Comment j’ai basculé du côté obscur du Sport…

Et tout ça grâce à Stéphane Vernay ! et deux acolytes altérophiles (NDLR : œuvrant pour Alter1fo)…

Dans la même soirée, j’ai englouti une galette-saucisse (et mon cœur de finistérienne ainsi que mon estomac ont saigné) et assisté à un match de football au Stade Rennais. Double punition, me direz-vous. Sauf que j’ai réussi à m’amuser comme une petite folle…

Il faut dire que je n’étais pas à la joie la semaine précédent le match, des températures sibériennes s’étant abattues sur Rennes… Je me morfondais en me disant que j’allais finir congelée sur un strapontin du Stade, transformée en statue de glace. Mais comme par miracle (et Dieu sait s’il y en aura ce soir là !), le froid a fait place à la douceur bretonne et la neige s’est métamorphosée en pluie.

Retrouvailles donc au pied du Stade devant l’un des négoces de galettes-saucisses. Car la galette-saucisse, ce mets gastronomique réputé, est la condition sine-qua-none d’une entrée au Stade. Chez les gallos, si pas de GS, pas de match ! c’est donc la mort dans l’âme et dans l’estomac que j’ai englouti ce hot-dog rennais. Pas très fan de l’épaisse galette… un vrai sacrilège pour la finistérienne que je suis ! Mais bon, j’ai gagné mon sésame pour entrer dans l’arène.

Pas un grand match que ce Rennes-Monaco, ce dernier se situant dans le bas du tableau. Me voilà donc assise en tribune Super-U au milieu de fans de football. Les ultras du KOP situés sur notre gauche meuglent des chansons les unes après les autres dans une ferveur impressionnante. Ils entonnent un « Galette-saucisses, je t’aime » vibrant et émouvant… A peu de chose près, tout le Stade se levait, une main sur le cœur et l’autre sur l’estomac pour entonner d’une même voix cet hymne vibrant !

Je regarde tout cela dubitativement, avec ma naïveté footballistique légendaire. Stéphane, mon mentor du Stade Rennais, ne manque pas de me fournir force détails sur les coulisses de l’équipe, de la pelouse bien verte du Stade et de son charismatique entraîneur. Grâce à lui, ce sport de baballe n’a plus de secrets pour moi !

Compte-rendu en live-tweet…

La tribune des supporters de l’équipe adverse face à nous est vide. Le match sera calme. Toutes lumières dehors, l’intérieur de l’arène prend des airs versaillais. La semaine dernière, il y a eu trois alertes Ecowatt en Bretagne. Je crois que le Stade Rennais s’asseoit sur les économies d’énergie…


Les petits bonshommes playmobil s’agitent. C’est parti pour la première mi-temps. Je pose des questions bêtes et débiles. Stéphane m’apprend plein de choses ! Je vais ressortir de l’arène plus intelligente qu’à mon entrée ! Alleluja !


Ben oui, il faut bien leur trouver quelque chose à ces footballeurs… Ils n’ont pas la virilité des rugbymen, la classe et la fluidité des nageurs. Alors je me suis concentrée sur les chaussettes. Moulantes et galbantes sur les protège-tibias. Je découvre aussi l’importance des chaussures, figures de proues des sponsors… Ah, le fric et le foot, une véritable histoire d’amour !


Bon, là, c’est quand même la leçon principale : oublier le fair-play du rugby et faire preuve de la plus mauvaise foi possible… Le public réagit : il siffle l’arbitre, il siffle les joueurs adverses, il siffle même ses propres joueurs… Tout ceci est subtil, profondément subtil.


Alors, là, ce n’est pas nouveau. Mais les faits se confirment. Le foot est entré dans une ère cinématographique des plus prolifiques. Y aurait-il un cours Florent dans chaque centre de formation ?


On prend les mêmes et on recommence. Parce qu’on ne change pas une combinaison qui gagne. Surtout quand on a honte de rien !


Au bout d’un moment, les guérisons miraculeuses ont du plomb dans l’aile. Il faut un placebo, un docteur et de jolies infirmières !


La pelouse humide, car la pluie s’est invitée, offre un nouveau terrain de jeu. Après le défilé de mode, et le cinéma, voilà le patinage artistique. Décidément, on ne s’ennuie pas au Stade Rennais !



