Archives pour la catégorie danse

Agitato : danses à tous les étages

La danse, c’est une partie de ma vie. Alors quand le Triangle à Rennes propose Agitato, je ne peux pas m’empêcher d’y jeter un œil… et je noircis compulsivement mon Moleskine ! Sélection fortement subjective ci-dessous.
Infos pratiques : http://www.letriangle.org/informations-pratiques.html

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Faire des ponts et Voler de Florence Casanave / Body Works
Pour tous ceux qui veulent défier la force de gravité… Manuel d’usage à appliquer dès que possible :
1/ Observer la brume qui s’évapore au petit matin.
2/ Etudier les battements d’ailes des oiseaux dans le ciel.
3/ Faire basculer l’espace de 90, 180 ou 360°.
4/ Explorer toutes les pistes de décollages qu’offre l’environnement.
5/ Faire des ponts et Voler…
A voir et revoir : mardi 12 mai à 13h (durée 10-15mn) Place Hoche / mercredi 22 mai à 12h30 (durée 10-15mn) Place Hoche / samedi 25 mai à 17h45 (durée 10-15 mn) Le Triangle, esplanade.

Un grillage + Danser la ville par Florence Caillon / Danseurs acrobates : Valentine Mathiez, Justine Bernachon
De l’accro-danse contre un grillage ou avec les éléments du mobilier urbain . Si vous aimez les transgressions, le dépassement des limites, la lutte pour l’espace vital…
A voir et revoir : mercredi 22 mai à 13h puis 14h durée (10 mn) Jardins du Thabor / samedi 25 mai à 16h40 puis 19h15 (durée 10 mn)  Le Triangle, jardins

Soirée vitaminée deux pour le prix d’un ! Buanattitude par Junior Bosila / Legendary Sauceurs Show par Iron Mike & Franqey.
Junior Bosila est l’un des dix meilleurs breakers au monde. Buanattitude est un voyage initiatique qui bouscule entre une Afrique fantasmée et sa réalité multiple.
En 1ère partie : découvrez Legendary Sauceurs Show  par le Duo Iron Mike et Franqey. Ou comment découvrir le popping, danse debout dont le principe de base est la contraction et la décontraction des muscles en rythme.
A voir : mercredi 22 mai à 21h (durée 1h) Le Triangle, auditorium

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Parkinson + iP par Alain Michard + Mustapha Kaplan.
Parkinson est un Essai sur le tremblement, le balbutiement, le bégaiement, le débordement, ou encore la transe, pour tout dire. Alain Michard est chorégraphe et artiste visuel. Ces dernières années, il a développé en parallèle ses projets sur plusieurs terrains : les pièces pour la scène, les formes hybrides (performances-conférences-installations), et divers projets in-situ. Son travail pour la scène est orienté vers les notions de théâtralité (le récit, le personnage, la voix), de sculpture de la représentation, et de dramaturgie sonore. Et ses thématiques récurrentes sont celles de l’accident, la dérive, l’accumulation. Que ce soit pour la scène ou pour les espaces publics, ses projets naissent des contextes où ils se développent et s’en nourrissent. Certains d’entre eux ressortent d’un projet global de « pratique de la ville », souvent mené en collaboration avec les habitants, autour des notions de territoire, d’imaginaire du quotidien, de regard actif, inclusif et intrusif, d’investissement des espaces publics par des espaces intimes.

iP est inspiré de la ville de Copenhague, où Mustapha Kaplan a concentré ses recherches. iP travaille sur la perception en proposant un parcours où l’espace se construit et se déconstruit au fur et à mesure de la performance. A l’aide de matériaux simples, Mustafa Kaplan fait jaillir des formes, organise les espaces, joue avec les volumes, modifie les distances, transforme les surfaces. Simple, économique iP fait rêver et joue avec notre imaginaire, dans une démarche à la croisée de la danse et des arts plastiques.
A voir : jeudi 23 mai à 19h (durée 1h) Le Triangle, archipel

