Archives pour la catégorie danse

Courbatures tribales

La danse orientale ne me suffisait pas… il a fallu que je parte voir à quoi ressemblait la danse orientale tribale. Et hop, un stage de 4h à Vannes un dimanche après-midi. Oui, je suis dingue.

Danse tribale orientale

Mais le jeu en valait la chandelle… J’ai découvert une danse qui a de lointaines racines avec l’oriental, qui demande une incroyable dextérité quant à l’isolation des différentes parties de son propre corps. Yoga et souplesse semblent être les bases inaliénables de ce travail.

J’ai découvert :
– qu’on pouvait donner l’impression d’improviser sans le faire en réalité (Ah, la magie de l’ATS !). J’ai vu avec stupeur comment faire vibrer ses épaules tout en les levant l’une après l’autre.
– de nouveaux muscles dans mes bras et mes épaules en me demandant du coup à quoi me servait de nager le papillon tous les vendredi matin…
– qu’on pouvait actionner les muscles fessiers et soulever une fesse après l’autre tout en étant assise, les jambes à l’écart, au sol.
– une danse où les mouvements de bras partent des coudes, toujours placés très en hauteur – une hérésie pour une danseuse comme moi formée à l’école du classique dans ma jeunesse.
– une danse à la fois très lente et très rapide, saccadée mais toute en douceur et en liaison de mouvements.

Mais il me faudra plus d’un stage pour réussir, et sans doute avec beaucoup moins de talent et de grâce, à reproduire peu ou prou les mouvements exécutés dans cette chorégraphie par Hazel, prof de tribal sur Rennes, grâce à qui j’ai mis un petit pied dans la Tribal bellydance.

Si tu ne vas pas au Bolchoï, il viendra à toi !

J-53 ! avant de réaliser un vieux rêve de gamine en tutu : voir en vrai le corps de ballet du Bolchoï.

Ben oui, le Bolchoï quand on est un petit rat d’école de danse, c’est tout un imaginaire fascinant. Des pointes, des tutus, de somptueux décors, de grands chorégraphes, de chouettes musiques… Le temple mondial du ballet classique tout de même !

Mais bon, j’ai grandi et je suis aussi prête à voir autre chose. Alors quand au détour d’un WE à Paris en Octobre, de très proches amis m’ont parlé d’une venue du Théâtre du Bolchoï à Paris, j’ai supplié à genou (ou presque)  pour qu’ils me trouvent une place ! Il faut dire que l’affiche était plutôt alléchante : Preljocaj en chorégraphe, 10 danseurs  du Théâtre du Bolchoï et onze danseurs de la compagnie Preljocaj, le tout sur une musique de Laurent Garnier. Autant dire que Suivront mille ans de calme risque de décoiffer les chignons les plus conventionnels ! Direction Paris (et Evry ) donc le samedi 19 mars pour découvrir l’étonnante création du chorégraphe et cette collaboration franco-russe entre danseurs classiques et contemporains.

Mettre en scène 2010

Fin de mon marathon culturel hier après-midi. J’ai couvert en petite partie le Festival Mettre en scène du TNB pour Alter1fo (20 spectacles sur 2 semaines) et sur les 5 spectacles que j’ai vus, rares sont ceux qui m’ont déçue ! Petit aperçu rapide…

L’Iceberg mis en scène par Florence Caillon et interprété par la Cie L’Eolienne. Quand le cirque s’en prend à la haute finance mondiale et dénonce l’usurpation du pouvoir et les dérives de l’affaire Clearstream notamment. Les comédiens-acrobates deviennent les pantins d’un monde, le nôtre, manipulé par les hauts dirigeants politiques et économiques. Spectacle engagé et résolument dénonciateur ! http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-liceberg-24073

