
Il ya donc cette enquête inachevée faute de coupable et d’identification et il y a aussi une étude plus contemporaine de la société suédoise : entre attaques sauvages et xénophobes contre des SDF, une plongée dans les milieux de la prostitution de luxe et de la corruption financiaro-politique.
C’est dense, avec de multiples personnages mais quand les fils se resserrent et que la nasse vous emprisonne, tout concourt à vous faire haleter dans les dernières pages…
Une suite, Cinq Lames d’acier, serait sortie en 2016…

La suite au prochain épisode ?

Des pages et des pages en 2016

Alors que 2017 voit le bout (et la fin) de son nez se profiler, damned ! je m’aperçois que je n’ai pas fait le point sur mes lectures de 2016 ! Il n’est jamais trop tard…

Lectures de vacances

48 au compteur, soit 10 de plus qu’en 2015.

Des nouvelles (1) : de moins en moins
American Falls (GIFFORD, Barry – 13è note Editions)

Des romans (20) : contre 17 en 2015

Américains : 
Le jour où les zombies ont dévoré le Père Noël (BROWNE, S.G. – Mirobole Editions)
L’innocence (DELEEUW, Brian – Super 8 éditions)
La mer les emportera (DYBEK, Nick – Presses de la Cité)
Triburbia (GREENFELD, Karl Taro – Editions Philippe Rey)
Enon (HARDING, Paul – Editions Le Cherche Midi)
American Purgatorio (HASKELL, John – Editions Joëlle Losfeld, collection Littérature étrangère)
Neverhome (HUNT, Laird – Actes Sud)
Un oiseau blanc dans le brouillard (KASISCHKE, Laura- Christian Bourgeois)
Le chant de la Tamassee (RASH, Ron – Seuil)
La mécanique des fluides (YUKNAVITCH, Lidia – Denoël, collection Denoël et d’Ailleurs)
Irlandais :
Academy Street (COSTELLO, Mary – Seuil)
Suisse : 
Le Livre des Baltimore (DICKER, Joël – Editions de Fallois, collection Fallois Littérature)
Français : 
La condition pavillonnaire (DIVRY, Sophie – Les Editions noir sur Blanc, collection Notabilia)
Quarante jours après ma mort (EL AYACHI, Samira – Editions de l’Aube)
Quelque chose pour le week-end (GENDRON, Sébastien – Editions de la Baleine)
Journal d’un looser (LAVARENNE, Stéphane – Editions Buchet Chastel)
Suédois :
Pattes de velours, œil de lynx (ERNESTAM, Maria – Editions Gaïa, collection Gaïa Littérature)
Anglais : 
Gretel and the Dark (GRANVILLE, Elisa – Mirobole Editions)
La cucina seconda (PRIOR, Lily – Grasset)
Canadiens : 
Piégé (MOORE, Lisa – Denoël, collection Denoël et d’Ailleurs)

Des polars (27) : contre 19 en 2015 et 13 en 2014 – je suis toujours – de plus en plus – addict

Danois : 
Dossier 64 (ADLER OLSEN, Jussi  – Albin Michel)
Profanation (ADLER OLSEN, Jussi – Le Livre de Poche Policier)
Français : 
Trop de morts au pays des merveilles (AUDIC, Morgan – Editions du Rouergue, collection  Rouergue Noir)
Condor (FEREY, Caryl – Gallimard – Série noire)
Rural noir (MINVILLE, Benoît – Gallimard Série noire)
Les Survivantes (WALKER, Lalie – Actes Sud, Actes noirs)
Américains :
Dieux de la pluie (BURKE, James Lee – Rivages, collection Thriller)
L’indien blanc (JOHNSON, Craig – Gallmeister)
Tous les démons sont ici (JOHNSON, Craig- Gallmeister Noire)
Le col du chaman (JONES Stan – Le Masque)
Tape-cul (LANSDALE, Joe R. – Gallimard Folio Policier)
Les infâmes (MILLER, Jax- Ombres noires)
Un pied au paradis (RASH, Ron – Editions du Masque)
John meurt à la fin (WONG, David – Super 8 Editions)
Canadiens : 
Sous l’aile du corbeau (FERGUSON, Trevor – Le Serpent à plumes)
Suédois :
Juste un crime (KALLIFATIDES, Theodor – Rivages Thriller)
Incurables (KEPLER, Lars – Actes Sud Actes noirs)
Les corps de verre : mélancolie noire (SUND, Erik Axl – Actes Sud Actes noirs)
Irlandais : 

Le cannibale de Crumlin Road (MILLAR, Sam – Seuil Seuil Policiers)
Redemption Factory (MILLAR, Sam – Fayard Fayard noir)
Polonais :
Un fond de vérité (MILOSZEWSKI, Zygmunt – Mirobole Editions)
Espagnols : 
Pleine lune (MUNOZ MOLINA, Antonio – Seuil Points)
Le gardien invisible (REDONDO Dolores – Stock La Cosmopolite Noire)
Chiliens :
Les rues de Santiago (QUERCIA, Boris – Asphalte Editions)
Costaricains : 
Pluie des ombres (QUIRÓS, Daniel – Editions de L’Aube L’Aube noire)
Anglais :
Sidney Chambers et l’ombre de la mort : les mystères de Grantchester (RUNCIE James – Actes Sud Actes noirs)
Norvégiens : 
Terre des rêves : La trilogie du Minnesota 1 (SUNDSTØL, Vidar – Seuil Points)

Six de ses lectures l’ont été en version numérique. Pas encore de liseuse mais assez simple sur I-Pad. Et ô combien pratique de ne pas trimballer des kilos dans le TGV !