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Cave par James Wilton / James Wilton Dance
S’inspirant des philosophies de Platon et de Jean-Paul Sartre, Cave est une exploration de nos perceptions de la réalité et de notre désir de mettre la vérité au grand jour. Cave a été créée lors d’une résidence de la compagnie à South Hill Park.
Quatre danseurs, une femme et trois hommes, dont James Wilton, bondissent tels des ressorts qui se détendraient et fuseraient dans les airs, puis percuteraient le sol pour mieux rouler, tourner et voler à nouveau dans l’espace à des vitesses foudroyantes. Ils se bousculent, combattant, courant, se heurtant les uns aux autres, évacuant l’un, lançant l’autre au travers de la scène.
A voir : vendredi 24 mai à 20h (durée 30mn) Le Triangle, auditorium

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It’s going to get worse and worse and worse, my friend par Lisbeth Gruwez / Voetvolk
It’s going to get worse… explore le lien entre langage et mouvement. Comment les mots investissent le corps, progressivement, et finissent par le posséder, l’amenant jusqu’à une transe extatique dans le but de convaincre et de bouleverser l’auditoire.
La composition sonore de Maarten Van Cauwenberghe utilise un discours du télé-évangéliste américain ultraconservateur Jimmy Swaggart. Les mots d’une dizaine de phrases de l’un de ses discours y sont mixés, déconstruits, déformés. Inspirée également par la gestuelle et les discours d’Hitler, de Mussolini et d’autres dictateurs, la danse précise, tranchante, dénonce la violence et la manipulation qui se cachent dans les gestes et la voix.
A voir : vendredi 24 mai à 21h (durée 50mn) Le Triangle, auditorium

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Invitations à danser
Avec les enseignants des ateliers du Triangle, si tu veux découvrir des danses dont les noms font rêver, tente ta chance ! viens t’essayer au flamenco, à la danse orientale, à la danse africaine… :
samedi 25 mai  à 11h (Marché de Zagreb) : Danse flamenco > Cécile Apsâra
samedi 25 mai à 16h10 (Le Triangle, esplanade) : Danse orientale > Emmanuelle Le Coq, Céline Yavetz
samedi 25 mai à 16h50 (Le Triangle, esplanade) : Danse flamenco > Cécile Apsâra
samedi 25 mai à 18h (Le Triangle, esplanade) : Danses brésiliennes > Laïs Rullier
samedi 25 mai à 18h45 (Le Triangle, esplanade) : Danse africaine > Morgane Rey

Invitations à danser avec les artistes du festival AGITATO. Parce que tu peux aussi essayer de danser avec les chorégraphes. Chaque veille de spectacle, ces invitations à danser vous transportent dans l’univers des artistes du festival :
mercredi 22 mai  de 17h15 à 18h avec James Wilton
jeudi  23 mai de 18h à 18h45 avec Joanne Leighton
vendredi 24 mai de 18h à 18h45 avec Florence Casanave

Visites MP3 du Triangle  : Vous rêvez d’être une petite souris pour vous glisser derrière la célèbre pancarte interdit au public ? Le Triangle vous permet de découvrir les coulisses, les studios, les loges des artistes. Montage technique, répétitions, discussions de couloirs… vous saurez tout ! MP3 fournis sur place / à partir de 7 ans / durée 50 mn
A faire : samedi 25 mai à 16h puis à 18h

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Puz/zle : le Tetris géant chorégraphié

Un succès à Avignon en juillet, dans la carrière de Boulbon. C’est donc auréolé des lauriers du premier de la classe que Sidi Larbi Cherkaoui est venu présenter sa nouvelle pièce chorégraphique Puz/zle au TNB à Rennes.

Et quelle proposition ! 1h45 au bout desquelles on finit les tripes remuées, les rétines flinguées, des frissons partout et parfois les larmes aux yeux.

