Archives pour la catégorie Rennes

C’est parti pour les Tombées de la Nuit…

A la demande de ma collègue et néanmoins amie – voire même surtout –  Catherine (qui fait de très très chouettes photos. Si, si, allez voir par !), voilà mon programme tout à fait subjectif des Tombées de la Nuit

Mardi 05 juillet
Entre 14h30 et 18h30 Iqaluit(Champs Libres) : une installation sous igloo ou comment se plonger dans l’univers Inuit en plein cœur de Rennes…

Entre 16h et 22h00 Le silence du monde (Ecole des Beaux Arts) : un cabinet de curiosités agencé par un magicien ? oh oh oh…

21h Syd Matters (Opéra) : écouter le quintette envoûtant qu’on apprécie tant dans les décors à l’italienne de l’Opéra, c’est une expérience inratable. Vous n’avez pas encore vos places ? courez donc à la billetterie…

22h30 Voleurs de Nuit (place Hoche) : voir cette place minérale réinvestie par une troupe d’étudiants jouant avec la lumière et les ombres ? chic alors !

Mercredi 06 juillet
Entre 9h00 et 13h00 Carton (Place de la Gare) : une occupation de rue avec 400 cartons entre vie et poésie. La Cie des Sirventes et son théâtre asphaltisé nous interpelle…

12h30 Reprendre son souffle (Dalle Kennedy) : quand des marionnettes contemporaines prennent place dans l’espace urbain.

Entre 15h30 et 19h30 Velodroom (Thabor) : gageons que cette course cycliste belge interactive et foraine sous chapiteau sera bien plus passionnante que le tour de France…

17h00 Entre Serre et Jardin (Cloître St Melaine) : un duo de clowns équilibristes à la campagne, ça vous dit ?

18h30 Syd Matters acoustique (Cloître St Melaine) : on les aime tellement qu’on retournera les voir une deuxième fois, pour la beauté du lieu et leur performance en acoustique…

20h30 Moscou (Esplanade Charles de Gaulle) : embarquement immédiat pour Moscou, sa mafia, sa vodka, sa violence, et la survie de ceux qui résistent ! bon voyage sous chapiteau !

22h30 ou 23h30 P….! Puppet Porn Show (Thabor) : au lit les enfants ! bienvenue les grands ! peep-show de marionnettes réservés aux adultes, à vous deux !

+ concerts à la Baraque (sacro-sainte pelouse du Thabor) à partir de 23h00 (Monofocus + I am your Autopilot) : deux concerts pour le prix d’un dans cette Baraque qui deviendra le haut lieu de nos nuits rennaises le temps d’une  semaine…

Jeudi 07 juillet

18h00 Mob (Place du Parlement) : Carmen revue et revisitée avec mobylettes, olà et caravane sur bitume. Venez réviser vos classiques de façon déjantée !

19h00 Ma bête noire (Thabor) : un étalon noir et son danseur sous une volière. Les oiseaux adulés de la volière du Thabor ont du souci à se faire ! concurrent en approche !

22h30 Nal Bôa (Place des Lices) : quand la France et la Corée se rencontrent, c’est sur le bitume que ça se passe. Quand la danse rencontre le bitume et l’asphalte…

+ concerts à la Baraque (Mesparrow + Güz II) : on dit « encore ! », oui encore des concerts à la Baraque !

Et puis, elle revient pour le plus grand bonheur de nos oreilles ! Radio Barkaaaaaaaaaaaaaaaaaas ! pour onduler sur le dance floor parqueté. Traquez-la sans pitié !

Vendredi 07 juillet et Samedi 08 juillet : enfer et damanation ! je pars en vacances à Valloire voir les marmottes et les sommets alpiens. Du coup, je me suis interdit de regarder la programmation sous peine de frustrations trop intenses ! Allez,  à vous de regarder le programme et de faire votre choix ! De toutes façons, tout est chouette à voir ! vous viendrez me raconter…

Vibrations Electriques #4

Pour qui vit à Rennes et s’intéresse un tant soit peu à la musique, il y a fort à faire. Entre les festivals de grande renommée ou plus discrets, entre les salles de musiques actuelles et la salle de concert grand public en plein centre-ville (et tout le mal que j’en pense), entre les cafés proposant des concerts et le parc expo transformé en Music-Hall…  Et au milieu de tout ça, il y a entre autre une radio, Radio Campus Rennes pour ne citer qu’elle, qui mène des projets fort intéressants et dont j’aimerais me faire l’écho. Pas uniquement parce qu’ils ont eu la gentillesse de m’envoyer le CD dont je vais vous parler mais parce que je trouve la démarche plutôt salvatrice eu égard au coma  dans lequel se trouve l’industrie musicale actuellement (cf Article dans Next, supplément tendance et culture de Libé).

Radio Campus Rennes, plus communément appelée RCR, est une radio associative installée sur le Campus de Villejean à Rennes 2. Elle s’adresse aux étudiants, mais pas que, et « se caractérise par une programmation musicale originale, faisant une large place aux artistes et labels indépendants » (dixit Wikipedia). Et son soutien à la scène locale se traduit notamment par l’édition d’une compilation des groupes et artistes musicaux du bassin rennais chaque année : Vibrations Electriques.  Car oui, Rennes est une caverne d’Ali Baba en matière de musique… Et s’il me plaît d’assister à des concerts d’artistes connus, le fait, à Rennes, de pouvoir au détour d’une salle de concerts ou d’une estrade de café entendre de jeunes artistes et pouvoir les soutenir, je trouve ça plutôt intéressant et satisfaisant…

Bon, justement, et si on en parlait de cette compilation… 16 titres, et des horizons très différents. Des noms connus, des artistes déjà vus sur scène et les autres, ceux dont on n’a jamais entendu parler et qu’il est bon de découvrir. Je ne suis pas une grande spécialiste de la musique, contrairement à certains musicocrates rennais qui se reconnaitront aisément, et je ne parlerai donc ici qu’en mon propre nom et ma propre sensibilité musicale…

Garbo, Ladylike Lily et Kowalski sont des Rennais que l’on ne présente plus. J’aime bien. Kowalski me replonge instantanément dans l’atmosphère des pièces du cirque nouveau : c’est doux et poétique. Tout comme Bends. L’intro « Bruit de bottes » tranche avec cette voix douce et obsédante.

Il y a des ovnis sur cette compil : Matmon Jazz (By Ordoeuvre). Ce jazz électro qui sample des sons de cloche et des portes de maison hantée en intro est assez déroutant lors de la première écoute mais pourquoi pas ! ça change des sessions « Jazz à FIP » que je peux écouter… L’ovni délirant et étrange de Monkey and Bear : un morceau à synthé ou sons provenant d’une borne Arcade, comme un Pac Man musical !

