Archives pour la catégorie Avent Noir Polar

Calendrier de l’avent noir polar #2 : Seules les bêtes

Cinquième roman de Colin Niel, publié en janvier 2017, Seules les bêtes nous entraînent sur le plateau des Causses dans le Massif Central. Brebis, âmes égarées, solitude, misère rurale des agriculteurs, snobisme des gens de la ville, amours contrariées… Seules les bêtes, c’es ttout ça. C’est un roman chorale et mosaïque où Alice, Joseph, Maribé, Armand et Michel se croisent et se décroisent, prenant tour à tour la parole. 

Evelyne Ducat est marié à Guillaume Ducat, un enfant du pays partie faire fortune à Paris et à l’étranger. Il est revenu s’installer au pays, et il est mal vu, évidemment. Elle a une aventure avec Maribé (Marie Bérangère pour sa famille bourgeoise qui vit dans un pavillon de banlieue chic et qu’elle renie). 

Alice, assistante sociale, fille du pays, vit avec Michel Farange, qui a repris la ferme des parents d’Alice. Mais Alice est tombée amoureuse de Joseph, lui le jeune agriculteur désespéré perdu là-haut tout seul sur sa colline avec ses brebis. Michel Farange lui est amoureux d’une photo pliée en 4 dans son portefeuille : celle d’Alicia More, actrice de films pornos. 

Les Causses sont aussi un des personnages de ce roman social sombre : glaciales, rudes, plongeant ses habitants – ceux qui sont restés – dans un grand vent de solitude et de désespoir. Une région qui malmène les bêtes et les humains : « La tourmente. Oui, certains disaient qu’Evelyne Ducat avait été emportée par la tourmente, comme autrefois. La tourmente, c’est le nom qu’on donne à ce vent d’hiver qui se déchaîne parfois sur les sommets. Un vent qui draine avec lui des bourrasques de neige violentes, qui façonne les congères derrière chaque bloc de roche, et qui, disait-on dans le temps, peut tuer plus sûrement qu’une mauvaise gangrène ».

Une disparition donc et tout bascule. Et nous, lecteurs, avec. 

Seules les bêtes / Colin NIEL (Editions du Rouergue – collection Rouergue noir) – 19€
 

 

 

 

Calendrier de l’avent noir polar #1 : Les lois du ciel

Parce que l’esprit de Noyel est complètement décalé cette année. Parce que la météo est morose, parce que le contexte politique n’est pas rose, parce que la planète est à l’agonie, pas envie de dorures ni de chocolat. 
Dans ce marasme total, un peu de lecture(s) quand même pour le pied du sapin mais en version « noir c’est noir ». 24 propositions tout à fait personnelles et subjectives pour finir 2018. 

Les lois du ciel
Si vous aimez d’amour profond les enfants, abstenez-vous. Ce roman noir vire au jeu de massacre de toute une classe de CP partie en camp nature dans les forêts du Morvan… 
La nature est sauvage. Mais les têtes blondes aussi ! 
Un roman court, qui se dévore en quelques heures et qui surprend à chaque chapitre par sa noirceur. On sait effectivement dès le premier chapitre que personne ne survivra :
« Le bus s’était éloigné de la grande rue du village et les silhouettes longilignes des parents avaient rétréci derrière les vitres couvertes de buée.
Et voilà.
Les enfants étaient partis.
Et jamais ils ne reviendraient. »

Et on se demande donc comment cette « extermination » va bien pouvoir se dérouler (Coucou esprit malfaisant et malsain ! ou comment réveiller le Dr Hyde qui sommeille en nous…). 
Alors certes, les ficelles sont grosses et c’est assez irrationnel. Qu’importe ! L’enfant est un condensé de monstruosité quand il s’y met. Et l’auteur fait preuve d’une grande imagination morbide pour les faire disparaître les uns après les autres. 

A déposer sous le sapin pour une âme insensible. 

Les lois du ciel / COURTOIS Grégoire – Gallimard (Folio Policier) – 2018