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Qui voit Molène…

…voit sa peine. Et malheureusement, je ne pourrai que le confirmer tant notre fin de WE sur cette île fut décevant.

Molène, c’est une tout petite île de 1200m de long sur 800m de large. Pas de voitures, peu de commerces, un camping sauvage. On ne s’attendait pas non plus à une vie grouillante et trépidante !

Installation au camping les pieds dans l’eau dans le sud de l’île. Comme à Hoëdic, le terrain fait face à la mer et on est libre de s’installer où l’on veut. Les sanitaires sont sommaires et mieux vaut ne pas être attaché à un certain confort si l’on veut passer une nuit ici !

Camping sauvage à Molène
Mais notre nuit, qui aurait dûe être calme eu égard au peu d’habitants et peu de vacanciers présents, fut perturbée par plusieurs incidents notables… La jeunesse parisienne en villégiature sur l’île à l’occasion du WE du 15 août conçoit l’impunité comme un mode de vie. La visite de la Gendarmerie en pleine nuit, l’évacuation d’un occupant du camping après qu’on lui ait placé un pistolet sur la tempe seront suffisantes pour nous dissuader de revenir sur l’île avant un certain temps.

Au lever, nous avons tout de même fait le tour de l’île… jolies criques où les galets s’ornent de zébrures blanches étonnantes. L’océan y est bleu glacial et nos mains le confirmeront. Point de phoques gris à l’horizon, ce qui augmentera notre déception.

Quadrille

Déambulations également dans les ruelles du village. Les habitations se lovent les unes contre les autres mais sans poésie ni délicatesse. Les jardins sont de bric et de broc tout comme certaines maisons. Mes mirettes n’y trouveront pas de quoi se pâmer.
L’animation du jour se trouve sur le port. La SNSM y organise son raout annuel : la fête de la Mer.

SNSM fiesta

Fanions, bateaux et marins sont de sortie. Biniouseries également pour assurer l’animation. Après avoir avalé une barquette de frites agrémentée d’une saucisse molénaise (mais où sont donc cachés les cochons sur l’île ?) et payé notre dû à la SNSM, nous avons quitté cette ambiance festive pour nous délecter du calme du camping. Et nous avons patienté, presque pressés de quitter les lieux… Fin de WE en demie-teinte.

Seule distraction intéressante sur l’île, cette campagne d’affichage tout au long du sentier côtier pour rappeler combien la protection de l’environnement est essentielle…

Surpêche Ecologie
Surenchère foncière Attention, oisillons !

Retour au Conquet où nous pesterons une fois de plus contre ce parking payant qui portera une atteinte scandaleuse à notre porte-monnaie. Où 48h de parking (obligatoire !) coûte plus cher qu’une traversée en bateau…

Qui voit Ouessant…

…ne voit pas pour autant son sang. Si le vieux dicton illustre le danger qu’il y avait à passer le raz de Sein et à s’approcher de Ouessant à l’époque où les bateaux n’étaient pas motorisés, il n’en a pas été ainsi pour ma deuxième virée sur cette île du bout du monde. Une mer d’huile tout comme l’an dernier à la même époque !

Retour donc sur l’île finistérienne avec Juju, mon ami de toujours, le seul assez fou pour m’accompagner en randonnée. L’an dernier, nous avions quitté l’île après en avoir fait presque le tour. Ne manquait plus que la pointe nord-est… Objectif donc cette année : finir notre tour de l’île et retrouver cette atmosphère si particulière que nous avions tant apprécié l’été dernier.

Nous quittons donc le Conquet sous le soleil et arrivons sous le soleil à Ouessant, ce qui fait une sacrée différence… Le port et son accueil sont toujours aussi austères et impressionnants. Mais sous le soleil cette fois-ci, cette haute digue percée de toutes parts devient presque sympathique !

Austérité ouessantine

Rituel immuable : après avoir installé notre campement, nous filons au bourg de Lampaul acheter de quoi sustenter notre appétit et nous dînons assis au bord de la mer avec la baie de Lampaul, le plein ouest et le coucher de soleil pour tout décor…

Baie de Lampaul

Puis direction le pub-restaurant Ty-Korn où nous papotons gaiement avec le patron, savoyard en exil… Un lieu à recommander fortement pour toute personne déambulant un jour à Ouessant.

