Archives pour la catégorie Métier : meuf du CDI

Transformation en Psittacidé

J’exerce un métier protéiforme dans lequel mes journées ne sont jamais conformes aux précédentes. Contrairement à mes collègues, je parle peu, seulement pour répondre aux questions des étudiants.

Alors, quand je dois mettre en place des activités pédagogiques, je me transforme en machine qui parle, voire en perroquet. Le fait de travailler à l’Université sur des « masses » bien plus considérables qu’en collège ou en lycée multiplie les interventions et donc les répétitions.

Ainsi, en début d’année, j’ai présenté le centre de ressources en langues que je gère à tous les étudiants de Licence 1
Soit 29 groupes, représentant 402 étudiants. J’ai parlé durant 45 minutes pour chaque groupe soit 21h45. Le point de rendez-vous n’étant pas le centre de ressources, j’ai fait environ 8,7 kilomètres pour aller chercher les groupes et ai ainsi crapahuté 880 marches.

Cette semaine, rebelote dans le cadre des Semaines de la Presse en Licence 2. Accueil systématique de tous les étudiants en 2è année au centre de ressources en langues pour une présentation de la presse anglophone.
Soit 30 groupes représentant 281 d’étudiants. J’ai parlé durant 30 minutes pour chaque groupe soit 15 heures. J’ai expliqué 30 fois qu’il y avait une expo sur les Dessins de presse aux Champs Libres. J’ai posé à chaque groupe 28 questions soit 840 questions en tout…

Ces chiffres me donnent le tournis, voire le vertige… et je me demande au fond si cela a beaucoup d’impact et si je ne fais pas tout ça pour rien, ou pas  grand-chose. Alors, l’an prochain, je ne ferai ses présentations qu’avec un boa autour du cou, histoire d’être vraiment plumée et d’entrer vraiment dans la peau de mon personnage…

Parrot's smile
Parrot’s smile ©Lancelevée on FlickR

Pénalités de retard

Quand les étudiants me rapportent penauds leurs livres en me disant qu’ils sont très en retard, je blague souvent en leur disant que c’est très mal et que la sanction en terme de carambars sera sévère… La corruption de fonctionnaire commence dans un paquet de bonbons !
Mes collègues anglo-saxonnes font plus fort que moi et mettent mes menaces alimentaires en application :
« La bibliothèque universitaire du Western Kentucky accepte de la nourriture en paiement des pénalités de retard des étudiants. L’automne dernier, la bibliothèque a collecté plus de trois cents produits alimentaires non périssables qui ont été donnés aux œuvres de l’église locale. La règle d’échange est simple : 1 produit = 1$ remboursé. Nombreuses sont les bibliothèques américaines (et plus largement anglo-saxonnes) qui participent au programme Food for Fines » – [Source : enssibreves ]
Je trouve ça plutôt intelligent au fond…

