Archives pour la catégorie Rennes

Tombées de la Nuit 2012 #04

Dernier compte-rendu pour ces Tombées de la Nuit 2012. Encore un très chouette cru. Je n’ai pas côtoyé l’ambiance des Nuits au Thabor cette année, rebutée par cette météo fraîche et pluvieuse. On y retournera en 2013… En attendant, plongée dans les entrailles du Triangle !

Tombées de la Nuit : une après-midi au Triangle

Mercredi, c’est le jour des enfants. Et il n’a pas échappé à ces derniers, ni à leurs parents qu’un ensemble d’activités s’adressaient à eux durant les Tombées de la Nuit. Installé dans le quartier du Blosne, le Festival offre un espace convivial (et abrité !) sous la Halle du Triangle. Compte-rendu d’un après-midi sur les lieux.

Bobby  & moi
Une scénographie toute simple : une table, une chaise, une malle, un porte-manteau (ou plutôt porte-chapeaux) et 4 melons rouges et noirs. Les enfants sont nombreux autour de la petite scène. Le jongleur arrive avec un vinyle en poche, The Voice de Bobby Mac Ferrin, sorti en 1984 sur le label Elektra/Asylum.

Bobby & moi (Cie Poc) @Tombées de la Nuit

30 minutes avec le virtuose de l’art vocal et un jongleur magique qui s’amuse de sa complicité avec le portrait du chanteur posé contre la malle musicale. Il jongle avec les notes, avec les chapeaux melons, avec les balles… avec une dextérité époustouflante. Tout est souple, tout est magique. Aucune fausse note (ou presque). Et quand elles surviennent, le sourire ne quitte pas le jongleur !

Bobby & moi (Cie Poc) @Tombées de la Nuit

Un bien joli moment musical et magique à partager avec la Cie Poc !

Les Vadrouilles
Pour des raisons météorologiques, point de vadrouilles dans le quartier du Blosne aujourd’hui. L’espace public sera celui de la Halle du Triangle où les agrès ont été installés par le Collectif AOC. Un chapiteau de béton et de métal qui n’empêche toutefois pas la magie circassienne d’opérer.
Un peu de trapèze pour démarrer. Avec un trapéziste incapable de se départir de son assistante… Il est gauche et incapable de monter seul sur son engin ; il fume en s’envolant dans les airs ; il fait semblant de tomber ou de ne pas réussir ses acrobaties. Un peu d’humour ne tue donc pas l’acrobatie de plein air !

Les Vadrouilles (Collectif AOC) @Tombées de la Nuit

Place au mât chinois. Quelques notes s’égrènent, et on reconnaît d’emblée le titre sulfureux, Paradise Circus, de Massive Attack (Heligoland, 2010). La voix sensuelle de Hope Sandoval offre un écrin pour la chorégraphie proposée par le circassien musclé et tatoué qui prend place. Mais rien ne se passe en force ; tout est douceur et volupté. Même avec la tête en bas ou à 3m au-dessus du sol…

Les Vadrouilles (Collectif AOC) @Tombées de la Nuit

Ici la performance est tout autant dans l’habileté athlétique que dans la sensualité dégagée à l’image de ce titre musical et les regards complices avec un public au pied et tout proche du mât chinois.

Les Vadrouilles (Collectif AOC) @Tombées de la Nuit

Du trampoline pour finir. Et avec un rayon de soleil en prime. Adossé contre un mur, le trampoline offre un véritable terrain de jeu à l’artiste. Il danse sur la toile, effectue des sauts périlleux sous les yeux écarquillés des enfants, et grimpe sur le mur à l’horizontal pour se retrouver sur la corniche, tel un petit oiseau prêt à s’élancer dans le vide…

Les Vadrouilles (Collectif AOC) @Tombées de la Nuit

The Fakir
Le derviche baladeur et iconoclaste sera la conclusion de cette après-midi au Triangle. De l’électro et une clarinette, de quoi finir tout doucement l’aventure en se laissant bercer au fond d’un transat…

The Fakir @Tombées de la Nuit

On hésite à rester là, sous la Halle du triangle, dont la déco est assurée par Alexandra Vincens et le collectif Les Zarmines. Un peu de vie sous cette grande dame de béton et de ferraille rouge…

Halle du Triangle @Tombées de la Nuit

Halle du Triangle @Tombées de la Nuit

 

 

 

Tombées de la Nuit 2012 #03

Une suite un peu pluvieuse pour les Tombées de la Nuit 2012. Ce jour-là, accompagnée de mon amie Catherine (La Vie Invisible), nous avons bravé les aléas climatiques bretons pour profiter de la performance Beau Travail de la Cie 1 Watt. L’une portant le parapluie tandis que l’autre prenait des photos, les deux courant jusqu’au Bateau ivre pour échapper au déluge digne de l’Arche de Noé… Bref, un chouette souvenir, même si vaguement humide !