Hamlet and the something pourri mis en scène par Alexis Fichet du collectif rennais Lumières d’Août. Quand la pièce de théâtre shakespearienne rencontre un performer contemporain résolument trash. Trois acteurs : Hamlet, Paul McCarthy et Ophélie (en retrait tant dans la pièce qu’au niveau du jeu…) qui se débattent avec leurs propres lectures de la pièce.
Voilà le spectacle auquel j’ai le moins accroché. Création spéciale Mettre en Scène 2010, on y trouve pourtant beaucoup d’humour et de trouvailles scéniques (ce château gonflant est une pure merveille d’un symbolisme phallique omniprésent !). Ce qui m’a le plus agacée, c’est le décalage entre ce  que l’on ressent durant la pièce ou ce qu’on y interprète et le propos tenu dans le fascicule explicatif délivré à l’entrée du théâtre. Désagréable sensation d’un propos ou d’une ambition interprétative tirée par les cheveux. Je n’aime pas du tout ces explications prétentieuses où le spectateur est résolument pris pour un con. Par contre, j’étais ravie de remettre les pieds au théâtre de la Parcheminerie, petit théâtre intimiste rennais.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-hamlet-and-the-something-pourri-24121

Arrêtez le monde, je voudrais descendre de la Cie Dromesko. Il y a des  spectacles comme ça où l’on entre à petits pas, et l’on y entre tellement qu’on ne veut plus quitter ce monde fait de poésie, d’humour, de musique mélancolique et entraînante, d’originalité et de fantaisie qui nous est proposé.  Un chapiteau, une structure-manège qui tourne au gré des tableaux, des animaux vivants sur scène, des personnages masqués inquiétants, un ballet de musiciens et d’acrobates délurés. Un monde résolument à part, sur lequel on voudrait rester chevaucher comme un enfant qui refuse de descendre du manège et de son cheval en bois… Ces spectacles « circassiens » où les arts se mêlent dans un joyeux charivari me plaisent plus que tout. Parce que tous les sens sont happés, parce qu’on se surprend à sourire bêtement d’admiration, parce qu’on écarquille les yeux comme des soucoupes à chaque trouvaille visuelle, parce qu’on se sent emporté dans un autre monde, comme à la lecture des histoires du soir quand j’étais encore gamine. Au fond, ces spectacles me plaisent car je ne veux résolument pas grandir…
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-arretez-le-monde-par-le-theatre-dromeso-24294

Obludarium des Frères Forman. Un autre monde décalé, poétique et magique. Encore un univers d’enfant avec ces automates, ces marionnettes, ces soldats de plomb, ces danseuses de boîte à musique. Encore un lieu où l’on a les yeux comme des soucoupes, où l’on vibre à l’unisson avec ces musiques de l’Est, où l’on frissonne quand la sirène meurt, où l’on rit de bon cœur face à l’Arlequin dépenaillé, où l’on est ému de l’amour naissant entre un Monsieur-muscles haltérophile et une trapéziste tout en légèreté. Ces frères tchèques et leur monstrueuse parade sont décidément un bon remède à la morosité adulte. Des moments beaux et précieux, à conserver au fond de ses mirettes.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-obludarium-24432

Adapting for Distortion, 2. Repulsion et Haptic du chorégraphe japonais Hiroaki Umeda. Claque visuelle et sonore pour ces trois performances à l’esthétique corporelle et scénique épurée. Oreilles et rétines malmenées par une musique étrangement agressive et des jeux de lumière perturbants : un vrai programme d’acouphènes et de vibrations lumineuses. Mais quelle exigence de danse, quelle beauté du mouvement, quelle recherche sur le lien entre danse, lumière, couleur et énergie du mouvement. Un hip-hop transfiguré, une danse résolument contemporaine et numérique mais sans esbroufe. Un univers doux et violent, créatif et intransigeant. Une perle chorégraphique.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-lunivers-de-hiroaki-umeda-24609

Prochain marathon – et non des moindres – pour Alter1fo, les Transmusicales. 15 jours pour reprendre des forces donc…

Quelques notes de musique éthiopienne

Ces quelques notes de musique, je les connaissais. Mais sans savoir ce que c’était. Comme une ritournelle qui revenait de temps en temps sur FIP pour introduire les commentaires des journalistes et chroniqueurs.

