La loi des Same

Je trouvais qu’il ne faisait pas assez froid cette semaine… Je me suis lancée dans la lecture d’un polar nordique : avec La loi des Same de Lars Petterson, direction la Scandinavie et la région de Kautokeino.


Une région norvégienne assez hostile, aux confins de la Finlande et de la Suède, dans les terres hautes arctiques. Wikipédia nous apprend que « le soleil ne s’y couche pas durant 5 semaines pendant l’été. Il ne se lève pas non plus pendant six semaines en hiver. L’hiver dure de la mi-octobre à la mi-mai. Mais il est particulièrement vigoureux de décembre à février, avec la disparition du soleil. Les températures peuvent tomber à −40 °C. La température annuelle moyenne ces trente dernières années se monte à −2,7 °C. »

« – J’ai consulté la météo nationale, il faisait moins trente-deux dans la matinée, aujourd’hui. Soyez prudente ! Promis ? » C’est sur ces mots qu’Anna Magnusson, substitut du procureur à Stocholm s’apprête à partir pour Kautokeino, la patrie de sa famille. Sa grand-mère lui a en effet demander de venir gérer une affaire délicate. Son cousin Nils vient d’être accusé de viol et Anna doit trouver un arrangement avec la plaignante.

Elle retourne alors chez les Sames, dans ces contrées reculées et hostiles. Un voyage qui démarre par une scène violente. Sur la route, elle renverse un jeune cerf. Pattes brisées, coincé sous la voiture, l’animal vit encore. Et il faut l’achever au couteau. « Je n’avais jamais fait ça moi-même. Mais j’avais vu mon grand-père et mon oncle le faire un nombre incalculable de fois. » Mauvais présage ? probablement. La suite du roman ne sera qu’un long cheminement entre rennes morts et volés, violence des hommes, traditions ancestrales et justice peu orthodoxe.

Anna doit apprendre à composer avec ce sentiment qu’elle est une étrangère (une « rigvu »), qui a quitté sa terre natale, laissant sa famille seule au milieu de la neige et des rennes. Elle doit racheter le départ de sa mère, qui a fuit la communauté Same pour vivre à Stockholm. Plusieurs semaines durant, Anna apprend donc à lutter contre les rancoeurs familiales, la brutalité du climat et de ses autochtones et les lois mafieuses qui règnent dans ces contrées.

Au-delà du polar, ce roman est aussi social. La vie des éleveurs de rennes, leurs difficultés croissantes, les rivalités claniques et la lente agonie de cette communauté au-delà du folklore touristique et des tenues chatoyantes sont présentes en filigrane tout au long des chapitres. Alcool, violence, désoeuvrement, poids de la tradition sont le lot des Same.

Un roman lent, au gré des aléas climatiques. Brouillard, neige, congères, nuit(s) sans fin sont autant d’éléments qui ralentissent le quotidien et les déplacements. Anna subit de plein fouet ce froid laponien qui tue à petits feux et n’autorise aucune fantaisie. Un gant perdu est une main congelée ! Une lenteur qui s’accompagne de silence et de non-dits. Une spécificité de la langue same apprendra-t-on : « C’était ma mère qui m’avait appris cela. Ce que l’on taisait avait plus de poids que ce dont on parlait tout le temps. Il fallait apprendre à déchiffrer ce qui n’était pas dit. L’art de la conversation consistait à comprendre ce qui se cachait derrière les paroles que l’on prononçait réellement. Une vie en sous-texte. »
[En apprendre un peu plus sur cette langue qui résiste ? https://cursus.edu/articles/43552/la-langue-en-pratique]

Envie de vous geler les orteils en motoneige à la poursuite des troupeaux de rennes et des méchants ? ce premier roman de Lars Petterson est pour vous.

Résumé sur le site de l’éditeur :
En Laponie norvégienne, les Sames, peuple autochtone, continuent à vivre de l’élevage des rennes et selon des traditions ancestrales. Certains restent, d’autres partent, comme Anna, qui mène son existence en Suède, où elle a été nommée substitut du procureur. Son cousin Nils, lui, est resté, et il vient d’être accusé de viol. Devoir de famille, c’est Anna qui est chargée de trouver un arrangement avec la plaignante. Elle retourne alors chez les Sames, dans ces contrées reculées qui n’évoquent pour elle que de vieux souvenirs d’enfance. Là, entre les menaces qu’elle subit et les vérités qu’on lui cache, la jeune femme comprend vite que cette affaire de viol n’est que la partie émergée d’une enquête qu’elle va devoir mener. Même si, à la lumière des aurores boréales, la nature somptueuse et meurtrière semble parfois imposer sa loi aux hommes.