J’étais placée au 2è rang, au bord de ce Tétris géant, fait de blocs de « béton » modulables. Tantôt écran pour projection d’images, tantôt Mémorial de l’Holocauste de Berlin, tantôt escalier où dégoulinent les corps, tantôt Acropole athénienne, tantôt vulgaire mur de béton à graffitis. Ces blocs monolithes gris dansent sur scène, sous les gestes précis des danseurs. Un Tétris-puzzle, où chaque pièce doit trouver sa place. Comme les danseurs, tantôt écrasés sous les blocs, tantôt les escaladant, tantôt construisant et déconstruisant des figures.

Le chorégraphe explore les continents, les musiques, les émotions, les religions. Un joyeux mélange des genres, notamment musical. Entre les polyphonies corses d’A Filetta, les sonorités orientales de Fadia Tomb El-Hage, chanteuse libanaise et les percussions extrême-orientales du musicien japonais Kazunari Abe. Un mélange des corps relatifs aux spécificités des danseurs : hip-hop, butô, performances athlétiques… Une danse très théâtralisée où le propos et les visages sont graves. Des pas de deux, de trois, des ensembles, où le geste est le même ou en canon. Un duo masculin digne de la Mort du Cygne. Au fond, un spectacle qui s’apparente à une vraie recherche spirituelle.

Des pavés également. Accessoires chorégraphiques à part entière. Instruments de musique ou écueils dans les mouvements des danseurs. Autre accessoire, les costumes hybrides : les danseurs sont entièrement vêtus de noir et en sarouels sur le premier tableau, puis portent des vêtements blancs et noirs asymétriques et différents pour chacun des danseurs dans le deuxième tableau et enfin on les retrouve en vêtements de ville et baskets dans le troisième tableau, où la fluidité des mouvements est mise en avant.

De très belles images comme cette ligne de mouvements créée par les danseurs sur l’escalier oscillant de façon linéaire puis anarchique au son de la flûte du japonais Kazunari Abe.  Le chorégraphe se serait inspiré des mouvements de la nature (atomes, chaîne ADN, virus). Que l’on retrouve effectivement dans cette ronde de danseurs qui se fait et se défait, petits pavés au creux des mains, comme si ces derniers, par une étrange attraction-répulsion les entraînaient.

Un grand moment de danse donc, entre ordre et désordre, malgré quelques longueurs (le tableau mi-Babylone mi-Acropole m’a un peu moins fasciné que les deux autres…). Un grand chorégraphe, incontournable.

Et comme Arte Live Web, ce sont vraiment des gens chouettes (je ne vous le répéterai jamais assez !), occasion vous est donnée, si vous n’aviez pas pris de place pour le TNB de découvrir cette chorégraphie dans sa version « avignonesque »…

Béjart, shoot de danse puissance 10

Il est des ballets ou des scènes ou des chorégraphes que l’on se doit de voir quand on est un tant soit peu passionné(e) de danse.

Certains rêves deviennent parfois réalité, comme voir Carolyn Carlson au Théâtre de la Ville, avoir enfin assisté à une représentation du Lac des Cygnes, voir un ballet de Preljocaj… La liste est longue : voir West Side Story à NYC, aller une fois au Bolchoï, voir un ballet à l’Opéra Garnier. Depuis mercredi dernier, j’ai réalisé un de ces rêves : voir le ballet de Béjart et notamment son Bolero.

Hop, direction Paris mercredi en fin d’après-midi. RDV avec ma mère et ma tante au Palais des Congrès Porte Maillot. Au programme : 3 ballets – Dionysos, Aria et le Boléro – pour les 25 ans du Béjart Ballet Lausanne dont deux totalement inédits à Paris (Dionysos et Aria).
La salle est comble. Rien que la bagatelle de 3 300 personnes. Une jauge impressionnante. Nous sommes relativement bien placées, rang L au centre. Les tarifs s’échelonnent de 47 à 122 euros et je ne saurais que trop remercier ma maman de m’avoir offert ce très beau cadeau d’anniversaire…

Dionysos (suite) est une chorégraphie de Maurice Béjart, créée en 1984 : Dans une taverne grecque de nos jours, un Grec raconte le mythe de Dionysos, sa naissance miraculeuse et ses danses endiablées qui, de la Grèce, rejoignent le Moyen Orient sur la Route des Indes. Et le rêve devient réalité et la danse dionysiaque s’empare de l’espace.