Equilibrage rompu en tout cas cette année entre polars et romans. J’essaie pourtant d’alterner mais je m’ennuie vite avec les romans…

RAS niveau géographie littéraire : 13 nationalités d’écrivains en 2016 contre 15 en 2013, 14 en 2014 et 10 en 2015. Une petite incursion chez les hispanophones, mais rien de très flagrant.

Affaire à suivre en 2017 (sous peu donc !)

Un roman pas si innocent…

Il est parfois des romans qu’on s’étonne d’avoir choisi, qu’on regrette d’avoir lu mais qui au fond laisse un sentiment de fascination assez étrange. C’est le cas de L’Innocence, premier roman de Brian Deleeuw que je viens de refermer il y a quelques jours.

innocence

Ce n’est ni un polar, ni un thriller  ni un roman fantastique ni un roman psychologique. Juste un roman à la lisière de ces « catégories ». Un roman surprenant, dont la couverture m’a attirée : ce petit rossignol prisonnier (ou protégé) par une main d’enfant a un lien direct avec le contenu du roman. Le héros se prénomme en effet Luke Nightingale (rossignol en anglais). Il vit à New York avec sa mère dépressive et fantasque, dont le divorce l’empêche souvent de s’occuper de son fils. Un jour, à Central Park, il rencontre Daniel, qui devient son ami. Mais ce dernier prend une place particulière à la fois dans sa vie et dans le roman.

Ecrit à la première personne, l’histoire de Luke est racontée par ce Daniel. Entre ses 6 ans à Central Park et ses années à l’Université, le roman se construit autour de cette amitié interrompue un temps. Une amitié étrange qui laisse un malaise persistant chez le lecteur, chez moi en tout cas. Une histoire de pouvoir sur l’autre, de manipulation, de folie, de névrose psychologique.

Ambiance glauque donc, qui laisse un goût malsain à la fin du livre (la chute est tout particulièrement inquiétante). Mais un premier roman très prometteur et une jolie découverte pour moi de cette maison d’édition – Editions Super 8 –  au catalogue alléchant.

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Brian DeLeeuw – L’Innocence
Editions Super 8
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claro
Parution septembre 2014
ISBN papier : 978-2-37056-012-4
ISBN numérique : 978-2-37056-013-1
Nombre de pages : 301
Prix public papier : 20,00 euros
Prix public numérique : 12,99 euros

Drogue et pingouins : cocktail gagnant

Voilà longtemps – depuis Christopher Moore – que je n’avais pas ri en lisant un roman déjanté. Merci donc à Sébastien Gendron et son « Quelque chose pour le week-end » !

quelque-chose-pour-le-week-end

Sorti chez Baleine Editions en 2011 (n’y voir aucun lien d’une quelconque classification de mamifères et oiseaux marins), ce roman nous plonge dans une cacophonie entre absurde et drame.

Comment des pingouins, accros à des ballots de cocaïne perdus en mer, vont-ils bien réussir à mettre à feu et à sang une bourgade côtière tranquille du Yorkshire ? sous la plume de Sébastien Gendron bien sûr, qui manie le nonsense britannique avec doigté.

Une galerie de personnages pittoresques, des pingouins disparus de la Terre mais férus de drogue, des règlements de comptes cyniques sur la défense de l’environnement, le mariage, les propoteurs immobiliers… Bref, pas le temps de s’ennuyer. C’est potache, vaguement absurde, complètement dingo et déjanté. Et même quand ça devient improbable, on en redemande ! Courez donc trouver ce livre et amusez-vous !

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GENDRON, Sébastien – Quelque chose pour le week-end [Éditions Pocket, 2016
(Édition originale : Baleine, 2011)]
ISBN 978-2-266-24053-6
286 p., 6,80€

La 4è de couverture :
A Kirk Bay, en Angleterre, il ne s’était jamais rien passé, avant. Des centaines de kilos de bonne cocaïne s’échouent sur la plage. Suivis d’une armada de grands pingouins, d’une espèce qu’on pensait disparue. Ces apparitions sont-elles liées ? Cela a-t-il un rapport ? S’ensuit un blizzard de toxicomanie et une « pingouinphobie » mémorable, puis le chaos, la guerre. Et pendant ce temps, un homme essaie de tuer sa femme. Anarchy in UK !