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La montagne, ça vous gagne !

Cet été, je suis allée passer quelques jours en montagne. Et j’ai été prise de crises d’acrophobie. Il ne s’agit pas de vertiges, lié à des problèmes physiques comme un dysfonctionnement de l’oreille interne, mais bien, d’acrophobie, cette peur extrême et irrationnelle des hauteurs et donc du vide.

Mais comme toute peur irrationnelle, elle engendre des comportements étranges. Comme celui d’avoir envie de se confronter à sa propre peur. Je me suis donc surprise à traîner au 3è étage des Champs Libres rayon alpinisme et à lire la 4è de couverture d’un livre intitulé Laissé pour mort à l’Everest.

Ce témoignage publié chez Glénat dans la collection Hommes et montagnes relate l’aventure effroyable de Beck Weathers, alpiniste amateur texan, qui fut le seul de sa cordée à survivre, en 1996, à son ascension sur l’Everest.

Le mont Everest, plus haut sommet du monde, cerise sur le gâteau pour tout alpiniste digne de son nom, toit du monde qui fascine les hommes depuis des siècles, surnommé Troisième Pôle en raison des conditions polaires et inhospitalières qui y règnent.

C’était le but ultime de Beck Weathers, médecin texan, qui combat sa dépression à coups de grimpette sur les sommets les plus hauts du monde (mais quelle folie, quelle folie !). L’Everest sera son dernier sommet. Mais cet olibrius en a crapahuté plus d’un !

La première partie du livre raconte ce dernier voyage, au sens propre comme au figuré. Car Beck Weathers est revenu d’entre les morts, du moins de la zone de mort, cet espace à plus de 8 000 mètres où l’Everest ne vous fait pas de cadeau si vous y traînez trop… Beack Weathers est un miraculé, le seul à être revenu d’une expédition. Seul survivant sur 12 alpinistes laminés par une tempête au printemps 96. Recouvert de glace, il est déclaré mort par un alpiniste venu à la rescousse de l’expédition menée par Rob Hall, guide de haute montagne néo-zélandais.

Mauvais diagnostic ! le médecin anatomopathologiste était certes bien gelé, mais encore en vie. Il se réveillera, transi de froid, une main sans gant, devenue grise, complètement congelée, après 22h de tempête. Quasi aveugle, sans avoir mangé depuis 3 jours et ni bu depuis 2 jours, un nez gelé, il parvient à rejoindre tout seul le camp IV, situé à 8000 mètres d’altitude. Au camp de base, personne ne donne cher de sa peau… et on le laisse même dormir seul dans une tente pour ne pas se retrouver au petit matin à côté d’un cadavre. Mais il se réveillera d’entre les morts, à la stupéfaction de tout le monde.
Il sera finalement évacué par hélicoptère, une première prouesse technique pour l’époque. Atterrir à 6000m, dans une zone partiellement très crevassée, relevait en effet de l’exploit !

Au final, Beck Weathers aura perdu son nez, sa main gauche et une partie de la main droite. Un récit qui fait froid dans le dos (sans jeu de mots) et permet d’entr’apercevoir combien l’ascension de l’Everest reste une prouesse sportive et médicale qui flirte plus avec la mort qu’autre chose.

La seconde partie du livre raconte comment et pourquoi Beck Weathers en est arrivé à crapahuter sur l’Everest. Sa voix croise celles de sa famille, de ses amis. Et on se rend compte combien les alpinistes vivent dans un monde parallèle, seulement happé par le vertige des hauteurs (de mon point de vue en tout cas). Combien les proches ne comprennent pas ce qui les attire dans cette quête.
Une 2è partie moins intéressante d’un point de vue « acrophobie » mais plutôt révélatrice du comportement « irrationnel » des sportifs passionnés.

L’Everest aujourd’hui. Massification du tourisme d’alpinisme, et une autoroute de la mort… (photo de l’alpiniste Nirmal Puja le 22 mai 2019).

Et vous, fan du vertige des hauteurs ?

Résumé sur le site de l’éditeur :

Enfer et rédemption à l’Everest… Ou comment Beck Weathers a reconquis son existence et l’amour des siens en manquant perdre la vie sur le toit du monde. Une aventure exemplaire à retrouver au cinéma dans le film Everest.
En 1996, huit alpinistes périssent à l’Everest dans une tempête tragiquement célèbre, tandis que le neuvième homme de l’expédition, déjà considéré comme mort, en réchappe miraculeusement, au prix d’un calvaire inhumain. Beck Weathers a survécu, mais l’épreuve la plus difficile reste devant lui : le retour à une existence « normale ».
Car lorsque le docteur Beck Weathers est arrivé en Himalaya, obsédé par l’ascension du plus haut sommet de chaque continent, sa vie était en miettes. Son mariage ne tenait plus qu’à un fil et la relation avec ses deux enfants ne valait guère mieux. La dépression le minait depuis des années et la montagne était une échappatoire.
Un second miracle a voulu que Beck Weathers, le corps, le cœur et l’esprit meurtris, se relève de cette tragédie personnelle. Sa femme, qui n’avait pas cru à sa mort, ne s’est pas résolue davantage à condamner leur couple, pour peu que Beck vienne à bout de ses démons.
Le témoignage de Peach Weathers se mêle au récit de l’alpiniste pour raconter avec sincérité, humour et lucidité la renaissance d’un homme et d’une famille.
En 3D et sur les écrans dans plus de 50 pays le 23 septembre 2015, Everest, un film de fiction de Baltasar Kormákur, met en scène le dépassement de soi des alpinistes et la « tragédie à l’Everest » relatée par Jon Krakauer dans son bestseller international Into Thin Air. Josh Brolin et Robin Wright incarnent Beck et Peach Weathers, aux côtés de Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, John Hawkes et Keira Knightley.

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Laissé mort à l’Everest / Beck Weathers
Publié chez Glénat (Collection Hommes et montagnes)en septembre 2015
264 pages
19,99€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]