Voyage interspatial vers la galaxie catalogage ISBD

Récit d’un voyage sans retour aux confins de l’univers dans une galaxie cabalistique…
Brouillard dense sur Rennes lundi matin à 5h30, heure inhabituelle de réveil pour moi. Je prends le premier bus de la semaine à 6h34 avec l’impression d’appartenir au monde de ceux qui se lèvent bien avant les autres… Je retrouve ma collègue Perrine à 7h00 à la garde de Rennes, l’oeil un peu hagard et la mine endormie. Quelques minutes plus tard, nous voilà confortablement installées dans le TER de 7h12 pour Nantes…encore loin d’imaginer ce qui nous attend !
Attrainissage à la gare de Nantes puis saut dans le tramway direction la BU Droit -Sciences économiques du campus du Tertre. A nous le stage de formation organisé par le CFCB Bretagne-Pays de la Loire. A nous l’initiation au catalogage ISBD. Autrement dit, bienvenue en enfer, sur une autre planète, celle des bibliothécaires d’un autre temps, archaïques et attachées corps et âme à leur langage cunéiforme et cabalistique !
Le catalogage ISBD : voilà une activité bien étrange à laquelle se livrent nombre de bibliothécaires sous l’égide de la BNF et de l’AFNOR, secte entièrement dédiée à la cause de la description physique des documents qui peuplent les rayonnages des bibliothèques. Et cette secte s’apparente à une vraie religion, avec une Bible (les Normes de catalogage de l’AFNOR, en 3 volumes), des rituels (inspection du livre sous toutes ses coutures), des fanatiques (les bibliothécaires de Ste Geneviève à Paris), des athées (nous !), des codes (signes de ponctuation en veux-tu en voilà…).
Chaque document intégrant le catalogue d’une bibliothèque (nettement moins coloré et fun que celui d’Ikea) se doit d’être décrit selon des critères bien précis, ceux de la norme Z44-050 – Description bibliographique des ressources de texte imprimé. Et il y a de quoi s’arracher les cheveux :
– une règle = trois exceptions au minimum ;
– des points qui ne peuvent en aucun cas être remplacés par des virgules ;
– des abréviations tout à fait inintelligibles ;
– des hiérarchies ubuesques entre page de titre, achevé d’imprimé, dépôt légal et copyright ;
– des comptes à dormir debout pour calculer le nombre de pages que compte un ouvrage ;
– un double-décimètre pour mesurer au centimètre près la hauteur des livres…
En bref, un langage méconnu de tous sauf de la grande congrégation des catalogueurs ! Voilà donc une galaxie incongrue où l’on aime couper les cheveux en quatre, sans prendre du tout en considération les besoins des utilisateurs, drones justes bons à occuper des fauteuils en bibiliothèque.
En quelques heures, le formateur nous a asséné les grands dogmes interplanétaires du catalogage…et voici ce à quoi nous avons abouti après avoir torturé nos petits cerveaux de néophytes :
Je m’ennuie à mourir [Texte imprimé] : formation au catalogage ISBD / Lisenn Morvan .- [S.l.] : J. Corti, DL 2010 .- 1 vol. (XV – 297 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 11 cm. .- ISBN 2-76-058944-2.
*voir traduction en fin de billet pour les plus curieux…

Nous voilà donc contaminées par cette maladie hautement contagieuse… Obligées de faire des exercices de transcription sans intérêt, juste pour le plaisir de certaines bibliothécaires zélées. Cette galaxie est hostile, sans originalité, revêche à toute évolution et parfaitement imperméable à toute personne incapable de comprendre son langage…une société ultra-orthodoxe, raciste et sans âme… Vivement le prochain vol intergalactique et le retour vers des planètes plus accueillantes !
Pauvre de nous, la formation se fait en 2 fois. Prochaine mission spatiale mode « Je vis sur une autre planète et j’en suis fière » : le stage de formation « Catalogage UNIMARC dans le SUDOC » en mars…

* réponse subsidiaire pour le fragment hiéroglyphique :
Le titre du livre est « Je m’ennuie à mourir » et son sous-titre est « formation au catalogage ISBD » ; il s’agit d’un texte imprimé. Il est écrit par Lisenn Morvan. L’éditeur est José Corti mais le lieu de la maison d’édition n’est pas précisé sur l’ouvrage (s.l. est l’abréviation indiquant sine loco, sans lieu en latin…quand je vous disais qu’elles étaient vieilles et archaïques les catalogueuses de Ste Geneviève….) ; la date d’édition est la date de dépôt légal en 2010. Le livre est constitué d’un seul volume ; il comprend deux sections de pagination : par exemple une préface de 15 pages puis le reste du livre sur 297 pages. Le livre comprend des illustrations et sa couverture est illustrée en couleurs. Enfin, le livre mesure 11 cm de hauteur. Son ISBN est 2-76-058944-2.

Je suis documentaliste et alors !


