La montagne, ça vous gagne !

Cet été, je suis allée passer quelques jours en montagne. Et j’ai été prise de crises d’acrophobie. Il ne s’agit pas de vertiges, lié à des problèmes physiques comme un dysfonctionnement de l’oreille interne, mais bien, d’acrophobie, cette peur extrême et irrationnelle des hauteurs et donc du vide.

Mais comme toute peur irrationnelle, elle engendre des comportements étranges. Comme celui d’avoir envie de se confronter à sa propre peur. Je me suis donc surprise à traîner au 3è étage des Champs Libres rayon alpinisme et à lire la 4è de couverture d’un livre intitulé Laissé pour mort à l’Everest.

Ce témoignage publié chez Glénat dans la collection Hommes et montagnes relate l’aventure effroyable de Beck Weathers, alpiniste amateur texan, qui fut le seul de sa cordée à survivre, en 1996, à son ascension sur l’Everest.

Le mont Everest, plus haut sommet du monde, cerise sur le gâteau pour tout alpiniste digne de son nom, toit du monde qui fascine les hommes depuis des siècles, surnommé Troisième Pôle en raison des conditions polaires et inhospitalières qui y règnent.

C’était le but ultime de Beck Weathers, médecin texan, qui combat sa dépression à coups de grimpette sur les sommets les plus hauts du monde (mais quelle folie, quelle folie !). L’Everest sera son dernier sommet. Mais cet olibrius en a crapahuté plus d’un !

La première partie du livre raconte ce dernier voyage, au sens propre comme au figuré. Car Beck Weathers est revenu d’entre les morts, du moins de la zone de mort, cet espace à plus de 8 000 mètres où l’Everest ne vous fait pas de cadeau si vous y traînez trop… Beack Weathers est un miraculé, le seul à être revenu d’une expédition. Seul survivant sur 12 alpinistes laminés par une tempête au printemps 96. Recouvert de glace, il est déclaré mort par un alpiniste venu à la rescousse de l’expédition menée par Rob Hall, guide de haute montagne néo-zélandais.

Mauvais diagnostic ! le médecin anatomopathologiste était certes bien gelé, mais encore en vie. Il se réveillera, transi de froid, une main sans gant, devenue grise, complètement congelée, après 22h de tempête. Quasi aveugle, sans avoir mangé depuis 3 jours et ni bu depuis 2 jours, un nez gelé, il parvient à rejoindre tout seul le camp IV, situé à 8000 mètres d’altitude. Au camp de base, personne ne donne cher de sa peau… et on le laisse même dormir seul dans une tente pour ne pas se retrouver au petit matin à côté d’un cadavre. Mais il se réveillera d’entre les morts, à la stupéfaction de tout le monde.
Il sera finalement évacué par hélicoptère, une première prouesse technique pour l’époque. Atterrir à 6000m, dans une zone partiellement très crevassée, relevait en effet de l’exploit !

Au final, Beck Weathers aura perdu son nez, sa main gauche et une partie de la main droite. Un récit qui fait froid dans le dos (sans jeu de mots) et permet d’entr’apercevoir combien l’ascension de l’Everest reste une prouesse sportive et médicale qui flirte plus avec la mort qu’autre chose.

La seconde partie du livre raconte comment et pourquoi Beck Weathers en est arrivé à crapahuter sur l’Everest. Sa voix croise celles de sa famille, de ses amis. Et on se rend compte combien les alpinistes vivent dans un monde parallèle, seulement happé par le vertige des hauteurs (de mon point de vue en tout cas). Combien les proches ne comprennent pas ce qui les attire dans cette quête.
Une 2è partie moins intéressante d’un point de vue « acrophobie » mais plutôt révélatrice du comportement « irrationnel » des sportifs passionnés.

L’Everest aujourd’hui. Massification du tourisme d’alpinisme, et une autoroute de la mort… (photo de l’alpiniste Nirmal Puja le 22 mai 2019).

Et vous, fan du vertige des hauteurs ?