Il y a ceux qui me rappellent quelqu’un. C’est le cas de Diemaav & Homecooking. Une très jolie voix à la Keziah Jones. Ou ceux qui me font voyager dans le temps : Revival 80 avec Splash Wave, dont j’aime beaucoup le morceau Passing Breeze.

Il y a les morceaux plus pêchus, qu’ils soient à tonalité rock  (Pepper dream) ou rap (Da Titcha). Unité Maü Maü me donne irrésistiblement envie de danser et puis j’aime bien le côté sombre de leurs paroles sur « Rendez-nous nos vies ».

Personnellement, j’ai des difficultés pour apprécier le slam et je n’ai donc pas aimé Rollingman Elektrik Slam. Idem pour Appartement Mental : je n’ai pas accroché et je ne sais pas pourquoi. Mais tout ceci est très personnel. Quand au batucada électro de Dakunt et au morceau de Douchka, je pense qu’il faut une écoute dans un autre contexte que celui de mon salon en plein après-midi…

Et on finira par la touche reggae de Kenyon, qui ne représente pas non plus ce que j’écoute le plus.

Et si la scène locale vous intéresse plus d’une fois par an, vous pouvez écouter l’émission L’Entrée des artistes sur Radio Campus Rennes. Laissez-vous embarquer par la voix sexy et suave de Mathias Durand, musicocrate rennais et animateur de l’émission. Celui dont la voix est aux ondes hertziennes rennaises, ce que les voix « charmeuses » de FIP représentent pour le reste de la France…

Vous voulez écouter cette compil’ ? un seul clic et vous pouvez la télécharger sur le site de Radio Campus Rennes, voire même la gagner (un petit concours, une réponse et zou !).

Et puis, si vous voulez en savoir encore plus sur la démarche dans laquelle s’inscrit cette compilation, lisez l’interview de Mathias (programmateur de RCR) et Vincent (chargé communication de RCR) réalisée par Alter1fo.

Ouvrez grand vos squarnes ! et restez curieux…

Rennes prend des airs de folk : Top of the Folk #5

L’avantage de vivre à Rennes, c’est qu’à aucun moment de l’année on ne peut s’ennuyer. Et quand nos salles fétiches de musiques actuelles vivent les derniers sursauts de leur saison, les festivals prennent le relais…


Vous ne connaissez pas Top of the Folk ? c’est mal !!! Petit festival devenu grand par la qualité de sa programmation, il fête sa 5è bougie cette année. Et vous offre sur un plateau des artistes de renom comme Jay-Jay Johanson ou des rennais comme Montgomery ou The Last Morning Soundtrack…
Et tous les autres qui figurent aussi dans cette programmation mêlant productions locales 100% pur beurre et produits importés de l’international :

Jeudi 26 mai à l’Antipode :
I come from Pop : la douceur brestoise incarnée !
Rrose Tracet : quatuor parisien minimal et mélancolique
Kurt Vile & The Violators : éclectisme from Phildelphie
NLF3 : parisiens hypnotiques en action

Vendredi 27 mai à l’Aire Libre :
Siobhan Wilson : ballades folk écossaise au menu
Montgomery : des rennais étranges, originaux et décalés. Spécialement pour la 5è bougie du Festival, Montgomery présentera une création acoustique accompagnée de projections vidéos.
Troy Von Balthazar : ou comment passer du punk rock à un répertoire à fleur de peau…

Samedi 28 mai à l’Aire Libre :
The Last Morning Soundtrack : le rennais qui fait beaucoup parler de lui ces derniers temps… et c’est tant mieux !
Evening Hymns : séquence émotions au Canada
Jay Jay Johanson : c’est LA tête d’affiche, évidemment. Interdit de s’en priver !

Loin du bruit et de la fureur, prenez votre vélo, votre plus belle chemise et retrouvons-nous à l’Antipode ou à l’Aire Libre pour saluer, au son des guitares, l’arrivée de la torpeur estivale !

N’oublions pas tout de même nos neurones ! Retrouvez le chemin de l’école et celui des amphis à Rennes 2 pour un revival intellectuel avec la conférence Soyons Folk ! (vendredi 27 mai – Bibliothèque de Musique – 15h).
Et puis, pour les amateurs de photos, jetez un œil (voire plus) sur l’expo photos de Marc Loret à l’Aire Libre avant de mettre vos squarnes sur orbite. Marc fait de très jolies photos (et ce n’est pas parce que je suis grande fan de ses cartes postales de Rennes que je dis ça !).

Enfin, dernier argument pour vous convaincre : le porte-monnaie. Pas plus de 15 euros la place, moins si vous êtes adhérents à l’Antipode, et si vous décidez de cumuler 2 soirs à l’Aire libre, il ne vous en coûtera que 20 euros… Allez, allez, tous sur Digitick !

Vous voulez encore en savoir plus  sur ce Festival Top Of The Folk #5 ? c’est par là…
www.myspace.com/topofthefolkrennes

www.facebook.com/topofthefolkrennes

Et ils ont aussi un compte Twitter : https://twitter.com/#!/TopOfTheFolk

J’ai intérêt à vous y croiser, hein… Vous n’oseriez pas me froisser en ce début de presque été !?

A l’assaut de Cleunay

Profitant d’un samedi après-midi ensoleillé et printanier il y a 15 jours environ un mois, @themanofrennes, l’indie boy de la twittosphère musicale rennaise et moi-même sommes partis paparazzier le quartier de Cleunay.

Pour les non-rennais, ce quartier est très vaste et regroupe en fait sous cette appellation plusieurs sous-quartiers situés dans le sud-ouest de Rennes. En fait, nous sommes partis du quartier Arsenal-Redon situé aux abords du centre-ville pour nous retrouver rapidement au pied du quartier de la Mabilais et de sa nom moins renommée tour éponyme. Vous savez, l’ancien bâtiment France Telecom, son ovni futuriste et sa Fernsehturm ?

Rondeurs

Détour par sur les ruines de l’ancien magasin Scarabée Biocoop où de chouettes graffitis ornent les murs de l’entrepôt voisin… Cette rascasse au milieu des gravats est des plus incongrues !

Poisson azoté

Petit coup d’œil sur le gymnase et son mur aux couleurs de Mai 68 qui avaient fait couler pas mal d’encre au moment de sa création…

Bêêê

Puis direction l’Antipode. Architecturalement parlant, le quartier ne se distingue pas. Par contre, j’ignorais vraiment combien il s’étendait derrière l’Antipode. Mes investigations déambulatoires ne m’ayant jamais poussé plus loin que la salle de musiques actuelles… J’ai donc découvert un ensemble de maisons, un collège, et même un pont au-dessus de la rocade permettant d’accéder à des jardins populaires.