« Non, je ne suis pas vieille et moche (enfin, pas encore !)
Non, la dewey n’est pas mon livre de chevet !
(moins je la lis, mieux je me porte d’ailleurs !)
Non, je ne mets pas mes pantoufles en arrivant au CDI (mais parfois, j’enlève mes Birkenstock en juin quand il fait trop chaud !)
Non, je n’ai pas une bouteille de vodka cachée dans mon tiroir de gauche
(juste une bouteille de jus d’orange dans le placard, résidu du dernier goûter avec les informaticiens)
Non, je ne bois pas du thé toute la journée (mais j’ai une perf’ de café dans le bras gauche)
Non, ma fonction n’est pas d’archiver (je tamponne, j’imprime des étiquettes, je couvre des livres, je colle des affiches, je tapote sur mon clavier d’ordinateur, je découpe des journaux…et encore tout un tas d’activités manuelles passionnantes)
Non, je ne suis pas sur le site de la Camif toute la journée (arf, feu la CAMIF ! Resquiat in pace !)
Non, je ne suis pas une enseignante qui déteste les élèves
(ça m’a effleuré l’esprit, parfois, en collège….mais juste effleuré !)
Non, je ne ferme pas le CDI pour m’enfermer dedans (enfin, ça dépend avec qui !)
Non, le CDI ne m’appartient pas
(par contre, les crayons s’appellent reviennent…)
Non, je ne suis pas la secrétaire qui fait des photocopies (je fais juste le café !)
Non, je ne suis pas la frustrée de service derrière ses lunettes
(ben non, je porte des lentilles…)
Non, je ne suis pas assise toute la journée derrière mon bureau, qui ne se réduit pas d’ailleurs à une banque de prêts !
(parfois, je me dandine jusqu’à la cafetière et jusqu’à l’imprimante…)
Non, je ne punis pas quand un livre est rendu en retard ! (je réclame juste des carambars)

Oui, les élèves ont le droit de faire leurs devoirs au CDI (ils font même les exos du TD de stats’, impriment les cours d’économie et répondent à leurs mails perso !)
Oui, ils ont le droit de lire des BD et de discuter entre eux (je lis bien Courrier International et je papote bien avec mes collègues)
Oui, le CDI est un lieu cool, convivial et culturel…
(et en plus, il y fait chaud toute l’année…)
Oui, j’ai un capes comme les autres profs mais ça, personne ne le sait…
(je l’ai même eu du premier coup en finissant 10ème sur 120…mais chut !!!)
Oui, j’adore mon métier parce qu’il est diversifié !!!
(un peu trop même parfois…je deviendrais presque schizophrène !)
Oui, je sais ce que c’est l’informatique et ça me plaît d’être une internaute avertie ;) (elle blogue, elle facebooke, elle a un agrégateur de fils RSS très fourni et elle twitte même !)
Oui, j’aime les sciences de l’information, de la communication, la bibliothéconomie, les sciences de l’éduc’, et tout un tas de trucs universitaires !
(oui, enfin à petites doses quand même ! elle aime aussi Sex in the City et les pubs Nespresso avec Geooooooooooorges…de vraies valeurs quoi !)
Oui, je suis ouverte à toutes les cultures !
(mais pas la culture OGM par contre…)
Oui, je peux aussi être Un prof-doc ! »
(mais je préfère Meuf du CDI ou Super Librarian!)

[description du groupe Facebook « Je ne suis pas la Dame du CDI qui fait chut«  créé par Perrine Buffaz]

