Archives pour la catégorie On se remue ?

A la découverte de Marichyasana…

Dimanche dernier, j’ai vécu une expérience sensorielle et physique tout à fait nouvelle. Inscrite à une pratique collective d’Ashtanga Yoga dans le cadre d’un regroupement de profs d’Ashtanga à Rennes, j’ai expérimenté durant un peu moins de deux heures une pratique de yoga à la fois individuelle mais aussi collective, corrigée par des enseignants expérimentés. Une atmosphère chaude et humide où 42 élèves respiraient et suaient en cadence. Bangkok like.

Cette pratique était non guidée, chacun enchaînant les postures de la série A à son rythme et en fonction de sa connaissance des divers asanas qui la composent. Série raccourcie pour moi donc qui ne pratique l’Ashtanga depuis seulement 15 mois. Mais j’étais fort bien entourée avec une souffleuse hors pair qui palliait à mes lacunes alzheimriques…

Et c’est ainsi, sous les conseils et l’aide de Jenny, prof d’Ashtanga à Lyon, que j’ai réussi à entrer dans le monde fabuleux de Marichyasana C, une posture qui d’habitude me fait vraiment tirer la grimace…

marichyasana-c

Source photo : http://fr.ashtangayoga.info/practice/primary-series-yoga-chikitsa/item/marichyasana-c/

J’ai écouté ma respiration, j’ai visualisé les deux hémisphères de mon cerveau, j’ai torsionné du mieux que j’ai pu, j’ai agrippé pour la 1ère fois mes mains dans le dos et j’ai senti, notamment du côté droit, un tout qui se déliait dans ma colonne…

Une énergie folle en sortant alors que la pratique du mercredi soir m’avachit dans mon canapé tranquillement. Un appétit d’ogre. Et un corps tout courbaturé dès le lendemain… Mais c’était chouette !

Piscine de rêve

Au Chili, on ne tergiverse pas entre piscine de 25m ou 50m… En VO dans le texte : La piscina del complejo turístico de San Alfonso del Mar, en Chile, es la más grande del mundo : Un kilómetro de piscina !

piscine-valparaiso

En voir un peu plus sur El País. Et en savoir plus sur Wikipedia

Allez, prends ton bikini et tes palmes, on va faire des longueurs… (et on dit merci à @Luziadell pour cette info magistrale)

crevettes

La Reine des plongeons et des maillots de bain

Esther Williams a tiré sa révérence de sirène le 06 juin 2013. Cette championne de natation californienne fut célèbre dans les années 40-50 pour ses films musicaux plein de ballets aquatiques et de plongeons. Je vous avais parlé d’elle en janvier 2012 dans ce billet.

esther-williams

Pour la peine, vous reprendrez bien un peu de ski nautique, version natation synchronisée

Agitato : danses à tous les étages

La danse, c’est une partie de ma vie. Alors quand le Triangle à Rennes propose Agitato, je ne peux pas m’empêcher d’y jeter un œil… et je noircis compulsivement mon Moleskine ! Sélection fortement subjective ci-dessous.
Infos pratiques : http://www.letriangle.org/informations-pratiques.html

programme_agitato_2013

Faire des ponts et Voler de Florence Casanave / Body Works
Pour tous ceux qui veulent défier la force de gravité… Manuel d’usage à appliquer dès que possible :
1/ Observer la brume qui s’évapore au petit matin.
2/ Etudier les battements d’ailes des oiseaux dans le ciel.
3/ Faire basculer l’espace de 90, 180 ou 360°.
4/ Explorer toutes les pistes de décollages qu’offre l’environnement.
5/ Faire des ponts et Voler…
A voir et revoir : mardi 12 mai à 13h (durée 10-15mn) Place Hoche / mercredi 22 mai à 12h30 (durée 10-15mn) Place Hoche / samedi 25 mai à 17h45 (durée 10-15 mn) Le Triangle, esplanade.

