Archives pour la catégorie TNB

Un Misanthrope allumé au TNB

Quand une pièce de théâtre classique démarre au son de « Should I stay or should I go » des Clash, on peut dire qu’elle commence bien… Et quelle chanson finalement pourrait le mieux résumer Le Misanthrope de Molière ?

Une comédie truculente servie par Jean-François Sivadier et sa brochette d’acteurs fétiches, dont  Nicolas Bouchaud et Norah Krief. Des alexandrins dans tous les sens, qui se jouent du verbe et de la langue française. Une pièce souvent présentée comme sombre et triste. Ici, Sivadier prend le contre-pied et nous offre une pièce lumineuse, décalée et drôle.

le_misanthrope

Une scénographie alléchante : des lustres en chaises d’école, un sol jonché de copeaux de matière noire avec de brillants bolducs, de vaporeux rideaux d’alcôve grandeur scénique, un carrosse de bric et de broc et de lumières, des bulles de savon… Des costumes splendides et détournés, des hommes en jupe et maquillés, des perruques évolutives. De mini-scènes chorégraphiées, des chants donnent à ce tout très coloré un rythme enjoué.

Le Misanthrope

Entre faux-semblants, paraître, inimitiés, tensions, une pièce de 2h30 qui ne vous laisse pas le temps ni de respirer ni de s’ennuyer. Autant vous dire que j’ai adoré…

Pour les Bretons, vous pourrez vous rattraper dans le Finistère si le cœur vous en dit : A Quimper, au Théâtre de Cornouaille les 20 au 21 mars 2013 ou à Brest, au  Quartz,  du 14 au 16 mai 2013. Sinon, pour les Rennais, je découvre par le plus grand hasard en rédigeant cet article que l’ADEC a organisé des ateliers en relation avec la pièce. A surveiller donc pour les prochaines fois !

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Puz/zle : le Tetris géant chorégraphié

Un succès à Avignon en juillet, dans la carrière de Boulbon. C’est donc auréolé des lauriers du premier de la classe que Sidi Larbi Cherkaoui est venu présenter sa nouvelle pièce chorégraphique Puz/zle au TNB à Rennes.

Et quelle proposition ! 1h45 au bout desquelles on finit les tripes remuées, les rétines flinguées, des frissons partout et parfois les larmes aux yeux.

J’étais placée au 2è rang, au bord de ce Tétris géant, fait de blocs de « béton » modulables. Tantôt écran pour projection d’images, tantôt Mémorial de l’Holocauste de Berlin, tantôt escalier où dégoulinent les corps, tantôt Acropole athénienne, tantôt vulgaire mur de béton à graffitis. Ces blocs monolithes gris dansent sur scène, sous les gestes précis des danseurs. Un Tétris-puzzle, où chaque pièce doit trouver sa place. Comme les danseurs, tantôt écrasés sous les blocs, tantôt les escaladant, tantôt construisant et déconstruisant des figures.

Le chorégraphe explore les continents, les musiques, les émotions, les religions. Un joyeux mélange des genres, notamment musical. Entre les polyphonies corses d’A Filetta, les sonorités orientales de Fadia Tomb El-Hage, chanteuse libanaise et les percussions extrême-orientales du musicien japonais Kazunari Abe. Un mélange des corps relatifs aux spécificités des danseurs : hip-hop, butô, performances athlétiques… Une danse très théâtralisée où le propos et les visages sont graves. Des pas de deux, de trois, des ensembles, où le geste est le même ou en canon. Un duo masculin digne de la Mort du Cygne. Au fond, un spectacle qui s’apparente à une vraie recherche spirituelle.

Des pavés également. Accessoires chorégraphiques à part entière. Instruments de musique ou écueils dans les mouvements des danseurs. Autre accessoire, les costumes hybrides : les danseurs sont entièrement vêtus de noir et en sarouels sur le premier tableau, puis portent des vêtements blancs et noirs asymétriques et différents pour chacun des danseurs dans le deuxième tableau et enfin on les retrouve en vêtements de ville et baskets dans le troisième tableau, où la fluidité des mouvements est mise en avant.