Résumé sur le site de l’éditeur :

Enfer et rédemption à l’Everest… Ou comment Beck Weathers a reconquis son existence et l’amour des siens en manquant perdre la vie sur le toit du monde. Une aventure exemplaire à retrouver au cinéma dans le film Everest.
En 1996, huit alpinistes périssent à l’Everest dans une tempête tragiquement célèbre, tandis que le neuvième homme de l’expédition, déjà considéré comme mort, en réchappe miraculeusement, au prix d’un calvaire inhumain. Beck Weathers a survécu, mais l’épreuve la plus difficile reste devant lui : le retour à une existence « normale ».
Car lorsque le docteur Beck Weathers est arrivé en Himalaya, obsédé par l’ascension du plus haut sommet de chaque continent, sa vie était en miettes. Son mariage ne tenait plus qu’à un fil et la relation avec ses deux enfants ne valait guère mieux. La dépression le minait depuis des années et la montagne était une échappatoire.
Un second miracle a voulu que Beck Weathers, le corps, le cœur et l’esprit meurtris, se relève de cette tragédie personnelle. Sa femme, qui n’avait pas cru à sa mort, ne s’est pas résolue davantage à condamner leur couple, pour peu que Beck vienne à bout de ses démons.
Le témoignage de Peach Weathers se mêle au récit de l’alpiniste pour raconter avec sincérité, humour et lucidité la renaissance d’un homme et d’une famille.
En 3D et sur les écrans dans plus de 50 pays le 23 septembre 2015, Everest, un film de fiction de Baltasar Kormákur, met en scène le dépassement de soi des alpinistes et la « tragédie à l’Everest » relatée par Jon Krakauer dans son bestseller international Into Thin Air. Josh Brolin et Robin Wright incarnent Beck et Peach Weathers, aux côtés de Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, John Hawkes et Keira Knightley.

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Laissé mort à l’Everest / Beck Weathers
Publié chez Glénat (Collection Hommes et montagnes)en septembre 2015
264 pages
19,99€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]

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Des pages et des pages en 2017

Du retard dans mes stats de lecture ! mazette ! J’ai oublié de traiter 2017, ce blog étant un peu en désuétude depuis quelques mois/années…

52 au compteur soit 4 de plus qu’en 2016 (mais 4 livres non finis. Et oui, je m’autorise enfin à ne plus lire jusqu’à la dernière page quand ça me déplaît…).

Des nouvelles (un seul livre, comme en 2016) – américaines 
Chinook (FROMM, Pete – Gallmeister)
J’ai noté  « un peu chiant » dans mon tableau excel et je trouve ça assez drôle car l’auteur est encensé en ce moment sur les blogs littéraires et ou sur les comptes des instabookeuses… Punk je suis, punk je resterai.

Des romans (8) : contre 20 en 2016

Américains :
Dans la gueule de l’alligator (HIAASEN, Carl – Editions Thierry Magnier)
Presse-people (HIAASEN, Carl – Editions 10 18)
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (LEE, Harper – Le Livre de Poche)
Et rien d’autre (SALTER, James – Editions de l’Olivier)  –> un des pas finis !

Anglais :
Gretel and the dark
(GRANVILLE, Eliza  – Mirobole Editions) –> un des pas finis ! 

Colombien :
Ce qui n’a pas de nom (BONNETT, Piedad -Métailié)

Français : 
Les tribulations d’une caissière (SAM, Anna  – Stock, Coll. Les Documents)

Italien : 
L’amie prodigieuse (FERRANTE, Elena  – Gallimard, Coll. Folio)

Des polars (42) : contre 27 en 2016, 19 en 2015 et 13 en 2014 – je suis toujours – de plus en plus – addict complètement droguée

Anglais : 
Le club des pendus (PARSONS, Tony – Editions de la Martinière)

Américains :
Sauve-toi ! (BRAFFET, Kelly  – Editions du Rouergue, Coll. Rouergue Noir)
Purple Cane Road
(BURKE, James Lee  – Rivages, Coll. Noir)
911 (BURKE, Shannon – Editions Sonatine)
Après le déluge (CASTRO, Joy – Gallimard, Coll. Série noire)
Danser dans la poussière (COOK, Thomas H.  – Seuil, Coll. Cadre noir)
Cousu main (HIAASEN, Carl  – Editions des deux terres)
Prédatrice (NUTTING, Alissa – Sonatine Editions)
Top Class Killer (OSBORNE, Jon – Seuil, Coll. Policiers)
Un chien dans le moteur (PORTIS, Charles – Cambourakis, Coll. Littérature)
Le revenant (PUNKE, Michael  – Le livre de poche, Coll. Thriller)
Le chant du converti (ROTELLA, Sebastian – 10 18)
De si parfaites épouses (ROY, Lori  – Editions du Masque)
Froid dans le dos (SANDFORD, John Américaine – Gallimard, Coll. Folio Policier)
Petit joueur (STARR, Jason Américaine – Denoël, Coll. Sueurs froides)
Au-delà du mal (STEVENS, Shane  – Sonatine éditions)
La traque (THORP, Roderick  – Sonatine Editions)
Mémoire morte (WESTLAKE, Donald – Rivages, Coll. Thriller)
Cartel (WINSLOW, Don – Seuil)