Après une nuit agitée (où j’ai hurlé en plein sommeil et en plein rêve, faisant faire un bond à Juju), nous partons donc à l’assaut de la boucle Nord-Est de l’île. Le Stiff en ligne de mire pour seul objectif. Petite visite du phare du Stiff qui nous a offert un joli point de vue sur toute l’île et ses alentours océaniques.

Phare du Stiff

Nous avons même poussé le vice jusqu’à laisser trace de notre passage sur le registre des visiteurs…

Stigmates

Descente vertigineuse ensuite le long des hautes falaises du Stiff. Les courants au nord de l’île s’en donnent à coeur joie et nous impressionnent fortement. Le Fromveur, courant qui bat l’île et ses écueils, est vraiment terrible. La lande est toujours aussi fleurie et offre une palette de couleurs tout à fait saisissante. Jonathan le goéland et ses clones virevoltent au-dessus de nos têtes… Décidément, le paysage ouessantin est toujours aussi magnifique et éblouit mes mirettes.

Ajoncs sur mer

A l’approche de l’île Keller, ces courants semblent s’intensifier et transforment la passe en bords de Loire. L’océan devient un fleuve qui se déroule sans ménagement. Et ces deux ligneurs au large qui défient les lois de l’équilibre maritime semblent bien ballotés par les courants puissants qui mènent le jeu à cet endroit-là…

Bleus bouillonnants

Au cours de notre rando, nous croiserons comme l’an dernier de folkloriques représentants ouessantins :  entre moutons et bicyclettes, les rencontres du 3è type sont toujours un moment suspendu dans le temps. Et ce tracteur abandonné au beau milieu d’un champ le confirmera…

Rencontre du 3è type A bicyclette... Abandonné

Retour à Lampaul après notre petite boucle d’environ douze kilomètres (une ballade après les 25 km de l’an dernier) pour un verre en terrasse. Nous assisterons, médusés, à un mariage entre îliens et à leur sortie de l’Eglise. Grand moment de folklore. Toute la journée, les différents autochtones nous en avaient parlé. Un mariage à Ouessant, c’est rare !

Retour au camping pour un démontage du campement. Nous reprenons le chemin du port du Stiff. Ce soir, nous dormirons à Molène

Embarquement immédiat

Randonnée lunaire

Point de brame du cerf pour cette randonnée qui s’est déroulée en plein jour ! (pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi, jetez un coup d’oeil par !)
Petit tour chez les Normands pour traverser la baie du Mont St Michel avec mes collègues en ce dernier week-end ensoleillé du mois de juin. Un avant-goût des vacances.
Seul hic : quand on s’est décidé il y a 2 mois, ce dimanche était le seul où nous pouvions tous être disponibles. On s’est rendu compte 2 jours avant la randonnée que cela coïncidait pile poil avec la 4ème édition de la Rando Baie du Mont St Michel, quatre jours pendant lesquels des randonnées sont organisées dans la baie du Mont-Saint-Michel sur le thème du patrimoine naturel de la baie… 2600 participants au bas mot ! heureusement que la baie est vaste et que nous n’étions qu’un petit groupe, sinon l’effet Disneyland aurait été fantastique !

Les randonneurs
Départ à 13h30 du Bec d’Andaine aux Genêts avec notre guide Ian Wood ; Destination : le Mont Saint Michel via le rocher de Tombelaine. Soit 13 km en 5h, pieds nus dans la vase, le sable et les rivières !
Étonnante atmosphère dans cette baie. Je ne l’imaginais pas aussi vaste. L’océan qui arrive pourtant à la vitesse d’un cheval au galop selon la légende est tellement loin qu’on n’en distingue pas la couleur. La baie ressemble à un paysage lunaire ou au delta d’un fleuve asséché. On se sent tout petit et perdu dans cette immensité sableuse… Les silhouettes des groupes de randonneurs émergent comme des mirages en plein désert… Mystique ou pas, ce lieu est vraiment étrange…
Changement climatique