J’ai publié…

…un article dans la Revue de l’Association des Professeurs de Langues Vivantes.
Je dis ça de façon complètement insignifiante parce que ça ne change rien à ma vie de tous les jours et encore moins dans ma vie professionnelle…n’empêche que ça revêt toute son importance aux yeux des universitaires que je peux côtoyer…
Souvenez-vous des grèves ayant eu lieu dans l’enseignement supérieur cet hiver pour contrer la réforme LRU des Universités…un certain nombre d’enseignants-chercheurs s’insurgeaient notamment sur l’importance accordée à la bibliométrie, ou l’art de mesurer le volume de publications d’un chercheur et son impact sur la communauté scientifique. Pour être un bon chercheur, il faut publier un certain nombre d’articles d’après l’AERES (l’agence chargée d’évaluer l’ensemble des unités de recherche françaises)… « Un chercheur sachant publier peut être un bon chercheur », comme le dit Rue 89 dans
l’article éponyme qui vous expliquera les dérives de la bibliométrie bien mieux que moi…
Bref, à mon échelle, une publication ne signifie rien, si ce n’est qu’il s’agissait de rédiger un compte-rendu d’expérience sur la presse en classe de langue et que dans ma pratique professionenlle, ça m’a permis de formaliser certains points et de prendre du recul. Madame le Doyen de la Faculté de Sciences Economiques m’a adressé ses félicitations et a parlé de cet article lors de la réunion de fin d’année avec tous les enseignants de Sciences Eco. Mes collègues du SCELVA m’ont également félicitée… Je serai juste tentée de dire que c’est trop et que, au fond, le seul truc qui me satisfasse vraiment, c’est que cet article a été écrit en collaboration avec ma collègue d’anglais A. Lecroart…et que tout mon travail reposant sur la collaboration, je trouve que cet article n’est que le reflet le plus réussi de mon activité de documentaliste à l’Université à ce jour.
Résumé de l’article sur le site de l’APLV.
Pour celles et ceux qui souhaiteraient lire l’objet de ce post, je peux vous l’envoyer en format pdf…ça n’a rien de passionnant mais si vous insistez pour lire ma prose autre que sur ce blog, je veux bien partager…
Je ne fournis pas les Efferalgan et Doliprane par contre, ni les oreillers pour s’endormir…

Chignon numérique

J’ai assisté jeudi dernier aux Champs Libres à une journée professionnelle intitulée « Enjeux du numérique en bibliothèques » avec Perrine (collègue-amie, amie-collègue). Ben oui, les bibliothèques changent : les livres sont toujours présents mais les services numériques se développent et pour les Rennais qui l’ignorent, les Champs Libres sont à la pointe de ces changements… Première conférence plus qu’intéressante menée par Xavier Galaup, directeur-adjoint de la BDP du Haut-Rhin sur le web participatif en bibliothèque publique. Il a passé en revue tous les outils du Web 2.0 pouvant apporter une plus-value aux bibliothèques. En vrac : picnik, delicious et la socialisation de l’indexation, scribd, mp3tunes, blogs et wikis, Facebook, Twitter et le micro-blogging, les fils RSS, Google Reader, Netvibes, MySpace, flickRvision, musicPortI… Sur une centaine de participants, nous étions seulement 4 ou 5 à avoir un compte Twitter (OK, le mien datait de 2 semaines, mais quand même !) ! Diaporama disponible ci-dessous pour les plus curieux :

Sur la pause du midi, Perrine et moi sommes allées visiter l’expo Numériquement vôtre à l’Espace des Sciences. À l’aide de nombreuses manipulations ludiques, cette exposition nous éclaire sur le numérique et ses multiples applications : comment et pourquoi le numérique a changé notre quotidien et quels sont les impacts et enjeux sur nos vies. Le langage binaire informatique nous a beaucoup amusé…ainsi que l’appartement reconstitué où l’on retrouve 40 objets numériques qui partagent notre quotidien : écrans numériques divers et variés, aspirateur intelligent, Ipod, Nabaztag, e-book…

Nous avons testé un logiciel de morphing…ou comment je me transforme en Kevin Costner sous vos yeux…

Morphing from Morvan Lisenn on Vimeo.

