La Vigilante ou quand lire fait froid dans le dos

Fuyez Dyers Corner, surtout en plein hiver ! Ce patelin perdu du Nord Est des Etats-Unis n’engage guère à y jouer les touristes, si l’on en croit la description de Mélanie Wallace dans son deuxième roman, La Vigilante, paru en 2006.


Lire la Vigilante, c’est entrer dans un monde glacial, désolé, un espèce de No man’s land des grands espaces américains en plein hiver, quand la neige recouvre tout. Un désert blanc où la violence et la fureur trouvent libre cours pour se déchaîner et faire éclater au grand jour l’animalité la plus primaire des hommes. Ici, tout est blanc ou noir. Pas de gris ni de demi-mesure. Il y a le Mal, incarné par un garçon ligoté à un arbre. Il y a le Bien, ou du moins, la pureté : Jamie, toute jeune vagabonde et son chien, fidèle compagnon, sur les traces des fantômes de son passé.

Dans ce village, la solitude est une composante ; la violence aussi. Les habitants semblent abandonnés, livrés à eux-même : on trouve un chasseur qui vit seul au fond des bois, et rumine la mort de son frère en tenant un journal météorologique ; Galen, un trappeur qui a fait de la prison, accusé à tort du meurtre de l’ancienne petite amie d’Harlan, un copain d’enfance ; une famille sordide de ferrailleurs qui vit dans la crasse et les coups…

Quand Jamie libère ce garçon de la famille des ferrailleurs, ligoté à un arbre en guise de punition, elle n’imagine pas un seul instant qu’elle ouvre une brèche, permettant au monde du Mal et de la folie de s’inviter sur son chemin. La beauté des grands espaces, de la montagne, de ce lac immense et gelé, de la forêt immaculée va se muer en folle chasse à l’homme, où destruction et désolation vont prendre place.

Le roman se fait oppressant, à cause du silence des paysages neigeux, à cause de cette traque sans fin, à cause de cette violence latente et exubérante. A la beauté des grands espaces se substitue une sauvagerie humaine sans fond.

Calez-vous près du feu ou du chauffage, prenez votre respiration et laissez-vous malmener par cette écriture ciselée et funeste où les tensions sont palpables. Et n’espérez rien. Cela finit mal, évidemment.

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