Mardi dernier, Céline, ma prof de danse a enfin mis un nom sur ces sonorités entraînantes et envoûtantes : Mahmoud Ahmed. Ce chanteur et musicien éthiopien est un des ambassadeurs de la musique éthiopienne. Oscillant entre un groove entraînant et et une voix lascive, le morceau Era Mela Mela est tout simplement envoûtant…

Et même si cette musique suave aux rythmes répétitifs et groovy semblent se prêter à merveille pour la danse orientale, il n’en est rien ! en effet, la plupart de ces musiques sont basées sur un rythme ternaire, comme la valse. Or nous avons plutôt l’habitude de danser sur des musiques à rythme binaire… Pas facile donc d’adapter des mouvements et des habitudes corporelles sur ces rythmes tournants. Pas de temps de pause comme lorsque qu’on compte sur 4 temps, pas le temps de reprendre son souffle en posant pied ou bras ; le corps est continuellement en mouvement…

Allez donc écouter l’album Ethiopiques volume 19 sur Deezer (je vous donne le lien…) et notamment les deux morceaux sur lesquels nous avons travaillé : Ney Denun Teseh (n°05) et Belaya Belaya (n°06).

Un monde et un rythme différent, il n’en fallait pas plus pour éveiller nos curiosités ! Je pense que je vais me précipiter au rayon Musique des Champs Libres et emprunter toute la collection de CD “Ethiopiques”, initiée par Francis Falceto. Collection qui fait visiblement office d’ambassade sonore de l’histoire musicale de l’Ethiopie et propose un panorama complet de ce chaînon manquant de l’Afrique musicale en vingt-et-un volumes.
Et réécouter dans la foulée Nusrat Fateh Ali Khan, ce musicien pakistanais, auquel la musique de Mahmoud Ahmed me fait terriblement penser…

Le tango revu et corrigé par des clowns

Quand j’ai jeté un œil à la programmation du Grand Soufflet, festival d’accordéon en Ille-et-Vilaine, un spectacle a particulièrement attiré mon attention : celui de la compagnie Tecem, « Salidas, une conférence de tango disjonctée… ». Le clown, j’en ai fait quand j’ai passé un an à Fougères et ça reste une expérience marquante et étonnante. Lié au tango, une des rares danses que je n’ai pas eu le loisir d’expérimenter. Autant vous dire que j’ai crié Prem’s quand il a fallu couvrir l’événement pour Alter1fo (ah oui, tiens, il faudra que je vous parle de ça aussi !).

Je n’ai donc pas hésité une seule seconde, même s’il a fallu que je quitte Rennes, passe la rocade pour aller me perdre à La Bouëxière, en rase campagne. Que je trouve la salle polyvalente et que je parvienne à y entrer, faute d’accréditation (un oubli du chargé de presse du Festival) et de réservation donc. Au final, j’ai eu une place dans la salle, prête à dégainer mon appareil photo pour immortaliser l’instant… et le voyage !

« Le plus beau de tous les tangos du monde, C’est celui que j’ai dansé dans vos bras. » Ouverture en chanson et en musique pour cette grande conférence déjantée. Derrière son pupitre, Carlita, la conférencière, mène d’une main de maître la famille Salidas qui l’aide à illustrer l’histoire du tango.

Salidas, conférence de tango disjonctée - Cie Tecem
Un rideau de velours rouge pour tout décor et Matias Reynoso au bandonéon.

Le tango  serait né dans un bateau, celui qui a mené les émigrants européens en Amérique. Les Espagnols, les Allemands, les Italiens… chaque vague d’immigration donne lieu à un tableau haut en couleurs et en chansons : Musique maestro à la sauce clown ! De Bella Ciao à O Sole mio, en passant par les castagnettes et le rappel historique sur la naissance du Bandonéon en Allemagne. Mais le tango, le vrai, c’est le tango argentin. Le tango des bordels et des lupanars. Le tango de l’amour et de la sensualité. Tableaux empreints de cette nostalgie du déracinement et de cette solitude qui traversaient les hommes ayant émigré en Argentine.