De très belles images comme cette ligne de mouvements créée par les danseurs sur l’escalier oscillant de façon linéaire puis anarchique au son de la flûte du japonais Kazunari Abe.  Le chorégraphe se serait inspiré des mouvements de la nature (atomes, chaîne ADN, virus). Que l’on retrouve effectivement dans cette ronde de danseurs qui se fait et se défait, petits pavés au creux des mains, comme si ces derniers, par une étrange attraction-répulsion les entraînaient.

Un grand moment de danse donc, entre ordre et désordre, malgré quelques longueurs (le tableau mi-Babylone mi-Acropole m’a un peu moins fasciné que les deux autres…). Un grand chorégraphe, incontournable.

Et comme Arte Live Web, ce sont vraiment des gens chouettes (je ne vous le répéterai jamais assez !), occasion vous est donnée, si vous n’aviez pas pris de place pour le TNB de découvrir cette chorégraphie dans sa version « avignonesque »…

Trop de choix tue le choix ou la saison 2012-2013 au TNB

Juin, c’est le mois où le Théâtre National de Bretagne sort sa programmation pour la saison prochaine. Où il faut patienter 3h, programme en main et bulletin d’abonnement rempli religieusement pour déposer son précieux Sésame.

Mais cette année, le TNB innove (?) ou dirons-nous de façon plus réaliste change son processus ancestral d’abonnement. Lundi, c’était grand raout de la présentation de la saison en public. Et dès aujourd’hui, ouverture de la campagne d’abonnement par dépôt dans une boîte ou par courrier. L’abonnement en ligne ? vous n’y pensez tout de même pas !

Bref.

Alors, quoi de beau cette année ? du théâtre, de la danse, des arts du cirque. Des classiques, des créations. Des connus, des moins connus. Des revenants.
Au final, une sélection pas facile. Comme d’habitude, j’ai envie de tout voir. Après une deuxième relecture, je redeviens raisonnable, je biffe, je trie, je barre, j’élimine. Avec de bonnes ou de mauvaises raisons. Un choix final plein de frustrations…

Je en raterai en aucun cas la nouvelle pièce du metteur en scène allemand Ostermeier. Place à Thomas Mann et son Mort à Venise qui promet d’être sacrément trash… Même en allemand surtitré. Voire surtout en allemand surtitré !

Impossible non plus de rater le Misanthrope par Sivadier. Avec Nicolas Bouchaud, que j’apprécie particulièrement.

Un peu de danse avec Puz/zle de Sidi Larbi Cherkaoui (avec en fond sonore des polyphonies corses et la chanteuse libanaise Fadia Tomb El Hage) et Sfumato de Rachid Ouramdane où contorsionnistes, cascadeurs et magiciens abordent la question des migrations climatiques.

Un peu d’arts du cirque avec Le carré curieux. Une compagnie bruxelloise qui mêle mât chinois, acrobaties, jonglage et monocycle.

Et enfin de la musique, avec la Face cachée de la lune de la compagnie Inouïe qui reprend en version numérique l’album mythique de Pink Floyd, The Dark Side of the Moon.

Allez, 6 spectacles auxquels viendront s’ajouter quelques spectacles supplémentaires lors de Mettre en Scène 2012. Et zou.

Condensé de TNB en Mars

Voilà, c’est ce qui arrive quand on prend son abonnement en juin, qu’on choisit vite sur le papier ce qui nous semble être le plus intéressant. Et hop, on se retrouve avec 3 pièces de théâtre pour le mois de Mars, sur un abonnement de 5. Bingo !