Un grillage + Danser la ville par Florence Caillon / Danseurs acrobates : Valentine Mathiez, Justine Bernachon
De l’accro-danse contre un grillage ou avec les éléments du mobilier urbain . Si vous aimez les transgressions, le dépassement des limites, la lutte pour l’espace vital…
A voir et revoir : mercredi 22 mai à 13h puis 14h durée (10 mn) Jardins du Thabor / samedi 25 mai à 16h40 puis 19h15 (durée 10 mn)  Le Triangle, jardins

Soirée vitaminée deux pour le prix d’un ! Buanattitude par Junior Bosila / Legendary Sauceurs Show par Iron Mike & Franqey.
Junior Bosila est l’un des dix meilleurs breakers au monde. Buanattitude est un voyage initiatique qui bouscule entre une Afrique fantasmée et sa réalité multiple.
En 1ère partie : découvrez Legendary Sauceurs Show  par le Duo Iron Mike et Franqey. Ou comment découvrir le popping, danse debout dont le principe de base est la contraction et la décontraction des muscles en rythme.
A voir : mercredi 22 mai à 21h (durée 1h) Le Triangle, auditorium

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Parkinson + iP par Alain Michard + Mustapha Kaplan.
Parkinson est un Essai sur le tremblement, le balbutiement, le bégaiement, le débordement, ou encore la transe, pour tout dire. Alain Michard est chorégraphe et artiste visuel. Ces dernières années, il a développé en parallèle ses projets sur plusieurs terrains : les pièces pour la scène, les formes hybrides (performances-conférences-installations), et divers projets in-situ. Son travail pour la scène est orienté vers les notions de théâtralité (le récit, le personnage, la voix), de sculpture de la représentation, et de dramaturgie sonore. Et ses thématiques récurrentes sont celles de l’accident, la dérive, l’accumulation. Que ce soit pour la scène ou pour les espaces publics, ses projets naissent des contextes où ils se développent et s’en nourrissent. Certains d’entre eux ressortent d’un projet global de « pratique de la ville », souvent mené en collaboration avec les habitants, autour des notions de territoire, d’imaginaire du quotidien, de regard actif, inclusif et intrusif, d’investissement des espaces publics par des espaces intimes.

iP est inspiré de la ville de Copenhague, où Mustapha Kaplan a concentré ses recherches. iP travaille sur la perception en proposant un parcours où l’espace se construit et se déconstruit au fur et à mesure de la performance. A l’aide de matériaux simples, Mustafa Kaplan fait jaillir des formes, organise les espaces, joue avec les volumes, modifie les distances, transforme les surfaces. Simple, économique iP fait rêver et joue avec notre imaginaire, dans une démarche à la croisée de la danse et des arts plastiques.
A voir : jeudi 23 mai à 19h (durée 1h) Le Triangle, archipel

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Cave par James Wilton / James Wilton Dance
S’inspirant des philosophies de Platon et de Jean-Paul Sartre, Cave est une exploration de nos perceptions de la réalité et de notre désir de mettre la vérité au grand jour. Cave a été créée lors d’une résidence de la compagnie à South Hill Park.
Quatre danseurs, une femme et trois hommes, dont James Wilton, bondissent tels des ressorts qui se détendraient et fuseraient dans les airs, puis percuteraient le sol pour mieux rouler, tourner et voler à nouveau dans l’espace à des vitesses foudroyantes. Ils se bousculent, combattant, courant, se heurtant les uns aux autres, évacuant l’un, lançant l’autre au travers de la scène.
A voir : vendredi 24 mai à 20h (durée 30mn) Le Triangle, auditorium

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It’s going to get worse and worse and worse, my friend par Lisbeth Gruwez / Voetvolk
It’s going to get worse… explore le lien entre langage et mouvement. Comment les mots investissent le corps, progressivement, et finissent par le posséder, l’amenant jusqu’à une transe extatique dans le but de convaincre et de bouleverser l’auditoire.
La composition sonore de Maarten Van Cauwenberghe utilise un discours du télé-évangéliste américain ultraconservateur Jimmy Swaggart. Les mots d’une dizaine de phrases de l’un de ses discours y sont mixés, déconstruits, déformés. Inspirée également par la gestuelle et les discours d’Hitler, de Mussolini et d’autres dictateurs, la danse précise, tranchante, dénonce la violence et la manipulation qui se cachent dans les gestes et la voix.
A voir : vendredi 24 mai à 21h (durée 50mn) Le Triangle, auditorium