Salidas, conférence de tango disjonctée - Cie Tecem
Les clowns descendent même au milieu du public pour une leçon d’abrazo ! surprise puis hilarité du public garanties.

Tableaux gentiment suggestifs et clownesques de la sensualité propre au tango. Les marins, les prostituées, les gangsters se courent après sur toute la scène dans un joyeux charivari musical, caractéristique d’une équipe de clowns sur scène.

Et quand la scène se transforme en milonga, la conférence disjoncte. Évidemment ! Fioriture, le plus grand danseur de tango clownesque qui soit, entre en scène et entame un corps à corps brûlant avec Carlita…qui en perdra sa voix.

Salidas, conférence de tango disjonctée - Cie Tecem

Appelée à la rescousse, la famille Salidas poursuit comme elle peut (veut ?) la conférence sur les notes de I’m just a gigolo. Fioriture se lance ensuite dans la description de l’essence même du tango. Car pourquoi danse-t-on encore le tango aujourd’hui ? uniquement pour la rencontre entre un homme et une femme au bord de la piste.

Salidas, conférence de tango disjonctée - Cie Tecem

Fioriture révèle ainsi toutes les techniques propres au cabeceo et entraîne ses partenaires sur la piste dans le sens inverse des aiguilles d’une montre avec Besame mucho en fond musical. Mais l’intrusion d’un clown travesti en nuisette perturbe le cours et achève de disjoncter la conférence de cette chère Carlita…

Salidas, conférence de tango disjonctée - Cie Tecem
Alors derrière les apparences clownesques, cette conférence relate avec beaucoup de détails l’histoire du tango. Alors si tous les poncifs de la « clownerie » sont bien là – impertinence, bouffonneries, burlesque, comique de répétition, chutes… -, le propos est travaillé et sert sur un grand plateau ce qu’il faut savoir sur le tango. Les quelques pas de tango argentin esquissés sont aussi une invitation à la danse… par des clowns qui au-delà de leur clownerie sont de formidables danseurs ! Il en faut des qualités pour être un clown accompli au fond : ils chantent, dansent, tombent, se relèvent, jouent de la musique, font des mimiques.

Et la ritournelle me restera en tête un certain temps…

« Le plus beau de tous les tangos du monde,
C’est celui que j’ai dansé dans vos bras.
J’ai connu d’autres tangos à la ronde,
Mais mon cœur n’oubliera pas celui-là. »

Diaporama photos pour les curieux.

Octopus, le dernier né de la famille Découflé

Vendredi soir, premier spectacle de mon abonnement au TNB et non des moindres : Octopus, dernier spectacle de Philippe Découflé, l’enfant-terrible de la danse. Et les Rennais sont des privilégiés puisque nous assistons à ce spectacle en avant-première. Octopus est né en juin et a été travaillé par la compagnie DCA jusqu’à aujourd’hui. Presque trois semaines de représentations à Rennes, puis ils partiront en tournée en France et hors de Navarre.

J’ai savouré ce privilège avec beaucoup de bonheur, d’autant que j’étais très bien placée (3è rang au beau milieu). Par contre, je vous avoue tout de suite ne pas être très objective en ce qui concerne Découflé. J’aime beaucoup ses chorégraphies (d’ailleurs, je crois que la première fois que j’en ai vu une, c’était au TNB à Rennes quand j’étais encore étudiante !). Et même si des critiques ont été prononcées lors des derniers opus, certains étant lassés de l’utilisation de la vidéo faite par le chorégraphe, j’ai toujours trouvé que ces propositions étaient ingénieuses et originales. Qu’elles apportaient un plus non négligeable à la danse.