Husbands pour commencer, mis en scène par Ivo Van Hove. Une adaptation au théâtre du film éponyme de John Cassavetes. Une pièce de 2h en néerlandais surtitré. Et croyez-moi sur parole, le néerlandais est bien plus âpre que l’allemand par exemple.
Rapidement et sans s’épancher, cette pièce m’a plu et déplu (et je n’ai pas vu le film, qui parait-il est un chef d’œuvre). Un dispositif de vidéo, en caméra subjective, rend la pièce très réaliste, pointant les points de vue de l’un ou de l’autre des personnages. Jusqu’à la nausée parfois. Effet mal de mer garanti sur les deux écrans en 4×3. Par contre, le dernier acte, dans cet hôtel londonien, est vraiment terrible. Terrifiant de violence, de décadence, d’abandon et de liberté finalement. J’y ai retrouvé tout ce qui fait à mon sens le génie du metteur en scène allemand Castorff. Dommage que ce ne soit que dans cette scène-là…

Autre pièce, autre thème, autre disposition scénique. La Loi du marcheur (Entretien avec Serge Daney) avec Nicolas Bouchaud, seul en scène, sur une mise en scène d’Eric Didry. Une très chouette pièce avec un acteur époustouflant. Lui que je n’avais vu qu’incarnant de grands rôles au milieu de la troupe de Sivadier notamment (La Vie de Galilée, La Mort de Danton, Le Roi Lear, La Dame de chez Maxime, Noli me tangere). Là, seul en scène, sa présence ne se dément pas. Il est puissant, touchant, drôle. Mais c’est aussi et surtout la vie de Serge Daney qui nous est offerte, dans ses anecdotes et souvenirs d’enfants, dans ses jubilations cinématographiques…
Vient ensuite un curieux échange entre l’acteur et la salle à propos de cinéma et de salles obscures. Mais je vous laisse la surprise, si jamais l’occasion vous est donnée d’assister à ce spectacle. Et puis, il y a toute cette réflexion entre cinéma et TV. L’un détruisant l’autre, l’asservissant. Une réflexion qui nous interroge sur nos pratiques et nos choix. Deux heures trop courtes !

Dans 10 jours, troisième et dernier opus avec Ennemi public d’après Un ennemi du peuple d’Henrik Ibsen et mis en scène par Thierry Roisin. Affaire à suivre.

Mettre en scène cru 2011

Du 03 au 19 novembre, c’est le Festival Mettre en Scène à Rennes. Pour qui est un peu curieux et amateur de planches, il y a de quoi faire. Mini-sélection fortement subjective…

Pour amateurs de cirque :

Nichons là : du 04 au 19 novembre sur le site Guy Ropartz sous le traditionnel chapiteau. Deux acrobates funambules qui s’observent, se jaugent, s’agrippent, se défient, autour d’une piste.

Rhizikon de Chloé Moglia : du 09 au 12 novembre. Un tableau, une trapéziste et une performance vertigineuse. Durée 25 min suivi d’une rencontre (20 min).

L’art de la fugue de Yoann Bourgeois : du 16 au 19 novembre. Bach + Yoann Bourgeois ( à la fois acrobate, trampoliniste, jongleur, et aussi danseur chez Maguy Marin) + Marie Fonte (danseuse)  + Célimène Daudet (pianiste). Ducrique et des points de suspension… en deux chorégraphies.

Pour amateurs de bassins un peu décalés :

Swimming Poules et Flying Cocqs de Découflé : du 08 au 12 novembre. Un tragique ballet nautique par des plongeurs inexpérimentés. A la piscine St Georges. Rien que pour le lieu. Avec la troupe d’Octopus.

Pour l’engagement et la dénonciation :

Courts-circuits de François Verret : du 09 au 11 novembre. Avec des artistes circassiens inside. Et surtout l’interrogation inquiète sur l’état d’un monde malade, qui se consomme sans faim.