La randonnée se fait doucement au gré des velléités du terrain : vase, rivières à traverser, sable mouillé sculpté par le vent et les flots, sables mouvants, vestiges de coquillages qui agrippent les pieds…
Thalassothérapie Silhouettes

Le Mont
, fidèle au poste, est notre point de mire… Ancré dans la baie, il semble posé là comme par magie. Et plus on s’en rapproche, plus le lieu nous ensorcelle… Arrivé à son pied, nous ne nous lassons pas d’admirer son architecture et la dentelle de son abbaye.

Abbaye

Spectacle toutefois perturbé par l’opération de sauvetage de cinq touristes imprudents, coincés sur un banc de sable à cause de la montée des eaux du Couesnon… sage rivière qui devient pourtant in-traversable dorénavant lors des lâchers d’eau du barrage.

Dans les airs

Cinq hélitreuillages sous nos yeux, et hop, nous reprenons la route, tels les pèlerins qui effectuaient la traversée autrefois… Les kilomètres accumulés se font sentir et les derniers 500 mètres dans le sable fin de la plage des Genêts sont une vraie torture ! Passage communautaire obligé sous les robinets pédiluves du bloc sanitaire et nous retrouvons nos pieds certes propres mais endoloris !

Randonné conseillée donc si vous passez dans les parages…

Toutes les photos ici.

Comment devenir paparazzi de fées ?

Rendez-vous pris avec @isa2886, @karinesabatier, @tangi, @belett, @Luziadell, @Lanlau et @fredhannouche, de sympathiques twitteriens, à la Roche aux Fées à Essé dans le sud de Rennes en ce dimanche 21 mars peu printanier pour l’occasion.

© Kadra


Après quelques photos du monument phare du coin – une mégalithe de
19,50 mètres de long, 4 mètres de large et 2 mètres de hauteur interne, formée de pas moins de 41 pierres dont la plus lourde pèse autour de 45 tonnes et datée d’environ 2000 ans avant notre ère -, nous avons poursuivi notre ballade sous la houlette du GO du jour…
Déambulations à travers la campagne des Portes de Bretagne tout en papotant et en cherchant
dans le coin de quoi se mettre sous la dent de nos objectifs : des vaches, des moutons, des fonds de fossé douteux, des routes mythiques, des fées qui en ont assez de marcher, des houx persistants…

La déambulation s’est vite transformée en grande aventure : couper à travers champs, enjamber du barbelé, faire fi des marécages .. et des flèches violettes (ou vertes ?) de l’itinéraire !

Le compte-rendu de khada sur la même ballade. Les photos ? elles sont là -> Photos du groupe Backlight Magazine sur Flickr.

Rando au pays des Marmottes

Vous vous souvenez ? cet été, j’ai quitté ma Bretagne pluvieuse pour rendre visite aux marmottes de la Haute-Maurienne et crapahuter des cols autour du Signal du petit Mont-Cenis avec un sac de 12kg sur le dos… Lire le compte-rendu ici.
J’avais oublié mon APN…je me rattrape ! voici les photos que j’ai récupérées chez Katell et Fabienne…

Sortie nature by night pour citadins rennais

Vendredi soir, vers 22h30, vêtus comme pour une grande expédition, munis de nos lampes frontales et d’un thermos de café, une tripotée de Rennais vadrouilleurs sont partis à l’assaut de la forêt de Brocéliande. Direction l’etang du Pas du Houx à quelques encablures de Plélan le Grand. Il crachine légèrement et les températures sont un peu fraîches quand nous posons pied sur le parking.
Mais pourquoi sommes-nous venus jusqu’ici ? simplement pour écouter le brame du cerf ! et oui, c’est la saison des amours et le brame accompagne la parade amoureuse… Impressionnant de découvrir l’Etang du Pas du Houx à la nuit noire, d’entrer à pas feutrés sur un sentier dans la forêt… nous marchons à la lueur faiblarde d’une petite lampe frontale. C’est incroyable comme la perte des repères la nuit fait gamberger l’esprit (on a tous pensé à Blairwitch évidemment !) ; le moindre gland qui tombe, la moindre branche qui se brise, le moindre souffle dans les feuillages entraîne une petite montée d’adrénaline. Et puis nous décidons d’entrer pleinement dans la forêt…expérience assez amusante quand à la lueur de nos frontales j’aperçois mes premiers champignons de l’automne : girolles et pieds de moutons ! Nous pateaugeons dans les marécages proches de l’étang et marquons un temps d’arrêt…le brame du cerf s’écoute en silence !