Ce ballet transpire la force masculine et en même temps sa grande sensualité. Les danseurs dégagent une puissance incroyable et en même temps une douceur que l’on est plus habitués à voir chez les danseuses. Les costumes sont splendides, signés Versace.

La musique grecque, un brin nostalgique, composée par Manos Hadjidakis contraste avec les extraits de Wagner. Et quand vers la fin de la chorégraphie, un battle de sirtaki s’improvise, on se prête à penser que Béjart était décidément un grand visionnaire et avait anticipé les batlles de hip-hop !

Un vrai tourbillon de couleurs dédié à la danse. Une trentaine de danseurs sur scène alternant les tableaux…


Trois solistes sortent cependant du lot : Le duo Kateryna Shalkina, Semele d’une renversante féminité, et Julien Favreau, Zeus à la grâce olympienne, qui exécutent un pas de deux absolument renversant avec un porté de toute beauté.

Et il y a Oscar Chacon, Dionysos éblouissant de présence charnelle, d’une sensualité à l’état pur. Des lignes fluides, une souplesse du corps, un travail d’interprétation absolument renversants. Gros succès à l’applaudimètre…

Après l’entracte, voici Aria, ballet de Gil Roman sur le mythe du Minotaure, créé en 2008 peu après la mort de Maurice Béjart, et qui fait aussi partie du programme anniversaire : Le mythe du Minotaure, mis en scène dans Aria, est à l’image de la condition d’artiste, de sa situation labyrinthique interne : la tentative de fusion entre l’instinct et la raison.

Un très beau ballet, très contemporain dans son approche. Très intellectuel. Même si la marque du maître est toujours là, Gil Roman impose sa patte. Les musiques ne sont plus qu’instrumentales ; elles relèvent aussi de choix beaucoup plus contemporains. Entre les chants traditionnels inuits, des extraits de J.-S. Bach, de Nine Inch Nails ou de Melponem, une volonté de briser l’ensemble musical et de créer un patchwork à entendre.
De très belles scènes d’ensemble…

Un duo en noir et rouge absolument splendide. Trois Ariane(s) promenant un homme par le dos de la chemise…

Extrait :

Dernier entracte avant de retenir son souffle pendant environ 15 minutes pour le Boléro par Béjart. Un ballet mondialement connu sur la partition de Ravel : Maurice Béjart précise en ces termes sa conception de l’oeuvre de Ravel: «Musique très connue et pourtant toujours nouvelle grâce à sa simplicité. Une mélodie – d’origine orientale et non espagnole – s’enroule inlassablement sur elle-même, va en augmentant de volume et d’intensité, dévorant l’espace sonore et engloutissant à la fin la mélodie».

Maurice Béjart confie le rôle central – la Mélodie – tantôt à une danseuse, tantôt à un danseur. Le Rythme est interprété par un groupe de danseurs.
Mercredi, j’ai assisté à la version Un homme, des Hommes. Le soliste qui interprète la Mélodie est au centre de la pièce sur un tambour rouge. Le Rythme est assis sur des chaises rouges installées en U autour du tambour. Quand le mouvement se lance, on aperçoit d’abord uniquement les mains de la Mélodie grâce à une poursuite. Puis le corps du danseur prend vie, avec une précision, une force, une douceur. Le Rythme évolue au gré des mouvements du Boléro. Jusqu’à l’apothéose finale.