Piscine (pas d’eau) de Thomas Jolly : du 09 au 12 novembre. La société britannique et ses travers. La vie de la photographe américaine Nan Goldin. Plongée dans les milieux undergrounds artistiques…

Pour le parfum de scandale

Sul concetto di volto nel Figlio di Dio de Romeo Castellucci : du 10 au 12 novembre. Interroger le lien luciférien de l’homme à son dieu… ou comment s’attirer les foudres des cathos ultras. Ce qui s’est passé au Théâtre de la Ville à Paris (cf article OF du 24 octobre) aura-t-il lieu à Rennes ? Le TNB subira-t-il l’ire des fondamentalistes rennais ?

Versus de Rodrigo García : du 10 au 11 novembre. L’un des metteurs en scène les plus subversifs du moment revient à Rennes pour présenter une entreprise de démolition joyeuse. Quand on lit sur le programme que certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes, on peut s’attendre à tout…

Pour amateur de pool dance

Révolution d’Olivier Dubois : du 11 au 13 novembre. Douze danseuses, douze barres verticales de pole danse, un obsessionnel Boléro de Ravel. Un vibrant hommage à la figure féminine, engagée jusqu’à l’épuisement.

Pour danse des extrêmes

Cinquanta urlanti, quaranta ruggenti, sessanta stridenti de Teodora Castellucci : du 15 au 17 novembre. Trois danseuses qui affrontent les cinquantièmes hurlants, quarantièmes rugissants, et soixantièmes stridents, vents du Cap Horn.

Pour la danse, pure et dure

FAR de Wayne McGregor : du 17 au 19 novembre. Une troupe de danseurs époustouflante. Une thématique qui promet d’être vraiment captivante (confronter la sensualité et la sensibilité du XVIIIè siècle à la musique du compositeur Ben Frost, qui a travaillé, entre autres, avec Björk). Un grand moment de danse en perspective.

Pour le côté décalé

Bruce Willis Saves the World de Riko Saatsi : du 16 au 19 novembre. Retourner le mythe du super-héros pour interroger sans vergogne la société finlandaise actuelle. Le tout en finnois surtitré. Exotisme assuré.

Othello par Ostermeier : du 03 au 05 novembre. Son Hamlet était époustouflant. J’imagine que son Othello le sera tout autant. Incontournable assurément ! En allemand surtitré, pour l’effet Tour de Babel.

Pour l’originalité

Quarante-cinq tours : du 15 au 19 novembre. Quinze pièces de trois minutes, comme quinze morceaux sur un disque vinyle. Un quarante-cinq tours mettant aux prises, en présence, face à face, dressant l’un contre l’autre, l’auteur-musicien David Lescot et le danseur-chorégraphe de Brazzaville, DeLaVallet Bidiefono. Quinze duos donc, écrits, dits, joués, dansés, bougés, chantés, scandés, proférés, murmurés, improvisés, transpirés, tour à tour, dans un passage de rôle permanent. Avec décibels à l’appui et légers craquements ?

Emouvant Gardenia

Direction le TNB jeudi soir pour un spectacle très étonnant, oscillant entre théâtre, danse et cabaret, rires et larmes, douceur et cruauté, tendresse et violence.


Gardenia, c’est l’histoire d’une dernière revue, celle de la troupe de Vanessa Van Durme, transsexuelle. C’est elle qui en a eu l’idée et l’a proposée à Alain Platel, metteur en scène. C’est aussi elle qui mène la danse sur scène, sublime. Autour d’elle, dans ce spectacle mi-fiction mi-réalité, elle a regroupé d’anciens amis, travestis et transsexuels, Griet Debacker (une « vraie » femme) et Hendrick Lebon, jeune danseur-acteur.