Tombées de la Nuit : attention, drôles de travaux place Hoche !

Décidément le BTP a la cote cette année aux Tombées de la Nuit. Après la pelleteuse place du Parlement, voici Beau Travail place Hoche. De quoi faire oublier aux Rennais les nombreux « vrais » travaux qui jonchent la ville ?

Panoplie de bâtisseurs
Ils sont cinq, en costumes multicolores. Et arpentent la minérale place Hoche. Ils sont cinq, un peu fou-fou, un peu acrobates, un peu clowns, un peu danseurs, un peu forçats d’un BTP décalé.

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Cette équipe d’intervention absurdo-burlesco-surréaliste va occuper la place Hoche pendant trois heures sous les yeux d’un public médusé et amusé et sous le regard de badauds un peu décontenancés.

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Un peu de vie place Hoche…
Cette affreuse place grise et minérale prend soudain vie. Déconstruite, reconstruite sous l’imagination créative de cette drôle d’équipe d’intervention. Les panneaux de signalisation – fictifs – donnent vie aux personnages et aux passants, quand les panneaux de signalisation – bien réels – sont appelés à intervenir dans ce joyeux charivari.

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Les étudiants ne sont plus là pour y verser du shampooing et la faire mousser ? qu’importe, la fontaine a trouvé d’autres chahuteurs ! Pour un tableau « Radeau de la Méduse » des plus comiques…

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Et il y a tous ces Mikados géants, découverts adossés contre les arbres à 17h30. Qui doucement mais sûrement entrent dans la danse. En devenant lanceurs de poches à eaux, puis piliers colorés d’un abri provisoire.

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Un joli ballet de planches également. Mi-Jésus en chemin de Croix, mi-charpentiers burlesques. Et si vous n’avez jamais vu de châteaux de cartes avec des planches de bois, c’est maintenant ou jamais…

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Cinq parcours pour un sourire banane
Durant ces trois heures, l’équipe d’intervention vous propose cinq parcours qui sont autant d’espaces et de créations plastiques. Chaque parcours est balisé, fléché, signalisé et le public est amené à se déplacer en suivant l’étrange ballet de panneaux signalétiques propres à la Cie 1 Watt.

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

L’aire de l’attachement, l’aire de soulèvement, l’aire de lancement, l’aire animatoire et le précipité du parcours : autant d’espaces où la surprise, l’incongru, l’improvisation tant avec le public qu’avec les éléments du décor urbain font sens. Un public qui sourit doucement, puis franchement du comique de situation…

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

On rit dans sa cape, puis aux éclats devant les chutes, les pétards, les mimiques des artistes. Cette performance ne laisse personne indifférent : de la jolie cycliste fort surprise de se voir soulever par deux gaillards en tenue multicolore, de l’automobiliste décontenancé par le ballet des panneaux de signalisation devant le nez de sa voiture par de drôles de représentants du BTP, du badaud au regard interrogateur face à un lancer de poches d’eau au beau milieu de la place Hoche…

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Mais que vont-ils encore faire ? mais où s’arrêteront-ils ? la question brûle les lèvres du public. Qui, fasciné, répond aux injonctions « Courage » et « Ne partez pas » lorsqu’il se met à tomber des cordes sur la place Hoche. En vrais pros du BTP, nos performeurs continuent leur construction-déconstruction sous la pluie, sans sourciller…

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

V’là le travail !

En trois heures, la construction-déconstruction du chaos s’achève. On reste admiratifs face à cette énergie créatrice débordante. Face à ces free hugs communicatifs. Face à cette réappropriation burlesque de l’espace public.