Il est difficile de décrire ce qu’on ressent à la vue de ce ballet. La musique prend aux tripes, nous entraîne dans son sillage hypnotique. Tout comme ce cercle rouge au centre de la scène avec le soliste. Les mouvements saccadés puis déliés du Rythme, composé par les 30 danseurs finissent de nous ensorceler. J’ai eu des frissons pendant 15 minutes ; j’ai dû oublier de respirer une bonne dizaine de fois ; j’avais les larmes aux yeux à la fin, devant tant de beauté et de perfection chorégraphique… Le Boléro par Béjart, c’est un shoot de danse puissance 10. Dont on ne se remet jamais je pense…

Prenez votre inspiration, laissez-vous emporter. Drogue douce mais intense…

Encore merci, maman…

Harem Girl

J’adore les vieux films en NB présentant des scènes de danse orientale… Ici, Joan Davis, atrice américaine célèbre pour ses rôles de vaudeville notamment, dans Harem Girl. Où les danseuses pratiquent plus la Bollywood Dance que la Belly Dance.

Harem Girl est un film de 1952 en NB, réalisé par Edward Bernds, qui raconte l’histoire d’une servante de la princesse Shareen, menacée de mort par le Sheik, et qui se dresse contre les plans machiavéliques de ce dernier.

Cette scène de danse, où Joan Davis, qui n’est pas plus danseuse orientale que je ne suis escrimeuse, improvise, seule sur la piste, est tout à fait délicieuse. Il est aussi fascinant d’observer combien les poncifs de la danse orientale sont présents (jupes transparentes, soutifs à sequins, petite voilette) sans qu’aucun mouvement de danse labellisée orientale ne soit clairement présent.

Et si vous voulez en savoir plus, lisez la fiche consacrée au film sur IMDb.

Quant aux affiches du film, il y aurait fort à dire aussi sur l’imagerie orientale très occidentalisée et fantasmée… La deuxième étant un tantinet plus drôle et décalée que la première !

Alors, on nage ?

C’est dimanche, on fait d’une pierre trois coups ! Premièrement, on écoute de la musique ; deuxièmement, on replonge dans les comédies musicales américaines des années 40/50 et notamment les ballets aquatiques ; troisièmement, on révise la filmographie absolument délirante d’Esther Williams

Suivez-moi, c’est par là…

1- Rose Elinor Dougall : Ado, la jeune anglaise faisait partie du groupe les Pipettes, pop sixties post-Beatles… Dorénavant, elle fait cavalier seule et vient de sortir un EP, The Distraction, dispo ici.

2- La comédie musicale, vous connaissez ? sûrement. La comédie musicale aquatique, c’est l’une des branches du genre. Et ces ballets aquatiques, nés dans les années 20 au Canada, connaitront leur heure de gloire à Hollywood dans les années 1940 et donneront naissance à la natation synchronisée. La pub Evian avec les bébés nageurs est directement inspirée de ces grands ballets aquatiques !

3- Esther Williams, née en 1921 à Los Angeles, fut avant tout une grande championne de natation. Repérée par un professionnel de la MGM, elle est propulsée au premier plan des comédies musicales aquatiques et devient la Sirène de Hollywood.

Sa filmographie aquatique est délirante et nous offre des morceaux d’anthologie. Soyez curieux et visionnez donc Le Bal des Sirènes, La Première Sirène, Désir d’amour ou La Fille de Neptune. A vous les couleurs pop, les jolies filles aux maillots délirants, les piscines acidulées, les plongeons vertigineux, les nageurs tablettes-de-chocolat, le kitsch à l’état pur…

Le clip Hanging Around de Rose Elinor Dougall utilise des extraits de The Duchess of Idaho (Jamais deux sans toi) sorti en 1950 et dont voici le magnifique final, que vous reconnaîtrez.

Enfin, pour parfaire pleinement ce dimanche ensoleillé, rien de tel qu’un petit tour sur le site officiel d’Esther Williams. Moi je rêve d’acheter ce maillot pour barboter à la piscine St Georges…

Et enfin, on dit merci à Christophe Basterra, chez qui j’ai (re) découvert cette pépite hollywoodienne…

Source originale : http://christophebasterra.tumblr.com/post/15768345904/rose

Mettre en scène cru 2011

Du 03 au 19 novembre, c’est le Festival Mettre en Scène à Rennes. Pour qui est un peu curieux et amateur de planches, il y a de quoi faire. Mini-sélection fortement subjective…

Pour amateurs de cirque :

Nichons là : du 04 au 19 novembre sur le site Guy Ropartz sous le traditionnel chapiteau. Deux acrobates funambules qui s’observent, se jaugent, s’agrippent, se défient, autour d’une piste.