Argentin
Les eaux troubles du Tigre (PLANTE, Alicia  – Métailié, Coll. Noir)

Canadien
Quarante mots pour la neige (BLUNT, Giles  – Editions du Masque, coll. Pocket Thriller)

Espagnols
La Maison des chagrins
(DEL ARBOL, Victor  – Actes Sud, coll. Babel Noir)
Une offrande à la tempête (REDONDO Dolores  – Mercure de France, coll. Mercure noir)

Français
Yugurthen (CHAMBON, Bertrand du  – Seuil, coll. Roman noir)
Hortense (EXPERT, Jacques – Sonatine Editions)
En série – journal d’un tueur (FORREST, David – Editions Land, coll. Thriller)

Irlandais
A l’automne, je serai peut être mort (McKINTY, Adrian – Gallimard, coll. Folio Policier) –> un des pas finis !
Poussière tu seras (MILLAR, Sam – Fayard, coll. Points policier)
Un sale hiver (MILLAR, Sam – Seuil, coll. Policiers)

Islandais
Le lagon noir (INDRIDASON, Arnaldur – Métailié, coll. Noir)
Snjór
(JONASSON, Ragnar – Editions de la Martinière)

Israëlien
La sixième énigme (LAPID, Yaïr – Fayard, coll. Policiers)

Italien
Seuls les innocents n’ont pas d’alibi (FALETTI, Giorgio – Robert Laffont)

Mexicain
Balles d’argent (MENDOZA, Elmer – Gallimard, coll. Série noire) –> un des pas finis !

Polonais
La rage (MILOSZEWSKI, Zygmunt – Fleuve Editions, coll. Fleuve Noir)
Les Impliqués (MILOSZEWSKI, Zygmunt – Mirobole Editions)

Suédois
La piste noire (LARSSON, Asa – Albin Michel)
Du sang sur la Baltique (STEN, Viveca – Albin Michel, coll. Spécial Suspense)
Les visages de Victoria Bergman 3 : Catharsis (SUND, Eric Axl – Actes Sud, coll. Actes noirs)
Les visages de Victoria Bergman 2 : Trauma (SUND, Eric Axl – Actes Sud, coll. Actes noirs)
Les visages de Victoria Bergman 1 : Persona (SUND, Eric Axl – Actes Sud, coll. Actes noirs)
Chant pour Jenny (WESTERLUND, Staffan – Gallimard, coll. Folio Policier)

De la SF (1) contre nada en 2016 et 2015

Espagnole
Le poids du cœur (MONTERO, Rosa  – Métailié)

Clairement, j’ai basculé en 2017 du côté obscur du polar. RAS niveau géographie littéraire : 14 nationalités en 2017, contre 13 en 2016, 15 en 2013, 14 en 2014 et 10 en 2015. Une petite incursion chez les Suédois mais qui s’explique par la prépondérance de cette nation dans les polars.
Le timide retour de la SF est à noter. Mais je ne sais pas si je m’y tiendrai dans les années à venir…

Enfin, quatre livres lus en version numérique (contre 6 l’an dernier). Pas encore de liseuse donc pas de changement notoire. Je continue à emprunter assidûment dans les médiathèques ;-)

Des grizzly et des mouches de pêche au Montana

Le Montana est « the place to read » en ce moment dans ma pile de lectures. Après une petite virée avec Les Arpenteurs, retour dans ce grand état sauvage de l’Ouest des Etats-Unis. Et ce, sous la plume de Keith McCafferty dans Les morts de Bear Creek.

Un 2è roman, après Meutres sur la Madison, où l’on retrouve Sean Stranahan, peintre, guide de pêche et enquêteur privé à ses heures perdues. Il file encore volontiers un coup de main à Martha Ettinger, la shériff du coin.