La loi des Sames (titre original : Kautokeino, en bolig kniv)
Auteur : Lars Pettersson
Editeur : Gallimard  – Collection Folio Policier n°817
Trad. du suédois par Anne Karila
Parution : 14-11-2016
Prix: 8, 70 euros
ISBN : 9782070793822
528 pages

La quatrième dimension

Chaque pays a ses blessures et doit gérer son devoir de mémoire et ses oublis historiques.

Le Chili traîne une sombre histoire. Le 11 septembre 1973, Augusto Pinochet mobilisait l’armée pour renverser le président socialiste Salvador Allende. Ce jour-là, le général prend le pouvoir et plonge le pays dans une dictature sanglante qui va durer plus de 15 ans. Une violente répression s’abat sur le pays. L’état de siège est instauré, le Parlement dissous, les libertés syndicales suspendues, les partis politiques et la presse d’opposition interdits. Près de 100 000 personnes sont arrêtées. Selon les estimations, sur les dix millions de personnes que comptait le pays en 1973, 3 200 ont été tuées ou ont disparu durant les années de dictature militaire. 35 000 ont été torturées. 200 000 Chiliens ont pris le chemin de l’exil. Des chiffres qui font froid dans le dos…

C’est cette histoire que Nona Fernandez raconte dans La Quatrième dimension. Une plongée dans ses souvenirs d’enfant puis d’adolescente qu’elle narre parallèlement à la  confession en 1984 d’un « monstre » repenti qui a avoué les horreurs et tortures perpétrées par lui-même et ses sinistres camarades, les agents du renseignement des forces armées.
Ce monstre, c’est Andrés Antonio Valenzuela Morales, un ancien tortionnaire au service de la dictature militaire de Pinochet au Chili. En 1984, il a livré un témoignage à un journal chilien sur les disparitions forcées des opposants au régime, avant de s’exiler en France (!).

Elle se souvient de cette confession et de la photo de cet homme en Une du journal de l’époque. Elle n’avait pas tout compris ni saisi complètement les répercussions de cet événement.

Elle mêle les époques, la sienne, en 2016, et celles des débuts de la dictature et les premières exactions du bourreau. On entre avec elle dans cette quatrième dimension, par la petite porte : prisons clandestines, villas qui servent de lieux d’exécution, récits d’arrestation et de tortures…

Et curieusement, quand cet homme craque, suite à la torture de trop, et dénonce ce qu’il a fait, Nona Fernandez nous fait partager ses peurs d’homme devenu clandestin. De bourreau, il devient victime, de chasseur, il devient proie fragile. Et on opère cette bascule avec elle, en suivant son écriture. Et comme elle, on s’interroge : comment devient-on bourreau ? comment prendre conscience de cet état et se repentir ? comment arriver à dénoncer après avoir obéi et fait obéir ?

Résumé sur le site de l’éditeur :
«Son visage en couverture d’un de ces magazines, et la photo barrée d’un titre en lettres blanches : j’ai torturé. »
Le 27 août 1984, Andrés Antonio Valenzuela Morales, agent du renseignement des Forces Armées Chiliennes livre à une journaliste des aveux glaçants sur l’enlèvement, la torture et l’assassinat de milliers de personnes disparues. Son témoignage marque profondément Nona Fernández, alors âgée de treize ans. Des années plus tard, au moment où le Chili prône la réconciliation nationale et le droit à l’oubli, elle décide d’écrire son histoire.
La Quatrième Dimension est une oeuvre littéraire puissante, construite comme une enquête haletante. Une oeuvre nécessaire qui résonne très loin, dépassant largement les frontières chiliennes.

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Nona FERNANDEZ – La quatrième dimension
Stock (coll. La Cosmpolite) – février 2018
Traduit de l’espagnol (Chili) par Anne Plantagenet
288 pages
EAN : 9782234083721
Prix : 19.50 €

L’Accident de l’A35

Quelle ne fut pas ma surprise quand, en presque fin de livre, je me suis rendue compte que ce dernier était écrit par un Ecossais pur souche. Comment un roman policier aussi « simenonien » pouvait-il être écrit par un habitant d’outre-Manche ?