Après-midi beaucoup plus studieuse avec une conférence de Philippe Carré, professeur à Paris Ouest Nanterre, sur « l’apprenance, nouvelle culture de la formation ». Le titre est barbare, je vous l’accorde, mais le propos l’était beaucoup moins : on assiste selon lui à une transformation de la culture de la formation. L’apprenant permanent, le citoyen lambda de nos jours, se nourrit des ressources des bibliothèques publiques en dehors de tous les autres lieux traditionnels de formation. Les Bibliothèques se tranforment en AOC, lieu d’Accueil, d’Orientation et de Conseil… Enfin dernière intervention de Cécile Denier, bibliothécaire à la BPI à Paris sur l‘offre en autoformation en langues. Je vous passe les détails : ça nous a beaucoup intéressé mais uniquement pour le boulot et nos centres de ressources en langues.
Journée riche donc où nous nous sommes senties très à la pointe avec Perrine…ben oui, nous, les Univers Netvibes, on pratique depuis septembre 2009 ; les agrégateurs de fils RSS, on jongle avec ; on entretient le lien social sur Facebook ; on blogue et depuis peu, je micro-bloggue (ou twitte pour les avertis :
ici)… Alors, le cliché de la bibliothécaire poussiéreuse cachée derrière ses lunettes et son chignon is dead !!! place à la documentaliste au chignon numérique, légèrement geekette sur les bords !

Professeur Tournesol

Comme toute documentaliste qui se respecte, je suis abonnée à plus d’une centaine de fils RSS pour suivre l’actualité. Comme toute documentaliste travaillant à l’Université de Rennes 1 qui se respecte, je suis abonnée au fil RSS « Actualités de Rennes 1 ».
Pour celles et ceux ne connaissant pas Rennes et n’ayant pas usé leurs fonds de jeans dans les amphis des universités rennaises, un petit rappel s’impose…. La ville de Rennes est une ville universitaire forte de 2 universités et d’environ 40 000 étudiants. L’Université de Rennes 1 est une université pluridisciplinaire regroupant des disciplines dites de « sciences humaines » (Droit, Philosophie, Économie, Gestion) et des disciplines dites de « sciences dures » (mathématiques, médecine, pharmacie, odontologie, biologie, informatique). L’Université de Rennes 2 se consacre aux langues, aux sciences artistiques et humaines, aux sciences sociales et au sport [les mauvaises langues diront aussi que les étudiants s’y forment à la grève et à la contestation…]. Je travaille à Rennes 1 depuis septembre 2004 et je continue à m’émerveiller face aux activités scientifiques, moi la littéraire pure et dure ayant usé mes jeans dans l’amphi Chateaubriand de Rennes 2…
Pas plus tard qu’hier, le fil RSS Actus de Rennes 1 a fait sonné la clochette curiosité de mon cerveau : « Expérience inédite de diffraction de neutrons – Première mondiale réalisée par des chimistes de l’UMR 6226« . Un tel titre ne pouvait vraiment pas me laisser indifférente… Je suis allée lire l’article relatant cette découverte et ça me laisse fort admirative. En effet, les chercheurs de Rennes 1, en partenariat avec des chercheurs de l’Université d’Oxford et de l’Institut Laue Langevin de Grenoble ont réalisé une expérience inédite par diffraction de neutrons. Cette technique très sensible aux éléments légers tels que l’oxygène a permis de suivre le comportement à haute température et sous flux d’hydrogène, de matériaux susceptibles d’intégrer les piles à combustible de demain. ont suivi in situ, en temps réel par diffraction de neutrons le comportement d’un oxyde, Pr2Sr2CrNiO8 sous atmosphère dynamique d’hydrogène jusqu’à plus de 700 °C. Ils ont ainsi pu déterminer quels atomes d’oxygène sont désintercalés de la structure et démontrer la stabilité du matériau sous flux d’hydrogène à haute température. Une telle expérience est un véritable défi puisque les réactions en atmosphère dynamique d’hydrogène présentent des risques de sécurité importants et que l’hydrogène est l’un des éléments les plus défavorables en diffusion neutronique. Cette expérience ouvre une nouvelle voie pour l’étude des mécanismes de réactions solide/H2-gaz dans des conditions extrêmes. La diversité des atmosphères pouvant être utilisées maintenant en diffusion de neutrons représente un avancement important dans l’étude de dispositifs de stockage de l’hydrogène ou de conduction ionique à haute température.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fascine…
« Fruit computer lab » by laimagendelmundo – FlickR