Prêts à crapahuter dans la montagne, à trempoter dans les rivières pour chasser la truite ? ce roman « nature writing » est donc pour vous.

Il y est question de cadavres exhumés malencontreusement par une femelle grizzly affamée, d’une enquête autour de gros calibres de chasse africaine et d’une recherche de mouches à pêche de collection disparues.

On se laisse porter dans ce roman comme dans le courant d’une douce rivière peuplée de truites :
– Il y a la poésie de ces mouches à pêche de collection (oui, oui, cela existe vraiment, on a du mal à y croire) disparues qu’un cercle de pêcheurs recherche avec nostalgie.
– Il y a la violence d’armes ancestrales et la passion de la chasse aux gros, très gros animaux.
– Il y a ce pacte de vie et de mort que les homems tissent entre eux, pour « mourir honorablement ».
– Il y a des histoires d’amours improbables, qui avancent doucement, comme chiens et chats peuvent s’ausculter pendant des heures.
– Il y a cette nouvelle « The Most Dangerous Game » (Le plus dangereux des gibiers) écrite en 1925 par Richard Connell, écrivain américain, qui sert de fil rouge à toute l’histoire du roman.
– Il y a de l’humour, heureusement, pour dénouer les tensions.

Un roman étonnant, où l’on se surprend à ne pas s’ennuyer devant ces histoires de pêche à la mouche et de leur fabrication.
A conseiller aux amateurs de nature sauvage, feuillue et escarpée.

[Et on espère que la suite de la série Sean Stranahan sera traduite et publiée en France rapidement… Plus d’infos sur le site de l’auteur]

Résumé sur le site de l’éditeur :

Sean Stranahan, peintre amateur, guide de pêche et détective privé à ses heures perdues, se sent de plus en plus chez lui dans le Montana dont il connaît désormais les rivières comme sa poche. Mais les âpres paysages des Montagnes Rocheuses livrent parfois de macabres trouvailles – comme les cadavres de ces deux hommes exhumés par un grizzly affamé. Le shérif Martha Ettinger fait appel aux talents d’enquêteur de Sean, décidément très convoités : le même jour, il est embauché par un club de pêcheurs excentriques pour retrouver une précieuse mouche de pêche volée. Les deux affaires vont se téléscoper sur une piste escarpée menant vers quelques-unes des personnes les plus puissantes de la vallée de la Madison.

Ce nouveau volet trépidant et plein d’humour des aventures de Sean Stranahan et de Martha Ettinger exigera d’eux une action aussi précise qu’un lancer de mouche et aussi rapide qu’une balle.

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Keith McCafferty : Les Morts de Bear Creek (titre original : The Gray Ghost Murders), traduit par Janique Jouin-de Laurens
Publié chez Gallmeister (coll. Americana) en juin 2019
373 pages
23,50€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]

Les Arpenteurs : trouble Montana…

Quand les bibliothécaires des Champs Libres préparent une petite table-sélection spécial Etats d’Amérique, je ne résiste évidemment pas à l’appel de l’éditeur Gallmeister et du Montana en particulier. Les Arpenteurs, premier roman de Kim Zupan en est le digne représentant.

Sur la couverture, les Crazy Mountains, terrain de jeu des deux anti-héros du roman. Elles sont là, froides, imposantes, hostiles. Un arrière-plan propice à la relation étrange qui va se nouer entre ces deux hommes.
Valentine Millimaki est un jeune adjoint du shérif du comté de Copper ; il arpente les paysages sauvages avec son chien à la recherche des randonneurs égarés, des disparus refroidis par ces terres hostiles Il assure également son quota d’heures à la prison du tribunal du comté. Face à lui, derrière les barreaux, John Gload, 77 ans, assassin sanguinaire de grand chemin qui attend son procès.

L’un confesse ses errements assassins, l’autre écoute et se met à parler de son mal-être quotidien. Et un subtil jeu de miroirs se met en place. Val ne dort plus ou très mal et ses soucis du quotidien font écho aux angoisses du condamné. Une relation étrange entre amitié et distance, entre respect et interrogations.
Et en filigrane, il y a le Montana : « Un vent venu des prairies d’Alberta agitait les branches des vieux arbres contre les bords du toit, et la porte de la cabane tremblait contre ses montants. »

Un roman noir, où l’éthique et la morale vacillent, au bord du gouffre de l’âme humaine. Un roman noir dans lequel vous plongerez sans peine si tant est que vous surviviez au prologue (l’enfance de Val ne fut pas rose, loin de là…).