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Il a suffit d’une grande place minérale, de planches, de chaises, de mikados géants, de cordes, de panneaux de signalisation un brin décalés pour faire rire et sourire le public. Ces performeurs sont des génies du BTP ! Après la Pelleteuse du Parlement, on avait réclamé plus que le 1% artistique du BTP. Avec la Cie 1 Watt, nous voilà entendus !

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Alors, quoi, la construction du chaos, vous n’y croyez pas ? allez plutôt voir le travail… Venez jeter un œil durant quelques minutes, quelques dizaines de minutes ou l’intégralité de la performance si bon vous semble. Nous, on n’aura qu’un mot à dire : Beau Travail !

Beau Travail (Cie 1 Watt) @Tombées de la Nuit

Tombées de la Nuit 2012 #02

Suite de mes découvertes et déambulations aux Tombées de la Nuit 2012. Un article entier consacré au dernier spectacle, Risque Zéro , de la Cie Galapiat. Enthousiasmant au possible !

Jeux de mains, jeux de vauriens ! Risque Zéro aux Tombées de la Nuit

Une bruine légère tombe sur la file de spectateurs qui attend sagement l’ouverture du chapiteau Galapiat au Triangle. Les Tombées de la Nuit ouvrent leurs portes ce soir et la pluie, sempiternelle, s’est invitée. Tombées pluvieuses, tombées heureuses…

Une entrée à pas humides et feutrés sous ce chapiteau protecteur. Chaque entrée sous un chapiteau est émouvante : on entre dans l’univers d’une compagnie, d’un spectacle qui va nous tenir en haleine une bonne partie de la soirée. Mettons les radars en marche et observons ce petit monde qui s’offre à nous. Sur cette piste en bois : un canapé en mousse, un petit cactus qui se tient fièrement droit comme un i, une hache, un objet qui ressemble de loin à un tapis de fakir, deux chaises d’écolier l’une sur l’autre en miroir, une bouteille de gaz format camping, une boîte en bois, un mât chinois et une cantine. Au fond, sur l’estrade, des instruments de musique : une batterie, une basse, une guitare, un accordéon. En l’air, « au plafond » : un trapèze, une couronne digne du roi Lear, un filin sur lequel on aperçoit un avion en papier. Bienvenue dans l’univers de la Cie Galapiat, bienvenue dans Risque Zéro.

L’obscurité se fait et on les découvre, ces six galapiats-fripouilles-vauriens-voyous. Six grands enfants malicieux qui vont jouer avec les nerfs du public et ses émotions pendant ce spectacle Risque Zéro. Six grands enfants qui sont libres de ne rien s’interdire. Et qui vont le faire avec un malin plaisir…

Tombees de la nuit - Risque Zéro - Cie Galapiat - c Nicolas PagesTombées de la nuit – Risque Zéro – Cie Galapiat – c Nicolas Pages

Jouer au funambule au-dessus d’un cactus : même pas peur ! pointer un couteau entre ses phalanges le plus vite possible : même pas mal ! passer au travers d’une pluie de fléchettes : même pas peur ! tirer les cheveux de la trapéziste : même pas mal ! jouer du violon en escaladant un mât chinois : même pas peur ! faire exploser des pétards : encore ! Flirter avec le risque en ayant no limit : OUI !

Tombées de la Nuit - Risque Zéro - Cie Galapiat - c Denis CouvetTombées de la Nuit – Risque Zéro – Cie Galapiat – c Denis Couvet

Monsieur Loyal, petit clown introverti, se fait la petite voix raisonnable mais peu écoutée : « Plus vous rigolez, plus ils iront loin ! c’est de vrais imbéciles ! ». Et les imbécilités vont aller croissant… de plus en plus haut, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Les acrobaties prennent le pas sur les clowneries, accompagnées ça et là par une bande-son détonante. Parce que nos grands ados sont avant tout des artistes accomplis, maîtrisant le théâtre de rue, comme les acrobaties circassiennes et aussi la musique…

tombéesdelanuit-cieGalapiat-risque-zero-c-Nicolas-PagesTombées de la nuit – Risque Zéro – Cie Galapiat – c Nicolas Pages

Vous avez déjà vu un clown nager en haut d’un mât et plonger dans le vide ?
Vous avez déjà vu une tête couronnée faire des sauts périlleux à la Bascule ?
Vous avez déjà vu un jonglage de machettes ?
Vous avez déjà vu un Ewok aux cheveux longs faire du trapèze ?
Vous avez déjà vu du jonglage de massues déstructuré ?
Vous avez déjà vu un monarque jongler avec une multitude d’anneaux à 5m au dessus-du niveau de la mer, simplement posé sur un confetti ?