Petites voitures

Mais le plus intéressant restait à venir. @themanofrennes ayant repéré une tour-cheminée dans le lointain, nous avons emprunté la toute nouvellement goudronnée Avenue Germaine Tillon, qui mène vers St Jacques, vers la toute puissance financière du Crédit Agricole…
Et là, nous sommes entrés dans un sous-bois, bravant les barbelés rouillés. A côté de cette cheminée, nous avons découvert un bâtiment en ruine, vieil entrepôt à la verrière délabrée. Un chat a fui lors de notre arrivée, maître des lieux et des graffitis. Véritable collection de crayonnages bombés, tous plus originaux les uns que les autres. Un vrai régal pour les yeux et les objectifs !

Lèvres pulpeuses Défilé suisse Penguins Angry man

Après avoir enjambé barbelés et bombes de peinture, nous avons rejoint le bitume et son monstre financier : le bâtiment du Crédit Agricole, bunker vitré,  en impose.

Grande marche le long d’une avenue sans intérêt, celle qui jouxte le terrain militaire et les anciens terrains de GIAT Industries. Puis direction le nouvel écoquartier de la Courrouze (et là, je rigole un peu… quand on sait que les terrains étaient occupés par des industries chimiques et militaires, on se demande ce qui peut être vert). Ce nouveau quartier propose une série d’immeubles à l’architecture assez stalinienne, au beau milieu d’un terrain vague encore en réhabilitation…

Gris béton Yeux au ciel

Et au détour d’un chemin balisé, hop, un bâtiment abandonné, vraie caverne d’Ali baba de graffs et de Street Art ! Comme dans un loft abandonné, sous une verrière explosé, entre béton et poteaux en métal travaillé. Ambiance !

Entrepôt à graffitis Dans l'oeil du viseur Fantômette colérique Pendu ? Moutonne rebelle Crazy Kidz

Retour par la trémie Claude Bernard nouvellement inaugurée, non sans jeter un coup d’oeil sur Les Ateliers du Vent et leur usine désaffectée…

Haut de forme Entre tour et Horizons
Fresque

Un grand mur longeant la voie ferrée laisse songeur nos objectifs. L’après-midi étant fort avancée et un concert m’attendant à l’Antipode, il nous faudra revenir…

Pour les plus curieux d’entre vous, toutes les photos sont rangées sur mon Flickr sagement dans l’album Objectif Cleunay.

Et vous trouverez les très jolies photos d’Erwan sur son Flickr dans l’album Ballade Cleunay/La Courrouze.

Je mange M, je bois M, je vis M

Cette semaine, Mythos, festival des arts et de la parole prend ses quartiers de printemps à Rennes… Un programme où il a fallu faire des choix, difficiles et cornéliens.

Ce soir, à la Paillette, DTC (on est bien) ou le mythe de la Création version belge déjantée par la Cie Clinic Orgasm Society…

Vendredi, après une journée entière enfermée au TNB pour le Forum Libé sur le respect, j’irai prendre l’air (et les décibels) au Thabor : Florent Marchet et Deportivo au programme

Samedi : retour au Thabor pour Bertrand Belin avant de filer à la chapelle du Conservatoire écouter religieusement Josh T. Pearson (hors Mythos, hein ! pourquoi être monomaniaque ? ) et puis revenir, doucement mais sûrement finir ma nuit et voir (boire) les premières lueurs du jour au Magic Mirror… La nuit nous appartient !

Dimanche, chuuuuuut, je dors… (et accessoirement, je rédige des reports pour Alter1fo !)

Tous journalistes ?

Cette semaine, avait lieu dans les établissements scolaires de Bretagne de France et de Navarre la 22è semaine de la presse et des médias dans l’école. Activité d’éducation civique, elle a pour but d’aider les élèves, de la maternelle aux classes préparatoires, à comprendre le système des médias, à former leur jugement critique, à développer leur goût pour l’actualité et à forger leur identité de citoyen. Hasard du calendrier ? hier soir, à la Cantine Numérique Rennaise,  avait lieu une rencontre organisée par l’AFP sur le thème «Tous journalistes ? Les médias face au défi du participatif». Point d’élèves dans la salle, mais quelques étudiants et surtout un grand nombre de rennais curieux comme moi de connaître l’opinion des grands médias traditionnels sur ce point. Compte-rendu.

(AD1) Analog VS Digital(AD1) Analog VS Digital ©yago1.com on Flickr

Belle brochette de médias traditionnels

Face à nous donc, 4 vrais journalistes encartés comme il se doit : François Bougon , journaliste détaché à la rédaction en chef de l’AFP en charge des réseaux sociaux ; Eric Bullet (Ouest-France), rédacteur en chef chargé du multimédia ; Gilles Danet (Le Télégramme de Brest), responsable du développement des contenus multimédias et Thibaut Angelvy (www.terristoires.info), rédacteur-en-chef adjoint et webmaster de Terristoires. Mais 4 approches et 4 points de vue différents selon les enjeux et le « dinosauresque » de leur média.

Dès leurs présentations respectives, les postulats sont posés : les réseaux sociaux et leur dimension participative ont bouleversé le métier de journaliste. Jusqu’alors confiné dans sa tour d’ivoire, seul détenteur de l’information et de sa maîtrise, le journaliste n’est plus seul. Et si le roi du pétrole n’est plus, il doit cependant tout faire pour redorer le blason de sa carte de presse en revenant aux sources du journalisme : vérification des sources, contrôle de l’information, donner les repères pour comprendre…

F. Bougon et G. Danet insistent sur l’opportunité apportée par cette nouvelle dimension au métier de journaliste. Le plus, c’est le retour du lecteur, même s’il oblige à employer les grands moyens pour modérer les commentaires particulièrement déplacés de certains. G. Danet évoque également l’irruption des blogueurs au Télégramme via une plateforme (blogs.letelegramme.com). Véritable apport en terme d’idées nouvelles, ces blogueurs permettent aussi l’approche de sujets de niches tels le polar ou la monopalme, domaines peu couverts par la PQR.

T. Angelvy a quand à lui la vision la plus avancée sur le sujet. Terristoires est en effet tout jeune et est un véritable pure-player nantais (journal né sur Internet et n’existant qu’en format internet). Son objectif : devenir un média de référence dans le domaine de l’information alternative locale sur internet, privilégiant le mode participatif dans une logique de Web 2.0. Le journaliste aborde de façon assez spontanée les limites du participatif : finalement, sur Terristoires, peu d’internautes commentent sur le site (contrairement à la page Facebook).