Résumé de l’éditeur :
Nuit après nuit, dans une prison du Montana, le jeune Val Millimaki s’assied face aux barreaux qui le séparent de John Gload, 77 ans, en attente de son procès. Astreint aux pires heures de garde, l’adjoint du shérif se retrouve à écouter le criminel qui, d’instinct, est prêt à lui révéler en partie son passé. Petit à petit, Millimaki se surprend à parler, lui aussi, et à chercher conseil auprès de l’assassin. En dépit des codes du devoir et de la morale, une troublante amitié commence à se tisser entre les deux hommes. Dans un subtil jeu d’échos, entre non-dits, manipulations et sombres confessions, le jeune shérif cherche des réponses à ses propres tourments et, chaque matin, il tente vainement de reprendre pied dans la réalité. Mais sa vie, comme son mariage, lui échappe chaque jour un peu plus.

Premier roman hypnotique et crépusculaire, Les Arpenteurs met en scène deux personnages poursuivis par leur conscience et hantés par la mélancolie d’un paysage qui les a faits tous deux à son image.

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Kim ZUPAN : Les Arpenteurs (titre original : The Ploughmen)
Publié chez Gallmeister (coll. Nature Writing) en 2014
280 pages
23,50€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]

Ce roman est également publié dans la collection Totem chez le même éditeur avec une autre couverture :

Le tricyle rouge

Voilà un thriller bien ficelé, où chaque chapitre constitue une pièce du puzzle à asembler. Le Tricyle rouge est le premier roman du canadien Vincent Haauy, concepteur de jeux vidéos avant de devenir écrivain.

On retrouve dans ce thriller plusieurs de ses caractéristiques de concepteur-gamer : tisser des intrigues (on navigue aussi entre passé et présent, entre plusieurs personnages dont les histoires vont bien entendu se croiser), créer des puzzles (chaque personnage est une pièce à assembler au fil rouge), tenir les joueurs en haleine (ici, le lecteur avance rapidement car les chapitres sont courts et nerveux).

Ce pavé de 500 pages s’avale donc à toute vitesse. On pourrait être freiné par les descriptions assez glauques et dégoulinantes des assassinats sordides mais il m’en faut plus que ça ! Un simple beurk et on tourne la page, impatient de découvrir la suite.

Seul bémol (et sans essayer d’en dévoiler trop) : le projet de la CIA tient debout par des bouts de ficelle et est assez peu crédible au fond. Mais comme il n’est dévoilé que dans les derniers chapitres, ça n’entrave pas le plaisir de la lecture.

Une bonne lecture pour la plage en été donc.

Résumé de l’éditeur : Noah Wallace est un homme usé, l’ombre du brillant profileur qu’il était jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais une carte postale trouvée sur le lieu d’un crime atroce au Canada l’implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Dans le même temps, à New York, la journaliste-blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix. Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?…

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Vincent Hauuy : Le tricycle rouge
Publié chez Hugo & Cie (coll. Hugo Thriller) en 20137
490 pages
19,95€
[Dispo aux Champs Libres pour les Rennais]

Calendrier de l’avent noir polar #12 : La sixième énigme

On a rarement l’occasion de lire des auteurs israéliens (peu présents peut-être sur les rayonnages des bibliothèques que je fréquente). 
La Sixième énigme est un polar de Yaïm Lapid, un journaliste né à Tel-Aviv en 1963. Un polar classique, à la construction sans surprise. Mais un polar efficace.

Le détective privé  Yeoshua Sherman est un coeur d’artichaud un peu cynique sur les bords et quand Agar, jolie divorcée, lui demande de l’aide pour retrouver sa fille disparue il y a 8 ans, il n’hésite pas une seconde.
Et il découvre qu’elle n’est pas la première à disparaître, qu’un tueur en série enlève tous les deux des petites filles âgées de neuf ans et que la police ne dit mot et surtout ne fait rien…

La Sixième énigme – Yaïm Lapid
Fayard (2008)
20,90€

Calendrier de l’avent noir polar #11 : Sam Millar, auteur noir

Il faut lire Sam Millar. Parce que Sam Millar est un auteur surprenant. Né à Belfast, cet irlandais n’est pas un garçon très fréquentable. Emprisonné durant vingt ans en Irlande pour activisme au sein de l’IRA, il a aussi connu les geôles américaines après avoir participé à l’un des plus célèbres braquages des années 1990, celui de la Brink’s, entreprise de transport de fonds, à Rochester en 1993.
Alors quand Sam Millar prend sa plume pour écire des polars, il sait de quoi il parle…