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Invitations à danser
Avec les enseignants des ateliers du Triangle, si tu veux découvrir des danses dont les noms font rêver, tente ta chance ! viens t’essayer au flamenco, à la danse orientale, à la danse africaine… :
samedi 25 mai  à 11h (Marché de Zagreb) : Danse flamenco > Cécile Apsâra
samedi 25 mai à 16h10 (Le Triangle, esplanade) : Danse orientale > Emmanuelle Le Coq, Céline Yavetz
samedi 25 mai à 16h50 (Le Triangle, esplanade) : Danse flamenco > Cécile Apsâra
samedi 25 mai à 18h (Le Triangle, esplanade) : Danses brésiliennes > Laïs Rullier
samedi 25 mai à 18h45 (Le Triangle, esplanade) : Danse africaine > Morgane Rey

Invitations à danser avec les artistes du festival AGITATO. Parce que tu peux aussi essayer de danser avec les chorégraphes. Chaque veille de spectacle, ces invitations à danser vous transportent dans l’univers des artistes du festival :
mercredi 22 mai  de 17h15 à 18h avec James Wilton
jeudi  23 mai de 18h à 18h45 avec Joanne Leighton
vendredi 24 mai de 18h à 18h45 avec Florence Casanave

Visites MP3 du Triangle  : Vous rêvez d’être une petite souris pour vous glisser derrière la célèbre pancarte interdit au public ? Le Triangle vous permet de découvrir les coulisses, les studios, les loges des artistes. Montage technique, répétitions, discussions de couloirs… vous saurez tout ! MP3 fournis sur place / à partir de 7 ans / durée 50 mn
A faire : samedi 25 mai à 16h puis à 18h

Petit poisson deviendra grand

Le secret de la sieste de 3h le vendredi après-midi réside dans la séance de natation du matin. Descriptif .

Plouf !

Echauffement :
100 m SAC (Souple au Choix)
100 4 nages (uniquement en jambes)
100 4 nages

Bloc technique (en crawl):
1è série : 25m Bras Droit / 25 m NC (Nage Complète) / 25m Bras Gauche / 25m NC / 25m Rattrapé / 25m NC / 25m Opposition / 25m NC = 200m
Récup’ de 10 secondes
2è série : 25m Ouistiti / 25m NC / 25m hanche-épaule-tête / 25m NC / 25m Râteau / 25m NC / 25m zip / 25m NC = 200m
Récup’ de 10 secondes
3è série : 25m Petit chien / 25m NC / 25m Grand Chien / 25m NC / 25m Polo / 25m NC / 25m demi-brasse de bras/25m NC = 200m

Bloc physio (en crawl) :
200m Plq + PB en vitesse 2 (vitesse du 1000m)
Récup’ de 10 secondes
200m PB en vitesse 3 (vitesse du 400m)
Récup’ de 10 secondes
200m en vitesse 4 (vitesse du 200m)

Récup’
100m dos de brasse
100m SAC

Petite séance pourtant, seulement 1700m ! Mais rajoutée aux 1h15 de yoga du lundi, aux 2h de danse du mardi, aux 1h30 de yoga du mercredi et aux déplacements en vélo toute la semaine… Avec tout ça, on fait une sieste de 3h le vendredi après-midi.

Voilà ! A vous de tester la recette…

Tomasz Gudzowatyhttp://gudzowaty.com/

Tomasz Gudzowaty
http://gudzowaty.com/

Puz/zle : le Tetris géant chorégraphié

Un succès à Avignon en juillet, dans la carrière de Boulbon. C’est donc auréolé des lauriers du premier de la classe que Sidi Larbi Cherkaoui est venu présenter sa nouvelle pièce chorégraphique Puz/zle au TNB à Rennes.

Et quelle proposition ! 1h45 au bout desquelles on finit les tripes remuées, les rétines flinguées, des frissons partout et parfois les larmes aux yeux.