« Coin-coin« , « coin-coin » : ce soir, c’est brame du canard au programme ! le grand cerf est resté avec son ami le lapin se serrer la main…
Retour sur Rennes vers 2h du matin, bredouilles et penauds ! Mais le brame du cerf n’a qu’à bien se tenir, on remettra ça à la prochaine saison des amours !

Brume, lande et moutons à Ouessant

« Ouessant, île d’amour et de trépas, avant-garde occidentale, inébranlable et féroce, qui dresse ses frénésies de chairs et de rocs contre les assauts de l’océan ».
(Odette du Puigaudeau, « Grandeur des îles », 1945)

A l’assaut d’une île du nord dont je n’avais encore jamais foulé le sol pour ce WE du 15 août avec Juju mon ami d’enfance.
Départ du port du Conquet : quelques jolies maisons, un centre-ville typique des bourgades bretonnes, un port un peu désolé (pas même un troquet pour boire une bière avant l’embarquement !), un parking obligatoire qui nous coûtera la bagatelle de 22 euros pour 2 jours… Notre bateau, l’Enez Eussa, arrive : un peu de peinture sur un peu de rouille, un peu boat-people sur les bords ! L’accostage est rustique ; pas de passerelle d’embarquement : il faut enjamber la mer entre l’escalier du quai et le pont inférieur du navire.
Le WE démarre dans la rudesse ! oubliez votre confort pour gagner cette île du bout du Finistère ! Ouessant semble se mériter ! Escale à Molène…le temps se gâte. Le tristement célèbre passage du Fromveur nous laisse entr’apercevoir Ouessant noyée dans la brume et le crachin.

L’arrivée au port du Stiff, entre ces hautes falaises noires et ce quai troué, est des moins accueillantes.

Ouessant, île battue par les vents et la mer, subissant les pires dépressions en hiver, a décidé de ne pas se montrer sous son meilleur jour.
Nous empruntons la navette pour rejoindre le camping municipal : l’intérieur de l’île est presque désertique : lande, murs de pierres, quelques maisons qui tournent résolument le dos au nord, paysages un peu désolés…

Après avoir installé notre bivouac, nous partons à la découverte du bourg de Lampaul. En ce vendredi soir, la vie est présente uniquement dans les 2-3 cafés du bourg. Nous avalons un sandwich face à l’ouest, au fond de la baie de Lampaul sous les dernières lueurs du jour et les premiers éclats des phares : puissant pour le Creac’h, rouge pour la Jument et clignotant pour Nividic… nous sommes clairement sur une autre planète !
Réveil en douceur le samedi matin ; le ciel est nuageux mais les températures sont clémentes (dingue comme sous les latitudes finistériennes la météo prend toute son importance…). Nous partons à l’assaut du NW de l’île. J’ai rarement vu une mer d’huile pareille…état sans doute exceptionnel ici !

La côte est superbe et rapidement changeante : falaises, galets, pierres arrondies…les lapins laissent place aux chèvres puis aux goélands, fous de bassan et cormorans.

Genêts, ajoncs et bruyère côtoient herbe rase, mousse, mûriers et fougères. Les rares arbres qui se risquent à pousser sont déformés. Paysages difficiles mais superbes !

Après un piknik dantesque (pour se remettre des 8km du matin), nous attaquons le SE de l’île. La côte sud est bien plus clémente : quelques plages de sable fin où l’eau turquoise nargue les éventuels baigneurs du haut de ses 14°.