Tout commence sur une scène étrangement penchée, en parquet. La troupe Les Ballets C de la B, de costards sombres vêtue,  l’investit. On se croirait dans une maison de retraite ; les personnages ont une démarche tremblante. et des attitudes de vieillards Mais ces hommes âgés et ordinaires vont tour à tour et au fil du spectacle retrouver leurs gestes d’antan, sur scène, costumés pour la revue de cabaret. Face à nous, ils se mettent à nus, malgré le poids des années ; il y a d’abord leurs corps, puis leurs âmes. Un miroir triste incarné par le jeune et beau Hendrick, qui leur rappelle combien ils furent désirés et admirés dans leur jeunesse. Et puis, il y a cette minute de silence, demandée par Vanessa Van Durme, en hommage aux artistes travestis d’un cabaret barcelonais aujourd’hui disparu. Le TNB entier se lève et fait silence. Puis, le fil du spectacle reprend, follement…


Certes, il y a tous les poncifs du genre ; les chaussures à talons, les maquillages outranciers, les faux-cils exhubérants, le strass, les plumes et les paillettes ; les blagues, sordides,  sur les homosexuels. Et puis, finalement, il y a ce je-ne-sais-quoi très troublant qui vient gripper la machine enthousiaste et les rires : la solitude de ces travestis, leurs souffrances, leur jeunesse et les illusions perdues. Entre rires et larmes, on ne sait que choisir.

La bande-son, créé par Steven Prengels,  ne nous aide pas d’ailleurs à choisir : elle se déroule allégrement de Claude François à Dalida, en passant par Aznavour et Puccini ; elle nous offre un « Forever Young » de Jay Z et un magnifique Bolero de Ravel, magiquement chorégraphié. Et puis, ces artistes chantent également : le « Cucurucucu, paloma » est vibrant et ferait presque pleurer.


Ces clowns tristes jouent leur propre spectacle, celui qu’ils ont joué cent fois auparavant : ils se maquillent, se parent de leurs plus belles tenues, déambulent sur scène d ‘une démarche assurée. Et pourtant, on les sent hésitants parfois, comme si jouer son propre rôle, même des années après,  était plus difficile qu’on ne se l’imagine. Comme si la pudeur les rattrapait. Eux qui ont incarné Dalida, Zizi Jeanmaire, Gina Lolobridgida, Joséphine Baker ou Liza Minelli. Et si la métaphore du travestissement est facile, parce que ces costumes de ville sont abandonnés au sol pour des tenues bien plus affriolantes, elle n’en reste pas moins violente. Parce qu’elle questionne ce masculin-féminin trouble, parce qu’elle nous met face à cette singularité.

C’est poignant, attendrissant, violent, émouvant. J’ai eu les larmes aux yeux à la fin du spectacle et la gorge nouée. Et les remarques fort désobligeantes des quelques vieux bobos rennais entendues à la sortie de la salle m’ont fait honte. Ces indécrottables bobos qui s’indignent des atteintes aux droits des homosexuels durant l’année n’ont pas aimé cette mise en scène, cette provocation sous leurs yeux même, au théâtre. Car pour eux, le cabaret, ce n’est pas du théâtre. Et ces artistes n’en sont point. Bande de réacs… Avalez donc des plumes (et des couleuvres) et envolez-vous vers d’autres lieux.

Mettre en scène 2010

Fin de mon marathon culturel hier après-midi. J’ai couvert en petite partie le Festival Mettre en scène du TNB pour Alter1fo (20 spectacles sur 2 semaines) et sur les 5 spectacles que j’ai vus, rares sont ceux qui m’ont déçue ! Petit aperçu rapide…

L’Iceberg mis en scène par Florence Caillon et interprété par la Cie L’Eolienne. Quand le cirque s’en prend à la haute finance mondiale et dénonce l’usurpation du pouvoir et les dérives de l’affaire Clearstream notamment. Les comédiens-acrobates deviennent les pantins d’un monde, le nôtre, manipulé par les hauts dirigeants politiques et économiques. Spectacle engagé et résolument dénonciateur ! http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-liceberg-24073