tombéesdelanuit-cieGalapiat-risque-zero02-c-Nicolas-PagesTombées de la nuit – Risque Zéro – Cie Galapiat – c Nicolas Pages

Prendre des risques, tout simplement. Tout le temps. Et s’amuser aussi. Vous ne jouerez plus jamais au ping-pong sans penser à ces six vauriens ; vous ne cuisinerez jamais plus de cuisses de grenouille sans penser à ces six voyous ; vous ne jouerez plus aux fléchettes sans penser à cette pluie colorée…

tombees-de-la-nuit-galapiat-arton282-12275Tombées de la nuit – Risque Zéro – Cie Galapiat – c Arton

Risque Zéro, c’est regarder ces artistes-grands enfants prendre des risques à chaque instant, c’est s’amuser avec eux de leurs bêtises et de leur prise de risque inconsidérée. Et puis, c’est admirer ces artistes à la limite perpétuelle de la chute, de l’erreur – feinte ou assumée -, du déséquilibre entre ce qu’on peut faire, ce qu’on veut faire, ce qu’on doit faire, ce que l’on est libre de faire malgré tout.

Ne ratez donc pas ce spectacle enthousiasmant, qui transgresse les interdits. Ne passez pas à côté de ces artistes atypiques… OSER aller voir Risque Zéro !

Tombées de la Nuit 2012 #01

Punaise ! je me rends compte que dans ma léthargie estivale, je ne vous ai même pas parlé de mes déambulations aux Tombées de la Nuit… Honte sur mon kabig !
Je vais tâcher de me rattraper et de vous en donner un petit aperçu. D’autant que certaines compagnies ou certains spectacles tournent beaucoup et qu’on peut être amenés à les croiser en Bretagne ou ailleurs (Tiens, faudra que je vous parle des Rias 2012 aussi !). Et il serait dommage de les rater…

Remontons le temps donc, quelques posts durant, si vous le voulez bien. Accrochez vos ceintures ! [Tous ces articles ont été écrits et publiés initialement pour Alter1fo. Ben oui, je soupe à tous les râteliers.]

Tombées de la nuit : parcours diurne en ville

Mardi 03 juillet. Les Tombées de la nuit ont démarré hier sur les chapeaux de roue avec Dominique A et Risque Zéro au Triangle. Place aux rues pavées du centre-ville et son lot d’animations urbaines. Focus sur trois propositions.

Glisssssssendo Opus II
Ils sont neuf vêtus de robes format trapèze rouges et blanches. Ils glissent sur les pavés de la place de la Mairie et nous entraînent d’un coup de sifflet dans leur sillage. Ils remontent, vite, très vite la rue Lebastard, comme en apesanteur, tandis que le public s’efforce de les suivre avec poussettes et consorts dans la lourdeur de cette fin d’après-midi. Et puis, d’un seul coup, la course folle s’arrête. La fumée s’échappe de leurs cheminées coniques.

Glisssssssendo Opus II (Ulik & LE SNOB) @Tombées de la Nuit
La fanfare SNOB se met en place et s’ébranle, lentement. Aux premières notes de l’Exorciste, cette drôle de déambulation prend vie, mi-secte mi ballet musical… Et nous les suivons, comme si ce Service de Nettoyage des Oreilles Bouchées nous devenait vital…

Glisssssssendo Opus II (Ulik & LE SNOB) @Tombées de la Nuit

Gageons que la version nocturne en robe noire doit vous emporter dans une toute autre atmosphère !

Transports exceptionnels
Après un rafraîchissement houblonné, nous trouvons place devant le Parlement. Un individu croisé au téléphone méconnaît visiblement la créativité du spectacle vivant et ce dont il est capable : « Je suis place du Parlement. Y’a des mecs qui regardent une pelleteuse. C’est bizarre… »
Car oui, elle est là, au beau milieu du gravier, celle qui est au centre de ce duo chorégraphique. D’un orange vif et d’un noir flamboyant, elle rutile, comme une belle américaine. Et ferait presque de l’ombre au Parlement. Tout le monde n’a d’yeux que pour elle…

Transports exceptionnels (Cie Beau Geste)  @Tombées de la Nuit

Son partenaire, sobrement vêtu, entre sur la piste de danse. Un air d’opéra et le ballet peut commencer. Un je t’aime moi non plus entre l’homme et la machine : de la tendresse, un bras articulé qui fait claquer son godet (comme au flamenco !), des portés tout en souplesse. de la danse entre force et élégance.