L’archipel de Molène et le phare de Kereon nous tendent les bras. Fin de la boucle de 14 km en soirée…nuit de sommeil bien méritée !

Dimanche matin, le ciel est encore plus clément. Sous la couverture nuageuse, le soleil pointe son nez ! C’est parti pour la boucle SW de l’île. Toujours des falaises, des cormorans, des moutons, des bruyères…


Le phare de la Jument est le gardien de cette côte et nous nous étonnons toujours de ce calme plat de l’océan !

Retour à Lampaul sous le soleil où nous dévorons une crêpe et goûtons à la spécialité locale : la saucisse aux algues. Excellent ! Rangement du bivouac et sieste au soleil…avant de reprendre le bateau à 17h pour rejoindre le continent. Au loin déjà la dépression annoncée se signale par une bande nuageuse grise et menaçante…
Au final, Ouessant est une île à découvrir en toute humilité et de préférence à pied.

Des images de plénitude et de désolation qui s’explique par la rudesse des conditions dans lesquelles les Ouessantins doivent vivre…

Du bleu, avec toutes ses variantes, noyé dans le gris météorologique du WE…

Une pointe NE qui restera à visiter malgré les 30 km dans les gambettes sur 2 jours…
Bref, un très bon WE !

[ce billet n’est absolument pas sponsorisé par le pâté Hénaff…]