Bruits de couloir

« Je suis heureux comme un faisan ! »
C’est ce que déclamait ce matin un étudiant dans le couloir jouxtant mon lieu de travail. Ne connaissant point cette expression animalière, je me suis empressée de la googliser ; après quelques recherches, il s’avère que cette expression provient vraisemblablement de l’imaginaire fort développé de cet étudiant, lequel n’avait probablement pas connaissance de ce texte iranien de Firdousi Abou’Lkasim « Le livre de Feridoun et de Minoutchehr rois de Perse. Trad. de J. Mohl d’après le Shah-Nameh » paru en 1924. Dans le chapitre Feridoun envoie Djendil dans le Iemen , voici ce que l’on peut y lire : « Mais il ne trouva dans l’Iran aucun chef illustre avec lequel il aurait convenu à Feridoun de conclure une alliance, jusqu’à ce que le sage au cœur serein, au corps pur, fût arrivé chez Serv, le roi de Iemen. Il trouva chez lui ce que son maître lui avait indiqué, trois filles telles que Feridoun les cherchait. Il se présenta plein de joie devant Serv, heureux comme le faisan qui s’approche de la rose ; il baisa la terre, fit des excuses au roi, et implora sur lui la bénédiction de Dieu, disant : « Que le roi reste toujours glorieux, illustrant la couronne et le trône ! »

Plus d’infos sur ce livre rare :
(Source : http://www.maisonneuve-adrien.com/description/iran/firdousi.htm )
:
Plus beau spécimen de typographie orientale qui soit sorti des presses de l’Imprimerie Royale, le Shâh Nâmeh est sans doute l’œuvre littéraire la plus connue en Iran, et constitue une base incontournable pour les récitants et les poètes encore de nos jours.
Composé au 10ème siècle par Firdousi, le Shâh Nâmeh (Le Livre des Rois) est un poème épique persan de plusieurs milliers de vers (plus de 60 000 distiques), écrit dans un langage simple et clair. Il retrace l’histoire de l’Iran depuis la création du monde jusqu’à la conquête arabe : Firdousi y a mis en vers de nombreuses histoires persanes légendaires ou anecdotiques.
Oeuvre à fort caractère patriotique, le Shâ Nâmeh est animé d’un vif sentiment national, de considérations morales et de morceaux lyriques. A l’époque où le Shâ Nâmeh a été écrit, la langue arabe prenait une importance considérable au niveau littéraire. Firdousi a contribué à la sauvegarde du persan en s’efforçant d’utiliser principalement des mots purement perses et non arabes. Il a ainsi sauvé la langue persane de l’oubli et ses textes servent toujours de référence linguistique.

Ecolo sur tous les fronts…

Un des avantages du métier de documentaliste, c’est entre autres d’être payée pour lire les journaux….Je dépouille donc religieusement toutes les semaines la presse anglophone, hispanophone et germanophone. Je consacre une attention toute particulière à la rubrique Insolites de Courrier International…et ma peine est récompensée aujourd’hui !!!
Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette petite découverte…

Courrier International n°958 du 12 au 18 mars 2009 – Rubrique « Insolites »

« Forniquez solidaire »
Il y avait le safe sex, voici les préservatifs solidaires et écolos. Les capotes anglaises (“French letters” en anglais) de French Letter Condoms, fabriquées en latex naturel en Inde et au Sri Lanka, sont estampillées “commerce équitable”. Chaque pochette vendue contribue à l’amélioration des salaires et des soins de santé des récoltants d’hévéa et de leur communauté, note le site (triplepundit.com). Et, contrairement au latex synthétique dénoncé par les défenseurs de l’environnement, le latex naturel est biodégradable. Les sex toys aussi se la jouent écolo. Aux Etats-Unis, Dreamscape recycle les vibromasseurs usagés de toutes marques. Nettoyez vos joujoux d’alcôves et postez-les : la société leur donne une seconde vie et vous offre un bon de 10 dollars d’achat en sus, indique le magazine Fast Company.
http://www.fastcompany.com/blog/ariel-schwartz/sustainability/fair-trade-condoms-recyclable-toys-ethical-sex