Transports exceptionnels (Cie Beau Geste)  @Tombées de la Nuit

On oublie la machine, elle se métamorphose, devient vivante et attendrissante…

Transports exceptionnels (Cie Beau Geste)  @Tombées de la Nuit

Une très belle prouesse mécanique et chorégraphique offerte par la Cie Beau Geste. Le 1% artistique du BTP comme on voudrait en voir plus souvent !

Transports exceptionnels (Cie Beau Geste)  @Tombées de la Nuit

Cavale
Quittons les pavés rennais pour la fraîcheur et la douceur des pelouses vertes et autorisées du Thabor. Une scène majestueuse d’un blanc immaculé trône, comme un bloc minéral au beau milieu du végétal. Les formes rectilignes de ce rectangle et ces escaliers posés sur le green tranchent avec les formes naturelles des arbres qui constituent l’arrière-plan.

Cavale (Cie Yohann Bourgeois)  @Tombées de la Nuit
Yohann Bourgeois et Mathurin Bolze entrent en scène, look à la Réservoir Dogs. Et chaussent leurs têtes de collants gris.

Cavale (Cie Yohann Bourgeois)  @Tombées de la Nuit

S’en suit un long, lent et répétitif ballet dont la thématique principale est l’apesanteur. Le duo circassien chute, bondit, rebondit, cherche le déséquilibre perpétuel, de façon cyclique, entre trampoline et escalier.

Cavale (Cie Yohann Bourgeois)  @Tombées de la Nuit

Si la performance athlétique n’est pas à nier, la réflexion sur la notion d’apesanteur et la recherche du point de suspension version dépouillée n’ont pas trouvé grâce à mes yeux. Les références à Pasolini n’ont pas trouvé écho chez moi, si ce n’est en pensant que c’était prétentieux et vaguement ennuyeux.

Cavale (Cie Yohann Bourgeois)  @Tombées de la Nuit
Et puis, au bout d’un moment, ces deux artistes circassiens se sont mis à ressembler à deux pingouins dans mon imaginaire, s’amusant comme des petits fous sur la banquise. Le trampoline faisant office de piscine naturelle où ces deux palmipèdes prenaient plaisir à faire trempette, se battant pour le meilleur saut, ou la plus belle chute…
D’autres ont été bien plus critiques. Mais libre à vous d’aller voir et vous faire une opinion.

Cavale (Cie Yohann Bourgeois)  @Tombées de la Nuit
Cavale (Cie Yohann Bourgeois)  @Tombées de la Nuit

La suite demain !

Rennes sur un mur…

Rennes, c’est un terrain de graffs et de street-art géant. Il suffit de lever le nez, ou de glisser un œil dans les interstices d’une rue que l’on ne regarde jamais. Et hop ! surprise ! un graff, un collage, un truc éphémère ou qui va durer un peu.

La moisson du jour est plutôt amusante.

Ce matin, rue Papu.

Chuuuut !

Ce soir, rue des Innocents.
Pin-up prête à s'envoler

Ouvrez l’œil ! et amusez-vous…

Rennes, un peu de décence s’il te plaît

Très chère ville de Rennes,

Quelle ne fut pas ma stupeur ce matin en apprenant que dimanche, demain donc, tu comptais installer un grand écran sur la place de l’Hôtel de Ville pour diffuser la soirée électorale. Que tu diffuses au sein de tes salons sur des écrans les résultats des bureaux de vote rennais, passe encore. Que tu diffuses sur ces mêmes écrans les émissions des chaînes de télévision nationales, pourquoi pas.