Escapade au pays des marmottes

Jeudi 06 août en rentrant de Brest et du concert de Cocorosie : arrêt en vrac sur la voie express pour répondre au téléphone.
Jeudi midi : je pianote sur Internet via sncf.com.
Jeudi soir : retour sur Rennes sous la pluie et l’orage.
Vendredi matin, 9h : me voilà sur la quai de la gare à Rennes, prête à sauter dans le TGV qui va me permettre de rejoindre Katell et Anne D. à Modane.
J’aime ces départs inopinés et imprévus en vacances !
Au programme : une rando bivouac de 3 jours concoctée par Vincent le cher et tendre de Katell.
Le petit groupe de rennais que nous composons est rejoint le samedi soir par Cyril et Swing, chienne de berger type border-collie et par Fabienne et Pierre-Yves, couple d’amis de Vincent. 7 randonneurs au total pour 3 jours de grimpette autour du Signal du Petit Mont-Cenis dans la Haute Maurienne.
Départ du petit village de Termignon (1300m) le dimanche matin avec nos sacs à dos chargés des victuailles pour 3 jours, des tentes, matelas et sacs de couchages [un jour je posterai sur l’art de composer son sac de rando…]. La météo est clémente lorsque nous commençons l’ascension vers le col de Sollières (2639m). Quelques fraises des bois, un moment d’égarement au milieu de la forêt des Tannes, un piknik de fous sur le replat des Canons (2098m) avec une vue imprenable sur les glaciers de la Vanoise, un refuge (2318m) qui n’en est plus un à l’Erellaz (merci IGN !) et un orage qui pointe son nez gentiment mais sûrement…nous arriverons au col de Sollières sous la pluie et accueillis par un orage de l’autre côté du col ! Installation de notre bivouac en contrebas sous la pluie et les éclairs…ou comment tenir à 7 dans une tente pour 3 personnes pour se réchauffer, manger des pâtes aromatisées à la soupe lyophilisée au minestrone préparées (non sans danger !) sous l’auvent ! Première nuit à 2600 mètres d’altitude un peu humide donc !
Réveil en douceur à 6h30 le lendemain ; le panorama est toujours aussi bouché ! le petit déj’ est même écourté par l’arrivée de la pluie ! nous replions le campement en catastrophe (j’en oublie même une paire de chaussettes qui séchait péniblement sur un rocher…si vous passez par là, merci de les récupérer !) et commençons la descente. Heureusement, le temps change vite en montagne et les nuages font place à un grand soleil. A nous les marmottes qui gambadent, le troupeau de vaches tarines qui broute tranquillement au son des cloches. Pause séchage et grand café bien mérité au refuge du Petit Mont Cenis (2110m). Nous rejoignons tranquillement le lac du Mont Cenis (2000m) pour pique-niquer. Reprise de l’ascension par le passage du col du Mont Cenis (2081m) puis ascension vers le col de la Turra (2507m). Un bon dénivelé de 448m nous attend de pied ferme. Le sentier à flanc de montagne est étroit, ardu et pentu. Le raidillon de fin de journée achève mes chevilles et mes cuisses. Le vertige pointe son museau, surtout lorsque dans les 100 derniers mètres, il faut crapahuter en s’aidant d’une corde au milieu des roches ! j’arrive au col essoufflée comme une asthmatique à cause de la peur qui me cisaille l’estomac et la respiration ! je jette mon sac à terre et je pleure un bon coup. La rando, c’est difficile autant physiquement que mentalement… mais la vue sur le Mont-Cenis, le lac, les massifs de la Vanoise et la vallée de la Haute-Maurienne est superbe et ça vaut le coup d’avoir eu peur ! Par contre, le vent s’est levé et les nuages avec (cette sensation d’être au milieu des nuages un court instant est grandiose !). Nous nous dirigeons vers le fort de la Turra (2529m). Construit en 1891, le fort a d’abord servi de logement aux Chasseurs Alpins du 13è BCA chargés de surveiller la frontière (l’Italie est toute proche). Il sera ensuite un haut lieu de résistance militaire aux armées italiennes, et ce jusqu’à l’armistice lors de la dernière guerre.
Ce fort sera notre lieu de bivouac pour la nuit…à contrecœur pour les filles au départ ! il faut dire que ces ruines délabrées chargées d’histoire, perchées au milieu de rien, exposées à tous les vents nous ont paru bien sinistres au départ. Après réflexion (et argumentation masculine !), la perspective de passer une nuit plus au sec que la précédente nous a convaincues. Un bivouac de fortune est donc installé dans un ancien bâtiment. De vieilles portes en bois trouvées ça et là permettront aux tentes de ne pas reposer directement sur le ciment humide et nous assureront une nuit plus clémente eu égard aux conditions météo peu clémentes qui s’annoncent. Un autre bâtiment nous sert à établir le campement de base : feu improvisé, cuisine de pâtes à la soupe, bancs de fortune, séchage de chaussettes au dessus des flammes…nous avons un peu joué à Koh-Lanta !
Dernier matin, dernier réveil difficile après une nuit froide, humide et venteuse…mais le soleil est là et le panorama se dévoile enfin vraiment : un 360° inoubliable et grandiose !
Descente vers Termignon par le chemin carrossable dans la combe de Cléry qui permet aux 4×4 de grimper jusqu’ici (300 m de dénivelé tout en douceur) puis par les pistes de ski du domaine de Val Cenis Vanoise (9 km sur une piste caillouteuse) ; mes genoux souffrent…mon corps souffre…le mental souffre…mais la perspective du resto à l’arrivée nous motive !
15h : Kenavo la montagne, la Bretagne nous attend – et les 979 km dans une voiture chargée avec 4 personnes…

Ce que je retiens de tout ça : malgré les courbatures et la souffrance, la rando en montagne, ça me gagne…et je compte bien recommencer l’an prochain. Je dois être maso…mais tout le sport que je fais dans l’année m’a vraiment permis d’appréhender cet effort si particulier et de gérer un peu mieux ce vertige que je dominais moins bien lors de précédentes randos. Et puis, il reste ces paysages, ce silence, cette sensation de petitesse et d’humilité face à ces sommets et ces crêtes.
Un seul regret : avoir oublié mon APN à Rennes…

WE chargé…lundi : fatiguée !