Car L’Accident de l’A35 est une plongée minutieuse dans la vie de province à la française. La vie un peu terne de cette petite ville, Saint-Louis, sise à quelques encablures de Mulhouse, est décrite avec une telle précision !

Ce roman policier décortique avec justesse la vie de plusieurs personnages englués dans leur quotidien jusqu’au bord de la faille. Une torpeur de tous les instants, à peine ébranlée par le décès d’un avocat de la bourgeoisie du coin.

Bertrand Barthelme se tue au volant de sa grosse berline un soir de pluie. C’est l’inspecteur Georges Gorski, chargé de l’affaire, qui doit annoncer la nouvelle à la veuve. Curieusement, cette dernière ne s’effondre pas et montre assez peu de tristesse. Tout comme le fils, Raymond, plus enclin à s’occuper de ses premiers émois sexuels.

Intrigué, Gorski pousse l’enquête dans ses sombres recoins : que faisait-donc l’avocat sur cette route au milieu de la nuit ? Et si cette famille de notables sans histoires n’était pas le modèle d’un long fleuve tranquille ?

“L’accident de l’A35” est le troisième roman de l’ Ecossais Graeme Macrae Burnet et la deuxième enquête de Georges Gorski, flic alsacien, après “La disparition d’ Adèle Bedeau”.

Un polar au style lent, bien plus intéressé par la psychologie de ses personnages que par les fondements de l’enquête policière. A lire, si les polars sans trop de rebondissements et dans le paysage d’une province tranquille ne vous rebutent pas.

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Graeme MACRAE BURNET – L’Accident de l’A35
Sonatine Éditions – septembre 2019
297 pages
Traduit de l’anglais par Julie Sibony

[Disponibles aux Champs Libres pour les Rennais et dans certaines bibliothèques de Rennes]

Coup de vent

Un vaudeville à la sauce traders et Bahamas ? C’est Coup de vent de Mark Haskell Smith publié chez Gallmeister, éditeur un peu chouchou.

BryanLeBlanc n’a qu’un rêve : naviguer dans les eaux chaudes des Caïmans, en buvant du vin et en mangeant du fromage. Il doit juste auparavant détourner 17 millions de dollars et s’enfuir. Plutôt facile quand on est trader…

Le voilà réfugié aux Caraïbes, mais poursuivi par son ancienne collègue Seo-yun et Neal Nathanson, limier de la compagnie habituellement chargé de mettre la main sur des clients indélicats.

Une course-poursuite loufoque, un humour strident à la Christopher Moore, un enchaînement de quiproquos à la Caarl Hiaasen. En 250 pages, Mark Haskell Smith fait vivre un tourbillon à ses personnages : Seo-yun, l’analyste financière surdouée, qui s’est enfermée dans une vie bien rangée, va tout faire voler en éclat (et envoyer promener son fiancé qui l’interroge sans cesse sur la couleur des serviettes de leur futur mariage). Une navigatrice solitaire craque face aux obligations de ses sponsors et cède à l’argent facile… Un détective nain au sex-appeal affolant. Un employé à la sécurité d’une banque qui se retrouve à faire brûler des billets de banque pour se signaler en perdition en pleine mer…

Mark Haskell Smith n’oublie pas d’égratigner au passage l’économie offshore des Caraïbes et les traders bien propres sur eux de Wall Street… : « Bryan LeBlanc n’avait jamais vu une telle bande de trous du cul. Certes, ils étaient bosseurs et intelligents, ces battants qui trimaient quatre-vingts heures par semaine sans jamais se plaindre. Ils restaient assis à leur bureau des journées entières à regarder les images clignoter et défiler sur leurs moniteurs, alignés dans l’open space telles des vaches laitières branchées à des machines qui leur pompaient la vie du corps. Et ils adoraient ça.
Ils n’avaient aucune vie sociale, aucun ami en dehors du travail. Ils surfaient sur l’algorithme, ils chevauchaient les marchés pour exécuter des combines toujours plus complexes afin d’extraire le lucre du système et d’engraisser leur employeur. Ils oubliaient de dormir et enchaînaient les nuits blanches. Ils gonflaient les résultats. Ils bouffaient des chiffres. Ils faisaient le nécessaire pour mériter leur pécule, pour décrocher leur bonus, pour goûter aux délicieux fruits du système. Ils étaient les héros de l’économie libérale, les marines du capitalisme, les heureux élus, si fiers et totalement imbus d’eux-mêmes. »