Facebook, le grand méchant loup

Formulation exagérée peut-être, mais c’est bien le sentiment qui émanait hier soir des débats. Le participatif, c’est bien, à partir du moment où il n’empiète pas trop sur le domaine de prédilection du journaliste : vendre son info et être le seul à le faire. Et de poser aussitôt et de plus belle les limites du participatif : la vérification de l’information. Pour E. Bullet, il ne faut pas confondre participatif et journalisme. Il évoque Twitter où les infos sont relayées sans vérification. Selon ce même journaliste, le journalisme citoyen ne veut rien dire et les tweets sont juste des commentaires de l’information. (J’ai failli m’étrangler à ce moment-là !). Heureusement, G. Danet est intervenu pour affirmer qu’on ne pouvait pas limiter stricto-sensu le participatif à Facebook et Twitter. Que la notion importante du participatif était quand même de garder la relation avec son lecteur. Et que questionner le rôle du média c’était aussi questionner le rôle des réseaux sociaux.

Et là, en tant que documentaliste, je dis Bon point. Dans le cadre de mon travail de sensibilisation à la presse à la fac, je mène depuis quelques années un petit sondage auprès des étudiants de L1 et de L2. Leurs réponses concernant leurs habitudes de lectures de la presse papier et de la presse en ligne ou de leur présence sur les réseaux sociaux est fascinante… et je pense que certains journalistes devraient un peu plus se renseigner sur ce vivier potentiel de lecteurs. Qui n’a plus les mêmes pratiques que les nôtres, qui zappent, pour qui la PQR est synonyme de « chienlit » (je ne fais que répéter le propos entendu pas plus tard qu’en novembre 2010)… A bon entendeur !

Et pendant ce temps, ça gazouille sur Twitter…

C’est cela aussi le participatif. Pendant que tout le monde débat IRL, la twittosphère rennaise présente dans la salle commente, annote, relaie l’info. Et le wall virtuel de la CNR s’est bien agité hier soir…


En chambrant gentiment….


Et/ou en exprimant clairement son désaccord…

Et puis la salle a pris la parole, avec ses questions grinçantes mais pertinentes… Simon Chignard a ouvert le bal en posant des questions sur les commentaires : jusqu’où les rédactions vont et où s’arrêtent-elles ? Réactions variées : de Ouest-France où la forme de modération est la plus extrême (inscription obligatoire pour commenter avant modération par les journalistes) à Terristoires où une hiérarchie de contributeurs joue sur la modération des commentaires… Par contre, peine perdue,  vous ne pourrez toujours pas commenter l’édito de Ouest-France. C’est interdit !

Et mon voisin Anthony Chenais de prendre le relais sur les questions qui fâchent : le participatif, ce sont pour l’instant, au travers des propos, les commentaires des lecteurs mais pas que. Quid de la participation des lecteurs via des articles ?

C’est Ouest-France qui monte au créneau le premier. Ouest-France est d’abord un site d’information (euh, pas très sympa pour les autres ça…) où sont testées beaucoup de choses . Internet est un « terrain de jeu immense » et les lecteurs peuvent interagir en envoyant du contenu sous différentes formes. Le téléphone rouge version web 2.0 par Ouest-France

Pour F. Bougon, la réponse diffère ; l’AFP étant une agence de presse, elle vend de la crédibilité et se doit donc d’avoir du contenu professionnel et vérifié.  Pour le journaliste, il y a cependant des leçons à retenir de ce qu’ont fait Rue89 et Le Post même si certaines limites existent (l’inéluctable mort de jean Dujardin…).

Pour G. Danet (Le télégramme de Brest), on pourrait envisager des correspondants-internautes pour rédiger des articles. Mais il y aurait concurrence avec les correspondants locaux qui sont, eux, rémunérés. Et cela pose un sérieux problème économique. (Je l’ai omis jusqu’à présent dans mon compte-rendu mais le modèle économique malmené de la presse a souvent été évoqué…).

Sur cette question, c’est Terristoires, encore une fois, qui a la réponse la plus « adaptée ». Pour T. Angelvy, cette participation des internautes est la valeur ajoutée d’un site de presse. C’est ce que tente de mettre en place Terristoires avec une hiérachie de contributeurs : de journalistes à internautes-blogueurs, avec un accompagnement pour les novices. Il faut, pour entrer au mieux dans cette logique participative, s’approcher de la qualité de traitement la plus grande qui soit (aide, relecture, conseils…). En gros, s’approcher du journaliste mais sans le remplacer non plus.

Quand E. Gaucher titille les intervenants…

Mais qui est Erwann Gaucher ? sur Twitter il se présente comme ceci : Journaliste, ancien responsable d’une filière d’étude à l’ESJ, formateur et consultant print et web, spécialisé dans la presse régionale. Et sur son site, il est un passionné de média, journaliste et formateur, sûr que le web peut être l’atout de votre journal pour les années à venir.

Et il était attendu par un fan-club de twittos !

Erwann Gaucher affirme qu’il y a quand même une peur du participatif dans les rédactions. Il revient aussi sur les commentaires, qui ont forcément besoin d’être validés, mais qu’on ne voit jamais dans le papier… (je n’ai pas tout noté, préférant écouter ce qui se disait).

Mais on a assisté ensuite à un grand moment de Caliméro de la part des intervenants. Ben oui, faut les comprendre, leur métier a évolué, a subi de profonds bouleversements avec l’arrivée du web. Le participatif, c’est bien, mais ce n’est pas le nec plus ultra ; il faut de l’expertise. Et le processus d’intelligence collective est long à mettre en place…

Je crois que si je n’avais pas eu l’occasion de discuter de ce point au préalable et de façon bien plus argumentée et réaliste avec Stéphane Vernay, j’aurai quitté la salle… Pincez-moi je rêve ! la seule profession qui aurait été profondément bouleversée par l’irruption massive du net ? Bon, je vais militer pour ma paroisse mais que dire de l’information-documentation ? révolutions dans les supports, révolutions des pratiques d’usagers, révolutions des attentes des usagers… Des microfiches aux tablettes numériques, des CDI aux Learning Centers, des Roberts à Wikipedia, des fiches cartonnées aux SIGB interactifs, des bibliothécaires-archivistes aux e-bibliothécaires, j’en passe et des meilleures ! Alors oui, les journalistes ont été percutés, si je reprends l’expression favorite d’Eric Bullet (Ouest-France),  par le tourbillon internet, et la chute du piédestal leur a laissé des stigmates profondes, mais arrêtez de jouer les veuves éplorées et agissez, ai-je envie de dire ! Et peut-être que si le participatif ne se limitait pas qu’aux commentaires modérés, le courant passerait mieux entre presse et citoyens…

Des community managers au sein des rédacs ?