Petite ballade à Brocéliande avec 2 des 3 lecteurs américains avec qui je travaille à la fac : Sarah et Todd. Mauvaise pioche par contre : le temps était exécrable et une partie des chemins de rando étaient fermés pour cause de chasse entre le 01 octobre et le 31 mars….nous avons fait la rencontre de sympathiques représentants de cet ordre, tout de kaki et de gilet orange vêtus, qui nous ont tout de même autorisés un détour pour apercevoir le Tombeau de Merlin et le Tombeau des Géants….
Retour en soirée un peu trempés sur Rennes…je suis repartie derechef voir un concert exceptionnel à la MJC Bréquigny : Parissa, une chanteuse iranienne et ses trois musiciens…poésie ancienne (soufisme) et voix cristalline…un très beau moment !
Musique du monde encore pour ce dimanche bien pluvieux…stage de danse africaine pendant 2h : très très sport mais ô combien sympa et défoulatoire ! Je me suis même décidée à suivre des cours le mardi soir….
Résultat : je me sens un peu molle aujourd’hui et la séance de natation en plein air (avec fenêtre météo particulièrement clémente !) fut des plus difficiles…bah, j’ai quand même fait 1650m en une heure malgré les courbatures…Par contre, il y a fort à parier que je serai couchée à l’heure des poules ce soir….

Vacances à Pau chez Roudoudou

Samedi 19 avril : Direction les Pyrénées enneigées avec Steph et Roudoudou. Grosse bouffe dans une petite auberge chaleureuse : un menu à faire pâlir Greg Tosser qui n’a jamais assez à manger : garbure, pâté, grillade avec platée de pommes de terre à l’ail et au beurre, tarte maison, café à volonté (maigre consolation pour digérer)..tout ça au coin du feu ! Descente en luge et batailles dans la neige ensuite pour digérer plus activement.

Dimanche 20 avril : Romain – le Guide bleu béarnais – nous a concocté une rando à la Rhune pour découvrir le must des Pyrénées Atlantiques : pouvoir enchaîner dans la même journée plage et montagne ! La Rhune : 900 m d’altitude basque au milieu des pottoks (prononcez [potiok] sous peine de faire rire les autochtones = petits chevaux montagnards rustiques et robustes), des chèvres, des abris à la Jean-Claude Duss, des chapelles kitsch et des vautours…Paysages et panoramas sublimes : mer, pays Basque, Landes, Espagne à quelques encablûres et chaîne des Pyrénées….Rando sympa où le Guide bleu alias Romain et son acolyte Stéphane tentent de vous faire croire que la région doit son premier peuplement à une migration préhistorique belge…la robustesse naïve du Basque contemporain découlerait directement de ces origines nordiques… Où l’on apprend également que le belge basque vit dans des grottes en grès et en ardoises à flanc de falaises, adore « Les Bronzés font du ski », joue à la pelote dans des trinquettes et tond ses petits chevaux tous les étés pour se tricoter des pulls et supporter ainsi la rudesse pluvieuse du climat… Bien méritées ensuite, les flâneries sur la plage de Saint-Jean-de-Luz où les bretonnes n’ont pas pu se baigner (températures proches du cercle polaire)…ce qui n’a pas manqué de susciter moqueries et railleries de la part de Palois guère plus courageux…. Retour sur Pau en soirée avec au fil de l’autoroute un panorama ensoleillé sur les sommets enneigés des Pyrénées…

Lundi 21 avril : journée maussade à Pau…il pleut des cordes… Une vraie journée de filles pour faire du shopping ! On se vengera le soir au badminton…

Mardi 22 avril : nous décidons de partir en vadrouille à Nay : chou blanc…Nay est un gros bourg mal dégrossi…. Têtues comme de vraies bretonnes, nous décidons de poursuivre nos incursions dans la région paloise : Direction les Grottes de Bétharram… nous abandonerons à l’entrée ; excursion trop longue et trop « froide »… Retour sur Pau en fin d’après-midi où nous avons profité d’un rayon de soleil pour boire un café face aux Pyrénées… Dîner chez Steph avec foie gras, jurançon et tourtière (le concurrent direct du kouign amann : pâte feuilletée, pommes, armagnac, beurre et sucre ) ; fin de soirée échauffée avec une grolle « paloise » made in Pieuchot…

Mercredi 23 avril : Roudoudou a fini ses vacances et est retournée à la mairie…Lisenn déambule à Pau entre les Halles et le boulevard des Pyrénées…elle ne s’en lasse pas…Découverte des bords du gave de Pau en fin d’après-midi avec le Guide bleu avant un dernier verre face aux Pyrénées, encore et toujours !