J’étais placée au 2è rang, au bord de ce Tétris géant, fait de blocs de « béton » modulables. Tantôt écran pour projection d’images, tantôt Mémorial de l’Holocauste de Berlin, tantôt escalier où dégoulinent les corps, tantôt Acropole athénienne, tantôt vulgaire mur de béton à graffitis. Ces blocs monolithes gris dansent sur scène, sous les gestes précis des danseurs. Un Tétris-puzzle, où chaque pièce doit trouver sa place. Comme les danseurs, tantôt écrasés sous les blocs, tantôt les escaladant, tantôt construisant et déconstruisant des figures.

Le chorégraphe explore les continents, les musiques, les émotions, les religions. Un joyeux mélange des genres, notamment musical. Entre les polyphonies corses d’A Filetta, les sonorités orientales de Fadia Tomb El-Hage, chanteuse libanaise et les percussions extrême-orientales du musicien japonais Kazunari Abe. Un mélange des corps relatifs aux spécificités des danseurs : hip-hop, butô, performances athlétiques… Une danse très théâtralisée où le propos et les visages sont graves. Des pas de deux, de trois, des ensembles, où le geste est le même ou en canon. Un duo masculin digne de la Mort du Cygne. Au fond, un spectacle qui s’apparente à une vraie recherche spirituelle.

Des pavés également. Accessoires chorégraphiques à part entière. Instruments de musique ou écueils dans les mouvements des danseurs. Autre accessoire, les costumes hybrides : les danseurs sont entièrement vêtus de noir et en sarouels sur le premier tableau, puis portent des vêtements blancs et noirs asymétriques et différents pour chacun des danseurs dans le deuxième tableau et enfin on les retrouve en vêtements de ville et baskets dans le troisième tableau, où la fluidité des mouvements est mise en avant.

De très belles images comme cette ligne de mouvements créée par les danseurs sur l’escalier oscillant de façon linéaire puis anarchique au son de la flûte du japonais Kazunari Abe.  Le chorégraphe se serait inspiré des mouvements de la nature (atomes, chaîne ADN, virus). Que l’on retrouve effectivement dans cette ronde de danseurs qui se fait et se défait, petits pavés au creux des mains, comme si ces derniers, par une étrange attraction-répulsion les entraînaient.

Un grand moment de danse donc, entre ordre et désordre, malgré quelques longueurs (le tableau mi-Babylone mi-Acropole m’a un peu moins fasciné que les deux autres…). Un grand chorégraphe, incontournable.

Et comme Arte Live Web, ce sont vraiment des gens chouettes (je ne vous le répéterai jamais assez !), occasion vous est donnée, si vous n’aviez pas pris de place pour le TNB de découvrir cette chorégraphie dans sa version « avignonesque »…

Béjart, shoot de danse puissance 10

Il est des ballets ou des scènes ou des chorégraphes que l’on se doit de voir quand on est un tant soit peu passionné(e) de danse.

Certains rêves deviennent parfois réalité, comme voir Carolyn Carlson au Théâtre de la Ville, avoir enfin assisté à une représentation du Lac des Cygnes, voir un ballet de Preljocaj… La liste est longue : voir West Side Story à NYC, aller une fois au Bolchoï, voir un ballet à l’Opéra Garnier. Depuis mercredi dernier, j’ai réalisé un de ces rêves : voir le ballet de Béjart et notamment son Bolero.

Hop, direction Paris mercredi en fin d’après-midi. RDV avec ma mère et ma tante au Palais des Congrès Porte Maillot. Au programme : 3 ballets – Dionysos, Aria et le Boléro – pour les 25 ans du Béjart Ballet Lausanne dont deux totalement inédits à Paris (Dionysos et Aria).
La salle est comble. Rien que la bagatelle de 3 300 personnes. Une jauge impressionnante. Nous sommes relativement bien placées, rang L au centre. Les tarifs s’échelonnent de 47 à 122 euros et je ne saurais que trop remercier ma maman de m’avoir offert ce très beau cadeau d’anniversaire…

Dionysos (suite) est une chorégraphie de Maurice Béjart, créée en 1984 : Dans une taverne grecque de nos jours, un Grec raconte le mythe de Dionysos, sa naissance miraculeuse et ses danses endiablées qui, de la Grèce, rejoignent le Moyen Orient sur la Route des Indes. Et le rêve devient réalité et la danse dionysiaque s’empare de l’espace.