C’est la question posée par Karine Sabatier, directrice de la CNR , qui rappelle aux journalistes présents que gérer une communauté (et les commentaires ou remarques de toutes sortes que cette dernière produit), c’est un vrai métier. Eh oui ! s’implanter sur les réseaux sociaux, c’est bien, mais ça ne suffit pas ! Là où on tombe tous d’accord, c’est que c’est extrêmement chronophage.

G. Danet rappelle qu’en 2008 lorsque le Télégramme a renforcé ses rédactions sur le multimédia, cela a entrainé des re-négociations de postes de journalistes. Et Terristoires de rajouter que gérer les commentaires, les suivre, faire vivre les réseaux sociaux, c’est chronophage et qu’il est difficile économiquement d’y consacrer un poste entier. Modèle économique bouleversé pour un métier chamboulé où le journaliste devrait tout faire : du web, de la vidéo, du flash, du contenu, de la gestion de réseaux sociaux…

Et quid des médias « alternatifs » ?

Pas pu m’empêcher de mettre mon grain de sel dans le débat, évidemment. Pas pu m’empêcher de parler d’Alter1fo. Pas pu m’empêcher de dire que des bénévoles, non journalistes, pouvaient fournir un contenu de qualité sur du local. Et on ne m’a pas contredite. Oui, ils trouvent ça bien. Oui, c’est essentiel car cela couvre des niches (on a parlé de compte-rendu de concerts notamment) que les médias locaux et généralistes ne peuvent pas traiter. Et comme les questions fusaient, on n’a pas parlé plus de ces médias citoyens, participatifs et bénévoles… Et pourtant…

Pour conclure gentiment…

Au terme de presque 2h de débat, on retiendra principalement que le mot d’ordre, c’est qu’il faut quand même veiller à séparer médias de presse et médias citoyens. Même si le représentant de l’AFP, entité organisatrice de la rencontre, trouve que le participatif est une vraie opportunité pour le métier de journaliste. Même si certains prêchent pour des passerelles entre médias et contributeurs internautes pour une co-construction. Et F. Bougon de rappeler que la presse est une vieille dame qui éprouve quelques difficultés à évoluer, se révolutionner…

Rencontre intéressante donc qui s’est poursuivie autour d’un verre, aimablement, tranquillement, passionnément. Car oui, ce débat est passionnant : il confronte, comme au temps de la querelle des Anciens et des Modernes, deux écoles du journalisme d’une part (les journalistes vieille école et les geeks – je raccourcis volontairement !) et des attentes très fortes des citoyens d’autre part. Cette rencontre n’a évidemment pas répondu à la question mais elle a suscité beaucoup d’échanges, d’interpellations, de rappels sur certains points. Vivement la prochaine !

Déambulation au son d’un MP3

Il se passe de drôles de choses le dimanche après-midi dans certains quartiers de Rennes. Une foule de personnes déambulent en faisant des gestes décalés au son d’un MP3. Ils marchent, courent, dansent, jouent de la guitare, forment des nuages avec leurs bras, se caressent les oreilles… Drôles d’homo-sapiens !

C’est la mouche Coquecigrues qui les a piqués ! Organisé par l’association A tort ou à Rhoazon, ce MP3 Experiment a rassemblé environ 200 personnes au pied de la maison de quartier de Villejean pour une déambulation d’1 heure environ derrière un ours blanc et un tigrophone.

TigrophoneTigrophone © tangi_bertin on Flickr

Nous sommes devenues homo-sapiens, voyageurs dans l’Histoire et dans le quartier de Villejean, le temps d’une après-midi. Entre humour, indications historiques sur le quartier et appropriation des lieux en version décalée : mini-fest deiz sur un terrain de basket, marche militaire sur la dalle Kennedy suivie d’ondulations orientales, mini-Woodstock avec air guitar à la Jimi Hendrix dans le Square du Berry, transformation en stalagmites dans le tunnel permettant de rejoindre la Harpe…

MP3 Experiment orientMP3 Experiment Orient © tangi_bertin on Flickr

Mais comme je n’aime pas faire les choses à moitié, j’ai doublement participé à ce MP3 experiment… En tant qu’Homo-Sapiens décalée qui aime s’amuser mais aussi en tant que danseuse ! quelques heures de préparation et de répétition avec mes copines du cours de danse et Céline, notre prof. Et hop ! nous voilà en soutifs à paillettes par 12°C sur la dalle Kennedy avec la délicate mission de faire participer et danser 200 personnes…

Duo oriental Des parfums d'orient à Rennes
Duo Oriental + Des parfums d’Orient à Rennes © tangi-bertin on Flickr

Essai transformé ? au vu des photos et des sourires, oui. Au vu des remerciements de la part des organisateurs, également. Les homo-sapiens présents se sont pris au jeu et nous ont suivi dans notre chorégraphie légèrement déjantée.

Trio
Trio ©tangi_bertin on Flickr

Et oui, la danse orientale, ça peut être un truc pas sérieux, où l’on se prend pour des méchantes ou des hiéroglyphes linéaires assez figuratifs… Et tout le monde peut y arriver !

La cigogne !La cigogne ©tangi_bertin on Flickr

Nous, en tout cas, on a trouvé l’expérience très sympa et on est prêtes à recommencer ! On aime s’amuser, sans se prendre au sérieux. Même si, on ne dirait pas comme ça, mais on a vachement bossé (et on était même un peu stressées)… Vivement le prochain MP3 !

Les photos officielles par Julien Guezennec. Et un grand merci à Tangi pour ses chouettes photos et à Isa pour son soutien moral de twitteuse !

Lettre ouverte à toi, ville de Rennes

Très chère ville de Rennes,

 

 

 

Tu sembles t’amuser à mettre mes nerfs en pelote depuis quelques temps. J’ai hésité avant de prendre ma plume numérique mais c’est bien parce que pour l’instant je n’envisage pas de vivre ailleurs que je vais te livrer mes multiples doléances.

– Nombreux sont tes efforts faits pour afficher aux yeux du monde une image résolument moderne : une Cantine Numérique flambant neuve, un concours d’applications mobiles avec données libérées, une visite en 3D qui permet de te découvrir quand tu ne t’appelais encore que Condate… C’est beau, moderne, novateur : bravo !
Cependant, il serait grand temps que tu t’intéresses un peu à ton site, tu sais, http://www.rennes.fr/ . Nan parce que là franchement, y’a du boulot ! je ne parlerai pas du design et de l’ergonomie (encore que), mais tout simplement de l’accès aux infos pour une citoyenne lambda telle que moi. Par deux fois ce mois-ci j’ai eu à chercher une information purement administrative sur ton site. Par deux fois, je me suis cassée le nez. Par deux fois, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais.