Hamlet and the something pourri mis en scène par Alexis Fichet du collectif rennais Lumières d’Août. Quand la pièce de théâtre shakespearienne rencontre un performer contemporain résolument trash. Trois acteurs : Hamlet, Paul McCarthy et Ophélie (en retrait tant dans la pièce qu’au niveau du jeu…) qui se débattent avec leurs propres lectures de la pièce.
Voilà le spectacle auquel j’ai le moins accroché. Création spéciale Mettre en Scène 2010, on y trouve pourtant beaucoup d’humour et de trouvailles scéniques (ce château gonflant est une pure merveille d’un symbolisme phallique omniprésent !). Ce qui m’a le plus agacée, c’est le décalage entre ce  que l’on ressent durant la pièce ou ce qu’on y interprète et le propos tenu dans le fascicule explicatif délivré à l’entrée du théâtre. Désagréable sensation d’un propos ou d’une ambition interprétative tirée par les cheveux. Je n’aime pas du tout ces explications prétentieuses où le spectateur est résolument pris pour un con. Par contre, j’étais ravie de remettre les pieds au théâtre de la Parcheminerie, petit théâtre intimiste rennais.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-hamlet-and-the-something-pourri-24121

Arrêtez le monde, je voudrais descendre de la Cie Dromesko. Il y a des  spectacles comme ça où l’on entre à petits pas, et l’on y entre tellement qu’on ne veut plus quitter ce monde fait de poésie, d’humour, de musique mélancolique et entraînante, d’originalité et de fantaisie qui nous est proposé.  Un chapiteau, une structure-manège qui tourne au gré des tableaux, des animaux vivants sur scène, des personnages masqués inquiétants, un ballet de musiciens et d’acrobates délurés. Un monde résolument à part, sur lequel on voudrait rester chevaucher comme un enfant qui refuse de descendre du manège et de son cheval en bois… Ces spectacles « circassiens » où les arts se mêlent dans un joyeux charivari me plaisent plus que tout. Parce que tous les sens sont happés, parce qu’on se surprend à sourire bêtement d’admiration, parce qu’on écarquille les yeux comme des soucoupes à chaque trouvaille visuelle, parce qu’on se sent emporté dans un autre monde, comme à la lecture des histoires du soir quand j’étais encore gamine. Au fond, ces spectacles me plaisent car je ne veux résolument pas grandir…
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-arretez-le-monde-par-le-theatre-dromeso-24294

Obludarium des Frères Forman. Un autre monde décalé, poétique et magique. Encore un univers d’enfant avec ces automates, ces marionnettes, ces soldats de plomb, ces danseuses de boîte à musique. Encore un lieu où l’on a les yeux comme des soucoupes, où l’on vibre à l’unisson avec ces musiques de l’Est, où l’on frissonne quand la sirène meurt, où l’on rit de bon cœur face à l’Arlequin dépenaillé, où l’on est ému de l’amour naissant entre un Monsieur-muscles haltérophile et une trapéziste tout en légèreté. Ces frères tchèques et leur monstrueuse parade sont décidément un bon remède à la morosité adulte. Des moments beaux et précieux, à conserver au fond de ses mirettes.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-obludarium-24432

Adapting for Distortion, 2. Repulsion et Haptic du chorégraphe japonais Hiroaki Umeda. Claque visuelle et sonore pour ces trois performances à l’esthétique corporelle et scénique épurée. Oreilles et rétines malmenées par une musique étrangement agressive et des jeux de lumière perturbants : un vrai programme d’acouphènes et de vibrations lumineuses. Mais quelle exigence de danse, quelle beauté du mouvement, quelle recherche sur le lien entre danse, lumière, couleur et énergie du mouvement. Un hip-hop transfiguré, une danse résolument contemporaine et numérique mais sans esbroufe. Un univers doux et violent, créatif et intransigeant. Une perle chorégraphique.
http://alter1fo.com/on-a-vu-a-mettre-en-scene-2010-lunivers-de-hiroaki-umeda-24609

Prochain marathon – et non des moindres – pour Alter1fo, les Transmusicales. 15 jours pour reprendre des forces donc…