Un moment de lecture léger, le sourire aux lèvres. Coup de vent est une folle course-poursuite sanglante et déjantée dans les Caraïbes, aux rebondissements multiples et à l’humour féroce. Un roman qui permet de s’éloigner un temps de l’univers macabre des polars que je lis d’habitude. Vous aussi, essayez !

Résumé sur le site de l’éditeur :

À quoi sert de posséder dix millions de dollars en liquide variées si, comme Neal Nathanson, on s’est perdu en mer à bord d’un voilier en train de sombrer ? Strictement à rien, sauf à en brûler un sac ou deux dans l’espoir fou d’attirer l’attention. Sauvé in extremis, Neal se réveille menotté sur le bateau d’une navigatrice en solitaire, méfiante et bien décidée à entendre son histoire. Neal lui parle alors de Bryan, un jeune loup de Wall Street qui a réussi à détourner un magot conséquent avant de s’enfuir dans les Caraïbes. Bien sûr, la banque qui l’employait a lancé des enquêteurs à sa poursuite. C’est ainsi que Neal, accompagnée d’une pro de la finance, la très douée Seo-yun, s’est retrouvé chargé de récupérer l’argent. Simplement, ils n’étaient pas les seuls.

Coup de vent / Mark Haskell Smith
Titre original : Blown
Traduction de l’américain par Julien GUERIF
Editeur : Gallmeister
Collection : Americana
Paru le 5 septembre 2019
22,00€
[Disponibles aux Champs Libres pour les Rennais et dans certaines bibliothèques de Rennes]

Les cosmonautes ne font que passer

Il m’arrive rarement de lire de la littérature bulgare. Les cosmonautes ne font que passer est le premier roman d’Elitza Gueorguieva qui a vécu en Bulgarie jusqu’à l’âge de 18 ans.

On est en 1980. L’héroïne du roman a 7 ans et vit en Bulgarie. Activité principale : rêver de conquête spatiale à l’image de Iouri Gagarine, héros de la conquête spatiale soviétique. Elle mène son enquête dans son entourage pour tout connaître de ce héros. Déçue qu’on ne la prenne pas au sérieux et déçue de découvrir qu’une fille ne peut devenir cosmonaute.

Les chapitres sont courts et drôles. L’espiègle enfant ne mâche pas ses mots pour décrire son quotidien (la Bulgarie traverse une grave crise économique dans les années 80). Heureusement, Iouri et la conquête spatiale sont là ! Ainsi que son grand-père communiste et Joki, son chien, qui telle Laïka, l’accompagnera assurément un jour dans le cosmos.

Quand le mur de Berlin tombe en 1989, la République populaire de Bulgarie disparaît emportant avec elle ces rêves d’héroïsme populaire. Kurt Cobain devient l’idole des jeunes autant à l’ouest qu’à l’est et notre héroïne, devenue adolescente, n’échappe pas à la règle.
« Quelques mois plus tard, c’est officiel : ce n’est pas juste un mur qui est tombé, c’est tout le communisme, phrase qu’on te répète sans cesse comme si tu en doutais, ou comme si subitement tu ne comprenais plus la langue bulgare, ou comme le vinyle rayé du Petit Chaperon rouge, qui s’était coincé sur la suggestion : VA TE REGARDER DANS LE LAC, traumatisme ancien venant de refaire surface. Tu ne peux plus mettre un pied dehors, pour promener ton indestructible bâtard Joki, ou pour monter sur la fusée spatiale derrière l’immeuble en espérant que cette fois elle s’envolera enfin, sans que cela recommence : tout le monde répète la phrase, la camarade voisine du quatrième étage, la camarade vendeuse de l’épicerie Soleil et ton grand-père vrai communiste, plongé soudain dans une dépression profonde ».

Un roman étonnant, une plume bulgare à découvrir !