Rhizikon de Chloé Moglia : du 09 au 12 novembre. Un tableau, une trapéziste et une performance vertigineuse. Durée 25 min suivi d’une rencontre (20 min).

L’art de la fugue de Yoann Bourgeois : du 16 au 19 novembre. Bach + Yoann Bourgeois ( à la fois acrobate, trampoliniste, jongleur, et aussi danseur chez Maguy Marin) + Marie Fonte (danseuse)  + Célimène Daudet (pianiste). Ducrique et des points de suspension… en deux chorégraphies.

Pour amateurs de bassins un peu décalés :

Swimming Poules et Flying Cocqs de Découflé : du 08 au 12 novembre. Un tragique ballet nautique par des plongeurs inexpérimentés. A la piscine St Georges. Rien que pour le lieu. Avec la troupe d’Octopus.

Pour l’engagement et la dénonciation :

Courts-circuits de François Verret : du 09 au 11 novembre. Avec des artistes circassiens inside. Et surtout l’interrogation inquiète sur l’état d’un monde malade, qui se consomme sans faim.

Piscine (pas d’eau) de Thomas Jolly : du 09 au 12 novembre. La société britannique et ses travers. La vie de la photographe américaine Nan Goldin. Plongée dans les milieux undergrounds artistiques…

Pour le parfum de scandale

Sul concetto di volto nel Figlio di Dio de Romeo Castellucci : du 10 au 12 novembre. Interroger le lien luciférien de l’homme à son dieu… ou comment s’attirer les foudres des cathos ultras. Ce qui s’est passé au Théâtre de la Ville à Paris (cf article OF du 24 octobre) aura-t-il lieu à Rennes ? Le TNB subira-t-il l’ire des fondamentalistes rennais ?

Versus de Rodrigo García : du 10 au 11 novembre. L’un des metteurs en scène les plus subversifs du moment revient à Rennes pour présenter une entreprise de démolition joyeuse. Quand on lit sur le programme que certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, on peut s’attendre à tout…

Pour amateur de pool dance

Révolution d’Olivier Dubois : du 11 au 13 novembre. Douze danseuses, douze barres verticales de pole danse, un obsessionnel Boléro de Ravel. Un vibrant hommage à la figure féminine, engagée jusqu’à l’épuisement.

Pour danse des extrêmes

Cinquanta urlanti, quaranta ruggenti, sessanta stridenti de Teodora Castellucci : du 15 au 17 novembre. Trois danseuses qui affrontent les cinquantièmes hurlants, quarantièmes rugissants, et soixantièmes stridents, vents du Cap Horn.

Pour la danse, pure et dure

FAR de Wayne McGregor : du 17 au 19 novembre. Une troupe de danseurs époustouflante. Une thématique qui promet d’être vraiment captivante (confronter la sensualité et la sensibilité du XVIIIè siècle à la musique du compositeur Ben Frost, qui a travaillé, entre autres, avec Björk). Un grand moment de danse en perspective.

Pour le côté décalé

Bruce Willis Saves the World de Riko Saatsi : du 16 au 19 novembre. Retourner le mythe du super-héros pour interroger sans vergogne la société finlandaise actuelle. Le tout en finnois surtitré. Exotisme assuré.

Othello par Ostermeier : du 03 au 05 novembre. Son Hamlet était époustouflant. J’imagine que son Othello le sera tout autant. Incontournable assurément ! En allemand surtitré, pour l’effet Tour de Babel.