Et Octopus dans tout ça me direz-vous ?  C’est une succession de tableaux, des « poèmes chorégraphiques », oscillants entre humour, gravité, amour, séduction, entrave et sensualité. Et sur un fond musical résolument rock, ce qui n’était pas pour me déplaire, bien entendu.

Les danseurs de sa compagnie DCA dévoilent sans tabou leurs corps musclés, tatoués, percés, perchés sur de hauts talons, nus ou à demi nus.

Les corps dansent l’un contre l’autre, l’un avec l’autre, en duo, en solo, ensemble. Les corps sont démembrés dans un tableau, alternant danse de jambes puis de troncs. Ils deviennent christiques sur un tableau prenant des airs de Radeau de la méduse. Ou zombiesques et squelettiques. Ils sont dénudés ou presque lors d’un tableau ressemblant étrangement à une démonstration de lingerie Dim. Ils sont plumés et haut perchés lors d’un défilé de haute-voltige où les talons aiguilles ne sont pas seulement l’apanage des danseuses…

Et là, je ne peux que m’incliner face à autant de dextérité ! C’est touchant, violent, émouvant, amusant, étonnant. L’une des danseuses est une actrice née. Très grande, très expressive. Impressionnante ! Lorsqu’elle exécute son numéro d’animal étrange sur une table revêtue d’une simple couverture en fourrure, elle m’a vraiment étonnée. Même sans la voir, j’avais deviné, sous cette couverture, qu’elle s’y cachait, tant elle déteint sur l’interprétation. Complètement fascinante !

Et la vidéo ? Elle n’est qu’une ponctuation lors du spectacle. Christophe Salengro, l’égérie masculine du chorégraphe qui était présent sur scène lors de Sombreros par exemple, fait son apparition ici uniquement par le biais de la vidéo et d’extraits audio, comme autant d’intermèdes où le spectateur peut reprendre son souffle… Octopus relègue la vidéo à son rôle d’outil technologique, servant juste à mettre en valeur les corps et les chorégraphies. La séance de « light-painting élastiqué » en est le moment le plus éloquent. Par un tour de passe-passe technologique, les danseurs reprennent entre autres les jeux de ficelle (vous savez, un élastique, vos dix doigts et la Tour Eiffel ou la soucoupe après d’habiles tergiversations) et seul la silhouette de l’élastique est projeté sur un écran. Multiplicité des figures assurée !

Mais Octopus, c’est aussi un spectacle musical assuré en live sur scène par Nosfell et Pierre Lebourgeois. Installés en miroir l’un en face de l’autre, des deux côtés de la scène, les musiciens font plus qu’accompagner les danseurs. Ils donnent le rythme et l’intensité. On est même parfois tenter de ne regarder qu’eux (Nosfell étant plutôt beau jeune homme !). Et puis, on vibre, notamment lors de cette reprise de « My Girl (Where Did You Sleep Last Night)» popularisée par Nirvana, à la guitare électrique et au violoncelle. La voix de Nosfell déchire l’air et la scène et donne toute sa puissance au duo sensuel en noir et blanc, qui par trois fois, reviendra sur scène dans un jeu de séduction de plus en plus intense.

Presque une standing ovation en fin de spectacle. Gros succès auprès du public rennais. On en redemande !

Nuit égyptienne au Musée des Beaux-Arts

Inscrite dans le dispositif des Nuits des 4 jeudis, cette soirée décalée « Like an egyptian » au Musée des Beaux-Arts est passée quasi inaperçue, occultée par le fameux apéro facebook qui s’est tenu non loin sur la place Esplanade Charles de Gaulle… Assez paradoxal quand on sait que ce dispositif de prévention mis en place par la ville de Rennes était fait pour contrer l’alcoolisation massive du jeudi soir en proposant des lieux ouverts aux jeunes tard dans la nuit, permettant de faire la fête, gratuitement et sans alcool… Dommage donc pour les 5000 participants à l’apéro Facebook qui auront manqué cette soirée égyptienne au Musée des Beaux-Arts. Un patio revisité pour l’occasion et remodelé façon Bazar du Caire : tentures, tapis, éclairages suspendus, thé à la menthe… et danseuses orientales, en l’occurrence Zelga-Zelga et Maintes Fatma, compagnies de mes deux profs de danse.