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Elitza Gueorguieva – Les cosmonautes ne font que passer
Publié chez Gallimard (coll. Verticales)
184 pages – 2016
[Disponibles aux Champs Libres pour les Rennais et dans certaines bibliothèques de Rennes]

 

La fragilité des corps

Un polar lent mais efficace sur les bas-fonds de l’Argentine perdue entre exploitation de la misère et corruption. Voilà le fil rouge de La fragilité des corps de Sergio Olguín. Ce dernier, né à Buenos Aires en 1967, est journaliste culturel et romancier. Il a publié plusieurs romans, tous inédits en France, à l’exception d’un ouvrage pour la jeunesse : Une équipe de rêve (Seuil, 2006) où l’on retrouve le football et les bidonvilles.

Veronica Rosenthal est une journaliste au caractère trempé et tenace. Son père est un magistrat de renom et elle évolue dans les sphères branchées de Buenos Aires. Mais un fait divers attise sa curiosité : le suicide d’un conducteur de trains qui laisse une lettre d’adieu ambigüe évoquant des enfants déterminés à se faire happer par les locomotives. Epaulée par un junkie sur la voie de la rédemption, Veronica mène son enquête jusqu’au coeur des bidonvilles. Où la corruption règne en maître et où les vies de ces gamins qui n’ont que le football en tête ne valent pas plus qu’une cannette de coca.

Un polar lent mais efficace. Une plongée dans la corruption argentine où les puissants sont de bons vieux méchants. Un travail approfondi sur le mal-être des cheminots confrontés au suicide sur voie. Une violence à la fois sourde et mécanique, un peu trash quand l’auteur évoque les corps démembrés sur les rails.
Les scènes de sexe façon 50 nuances de gris entre Veronica et le cheminot m’ont semblé superflues. Mais il semblerait que cela devienne monnaie courante dans les polars actuellement…

Résumé sur le site de l’éditeur :
La journaliste Verónica Rosenthal semble tout droit sortie d’une sitcom argentine : trente ans, belle, riche, aimant les after, le bourbon et les hommes. Elle a beaucoup d’amies aux aphorismes éloquents : “Il y a pas de marge de manoeuvre avec les mecs mariés. Ils sont comme des livres de la bibliothèque municipale : un de ces quatre, même si tu les adores, t’es obligée de les rendre.”
Sa curiosité est piquée par un banal fait divers : un conducteur de train s’est donné la mort, laissant une lettre aux termes ambigus. Il y confesse quatre accidents mortels sur la voie ferrée tout en avouant sa détermination à tuer. Quand pour la justice l’affaire est close, pour Verónica commence l’enquête, qui la conduit à mille lieues de son quotidien feutré : la banlieue, les favelas, et de frustes cheminots hantés par le souvenir de corps percutés sur la voie.
Avec l’aide d’un junkie en voie de rédemption et de deux gamins des rues prêts à tout pour une canette de Coca, elle affronte le monde violent et pervers des paris clandestins macabres où de jeunes garçons risquent leur vie sur les rails afin de divertir les puissants.
Chairs tendres broyées sous des tonnes d’acier, ou muscles bandés d’adultes consentants aux désirs furieux : la résolution de l’enquête est dans les liens profonds qui unissent les corps, le désir et la mort.

La fragilité des corps / SERGIO OLGUIN – traduit de l’espagnol (Argentine) par Amandine PY
Titre original : La fragilidad de los cuerpos
[Actes Sud] Littérature – collection Actes noirs
Novembre 2015
384 pages
ISBN 978-2-330-05611-7
prix indicatif : 23, 00€

Des pages et des pages en 2018

La fin de l’année 2019 approchant son museau, il serait grand temps que je fasse le point sur l’année 2018… 67 lectures au compteur pour l’année 2018, soit 15 de plus qu’en 2017.