Pour l’originalité

Quarante-cinq tours : du 15 au 19 novembre. Quinze pièces de trois minutes, comme quinze morceaux sur un disque vinyle. Un quarante-cinq tours mettant aux prises, en présence, face à face, dressant l’un contre l’autre, l’auteur-musicien David Lescot et le danseur-chorégraphe de Brazzaville, DeLaVallet Bidiefono. Quinze duos donc, écrits, dits, joués, dansés, bougés, chantés, scandés, proférés, murmurés, improvisés, transpirés, tour à tour, dans un passage de rôle permanent. Avec décibels à l’appui et légers craquements ?

Blanche Neige, sauce Disney ou Preljocaj ?

Participer à un atelier chorégraphique, c’est non seulement danser mais aussi s’inspirer de sujets divers et variés. Travaillant sur la thématique du conte cette année, nous nous sommes plongées, non sans un certain revival de nos jeunes années, dans les recueils d’histoires populaires. Entre Grimm, Perrault et les autres, il y a de quoi faire. Et comme les contes n’ont pas inspiré que la littérature, nous avons aussi farfouillé du côté des films, dessins animés et chorégraphes.

A l’ordre du jour : Blanche Neige, version dessin animé de Walt Disney et version ballet contemporain de Preljocaj.

Ravivons vos souvenirs enfantins en quelques mots : marâtre, miroir, beauté, prince, chasseur, biche, cœur, forêt, chaumière, nains, sorcière, pomme, sommeil, cercueil de verre, baiser, réveil, amour, château.

Blanche-Neige et les Sept Nains (Snow White and the Seven Dwarfs), est le premier long-métrage d’animation des studios Disney, sorti le 21 décembre 1937 au Carthay Circle Theater de Hollywood. Le film est une adaptation du conte homonyme des frères Grimm paru en 1812, conte fortement ancré dans les traditions européennes. Des différences subtiles existent entre les deux adaptations. Mais quand aujourd’hui, on regarde le dessin animé, on est frappé par :

– la naïveté de Blanche-Neige, qui minaude de façon constante. La gestuelle de ses bras est complètement décalée et sa tête constamment penchée ainsi que son sourire béat font d’elle une espèce de jeune fille naïve et assez décervelée.


– son épanouissement à travers le ménage quand elle arrive dans la chaumière des nains est une lecture tout à fait intéressante du rôle de la femme en 1940… Et je m’étonne qu’on puisse encore montrer ce film de nos jours aux petites filles sans un message d’avertissement préalable.


– finalement le rôle le plus intéressant est celui de la belle-mère, la marâtre, transformée en sorcière ! une métamorphose, des rictus, un côté sombre, une mort affreuse… Bien plus fascinant que le rôle de la candide Blanche-Neige !


On ne relèvera pas ce désir étrange de la mère, façonnant son enfant selon des desiderata assez fermes : teint blanc comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme le bois d´ébène. Cette mère qui disparait d’ailleurs complètement dans le dessin animé… Contrairement au ballet de Preljocaj.

Le chorégraphe Preljocaj a fait le choix de revenir aux sources du conte pour créer son ballet, en l’occurrence le conte des Frères Grimm. Créé en 2008, le ballet fait appel à 26 danseurs, costumés par Jean-Paul Gautier, évoluant sur les notes des symphonies de Gustav Mahler et dans les décors assez somptueux de Thierry Leproust.

La toute première scène est d’une violence incroyable : cette danseuse-mère allongée au sol, toute de noire vêtue, qui accouche difficilement et meurt en mettant au monde cette fille aux cheveux noirs et à la peau blanche comme la neige (voir la vidéo d’Arte). On plonge de façon unilatérale dans une lecture sombre et agressive du conte, mais dans sa vraie version. Scène en miroir lorsque cette mère viendra chercher sa fille, mourante à cause d’une pomme, dans une envol d’une grande beauté.


On retrouve dans ce ballet certains éléments complètement absents du dessin animé : un érotisme latent et une violence explosive entre autres.