Ce ballet transpire la force masculine et en même temps sa grande sensualité. Les danseurs dégagent une puissance incroyable et en même temps une douceur que l’on est plus habitués à voir chez les danseuses. Les costumes sont splendides, signés Versace.

La musique grecque, un brin nostalgique, composée par Manos Hadjidakis contraste avec les extraits de Wagner. Et quand vers la fin de la chorégraphie, un battle de sirtaki s’improvise, on se prête à penser que Béjart était décidément un grand visionnaire et avait anticipé les batlles de hip-hop !

Un vrai tourbillon de couleurs dédié à la danse. Une trentaine de danseurs sur scène alternant les tableaux…


Trois solistes sortent cependant du lot : Le duo Kateryna Shalkina, Semele d’une renversante féminité, et Julien Favreau, Zeus à la grâce olympienne, qui exécutent un pas de deux absolument renversant avec un porté de toute beauté.

Et il y a Oscar Chacon, Dionysos éblouissant de présence charnelle, d’une sensualité à l’état pur. Des lignes fluides, une souplesse du corps, un travail d’interprétation absolument renversants. Gros succès à l’applaudimètre…

Après l’entracte, voici Aria, ballet de Gil Roman sur le mythe du Minotaure, créé en 2008 peu après la mort de Maurice Béjart, et qui fait aussi partie du programme anniversaire : Le mythe du Minotaure, mis en scène dans Aria, est à l’image de la condition d’artiste, de sa situation labyrinthique interne : la tentative de fusion entre l’instinct et la raison.

Un très beau ballet, très contemporain dans son approche. Très intellectuel. Même si la marque du maître est toujours là, Gil Roman impose sa patte. Les musiques ne sont plus qu’instrumentales ; elles relèvent aussi de choix beaucoup plus contemporains. Entre les chants traditionnels inuits, des extraits de J.-S. Bach, de Nine Inch Nails ou de Melponem, une volonté de briser l’ensemble musical et de créer un patchwork à entendre.
De très belles scènes d’ensemble…

Un duo en noir et rouge absolument splendide. Trois Ariane(s) promenant un homme par le dos de la chemise…

Extrait :

Dernier entracte avant de retenir son souffle pendant environ 15 minutes pour le Boléro par Béjart. Un ballet mondialement connu sur la partition de Ravel : Maurice Béjart précise en ces termes sa conception de l’oeuvre de Ravel: «Musique très connue et pourtant toujours nouvelle grâce à sa simplicité. Une mélodie – d’origine orientale et non espagnole – s’enroule inlassablement sur elle-même, va en augmentant de volume et d’intensité, dévorant l’espace sonore et engloutissant à la fin la mélodie».

Maurice Béjart confie le rôle central – la Mélodie – tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le Rythme est interprété par un groupe de danseurs.
Mercredi, j’ai assisté à la version Un homme, des Hommes. Le soliste qui interprète la Mélodie est au centre de la pièce sur un tambour rouge. Le Rythme est assis sur des chaises rouges installées en U autour du tambour. Quand le mouvement se lance, on aperçoit d’abord uniquement les mains de la Mélodie grâce à une poursuite. Puis le corps du danseur prend vie, avec une précision, une force, une douceur. Le Rythme évolue au gré des mouvements du Boléro. Jusqu’à l’apothéose finale.

Il est difficile de décrire ce qu’on ressent à la vue de ce ballet. La musique prend aux tripes, nous entraîne dans son sillage hypnotique. Tout comme ce cercle rouge au centre de la scène avec le soliste. Les mouvements saccadés puis déliés du Rythme, composé par les 30 danseurs finissent de nous ensorceler. J’ai eu des frissons pendant 15 minutes ; j’ai dû oublier de respirer une bonne dizaine de fois ; j’avais les larmes aux yeux à la fin, devant tant de beauté et de perfection chorégraphique… Le Boléro par Béjart, c’est un shoot de danse puissance 10. Dont on ne se remet jamais je pense…

Prenez votre inspiration, laissez-vous emporter. Drogue douce mais intense…

Encore merci, maman…