Mais quel est l’intérêt d’installer un écran géant et d’abreuver la population ? je formule plusieurs hypothèses, sans qu’aucune ne soit satisfaisante à mes yeux…

– tu es fière des résultats obtenus dans ta ville au premier tour et tu espères secrètement que ton candidat favori, F. H. pour ne pas le citer, sera élu. Auquel cas, tu veux pouvoir admirer le triomphe du candidat dont tu soutiens fièrement les couleurs sur un écran 6 mètres par 3. La grandeur et le monumentalisme de l’image rendront-ils plus grande cette victoire à tes yeux ? Et si ton candidat n’était pas élu ? parce que, quand même, sans vouloir briser ton optimisme, rien n’est joué…

– tu as succombé aux sirènes de la vitrine et de l’image, du monumentalisme et du gigantisme. Pour toi, la politique est un spectacle et se doit donc d’être (sur)affichée en place publique, version XXL, histoire que tout le monde en profite, qu’on en prenne plein les yeux (à défaut de prendre des décibels plein les oreilles dans les cafés-concerts dont tu approuves secrètement la fermeture…).

– tu es tellement sûre de la victoire du candidat socialiste que anticipes le résultat. Sans craindre les dérapages sur le pavé avec des opposants éventuellement déçus en cas de défaite du candidat qu’ils soutiennent. Mais je sais que tu es prévoyante et que tu auras pris la peine de convoquer des escadrons de sécurité pour éviter tout débordement. Tu es devenue la reine de la convocation des petits hommes bleus dans l’espace public ces derniers temps… et la reine de le provocation par là-même.

Bref, Rennes, tu me déçois. Et pourtant, je partage d’assez près ta couleur politique. Et pourtant, je vante tes mérites et ta douceur de vivre en Bretagne, en France et en Navarre. Mais là, je ne te comprends pas. Et je n’approuve pas ta décision.

Au-delà de l’aspect purement politique (et de fierté assez déplacée), je n’apprécie pas cette décision car elle renforce cette politique spectacle tout à fait pitoyable à laquelle on assiste depuis quelques temps. Je te pensais plus fine et plus subtile. Mais non, tu reprends tes sabots de jolie bretonne campagnarde et tu fonces, les yeux fermés. En posant la cerise sur le gâteau de ce petit cirque électoral avec un écran géant, comme pour une manifestation sportive, un show culturel…
Et puis ta décision, elle a évidemment un coût financier. Et j’estime très sincèrement que mes impôts locaux doivent servir à des choses plus utiles et intelligentes. Qui paye cet écran géant ? Qui finance ce déballage politique ?

Alors si tu cherches à nous réconcilier avec la politique au sens premier du terme, l’organisation de la cité, organise-toi, mais sans esbroufe. Tente d’impliquer tes administrés de façon plus subtile plutôt que de les coller devant un écran. Un peu comme on donnerait de la confiture à des cochons. Je te trouve un faux-air de Patrick Le Lay d’un seul coup. Et franchement, ça me donne envie de vomir. Et d’aller voir ailleurs, à la première opportunité.

En attendant, j’espère que la météo se retournera contre toi et qu’il pleuvra des cordes, des seaux et des hallebardes dimanche soir…

LeeZen, rennaise en colère.

Un p’tit marathon pour te refroidir les mains ?

Tu es en vacances (ou pas d’ailleurs) ? tu ne fais pas partie de ces chanceux partis descendre (et remonter) les pistes enneigées ? mais tu as quand même envie de te geler les doigts ? J’ai ce qu’il te faut…

Dans le cadre du Festival Urbaines, l’Antipode organise un marathon photo téléphones mobiles samedi 25 février de 9h à 15h30.

Le principe est simple : par binôme, et grâce à un ticket Star, tu pars à 10h, téléphone portable en main, déambuler dans les rues de Rennes, à la recherche du cliché correspondant à la première thématique imposée.

Ça c’est la partie plutôt sympa. Là-dessus, tu rajoutes des points de rendez-vous obligatoire pour qu’on te délivre les thématiques (11h30 – 13h) et enfin le choix drastique d’une photo par thématique qu’il te faudra remettre impérativement à 15h30 à l’Antipode…

Tic tac Tic tac…

Un marathon où tu mitrailles et tu surveilles ta montre avec angoisse. Mais un marathon chouette, où tu pourras jeter un œil neuf sur les rues rennaises et ce qui t’entoure au quotidien mais que tu ne regardes plus ou ne remarques plus.

Toutes les infos sont (bulletin d’inscription, lots éventuels, règlement…). Dépêchez-vous, il faut s’inscrire avant le 23 !