La première fois, il s’agissait des modalités de renouvellement d’un passeport. Amusant comme la recherche par mot-clé donne des résultats surprenants. La réponse la plus pertinente aboutissant même sur une page d’erreur :


Ma deuxième recherche portait sur les procurations en cas d’absence pour les élections. Il s’avère que je ne serai pas à Rennes pour le premier tour des cantonales et que cela me chagrine de ne point voter. Deuxième visite donc sur ton joli site. Interrogation par mots-clés « Elections » et « procuration ». Et encore un chou blanc ! Par contre, j’ai pu remonter dans toutes les archives des élus absents aux conseils municipaux et ayant donné vote par procuration sûrement depuis Condate ! Tant pis donc, je ne voterai pas dimanche 20 mars…

Ne serait-il donc pas temps pour toi de prendre un peu en main ton site web et d’en faire enfin un outil utile pour tes concitoyens ? moi, les visites de la ville en 3D je trouve ça très bien, hein… si tant est que je puisse trouver l’info administrative de base sur les différentes démarches que l’on peut être amené à faire au quotidien.

– Par ailleurs, tu as cessé d’émettre le supplément Sortir qui accompagnait Le Rennais. Certainement pour de très bonnes raisons. Ce supplément régulait ma vie d’hyperactive rennaise et était le squelette de mes billets Moleskine mensuels. Qu’il soit repris en main par le mastodonte de la presse régionale ne me pose pas de problème particulier (encore que, il faudrait sûrement approfondir le sujet. Une autre fois). Par contre, qu’il ne soit pas livré dans ma boîte aux lettres me chagrine fortement… De la même façon, ta grande soeur, la Métropole rennaise a modifié son média insitutionnel : L’Info Métropole devenu Rennes métropole magazine n’a pas non plus trouvé le chemin de ma BAL. Et la lecture du billet « De la pub pour un truc gratuit ? » sur le blog d’Erwan Alix ce matin a surenchéri mon agacement.
Que tu refondes complètement tes medias ne me pose pas de problème, si tant est que les circuits de distribution fonctionnent et que mes impôts, servant à financer ces medias gratuits, assurent un cheminement pour tous. J’attends donc avec impatience la nouvelle mouture du Rennais qui devrait sortir en mars, en espérant que ce dernier soit muni d’un GPS intégré qui lui permettra de trouver son chemin jusqu’à mon home sweet home…

Bien à toi,

La râleuse de service.

Comment j’ai basculé du côté obscur du Sport…

Et tout ça grâce à Stéphane Vernay ! et deux acolytes altérophiles (NDLR : œuvrant pour Alter1fo)…

Dans la même soirée, j’ai englouti une galette-saucisse (et mon cœur de finistérienne ainsi que mon estomac ont saigné) et assisté à un match de football au Stade Rennais. Double punition, me direz-vous. Sauf que j’ai réussi à m’amuser comme une petite folle…

Il faut dire que je n’étais pas à la joie la semaine précédent le match, des températures sibériennes s’étant abattues sur Rennes… Je me morfondais en me disant que j’allais finir congelée sur un strapontin du Stade, transformée en statue de glace. Mais comme par miracle (et Dieu sait s’il y en aura ce soir là !), le froid a fait place à la douceur bretonne et la neige s’est métamorphosée en pluie.

Retrouvailles donc au pied du Stade devant l’un des négoces de galettes-saucisses. Car la galette-saucisse, ce mets gastronomique réputé, est la condition sine-qua-none d’une entrée au Stade. Chez les gallos, si pas de GS, pas de match ! c’est donc la mort dans l’âme et dans l’estomac que j’ai englouti ce hot-dog rennais. Pas très fan de l’épaisse galette… un vrai sacrilège pour la finistérienne que je suis ! Mais bon, j’ai gagné mon sésame pour entrer dans l’arène.

Pas un grand match que ce Rennes-Monaco, ce dernier se situant dans le bas du tableau. Me voilà donc assise en tribune Super-U au milieu de fans de football. Les ultras du KOP situés sur notre gauche meuglent des chansons les unes après les autres dans une ferveur impressionnante. Ils entonnent un « Galette-saucisses, je t’aime » vibrant et émouvant… A peu de chose près, tout le Stade se levait, une main sur le cœur et l’autre sur l’estomac pour entonner d’une même voix cet hymne vibrant !

Je regarde tout cela dubitativement, avec ma naïveté footballistique légendaire. Stéphane, mon mentor du Stade Rennais, ne manque pas de me fournir force détails sur les coulisses de l’équipe, de la pelouse bien verte du Stade et de son charismatique entraîneur. Grâce à lui, ce sport de baballe n’a plus de secrets pour moi !

Compte-rendu en live-tweet…

La tribune des supporters de l’équipe adverse face à nous est vide. Le match sera calme. Toutes lumières dehors, l’intérieur de l’arène prend des airs versaillais. La semaine dernière, il y a eu trois alertes Ecowatt en Bretagne. Je crois que le Stade Rennais s’asseoit sur les économies d’énergie…


Les petits bonshommes playmobil s’agitent. C’est parti pour la première mi-temps. Je pose des questions bêtes et débiles. Stéphane m’apprend plein de choses ! Je vais ressortir de l’arène plus intelligente qu’à mon entrée ! Alleluja !


Ben oui, il faut bien leur trouver quelque chose à ces footballeurs… Ils n’ont pas la virilité des rugbymen, la classe et la fluidité des nageurs. Alors je me suis concentrée sur les chaussettes. Moulantes et galbantes sur les protège-tibias. Je découvre aussi l’importance des chaussures, figures de proues des sponsors… Ah, le fric et le foot, une véritable histoire d’amour !


Bon, là, c’est quand même la leçon principale : oublier le fair-play du rugby et faire preuve de la plus mauvaise foi possible… Le public réagit : il siffle l’arbitre, il siffle les joueurs adverses, il siffle même ses propres joueurs… Tout ceci est subtil, profondément subtil.


Alors, là, ce n’est pas nouveau. Mais les faits se confirment. Le foot est entré dans une ère cinématographique des plus prolifiques. Y aurait-il un cours Florent dans chaque centre de formation ?


On prend les mêmes et on recommence. Parce qu’on ne change pas une combinaison qui gagne. Surtout quand on a honte de rien !


Au bout d’un moment, les guérisons miraculeuses ont du plomb dans l’aile. Il faut un placebo, un docteur et de jolies infirmières !


La pelouse humide, car la pluie s’est invitée, offre un nouveau terrain de jeu. Après le défilé de mode, et le cinéma, voilà le patinage artistique. Décidément, on ne s’ennuie pas au Stade Rennais !