L’érotisme est en effet complètement lissé chez Disney : à part le baiser final, rien, nada entre le Prince et Blanche-Neige. Chez Preljocaj, la tenue de Blanche-Neige laisse plus qu’entr’apercevoir formes et anatomie de la jeune femme. Lors de la rencontre avec le Prince, il y a contact charnel et sensuel (–> voir la vidéo Preljocaj Blanche Neige Extraits en bas de l’article à 2’08).


La méchante Reine est quant à elle une bombe sexuelle, nimbée dans sa guêpière en latex et ses bottes montantes en cuir. Les deux chats qui l’accompagnent, tout en mouvements lascifs, amplifient d’autant plus le phénomène.


Violence évidemment, à l’image du conte (trouvez-moi un conte qui ne soit pas violent, hein !) :

– Violence de l’accouchement (ah, le sacro-saint « tu enfanteras dans la douleur ! »), de la mort en donnant la vie,

– violence de la jalousie de la reine, symbolisée par des mouvements très vifs et saccadés, à chaque fois qu’elle apparait sur scène


– violence de la chasse à la biche par les chasseurs de la reine (symbolisés très ironiquement par des costumes militaires),

– violence de l’échange à la pomme entre la reine transformée en vieille femme et de Blanche-Neige ingénue (cette façon qu’a la Reine de lui planter la pomme dans les gencives en lui renversant la tête est absolument épouvantable ! –> voir la vidéo Preljocaj Blanche Neige Extraits en bas de l’article à 3’48),


– violence de la danse entre le Prince, fou de douleur et sa Blanche-Neige, morte et ne répondant à aucun mouvement telle une poupée de chiffon ballotée de part et d’autre (–> voir la vidéo Preljocaj Blanche Neige Extraits en bas de l’article à 4’38),


– violence de la punition contre la Reine, sommée de porter des chaussons rouges brûlants (–> voir la vidéo Preljocaj Blanche Neige Extraits en bas de l’article à 5’07)…


Comme dans le dessin animé, le personnage de la Reine est absolument fascinant. Il écrase moins Blanche-Neige, qui a un rôle dans le ballet beaucoup plus expressif que dans le Disney, mais néanmoins, chaque apparition de la Reine ne peut que marquer le spectateur. Elle explose sur scène, juchée sur ses talons, débordant de son espace vital avec cette jupe-cape à ampleur volante (–> voir la vidéo Preljocaj Blanche Neige Extraits en bas de l’article à 2’27).


Et puis, on retrouve des objets, interprétés ici de façon grandiose. Ce miroir gigantesque posé sur scène ou la Reine fait face à un double, se transformant en Blanche-Neige et déclenchant sa fureur. Un vrai travail de danseur en face-à-face. Admirable.


Et puis, il y a tout le travail du chorégraphe. Notamment ses partitions de groupe. Quand la quasi totalité des 26 danseurs est sur scène. Ce talent inouï pour les faire évoluer de façon très contemporaine sur une musique classique ; pour lier effet de groupe et en même temps fluidité, multiplicité et mouvements en quinquonce.
Quant aux nains-escaladeurs, dont la partie chorégraphiée sur un mur vertical est tout simplement ébouriffante, ils échappent dans la relecture du conte par le chorégraphe à tous les clichés dont ils étaient affublés chez Disney.

Blanche-Neige [extraits]

Le travail effectué par Jean-Paul Gautier est assez impressionnant (lire son interview sur Arte). Seul bemol : le costume de Blanche-Neige, dont les drapés sont magnifiques mais qui prend parfois des airs de couche pour incontinents… et c’est bien dommage !

Au final, vous devinerez sans difficulté quel DVD a emporté mon suffrage. Ceci dit, en surfant un peu sur le web, on découvre d’autres versions tout à fait intéressantes :

Celle de Betty Boop ci-dessous :

Et puis, celle beaucoup plus surprenante du dessin animé dans une version musicale remixée : Wishery (Disney Remix) … De quoi me réconcilier un peu avec Disney finalement.