Mettre en scène cru 2011

Du 03 au 19 novembre, c’est le Festival Mettre en Scène à Rennes. Pour qui est un peu curieux et amateur de planches, il y a de quoi faire. Mini-sélection fortement subjective…

Pour amateurs de cirque :

Nichons là : du 04 au 19 novembre sur le site Guy Ropartz sous le traditionnel chapiteau. Deux acrobates funambules qui s’observent, se jaugent, s’agrippent, se défient, autour d’une piste.

Rhizikon de Chloé Moglia : du 09 au 12 novembre. Un tableau, une trapéziste et une performance vertigineuse. Durée 25 min suivi d’une rencontre (20 min).

L’art de la fugue de Yoann Bourgeois : du 16 au 19 novembre. Bach + Yoann Bourgeois ( à la fois acrobate, trampoliniste, jongleur, et aussi danseur chez Maguy Marin) + Marie Fonte (danseuse)  + Célimène Daudet (pianiste). Ducrique et des points de suspension… en deux chorégraphies.

Pour amateurs de bassins un peu décalés :

Swimming Poules et Flying Cocqs de Découflé : du 08 au 12 novembre. Un tragique ballet nautique par des plongeurs inexpérimentés. A la piscine St Georges. Rien que pour le lieu. Avec la troupe d’Octopus.

Pour l’engagement et la dénonciation :

Courts-circuits de François Verret : du 09 au 11 novembre. Avec des artistes circassiens inside. Et surtout l’interrogation inquiète sur l’état d’un monde malade, qui se consomme sans faim.

Piscine (pas d’eau) de Thomas Jolly : du 09 au 12 novembre. La société britannique et ses travers. La vie de la photographe américaine Nan Goldin. Plongée dans les milieux undergrounds artistiques…

Pour le parfum de scandale

Sul concetto di volto nel Figlio di Dio de Romeo Castellucci : du 10 au 12 novembre. Interroger le lien luciférien de l’homme à son dieu… ou comment s’attirer les foudres des cathos ultras. Ce qui s’est passé au Théâtre de la Ville à Paris (cf article OF du 24 octobre) aura-t-il lieu à Rennes ? Le TNB subira-t-il l’ire des fondamentalistes rennais ?

Versus de Rodrigo García : du 10 au 11 novembre. L’un des metteurs en scène les plus subversifs du moment revient à Rennes pour présenter une entreprise de démolition joyeuse. Quand on lit sur le programme que certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, on peut s’attendre à tout…

Pour amateur de pool dance

Révolution d’Olivier Dubois : du 11 au 13 novembre. Douze danseuses, douze barres verticales de pole danse, un obsessionnel Boléro de Ravel. Un vibrant hommage à la figure féminine, engagée jusqu’à l’épuisement.

Pour danse des extrêmes

Cinquanta urlanti, quaranta ruggenti, sessanta stridenti de Teodora Castellucci : du 15 au 17 novembre. Trois danseuses qui affrontent les cinquantièmes hurlants, quarantièmes rugissants, et soixantièmes stridents, vents du Cap Horn.

Pour la danse, pure et dure

FAR de Wayne McGregor : du 17 au 19 novembre. Une troupe de danseurs époustouflante. Une thématique qui promet d’être vraiment captivante (confronter la sensualité et la sensibilité du XVIIIè siècle à la musique du compositeur Ben Frost, qui a travaillé, entre autres, avec Björk). Un grand moment de danse en perspective.

Pour le côté décalé

Bruce Willis Saves the World de Riko Saatsi : du 16 au 19 novembre. Retourner le mythe du super-héros pour interroger sans vergogne la société finlandaise actuelle. Le tout en finnois surtitré. Exotisme assuré.

Othello par Ostermeier : du 03 au 05 novembre. Son Hamlet était époustouflant. J’imagine que son Othello le sera tout autant. Incontournable assurément ! En allemand surtitré, pour l’effet Tour de Babel.

Pour l’originalité

Quarante-cinq tours : du 15 au 19 novembre. Quinze pièces de trois minutes, comme quinze morceaux sur un disque vinyle. Un quarante-cinq tours mettant aux prises, en présence, face à face, dressant l’un contre l’autre, l’auteur-musicien David Lescot et le danseur-chorégraphe de Brazzaville, DeLaVallet Bidiefono. Quinze duos donc, écrits, dits, joués, dansés, bougés, chantés, scandés, proférés, murmurés, improvisés, transpirés, tour à tour, dans un passage de rôle permanent. Avec décibels à l’appui et légers craquements ?