L’occasion de remettre les pieds dans ce musée qui après deux ans de rénovation offre un nouveau visage à ses visiteurs. Un nouvel espace dédié à l’archéologie étrusque, romaine et égyptienne se trouve au rez-de-chaussée du musée et vous permet de faire connaissance avec une momie d’époque et tout une collection d’objets

Quand la danse classique brise (parfois) ses carcans

Fin janvier, je suis retournée au TNB dans le cadre de mon abonnement annuel pour assister à un spectacle. Danse au programme avec Impressing the Czar, chorégraphie de William Forsythe par le Ballet Royal de Flandres. Un opéra-ballet en trois actes mêlant joyeux bordel et scènes plus « classiques ». 40 danseurs, étoiles pour la plupart…c’est dire si techniquement, ce spectacle était irréprochable. Belle démonstration dans le deuxième volet, In the Middle, Somewhat Elevated, crée par les étoiles de l’Opéra de Paris : de la danse classique déstructurée, désarticulée, épurée comme j’aime à la voir…Des danseurs seuls sur scène ou à plusieurs en justaucorps verts, avec pour seul décor les rideaux de velours noirs délimitant la scène. Mais ce volet m’a semblé toutefois un tantinet trop long (28 minutes tout de même) : quand la déstructuration technique atteint son paroxysme assez rapidement, on se lasse des mouvements reproduits uniquement pour l’esthétique. Ceci dit, j’ai pu constaté avec effarement combien la danse classique modèle durement les corps féminins…lesquels tendent de plus en plus à devenir androgynes par ailleurs. Les danseuses n’ont plus de seins, plus de hanches, mais des cuisses de rugbymen et des dos de nageuses est-allemandes. Les muscles sont saillants, secs, jamais détendus. C’est assez impressionnant à regarder en mouvement.
Le premier volet, Potemkins Unterschrift, comme le troisième, La Maison de Mezzo-Prezzo, sont de joyeux fourre-tout où les danseurs-acteurs s’entrecroisent sans queue ni tête… Difficile de suivre tout ce qui se passe sur scène ! une seule remarque : je suis restée muette d’admiration devant le rideau de scène du 3è volet : un velours splendide entre bleu ciel et bleu turquoise avec des glands de clefs géants (NDLR : pour lever tout soupçon, les glands de clefs sont des éléments de passementerie. Voir ci dessous !)

Le dernier volet, Bongo-Bongo Nageela, est à mon sens le plus réussi, tant chorégraphiquement qu’esthétiquement : les 40 danseurs se retrouvent sur scène, tous en tenue d’écolières anglaises avec des perruques à la Crazy Horse. Entre danse tribale et chorégraphie déjantée ! c’est ce qui m’a paru le plus à même de transmettre une émotion et ce qui m’a le plus parlé en tout cas.
Petit aperçu ci-dessous pour les curieux…

Sombres héros

…ou Sombreros ? la dernière création de Découflé nous interroge sur les mots, sur l’espace, sur le reflet, sur notre ombre. Le Festival Mettre en scène du TNB m’a offert 1h30 d’un pur régal des yeux et des oreilles. Même si la plupart des artifices sont du déjà-vu pour qui suit Découflé depuis quelques années… Mais les projections décalées, le jeu du chat et de la souris avec la vidéo, l’ombre et la lumière, le virtuel et le réel nous font effectivement entrer dans un autre monde : entre Nosferatu et Il était une fois dans l’Ouest !