Redemption Factory (2005)
Synopsis : Au cœur du conflit nord-irlandais, un militant de l’IRA disparaît mystérieusement.
Vingt ans plus tard, son fils Paul Goodman, un petit prodige du snooker désargenté, se présente aux abattoirs de la région et se fait embaucher.
Il pénètre un univers baigné de sang, gouverné par des êtres difformes et violents. Une cathédrale impie de la mort, étrange miroir des fantômes dont il est lui-même prisonnier et que son arrivée va libérer…

–> le tout premier roman de Sam Millar que j’ai lu. Un souvenir glaçant, rouge sang. Qui m’a vraiment envie de lire le reste de ses publications.

Poussière tu seras ( Titre original : The Darkness of Bones, 2006)
Synopsis : Dans la forêt de Barton, environs de Belfast, le dégel s’apprête à révéler certains secrets mal enfouis. Mais ni Jack, un flic reconverti dans la peinture, ni les vieux barbiers Harris et Jeremiah ne semblent s’en préoccuper. L’un noie sa culpabilité et son chagrin dans l’alcool, les autres refusent la modernité. Chez eux, tout se pratique à l’ancienne : au couteau.
C’est alors que le jeune Adrian, le fils de Jack, fait une étrange découverte : un os d’aspect humain, à côté d’un corbeau mutilé. Sa curiosité piquée au vif, il l’emporte avec lui, ignorant qu’il a mis au jour les restes d’un cadavre recherché depuis plusieurs années…
La foi peut faire bouger les montagnes, dit-on. Il en faudra beaucoup à Jack pour retrouver son fils, subitement disparu. Il est seul face à la folie de trop vieux mensonges, au cœur d’un monde en ruine, à l’image de l’orphelinat où, des décennies plus tôt, le crime a germé…

Série Karl Kane (02) : Le cannibale de Crumlin Road (Titre original : The Dark Place, 2009)
Synopsis : Pour sa deuxième enquête, après Les Chiens de Belfast, Karl Kane, privé coriace, cinéphile et cabossé, est confronté au Mal en personne. Dans Belfast qu’épuise une vague de chaleur inhabituelle, un prédateur s’attaque à de très jeunes femmes, des junkies, des laissés-pour-compte de la société. À chaque corps retrouvé atrocement mutilé, il manque le foie et les reins. Il apparaît bientôt que le tueur est animé par une perversion très singulière… Initiée par la plainte d’une cliente dont la sœur a disparu, l’enquête de Kane prend soudain un tour personnel et spécialement dramatique qui durcit sa motivation. Ce ne sera pas toutefois une mince affaire que d’épingler son suspect, membre estimé de l’establishment : l’aveuglement délibéré, voire la mauvaise volonté de la police locale sont autant de bâtons dans ses roues. Mais la rage est un moteur puissant, et Kane, ce « faux dur à l’humour ravageur », ne craint pas les coups…

–> une lecture presque sans pause, tellement ce roman nous tient en haleine. A lire absolument !

Série Karl Kane (03) : Un sale hiver (Titre original : The Dead of Winter, 2012)
Synopsis : Drapé dans le peignoir rose de sa compagne, entre bouteille de lait et journal du matin, Karl Kane découvre une main, soigneusement sectionnée, sur le seuil de sa porte. La deuxième en quelques semaines. Stimulé par la promesse d’une récompense conséquente ? un homme d’affaires local craint que l’image de Belfast souffre de ce début d’épidémie ? Kane se lance dans l’enquête. De bars louches en bordels sordides, il doit percer le cœur du mal.

–> une vision assez glauque de l’Irlande et de Belfast. Un détective qui morfle, et on a mal pour lui, parce que le personnage nous est devenu touchant au fond.

Manquent encore à mon palmarès de lecture :
Dark Souls (2003)
Série Karl Kane (01) : Les Chiens de Belfast (Bloodstorm, 2008)
Série Karl Kane (04) : Au scalpel (Past Darkness, 2015)
En conclusion : ne vous posez pas de questions et lisez Sam Millar.