Ah, les sapeurs-pompiers gymnastes de Paris ! on ne voit ça qu’au rugby ! (cf Quand le rugby me fait vibrer…). On a profité de cette mi-temps pour aller se réchauffer au bar et prendre un café. On a jeté un œil sur Mister Chips, la mascotte publicitaire… Et les 5 fruits et légumes par jour ? et les 30 minutes de sport par jour me direz-vous ? encore une fois, le Stade Rennais se contrefiche de tout ça !
Et sinon, cette jolie toile bleue tendue sur la pelouse n’est rien d’autre qu’une annonce publicitaire permettant d’assurer la caution pédagogique de la mi-temps : les petits élèves des écoles de foot des communes voisines ont le droit de fouler la sacro-sainte pelouse et taquiner le ballon.


Ah là là, que la pelouse est humide et glissante ! et les crampons des chaussures richement sponsorisées n’y feront rien ! Joyeux florilège de glissades (chiquées ou non, mystère !).

Trop occupés à ne pas glisser certainement pour ne pas salir leurs chaussures, les joueurs en oublient de jouer la comédie. Et moi, je glousse…


Le mentor a parlé. Peu d’actions, peu de tonus dans le jeu, de la comédie un peu pâlotte. Ce match ne sera pas celui du siècle !


Forcément, il fallait bien qu’ils s’amusent eux aussi ! Comme s’il y avait des quotas à respecter ! comme si le CSA exigeait le même minutage de comédie chez les deux équipes.


Ah, ici, le public est roi. Ce que j’appelais l’arène en a la saveur antique. Je m’attends à ce que dans moins de 5 minutes, le public joue avec son pouce, tels des Romains au spectacle des gladiateurs !


Je ne serai pas venue pour rien ! Car le Stade Rennais vient de marquer, sur un péno foireux d’après ce qu’on m’a expliqué…
Trop occupée à vouloir prendre une photo, j’ai raté ce grand moment. Mais je l’ai immortalisé. Gloire à l’iPhone !


Il suffit d’un but étrangement pour que le match s’anime, lui qui était si fade jusqu’à présent. La tension monte également… Mais quelle vie autour de cette pelouse, c’est incroyable !


Môssieur Antonetti est confiné dans un espace réduit, avec des frontières clairement délimitées. Et c’est le règlement qui le dit. Mais le Saint Patron du Stade Rennais aime à le bafouer… et fricoter avec l’illégalité.


Ce n’est pas une découverte, je le savais déjà (du moins depuis la finale de la Coupe du Monde en juillet dernier). Mais c’est assez fascinant à voir IRL. On se demande vraiment comment les sportifs, les dirigeants, les supporters ont pu en arriver là.


Allez, je me suis laissée prendre au jeu de la photo immortalisant un but. Mais non, pas de deuxième cliché pour ce soir.


Les joueurs du Stade Rennais, quasi assurés d’une victoire, font de l’anti-jeu. Ils s’amusent à se refiler la baballe, à dribbler…en gros, ils ralentissent le jeu pour éviter toute action possible de la part des adversaires. Quitte à devenir danseuses ou jongleurs. Quand je vous disais que la comédie était une seconde nature chez eux..


D’un seul coup, j’ai réalisé que c’était soir de gran’messe de Téléthon. Aucune allusion au Stade, aucune annonce de don. Rien. Nada. Reverser la moitié des recettes du match aurait quand même été une action généreuse. Il faut croire que le monde du football ne fait pas dans la générosité gratuite…


Forcément, à force de danser et de jongler, les comédiens ont fini par être distraits ! Par contre, ce n’est pas une sinécure de live-tweeter un match en plein hiver. La mitaine n’est pas pratique et le gant est à oublier. Mes petites menottes nues ont donc bravé le froid pour vous offrir ce compte-rendu footballistique.


Fascinant de voir les réactions du public et ce retour à des réactions animales et grossières. L’être humain, et ses contradictions, me surprendront toujours…


Ah, ils aiment ça danser et jongler ! Le centre de Formation aurait-il, en sus du cours Florent, une antenne Frattellini ?


Le match est fini. Rennes a gagné. La pelouse appelle les jardiniers à sa rescousse. Remettre manuellement toutes les mottes de terre arrachées, retournées, massacrées. Dure vie que celle du gazon !