Il y a de l’humour, de jolies ombres chinoises, des slips de bain en lamé doré dont je suis jalouse, des ombres rebelles, une langue bien pendue, des ombres accrochées aux basques (ou non), un ballet de doigts et d’orteils et des ombres blanches… Un méli-mélo où Christophe Salengro, Président de la Présipauté du Groland, est tout à son aise, même quand il endosse le rôle de danseur d’un instant…
Et puis, Découflé sera artiste associé au TNB à partir de 2010…voilà qui augure de jolies surprises en perspective pour les Rennais !

Petit encas pour vous mettre l’eau à la bouche…

« Le sombre héros surgit de la nuit. Il tire plus vite que son ombre. Hombre, quel est ton nombre ? Quel est le nombre des ombres ? Il y a les ombres premiers ou décimaux. Il y a les ombres chinoises, les ombres sombres, les ombres lumineuses. Les ombres portées, les ombres îles du monde. Les ombres d’un doute… Je suis comme mon ombre, partout où je vais elle est là, partout où elle va je suis là ; je ne suis que l’ombre de moi-même ; un corps c’est toujours avec son ombre, un corps sait qu’une ombre n’est pas un corset. Tout un chacun a une ombre, toute ombre a un chacun. Que font nos ombres lorsque nous avons le dos tourné ? Ombres, où êtes-vous la nuit ? Mais au fait, on dit un ombre ou une ombre ? Il ou elle ? Mon ombre : il, ou mon ombre : elle ? »
Par Christophe Salengro d’après Claude Ponti

Un rêve en pointes et tutu

Je viens de réaliser un rêve de jeunesse…kitchissime à souhait certes mais qui me tenait à cœur depuis longtemps ! En 1982, à l’âge de 6 ans, j’ai chaussé mes premiers chaussons Repetto… et les grands ballets classiques ont bercé (entre autres !) mon enfance. Vendredi soir, 27 ans après, j’ai enfin pu assister à la représentation du Lac des Cygnes par le Ballet-Théâtre de Saint-Petersbourg à la Cité des Congrès à Nantes. Accompagnée de Catherine et JC, nous avons pris place au premier balcon et avons écarquillé yeux et oreilles….

La mise en scène de Konstantin Sergeev, nous a offert une version très traditionnelle de ce ballet avec ses personnages archétypaux et sa fin heureuse (oui, oui, le Lac des Cygnes possède plusieurs versions finales… et nous avons échappé à la mort du Cygne !). Les décors très chargés en dorure du palais contrastent avec la noirceur de la forêt et du lac (illuminée cependant par l’apparition kitchissime des faux cygnes traversant le fond du décor…). Les décors de théâtre m’ont toujours fasciné…mais je n’étais plus habituée à un tel déluge de dorures ! Quant aux lustres du troisième acte, ils m’ont transportée dans une cathédrale baroque imaginaire, toute de feux vêtue. Et le ballet, me direz-vous ? il faut certainement aimer un minimum la danse classique pour supporter presque 3 heures de spectacle très maniéré, tout en technique rigoureuse et sans fioritures.

La danseuse étoile Irina Kolesnikova tient la première place : impressionnante de technique, de légereté, de grâce (et certainement anorexique…). Le danseur-Prince n’est que son porteur et son faire-valoir…


(Crédit Photo : KT 2005)

Le corps de ballet quant à lui est impressionnant de rigueur, d’exactitude : 21 danseuses en tutus blancs sur pointes lors du deuxième acte. L’harmonie et la rigueur des alignements, des déplacements et des mouvements sont absolument stupéfiants. La présence de l’orchestre (rien que 38 musiciens…) renforce l’adéquation entre la musique, les presque soixante danseurs et la chorégraphie.

Une très belle soirée…très impressionante pour qui a chaussé des pointes et des tutus quelques années durant. Mais, même si j’ai beaucoup apprécié ce moment, je suis désormais bien plus fan des ballets contemporains et des danses moins figées et plus hétéroclites. Sensation confirmée dès le lendemain quand j’ai assisté à Sombreros, dernière création de Philippe Découflé…mais je vous en parlerai plus tard !