Le Grand Soufflet m’a tuée…

Sur les rotules. Ce Festival du Grand Soufflet m’a essoufflée mais c’était chouette. Et si vous imaginez encore que l’accordéon, ce n’est que Yvette Horner, la musette et les bals populaires, je ne pourrai rien faire pour vous !

Il faut être un tant soit peu curieux : oser braver l’inconnu et ces noms étranges qui apparaissent sur le programme tous les ans et que l’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam ; braver le Hors-rocade de Rennes et oser se perdre un vendredi soir à Chartres-de-Bretagne par exemple ; et enfin faire un pied de nez à l’automne qui commence à rendre les nuits fraîches…

Mais une fois que vous êtes sous le Chapiteau, c’est gagné. Il y fait chaud, les bénévoles sont d’une gentillesse à toute épreuve. La jauge étant assez réduite, pas de problème de foule ahurissante. Et puis, tant mieux pour nous, mais malheureusement pour le festival, l’accordéon ne séduit pas en masse les rennais . On évite donc l’afflux de bobos bien trempés comme cela peut-être le cas sur d’autres événements rennais… Alors, pourquoi se priver de ce Festival à taille humaine et à programmation insolite ?

Ce que j’ai découvert cette année (avec le lien vers l’article Alter1fo que j’ai rédigé. Pour les plus curieux d’entre vous !) :

Johanna Juhola et son Trio : une drôle de finlandaise, toute excentrique et ébouriffée. Qui joue de l’accordéon avec une dextérité incroyable et change de registre avec une facilité déconcertante. Une jeune femme très drôle et très touchante. Un vrai bonheur !

Une très jolie exposition d’accordéons « L’accordéon voyage et s’expose » : après avoir retrouvé le chemin du Pôle Sud à Chartes-de-Bretagne, j’ai pu jeter un œil curieux sur cette chouette expo. De très vieux accordéons pour une collection de soufflets qui ont marqué l’histoire et les pays… Une scénographie assez intéressante : de grandes valises noires entrouvertes avec des souvenirs liés à l’instrument, des extraits vidéos et musicaux.

Lola Lafon : romancière, compositrice et chanteuse. Des textes rageurs qui m’ont donné envie de découvrir son travail littéraire. Un univers assez intéressant. A suivre…

« Porte-jarretelles et piano à bretelles » : un show burlesque particulièrement décapant. Avec paillettes, humour, formes généreuses et nippies. De la bonne humeur à 200%. Et une ferme envie d’envoyer paître les conventions, quelles qu’elles soient.
Porte-jarretelles et piano à bretelles-13

Création Gurzuf & Dominic Sonic : quand l’accordéon peut être rock et punk et dégager un maximum. Gurzuf, un duo biélorusse qui manipule accordéon et batterie avec une fougue et une créativité assez délirantes. Uns soirée étonnante, contrastant étrangement avec celle à laquelle j’avais assisté la veille, bien plus froufrous et paillettes ! Une soirée éminemment enrichissante côté houblon et discussions par ailleurs…
Création Gurzuf et Dominic Sonic-8

La Caravane Passe : pour une soirée de clôture survitaminée en présence de mes copines de danse orientale. On a trusté le premier rang, on a dansé, chanté, vibré. Une fin de Festival comme une grande fête. [et un genou qui dit STOP, vraiment STOP !]

Vivement l’année prochaine (avec un genou – presque – tout neuf !).

Une certaine vision de l’Enfer…

Comme une valse, un peu tendancieuse et éraillée, avec un éphèbe pailleté vêtu d’un pantalon lamé. Dans un salon-boudoir, vieux tripot malfamé de concerts sur le vif où rats, cuivres et tentures léopard pullulent. Heaps, du Fuckin’ Hell Orkestar, c’est tout ça à la fois.

Une ritournelle qui m’a accompagné tout au long de ce dimanche ensoleillé alors que je suis restée rivée sur mon écran et mon clavier  pour rédiger les annonces du Grand Soufflet pour Alter1fo

Et vous savez quoi ? ces joyeux drilles se produiront au Chapiteau du Grand Soufflet sur la place du Parlement le vendredi 14 octobre à 18h. Qui va aller valser (même avec ses ménisques en vrac), hein, qui ?