Le Top Biniouseries 2010 des Blogueurs bretons

Exclus du top des blogueurs français, les blogs BRETONS se devaient de réagir et lancer leur propre top, célébrant la musique de notre belle région, elle aussi honteusement absente du top des blogueurs. Ainsi que tout le monde le sait, la Bretagne notre mère patrie sait faire preuve d’ouverture d’esprit, c’est donc dans cet esprit de découverte de l’autre et d’ouverture au monde que nous avons crée ce très officiel TOP DES BLOGUEURS (BRETONS) afin de couronner la crème des groupes et tubes BRETONS de l’année 2010.
Et comme dirait Erwan «ok vas-y alors (mais surtout PAS LES NANTAIS :D) »
Numéro 1 Galette Saucisse par lisenn
Le Breton serait renfrogné, dur à se lier et taciturne. Mais quand il déclare sa flamme, c’est avec une ferveur toute illuminée et patriotique.
Née dans les tréfonds du Roazhon celtic Kop (fondé en 1991), un des clubs de supporters de l’équipe de football de Rennes, cet éloge de la Galette-saucisse est un cri de ralliement pour tout rennais ou gallo digne de ce nom.
Entonnée par tous les temps (qu’il pleuve, qu’il pleuve, ou qu’il pleuve), à tout moment, au fond du Stade, au milieu des kermesses ou sur le Marché des Lices, cette ode, gloire au must gastronomique de rue incomparable, fait se lever d’un bond, la main sur le cœur et l’autre sur l’estomac, tout un peuple, rallié à la grande cause : celle de la Bretagne, unie et indivisible.
Connait-on ailleurs une telle ferveur culinaire ? les pâles sucettes à l’anis, le sucré Banana Split, les amers cornichons ne sont que l’aspartam de la grandeur culinaro-musicale. Ici, en Bretagne, pas de chichis, les plats sont simples, robustes et populaires à l’image des autochtones. La Galette-saucisse a ses dix commandements et son Comité de Sauvegarde. Gare à qui ne les respecte pas ! Et comme dit le proverbe : Krampouezh gwinizh ha laezh-tro, Matañ traoù a zo er vro (Crêpes de froment et lait caillé, meilleures choses qui soient au pays).
Mais se méfier des substituts de repas ! Si les Glochos ont repris à leur sauce et pour leur répertoire ce chant interplanétaire tout comme Mark Plusieurs qui en a proposé une version plutôt rapée, la seule, la vraie, l’unique version se joue aux abords du Stade Rennais. En rouge et noir. Et a capella. Que l’on soit soprano, contralto, tenor ou baryton. L’ode est universelle… Gloire à la Galette-Saucisse !
Numéro 2 Nolwenn Leroy par The Man of Rennes
Grande année pour la Bretagne: Miss France 2011 est brestoise, et Nolwenn Leroy, notre grande chanteuse qui a fait la fierté de sa région d’origine en remportant la prestigieuse Star Academy en 2002, revient avec un nouvel album composé de chansons traditionnelles celtes (bretonnes et irlandaises). Il était temps que la native de St Renan rende hommage à sa belle région la Bretagne, après trois albums dans la langue française.
Parmi ces reprises de classiques bretons on retiendra particulièrement le single La Jument de Michao, le tube de Tri Yann, notre chanson culte à nous, notre Born In The USA en quelque sorte. Après la version rap celtique de Manau (grand groupe Manau), il était temps d’avoir une nouvelle interprétation de ce morceau. Et quelle version! Sur une rythmique toute en subtilité, Nolwenn Leroy pose sa voix d’exception, unique en son genre (pas comme celles de toutes ces chanteuses variété que l’on entend partout) pour totalement réinventer La Jument de Michao. Et que dire du clip où elle invente la danse du ventre bretonne, entourée de jeunes filles qui semblent avoir trouvé leurs jupes dans la garde-robe de Dissogirl.
Et si finalement cet album ne termine pas en tête de ce classement, c’est seulement parce que la Galette-Saucisse est sacrée !
Numéro 3 Soldat Louis par Jen
Soldat Louis est évidemment connu et reconnu par delà les frontières armoricaines. Qui n’a pas eu la joie, lors d’une délicieuse soirée entre gens de bonne compagnie, lors d’un enterrement de vie de garçon, ou après une victoire sportive d’écouter ces ballades entrainantes ? Ce genre de soirée qui fleure bon le rhum , les femmes et la bière (non de Dieu !)…
Et 2010 fut une année décidément bien riche musicalement puisqu’elle aura vu le retour de ce groupe mythique qui vient de sortir il y a quelques jours à peine un nouvel album VIP : Very Intimes Poteaux. Tout est dans le titre : la finesse du verbe, la profondeur des doubles sens, et malgré tout, cette proximité du langage qui a fait leur popularité…
Le vrai petit plus de cet album ? La collaboration avec les plus grands comme Francis Lalanne, Michael Jones ou Antoine, entre autres… (je ne vous en dis pas plus, pour ne pas gâcher la surprise…)
2010 n’attendait plus qu’eux pour finir en beauté… Bravo les gars !
En attendant de pouvoir écouter nos intimes poteaux, je ne résiste pas au plaisir d’écouter ce morceau tubesque issu de leur album précédent « C’est quand qu’les cons… » au texte franchement engagé (attention politiquement incorrect inside !).
[NB : Fraichement débarquée en Bretagne je crois que j’ai pleinement réussi mon intégration : il aura suffit d’un an pour que je me retrouve au même rang que The Man Of Rennes, Disso, Lisenn, ou Pannouf pour faire partie de la team du top des blogueurs Bretons ! C’est la consécration !]
Numéro 4 La Blanche Hermine par Pannouf
La Blanche Hermine ! Base des bases, hymne officieux de notre péninsule mais néanmoins écrite par un nantais, noté 10/10 dans le journal musical Breizhfork (si si), ce titre inspire force et croyance dans la culture bretonne. De la superette G20 de St Gildas de Rhuys à la boutique La Trinitaine de Concarneau, vous ne pourrez pas échapper à cet air si vous vivez ou faites escale chez les chapeaux ronds.
« …La voilà la Blanche Hermine vive la mouette et l’ajonc
La voilà la Blanche Hermine vive Fougères et Clisson…
…Ma mie dit que c’est folie d’aller faire la guerre aux Francs
Mais je dis que c’est folie d’être enchaîné plus longtemps… »
Plus virulent qu’un « Bro gozh ma zadou », Gilles Servat a écrit une marseillaise trempée dans l’eau et le beurre salé. L’arpège de guitare virevoltant laisse courir la voix de Servat pour interpeller le breton qui dort en chacun de nous. Alors oui ce titre a tout juste 40 ans (1970) et ne peut techniquement pas prétendre au top 2010 mais dans le genre folk-breton, on n’a pas trouvé mieux. Une petite exception s’impose. D’ailleurs, l’album « Blanche Hermine » est un classique : Les bretons typiques, l’institutrice de Quimperlé… Certes il y a eu ensuite des hits, que dis-je, des monuments comme l’audacieux Tribu de Dana par notre NTM local, Manau, mais Gilles Servat jette avant d’autres les bases d’une musique folk-bretonne moderne.
Vous reprendrez bien un peu de poésie bretonne ? L’album « La Blanche Hermine » est en écoute sur spotify (si c’est pas la classe ça !)
Numéro 5 Matmatah par Disso
Certes le groupe Matmatah a disparu de la scène indie bretonne depuis quelques années maintenant, ayant annoncé leur séparation à la fin 2007. Mais, quiconque a déjà fait un tour du côté de Brest, Lorient, Saint Brieuc ou même Rennes ne peut qu’avoir entendu au moins une fois les paroles d’une de leur chanson phare : Les Moutons
La chanson commence doucement tel l’appel du troupeau le soir sur la lande, puis s’accélère pour dénoncer vigoureusement la vie misérable et exploitée des Bretons. Je cite : « Y a trois francs de réduction sur les choco BN, Alors pour en profiter on les prend par douzaine »
Face à ces duretés de la vie, une seule solution pour supporter les douleurs et le chagrin, le recours aux drogues « On a respiré du trichloréthylène Et le lendemain on avait mauvaise haleine » ou même à un de ces expédients plus légaux, l’alcool « On s’est envoyé une bonne bouteille de chouchen A la fin elle était vide elle était plus pleine ». Que reste-t-il à notre pauvre Breton? L’amour? mais les déceptions y sont trop nombreuses « Après on a fait du stop avec les bigoudènes Et on est allés en boîte mais y avait qu’des lesbiennes ». La seule solution, finalement, sera cet exil dans des rudes et froides contrées des Antipodes « On a trouvé du pétrole aux îles Kerguelen Et après on est parti pécho la sirène »
Ainsi, on le voit bien au-delà du simple hymne festif, les Moutons est un cri de révolte lancé à la face du Monde par la Bretagne, un cri de souffrance qui ne demande qu’à être entendu et enfin compris.