Ah, les sapeurs-pompiers gymnastes de Paris ! on ne voit ça qu’au rugby ! (cf Quand le rugby me fait vibrer…). On a profité de cette mi-temps pour aller se réchauffer au bar et prendre un café. On a jeté un œil sur Mister Chips, la mascotte publicitaire… Et les 5 fruits et légumes par jour ? et les 30 minutes de sport par jour me direz-vous ? encore une fois, le Stade Rennais se contrefiche de tout ça !
Et sinon, cette jolie toile bleue tendue sur la pelouse n’est rien d’autre qu’une annonce publicitaire permettant d’assurer la caution pédagogique de la mi-temps : les petits élèves des écoles de foot des communes voisines ont le droit de fouler la sacro-sainte pelouse et taquiner le ballon.


Ah là là, que la pelouse est humide et glissante ! et les crampons des chaussures richement sponsorisées n’y feront rien ! Joyeux florilège de glissades (chiquées ou non, mystère !).

Trop occupés à ne pas glisser certainement pour ne pas salir leurs chaussures, les joueurs en oublient de jouer la comédie. Et moi, je glousse…


Le mentor a parlé. Peu d’actions, peu de tonus dans le jeu, de la comédie un peu pâlotte. Ce match ne sera pas celui du siècle !


Forcément, il fallait bien qu’ils s’amusent eux aussi ! Comme s’il y avait des quotas à respecter ! comme si le CSA exigeait le même minutage de comédie chez les deux équipes.


Ah, ici, le public est roi. Ce que j’appelais l’arène en a la saveur antique. Je m’attends à ce que dans moins de 5 minutes, le public joue avec son pouce, tels des Romains au spectacle des gladiateurs !


Je ne serai pas venue pour rien ! Car le Stade Rennais vient de marquer, sur un péno foireux d’après ce qu’on m’a expliqué…
Trop occupée à vouloir prendre une photo, j’ai raté ce grand moment. Mais je l’ai immortalisé. Gloire à l’iPhone !


Il suffit d’un but étrangement pour que le match s’anime, lui qui était si fade jusqu’à présent. La tension monte également… Mais quelle vie autour de cette pelouse, c’est incroyable !


Môssieur Antonetti est confiné dans un espace réduit, avec des frontières clairement délimitées. Et c’est le règlement qui le dit. Mais le Saint Patron du Stade Rennais aime à le bafouer… et fricoter avec l’illégalité.


Ce n’est pas une découverte, je le savais déjà (du moins depuis la finale de la Coupe du Monde en juillet dernier). Mais c’est assez fascinant à voir IRL. On se demande vraiment comment les sportifs, les dirigeants, les supporters ont pu en arriver là.


Allez, je me suis laissée prendre au jeu de la photo immortalisant un but. Mais non, pas de deuxième cliché pour ce soir.


Les joueurs du Stade Rennais, quasi assurés d’une victoire, font de l’anti-jeu. Ils s’amusent à se refiler la baballe, à dribbler…en gros, ils ralentissent le jeu pour éviter toute action possible de la part des adversaires. Quitte à devenir danseuses ou jongleurs. Quand je vous disais que la comédie était une seconde nature chez eux..


D’un seul coup, j’ai réalisé que c’était soir de gran’messe de Téléthon. Aucune allusion au Stade, aucune annonce de don. Rien. Nada. Reverser la moitié des recettes du match aurait quand même été une action généreuse. Il faut croire que le monde du football ne fait pas dans la générosité gratuite…


Forcément, à force de danser et de jongler, les comédiens ont fini par être distraits ! Par contre, ce n’est pas une sinécure de live-tweeter un match en plein hiver. La mitaine n’est pas pratique et le gant est à oublier. Mes petites menottes nues ont donc bravé le froid pour vous offrir ce compte-rendu footballistique.


Fascinant de voir les réactions du public et ce retour à des réactions animales et grossières. L’être humain, et ses contradictions, me surprendront toujours…


Ah, ils aiment ça danser et jongler ! Le centre de Formation aurait-il, en sus du cours Florent, une antenne Frattellini ?


Le match est fini. Rennes a gagné. La pelouse appelle les jardiniers à sa rescousse. Remettre manuellement toutes les mottes de terre arrachées, retournées, massacrées. Dure vie que celle du gazon !

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