Des romans (23) : contre 8 en 2017 et 20 en 2016

Allemand :
Le charme discret de l’intestin (ENDERS, Julia)

Américains :
Consumés (CRONENBERG, David)
Juifs sans argent (GOLD, Michael)
New York Odyssée (JANSMA, Kristopher)
Steamboat (JOHNSON, Craig)
Vulnérables (KRAWIEC, Richard)
Adieu, ma grande (MOORE, Susanna)
Le pays des ténèbres (O’NAN, Stewart)
L’autre côté des docks (POCHODA, Ivy)

Anglais :
S’accrocher aux étoiles
(KHAN, Katie)

Argentin :
Double fond
(OSORIO Elsa)

Australien :
La nature des choses
(WOOD, Charlotte)

Bulgare : 
Les cosmonautes ne font que passer (GUEORGUIEVA, Elitza)

Espagnol : 
Tout est silence (RIVAS, Manuel)

Français : 
Les travaillants (COURTOIS, Grégoire)
A l’abattoir (GEFFROY, Stéphane)
La disparition de Josef Mengele (GUEZ, Olivier)
La nuit des enfants qui dansent (PAVLOFF, Franck)
L’ordre du jour (VUILLARD, Eric)

Hébreu :
Donne-moi encore cinq minutes (BERG, Yonatan)

Mexicain : 
La glace et le sel (ZARATE, José Luis)

Québecois :
Taqawan (PLAMONDON, Eric)

Suédois :
Les Oreilles de Buster (ERNESTAM, Maria)

Des polars, thrillers et romans noirs (44) : contre 42 en 2017, 27 en 2016, 19 en 2015 et 13 en 2014 – je suis toujours – de plus en plus – addict complètement droguée

Allemands :
Le premier mai tomba la dernière neige
(COSTIN WAGNER Jan)

Américains :
Les lieux sombres
(FLYNN Gillian)
Viscères (HAYDER, Mo)
Les anges brisés de Sommerstown (HURLEY, Graham)
En mémoire de Fred (LINDEMUTH, Clayton)
A chacun sa mort (MACDONALD, Ross)
Soleil rouge (McBRIDE Matthew)
Et je disparaîtrai dans la nuit (McNAMARA, Michelle)
Confession (MONTANARI, Richard)
Tout n’est pas perdu (WALKER Wendy)
Viens avec moi (CASTLE FREEMAN Jr)
Sans lendemain (HINKSON, Jake)
Je suis Pilgrim (HAYES Terry)

Anglais 
Le sang du monstre (LAND, Ali)
Stasi Block (YOUNG, David)

Argentin
La fragilité des corps (OLGUIN, Sergio)

Australien
Mange tes morts (HEATH, Jack)

Danois
Nid de guêpes (WOLF, Inger)

Français
Empire des chimères (CHAINAS, Antoine)
Ta mort sera la mienne (COLIN, Fabrice)
Les lois du ciel (COURTOIS Grégoire)
Un parfum de soufre (FORGE, Sylvain)
Delta Charlie Delta (GUILLAUME Laurent)
En douce (LEDUN, Marie)
Ecorces vives (LENOT, Alexandre)
Les chiens de Detroit (LOUBRY, Jérôme)
Retour à Whitechapel (MOATTI, Michel)
Seules les bêtes (NIEL, Colin)
Les cancrelats à coup de machette (PAULIN, Frédéric)
Cirque mort (SEBHAN, Gilles)
Rade amère (GOUEZEC, Ronan)

Islandais
Installation (BRAGI Steinar)

Norvégien
L’athlète (FALDBAKKEN, Knut)
Vodka, Pirojki et caviar (KRISTENSEN, Monica)
Le sixième homme (KRISTENSEN, Monica)

Québécois
Bondrée (MICHAUD, Andrée A.)

Roumain
Spada (TEODORESCU, Bogdan)

Polonais
Inavouable (MILOSZEWSKI, Zygmunt)

Suédois
Marée d’équinoxe (BÖRJLIND, Cilla et Rolf)
Le syndrome du pire (CARLSSON, Christoffer)
Le Pacte boréal (JANSSON, Anna)
Leon : Zack II (KALLENTOFT, Mons & LUTTEMAN, Markus)
Le cerveau de Kennedy (MANKELL, Henning)

RAS en SF et en nouvelles

2018 confirme ma bascule du côté obscur du polar. Niveau géographie littéraire, j’ouvre un peu plus chaque année mes horizons : 16 nationalités en 2018, contre 14 en 2017, 13 en 2016, 15 en 2013, 14 en 2014 et 10 en 2015. Une petite incursion chez les Suédois mais qui s’explique par la prépondérance de cette nation dans les polars.
Enfin, moins d’une dizaine de livres lus en version numérique. Pas encore de liseuse donc pas de changement notoire. Je continue à emprunter assidûment dans les médiathèques ;-)

Suite des hostilités début janvier pour faire le point sur 2019 !